La nuit nous appartient, James Gray (2007)

La nuit nous appartient

We Own the Night Année : 2007

Réalisation :

James Gray

8/10  IMDb

Listes sur IMDb :

MyMovies: A-C+

Avec :

Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall, Eva Mendes

On reste dans les mêmes ambiances que ces deux précédents films. C’est lent, obscur et sacrément bien filmé.

On retrouve les deux acteurs de The Yards (Wahlberg et Phoenix) et il continue de choper un acteur de Coppola (après James Caan, voici Robert Duvall).

C’est vrai que c’est assez ressemblant au Parrain… Là, le film est très bien, mais il passe sept ans pour écrire un scénario et il y a je ne sais combien d’approximations dans celui-ci. Pas sérieux ça James. Fais-toi aider, mince ! Ton truc, c’est la mise en scène.

Wahlberg, il a tout de même une chance incroyable. Ce n’est pas le meilleur acteur dont on puisse rêver et au bout du compte, le voilà qui aura tourné avec deux des cinéastes les plus exigeants actuellement : Gray donc mais aussi Paul Thomas Anderson. Pour un petit nouveau gars du quartier, c’est plutôt pas mal…


La nuit nous appartient, James Gray 2007 | Columbia Pictures, 2929 Productions, Industry Entertainment


La classe ouvrière va au paradis, Elio Petri (1971)

La classe ouvrière va au paradis

La classe operaia va in paradiso Année : 1971

Réalisation :

Elio Petri

6/10  IMDb
Avec : Gian Maria Volontè

Cent ans de cinéma Télérama

Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables de 1971

Je vais finir par m’habituer au ton original de Petri… Je ne m’attendais vraiment pas à aimer, et d’ailleurs, je n’ai pas aimé. Mais c’est moins lourd que ce que je m’attendais. Il faut juste se faire au style : mélange de politique et d’ironie, d’humour noir (ou d’insolence).

Au début, on cherche à comprendre si tout ça a un sens, et puis au bout d’un moment on ne cherche plus : Petri utilise le contexte politique comme un autre, mais il ne prend pas position. C’est sûr que c’est difficile de savoir s’il aime ses personnages ou pas, et en particulier cet ouvrier « modèle » jusqu’au jour où il perd un doigt et qu’il est viré, interprété toujours par Gian Maria Volonte.

Assez déroutant, mais si on accepte de ne pas comprendre, de se laisser emporter vers un voyage dont on ne connaît pas la destination, ça peut se laisser voir. Palme d’or, en revanche, pour une année qui compte autant de films bien meilleurs que ça…


La classe ouvrière va au paradis, Elio Petri 1971 | Euro International Film (EIA)


Je t’aime, je t’aime, Alain Resnais (1968)

Cat Soup

Je t’aime, je t’aimeAnnée : 1968

Réalisation :

Alain Resnais

6/10  IMDb

Vu en septembre 2008

Un exercice de style comme les aime Resnais. Un de plus.

C’est moins réussi que d’habitude. Trop formel. Il faut savoir piocher dans ce qui nous est proposé. Le film est un peu comme une boîte de chocolats. On choisit, on aime ou on n’aime pas. Les différentes saynètes sont de valeur très inégale. Et dommage que l’introduction, obligatoire pour comprendre le contexte, n’apporte finalement rien à ce qui va suivre.

Quelques répliques, des situations absurdes, en chocolat :
— il y a une quantité de choses qu’on n’apprend pas dans les livres. (Ah)
— la réponse à la question « qui sommes-nous et pourquoi » : et si Dieu avait créé le chat à son image et que quelques millénaires après il aurait créé l’homme dans le seul but de servir le chat. (Ah, ah)
— Claude Rich à son chat : « ah, tu es réveillé toi ? tu ne veux pas aller au bureau à ma place ? »
— la leppre d’excute à un plient écride en charatia et que pourbant on cromtrend partaitement… (surréaliste)
— le guide Michelin des cimetières (ça, c’est une idée)
— la scène du crayon (on croirait du Cocteau, surréaliste)
— le type qui tue sa copine parce qu’elle sourit pendant son sommeil et qu’elle est malheureuse dans la journée — jaloux d’un rêve presque…
— « quand je fais l’amour avec des filles, c’est comme si je restais happé par toi » « c’est tout de même désolant que tu vois d’autres filles » « peut-être mais je ne pourrais pas savoir ce que je viens de te dire »
— « je suis toujours ponctuel dans mes retards » « tu devrais écrire une encyclopédie des excuses pour ne pas aller travailler »

