Rapt, Lucas Belvaux (2009)

Rapt

Rapt Année : 2009

Réalisation :

Lucas Belvaux

5/10  IMDb

C’est quoi le sujet du film ? Belvaux veut traiter un fait divers ? Décrire toutes les faces d’un rapt en le décrivant point par point ? Ce n’est pas très clair… Parce que si c’est le fait divers, ça n’a de sens que si on s’attache à l’après rapt et surtout si on maintient l’ambiguïté sur le personnage principal, à savoir si oui ou non il a commandité son propre enlèvement comme les médias ou la culture populaire finira par le penser. Aucun doute possible ici : on suit tout, on sait tout (en fait rien parce qu’il n’y a rien à savoir : ça ne va pas plus loin que l’enlèvement crapuleux, ça ne vole donc pas très haut, et on ne nous laisse même pas l’occasion de nous imaginer autre chose, le pire…). L’angle intéressant du film, il était là, l’après : le mec qui se retrouve tout seul après son enlèvement, croyant avoir l’appui de sa famille, ou du moins retrouver normalement son job et ne pas être lynché dans les médias. Ça aurait été intéressant : un sujet à la Fritz Lang, sur l’injustice de se faire juger après un tel drame ; une sorte de double peine. On a ça que pendant vingt minutes à la fin…

Il faut bien dire aussi que les acteurs, en dehors d’Yvan Attal et d’Anne Consigny, sont très mauvais. Comment ne pas l’être avec des répliques aussi creuses ou des personnages aussi mal définis et stéréotypés…


Manpower, L’Entraîneuse fatale, Raoul Walsh (1941)

They Drive by Day

ManpowerL'entraineuse fatale, raoul walsh Année : 1941

Réalisation :

Raoul Walsh

6/10 IMDb  iCM
Avec :

Edward G. Robinson
Marlene Dietrich
George Raft

Le film ressemble à s’y méprendre à They Drive by Night, tourné l’année précédente par le même Raoul Walsh. La Dietrich reprend le personnage d’Ida Lupino (en moins salope), George Raft (avec ses sourcils taillés à la Dietrich) reprend son rôle d’homme brave et intègre, plutôt mou sexuellement, et Edward G. Robinson reprend le rôle de l’homme fragile tenu par Bogart.

Assez curieux ces correspondances. Le mythe de la vamp intéressée par un mec et qui miaule devant son petit frère comme s’il pouvait y changer quelque chose… Ça reste un film mineur.

Curieux aussi ce George Raft, il en a eu à cette époque des premiers rôles, et il reste aujourd’hui assez méconnu, à côté des autres stars avec qui il partageait l’affiche. Apparemment, il aurait refusé tous les rôles qui feront d’Humphrey Bogart une star ; passablement illettré, ça devait rendre difficile la lecture de script… 1941, c’est tout de même l’année de naissance du film noir avec le remake du Faucon maltais avec Bogart, que Raft aurait donc refusé pour tourner celui-ci. Une carrière parfois…, ça se fait à pas grand-chose.


Manpower, L’Entraîneuse fatale, Raoul Walsh 1941 | Warner Bros


L’Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of Saint Louis), Billy Wilder (1957)

The Pschitt of Saint-Louis

The Spirit of Saint LouisThe Spirit of Saint Louis, Billy Wilder (1957) Année : 1957

6/10

Les Indispensables du cinéma 1957

IMDb  iCM

Réalisation :

Billy Wilder

Avec :

James Stewart
Murray Hamilton
Patricia Smith

Qu’est-ce que ce film vient faire dans la filmographie de Billy Wilder ? OK, pas une comédie, mais on peut faire des films, en particulier Billy, en sortant de son registre qui se révèlent très bons. Là, on se demande ce que Wilder est allé chercher avec ce récit de l’aventure de Lindbergh en traversant l’atlantique en monoplan…

On pourrait dire la même chose de Stewart mais au moins lui est un habitué des « biopics » hagiographiques… ou des films consensuels (Tom Hanks de l’époque…, son Harvey est par exemple parfaitement mièvre et stupide), et son utilisation n’a jamais été meilleure que quand il servait de contrepoint (ou d’innocent) dans les films de Hitchcock.

Spirit of Saint-Louis, c’est le nom de l’avion avec lequel Lindbergh avait décollé pour entreprendre son périple. Pas la peine d’évoquer le reste, ça ne vole pas bien haut.


L’Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of Saint Louis), Billy Wilder 1957 | Leland Hayward Productions, Billy Wilder Productions


Rue sans issue, William Wyler (1937)

La rue meurt

Dead End Année : 1937

Réalisation :

William Wyler

7/10  IMDb

Les Indispensables du cinéma 1937

Avec

Sylvia Sidney, Joel McCrea, Humphrey Bogart

Un peu court. Le thème est intéressant, mais on n’a pas le temps de s’identifier aux personnages et à l’action.

L’histoire se déroule à New York, dans un quartier où les riches habitations empiètent sur les vieux quartiers miséreux. Baby face, un mafieux qui y a grandi y revient nostalgique de son premier amour, pendant qu’on suit la vie de Bohème de quatre ou cinq mômes qu’on appellera plus tard les Dead end kids et qu’on retrouvera dans plusieurs films de la Warner (Crime School, Les Anges aux figures sales, Je suis un criminel).

Huis clos avec une écriture théâtrale (le film est adapté, il me semble), on ne sort finalement jamais de ces décors de « fin de rue ». Ça fait très chronique, parce qu’on suit trois groupes de personnages qui n’ont pas forcément de rapport entre eux sinon que leurs histoires se télescopent dans une même unité spatiale. Bogart meurt un peu tôt, (pas encore la star qu’il deviendra par la suite).

Un film à voir malgré tout, une curiosité, et ça reste du Wyler. Ces décors sont magnifiques. Et on ne peut pas résister au sourire avenant et aux yeux humides de Sylvia Sidney.


Rue sans issue, William Wyler 1937 Dead End | The Samuel Goldwyn Company


Locataires, Kim Ki-duk (2004)

… … …

Bin-jip Année : 2004

Réalisation :

Kim Ki-duk

8/10  IMDb

Vu en août 2009

— TOP FILMS —

Top films coréens

Listes sur IMDb :

Limguela top films

MyMovies: A-C+

(Puisque je n’avais plus de mot après la vision de ce film, je partage les commentaires de ma petite sœur Titi. Son enthousiasme est un peu plus communicatif que le mien.)

Oh yoïyoï !…

Alors, si ça c’est pas un film magnifique ! C’est pas du Im Kwon-taek, c’est encore moins bavard…

Ah nan, purée c’est trop bon un truc comme ça, ça donne envie de se taire et de respirer le silence qu’il y a entre les touches de mon clavier.

……

AHHHHHHHHHHHHHH ! J’ai envie de pleurer tellement c’est bô !

Le plus grand film muet de tous les temps !

Ah, la, la… ce réalisateur coréen, il a un jardin japonais dans le cœur…

Pff, alors des films comme ça en France, depuis la fin de Bresson, j’attends toujours… On aime bien blablater parce que, vexés de ne pas avoir inventé le cinéma parlant, il a fallu qu’on invente le cinéma blabla… pfff… Eh ben voilà, le cinéma maintenant, celui des images, des actions, des mythes, ça fait quinze ans qu’il est en Asie.

À partir de maintenant je m’appelle Lim Gwoan-Taek !

(rah, cette chute !… bon d’accord, je n’ai pas de petite sœur Titi, mais parfois, on a envie de serrer les coudes et de trépigner comme un idiot.)