Bref, on y retrouve la déconstruction du récit et de l’histoire du Nouveau Roman, la même attention portée aux mots.

Il y a un peu de la Jetée dans l’histoire (le film de Chris Marker a un but et n’est pas un simple exercice de style) ou la folie de Eternal sunshine of the spotless mind.


Sur La Saveur des goûts amers :

Top des films de science-fiction (non inclus)


Ploy, Pen-ek Ratanaruang (2008)

Ploy

PloyAnnée : 2008

Réalisation :

Pen-ek Ratanaruang

7/10  IMDb
Vu en septembre 2008

Un film très sage, sans grande ambition, mais hypnotique.

L’ambiance tout du long est celle qu’on peut croiser dans le no man’s land d’un aéroport du bout du monde au petit matin : lourd, lent, fatigué, silencieux, avec ce petit bourdonnement lancinant qui ne vous quitte pas des oreilles et qui vous hypnotise.

On le comprend, un peu tard, mais c’est un film sur le désir, le fantasme, la peur de la perte de l’autre.

Pas envie de m’attarder trop sur ce film, de peur de le réveiller (là où il se repose sur le divan de la chambre d’hôtel). Pas un grand film, parce qu’il ne prétend pas être autre chose qu’un petit bonbon vite apprécié, vite oublié. Un film réussi en tout cas. Très antonionien, finalement… L’incommunicabilité à contre-emploi, thaïlandaise, celle des matins hallucinés après une nuit blanche. Celle de l’incertitude et de l’après. De la solitude aussi.


Ploy, Pen-ek Ratanaruang (2008) | Five Star Entertainment, Fortissimo Films


Ju Dou, Zhang Yimou (1990)

Triangle yimoureux

Ju DouJu Dou, Zhang Yimou (1990)Année : 1990

Réalisation :

Zhang Yimou

9/10  IMDb

Vu en août 2008

Listes :

Top films sino-asiatiques

— TOP FILMS

Limguela top films

MyMovies: A-C+

Cent ans de cinéma Télérama

Zhang Yimou et Gong Li… Deuxième film en commun. Après Le Sorgho rouge (génial), avant Épouses et Concubines (géant !) et Vivre (trop… méga génial !).

C’est facile, leurs meilleurs films sont les premiers. Une histoire d’amour impossible entre la belle, mariée de force à un vieux, et le neveu… du vieux… Ils avaient l’art à l’époque pour s’attirer les emmerdes.

C’est du bon vieux tragique chinois, toujours la même soupe, mais toujours aussi prenant. Le début est torride, érotique, sans même voir le moindre téton — gigantissimo.


Ju Dou, Zhang Yimou 1990 | China Film Co-Production, China Film Release Import and Export Company, Tokuma Shoten


L’Éclair, Mikio Naruse (1952)

L’Éclair

Inazuma Année : 1952

Réalisation :

Mikio Naruse

6,5/10 IMDb   iCM
Listes :

Les Indispensables du cinéma 1952

Avec :

Hideko Takamine
Mitsuko Miura
Kyôko Kagawa
Chieko Murata
Chieko Nakakita

Je n’ai pas compris le film.