Locataires, Kim Ki-duk 2004 Bin-jip | Kim Ki-Duk Film, Cineclick Asia, Happinet Pictures


Le Grondement de la montagne, Mikio Naruse (1954)

Les Choses de la vie

Le Grondement de la montagne

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Yama no oto

Année : 1954

Réalisation : Mikio Naruse

Avec : Setsuko Hara, Sô Yamamura, Ken Uehara, Chieko Nakakita, Yôko Sugi, Teruko Nagaoka, Yatsuko Tan’ami, Yatsuko Tan’ami

— TOP FILMS

Une femme vit avec son mari avec les parents de ce dernier, mais ils ne s’aiment pas et le mari court après une ou deux femmes. En secret, le père de famille et la femme s’aiment, mais ils ne se le diront jamais tout au long du film. Le dilemme est là. Ils le savent, ou pas, peu importe, ça se voit, et ils ne font rien pour aller contre la bienséance. Ils poussent tous deux l’autre au bonheur, tout un sachant qu’il est impossible l’un sans l’autre.

Une œuvre d’une grande désespérance. On retrouve les personnages typiques des films de Naruse : la femme fidèle mais mal aimée et délaissée, le mari lâche et coureur, le père protecteur dont les usages sont tombés en désuétude, la mère naïve et quelque peu casse-pieds comme sa fille égocentrique avec son enfant mal élevé.

Les mêmes acteurs aussi comme toujours.

Il ne se passe finalement pas grand-chose. Très peu de péripéties. C’est un film, encore plus que dans les autres, sur le rapport à l’autre, sur les non-dits.

Encore un très bon film, adapté cette fois de Yasunari Kawabata.


Le Grondement de la montagne, Mikio Naruse 1954 Yama no oto | Toho Company

Star Trek III – À la recherche de Spock (1984)

À la Recherche du Spock perdu : Troisième Trek du côté de chez Swann

Star Trek III – À la recherche de Spock

Star Trek III: The Search for Spock

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Star Trek III: The Search for Spock

Année : 1984

Réalisation : Leonard Nimoy

Avec : William Shatner, Leonard Nimoy

Je me fends la poire.

Un peu moins ridicule que le second. Un scénario là aussi édifiant. Parfois de belles images (c’est pour ça que je le regarde pour être franc) et heureusement qu’on a des acteurs excellents. Cette série (et donc les films) ils valent vraiment par le seul talent des acteurs. Des acteurs de théâtre, ça se voit tout de suite, capables d’être à l’aise dans une mise en scène et surtout un scénario totalement hiératiques, capables de ne pas être ridicule en sortant des phrases d’une connerie intersidérale. Pas sûr qu’avec des acteurs bidon comme on devrait en trouver normalement dans des trucs comme ça, que Star Trek ait eu autant de succès. D’ailleurs on voit la différence avec pas mal de seconds rôles. Certes, parfois, ils sont grimés et pourraient avoir tout le talent du monde qu’on ne verrait rien, mais c’est tout de même pas au niveau des acteurs initiaux présents sur la passerelle. William Shatner demeure malgré les daubes qu’il a tournées pour la TV un acteur excellent : la série lui a interdit de trouver d’autres rôles intéressants, mais il suffit de le voir dans les Frères Karamazov de Richard Brooks ou dans The Intruder de Corman, pour comprendre que Billy, c’est du tout bon (un beau gâchis en somme, mais le théâtre a dû se régaler).


Star Trek III – À la recherche de Spock 1984 Star Trek III The Search for Spock | Paramount Pictures, Cinema Group Ventures


Une « belle image »


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Mademoiselle Gagne-Tout, George Cukor (1952)

Mademoiselle Gagne-Tout

Pat and Mike Année : 1952

Réalisation :

George Cukor

6/10 IMDb 
Avec :

Spencer Tracy
Katharine Hepburn

Pas le meilleur film du couple Hepburn-Tracy. D’ailleurs, leurs films en dehors de deux ou trois, ne m’ont pas laissé de grands souvenirs. Je les préfère tous les deux séparément, ou Hepburn avec Cary Grant… Les films étaient arrangés par le studio pour que les deux amants puissent tourner ensemble…

L’intrigue est pas mal entendue. Hepburn semble avoir vingt ans de trop pour le rôle, et elle prend un bon coup de vieux encore quand apparaît un acteur qui sera une des stars des films des deux décennies suivantes : Charles Bronson (ce qui n’empêche pas Katharine Hepburn de mettre littéralement le garçon au tapis).