Je devais être un peu distrait par la beauté d’Hideko Takamine, mais je me suis embrouillé à suivre l’histoire. Ça ressemble en fait aux débuts des films de Naruse : on apprend toujours à connaître des personnages, mais d’habitude, après il y a un truc qui se passe, là non, la fin arrive vite, je n’ai pas percuté. On a droit à un dénouement entre le personnage de la fille et de la mère, pourtant, je n’avais pas l’impression que ça semblait être le thème du film. J’attendais l’histoire d’amour, le mélo et on s’en tire avec un film psychologique sur la réconciliation entre une fille et sa mère…

J’ai dû rater une bobine en me focalisant sur celle d’Hideko.


L’Éclair, Mikio Naruse 1952 Inazuma | Daiei production


Au gré du courant, Mikio Naruse (1956) Nagareru

Flowing…

Au gré du courant

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Nagareru 

Année : 1956

Réalisation : Mikio Naruse

Avec : Kinuyo Tanaka, Isuzu Yamada, Hideko Takamine, Mariko Okada, Haruko Sugimura, Chieko Nakakita, Natsuko Kahara

 

Pas le Naruse le plus réussi, mais comme toujours, si on s’intéresse à la culture et à l’histoire japonaise, on apprend plein de choses. L’histoire est banale : une chronique sur la fin d’un monde (tiens, encore), celui des geishas après la guerre. La société s’occidentalisant, mais aussi à cause sans doute de la guerre qui a ruiné leurs « protecteurs », elles ont du mal à payer leurs dettes dans leur okyia, et les jeunes filles, les apprenties, pensent à faire autre chose ou n’ont pas de talent…

C’est encore parfois compliqué à comprendre si on ne se renseigne pas un minimum sur la vie des geishas (et la traduction n’aide pas vraiment, avec des termes et des concepts intraduisibles), donc il faut s’accrocher.

Il faut l’avouer, le film est surtout illuminé par la beauté douce et désabusée d’Hideko Takamine. On la voit malheureusement trop peu. C’est elle le personnage le plus intéressant du film. Comme dans Nuages d’été, le thème du film est le changement de la société japonaise. Hideko Takamine fait le lien entre les deux époques, les deux Japon. Fille de geisha, elle comprend qu’elle ne peut être entretenue par sa mère et commence à entrer dans la vie active.


Au gré du courant, Mikio Naruse 1956 Nagareru | Toho Company


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1956

Liens externes :


Onna no rekishi, Mikio Naruse (1963)

Une histoire de femme

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Onna no rekishi 

Année : 1963

Réalisation : Mikio Naruse

Avec : Hideko Takamine, Akira Takarada, Tsutomu Yamazaki, Tatsuya Nakadai, Yuriko Hoshi

— TOP FILMS

Le début est un peu difficile, on se perd avec les flashbacks, il faut se concentrer pour suivre parce que Naruse ne prend pas trop le temps de bien nous préciser qui est le personnage principal (en même temps, le titre devrait nous mettre sur la voie…).

Finalement, l’histoire prend de l’ampleur en s’installant dans une époque, celle de la guerre et le bombardement américain. Ça devient épique (même si on ne sort jamais vraiment de Tokyo), et surtout, c’est très mélo. Dans le bon sens du terme, ça reste très digne, très mesuré. J’ai pensé à ce moment à Docteur Jivago, un peu comme si le récit adoptait le point de vue de Laura ─ les histoires de femme, c’est toujours plus intéressant.

Les décors sont incroyables avec toute la tradition du mobilier ou des habillements japonais ; et guerre oblige, pas les plus raffinés.

On retrouve avec plaisir un acteur fétiche de Kurosawa (et du Sabre du mal entre autres), Tatsuya Nakadai. Mais surtout, l’actrice fétiche de Naruse, Hideko Takamine. Rarement vu une si bonne actrice…


Onna no rekishi, Une histoire de femme, Mikio Naruse 1963 | Toho Company


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À la recherche de Garbo, Sidney Lumet (1985)

La Colline d’une femme perdue

Garbo TalksÀ la recherche de Garbo, Sidney Lumet (1985) Année : 1985

Lien :

Cent ans de cinéma Télérama

IMDb  iCM

6/10

Réalisateur : 

Sidney Lumet

Avec :

Anne Bancroft, Ron Silver, Carrie Fisher

Anne Bancroft va mourir (en vrai, elle est morte en 2005). Elle est fan de la Garbo et voudrait la voir avant de crever. Mais c’est la Garbo, elle vit pratiquement recluse depuis qu’elle s’est retirée prématurément du cinéma… Son fils mène l’enquête alors que ça femme (princesse Carrie Fisher, sans son solo) et qu’il tente de garder son boulot (il quittera finalement les deux, finissant au bras de la ravissante Catherine Hicks, qui joue la mère dans la série Sept à la maison ou chez pas quoi…). Il finit par la trouver (elle ressemble plutôt à la mère d’Anthony Perkins dans Psychose), elle vient au chevet de la mère du héros à sa maman…

Tout ça est bien intéressant, comédie rythmée avec une musique pompière des plus kitschs (j’adore),… j’ai rarement vu la Garbo aussi peu expressive dans un film. Quoi qu’il en soit ça vaut surtout pour sa fin (on croirait que tout est fait pour elle). Le fils se trimballe dans un parc avec son amoureuse (qui a décidé elle aussi de laisser tomber son job pour devenir comédienne) et il rencontre par hasard la Garbo… « Tu sais pourquoi je t’adore, Gilbert ?! Parce que tu es un garçon plein de surprises… Oh, mais c’est Greta Garbo ! Non je ne le crois pas ! Oh, mais elle vient vers nous ! » La Garbo : « Bonjour Gilbert, comment allez-vous ? » « Bien merci. » Et elle se barre. La petite amie n’en revient pas, et nous, on est mort de rire. Mince la Garbo quoi ! la star recluse qui a dû parler à trois personnes en trente ans ! (Une autre fois, c’est quand elle est allée visiter les anciens studios suédois où elle avait travaillé : Bergman qui la rencontrait alors raconte qu’il la trouvait bien jolie… avant de voir son visage altéré par une ride. Une ride qui vous tranche la poire, et c’est la face du monde qui en est chamboulée…)

Au-delà de ça, un Lumet dispensable.


À la recherche de Garbo, Sidney Lumet 1985 | United Artists


Blanches colombes et vilains messieurs, Joseph L. Mankiewicz (1955)

Blanches colombes et vilains messieurs

Guys and Dolls Guys and DollsAnnée : 1955

5/10

Vu en juin 2008

IMDb  iCM

Les Indispensables du cinéma 1955

Réalisation :
Joseph L. Mankiewicz

Avec :

Marlon Brando
Jean Simmons
Frank Sinatra
Vivian Blaine

Adapté d’une comédie musicale à succès. Quelques jolis numéros chantés ou dansés, certains très connus, mais cette histoire parallèle entre le personnage de Marlon Brando et celui de Frank Sinatra n’a aucun intérêt. J’ai du mal à comprendre l’enjeu de tout ça…

Donc quand on s’ennuie, reste à regarder les décors… Mais… trop prétentieux, trop grands, trop… Les acteurs ?… Jean Simmons, heureusement, Frank Sinatra, pas mal… et puis Marlon Brando… Là, c’est une blague. Qu’est-ce qu’il fait dans ce là-dedans ? Le personnage lui va bien, mais déjà le voir dans un Mankiewicz, c’est déjà étonnant (et ça l’était déjà deux ans plus tôt dans Jules Cesar), mais alors dans une comédie musicale… Il ne danse pas trop mal, il chante… mais il est loin d’être convaincant. Surtout quand il chante « Luck Be a Lady » qu’on compare inévitablement aujourd’hui à la version qui viendra plus tard de Sinatra. Étrange ironie. Et puis Viviane Blaine, qui joue l’éternuement avec une réussite jamais égalée ─ pas étonnant cependant, elle a eu le temps de se perfectionner : elle est la seule actrice à avoir tenu le rôle depuis les débuts à Broadway, plus de mille représentations, de quoi prendre le coup.

À oublier.

Blanches colombes et vilains messieurs, Joseph L. Mankiewicz 1955 | The Samuel Goldwyn Company