Reste les dialogues, dont certains sont particulièrement savoureux.

« À Combien estimes-tu le pourcentage des gens honnêtes sur Terre ? — Deux pourcents, pas plus. — Je dirai trois. Et cette fille ne fait pas partie des 97 autres. Quand je la regarde, je ne vois que ça. Elle a une tête vraiment honnête ; c’est la seule chose qui me dégoûte en elle. »

Quand on demande à Hepburn comment elle connaît « tous ces trucs » après qu’elle a défendu son manager de ses deux agresseurs, elle répond qu’elle a été prof de gym, et là un type dit : « C’est qui ce Jim ».

Quand les associés un peu magouilleurs retrouvent Tracy et que celui-ci veut en finir avec les matchs arrangés, l’un des bons gros magouilleurs lui dit : « Tu trouves que c’est correct envers nous d’être réglo ? »

Et quelques autres…

Dispensable.


Mademoiselle Gagne-Tout, George Cukor 1952 Pat and Mike | Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)


Clerks, les employés modèles, Kevin Smith (1994)

Clerks

Clerks Année : 1994

IMDb  iCM

MyMovies: A-C+

Lim’s favorite comedies

7/10

Réalisateur :

Kevin Smith

Ça sent le film d’abord écrit pour le théâtre*. C’est un huis clos presque strict qui se passe dans une supérette du New Jersey. Il ne s’y passe jamais rien, donc tout ce qu’on fait c’est causer. Pas besoin d’histoires extraordinaires pour captiver, il suffit d’avoir la langue bien pendue et d’un peu d’imagination…

*1 En fait, non.

Une petite copine qui n’est sortie qu’avec six gars, mais qui a sucé 37 queues (celle du présent incluse), un caissier de vidéo club qui va louer ses films dans le vidéoclub plus grand du centre commercial voisin et qui y choisit un film porno mettant en scène des hermaphrodites, un vieux pervers demande à utiliser les toilettes privées de la supérette pour se branler discrètement, une petite amie d’enfance qui revient de l’Ohio pour retrouver son chéri et qui viole sans faire exprès le macchabée qui n’est autre que le vieux pervers qui a succombé à une attaque cardiaque, une partie de hockey sur le toi de la supérette, une gamine de quatre ans qui vient acheter des cigarettes, un représentant de chewing-gum qui incite les clients à ne plus consommer de cigarettes, des dealers complètement débiles, des clients tous aussi fous les uns que les autres, des vendeurs désabusés, un proprio absent, des petites copines de passage. Un grand n’importe quoi totalement délirant et superbement bien écrit.


Clerks, les employés modèles, Kevin Smith 1994 | View Askew Productions, Miramax


Les Hauts de hurlevent, William Wyler (1939)

La Horde de Hurlevent

Les Hauts de hurlevent

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Wuthering Heights

Année : 1939

Réalisation : William Wyler

Avec : Merle Oberon, Laurence Olivier, David Niven

Du Bronté produit par Samuel Goldwin, mise en scène par William Wyler, et interprété par Laurence Olivier. Si ce n’est pas de la dream team ça…

Une mise en scène qui fout bien les boules au début avec les violons dans la neige (on aura les mêmes quarante ans plus tard dans LEmpire contre-attaque). Tout en flashback, comme toutes les bonnes histoires gothiques (oui, il n’y a pas que le film noir), comme pour mieux entrer dans une histoire qu’on veut fantastique ; ça pourrait tout aussi bien être un rêve, un mensonge (la sophistication de la mise en abîme qui plongerait presque le film dans le baroque si on y avait en plus les couleurs et des optiques torsadées). Le reste, c’est du mélo. L’amour impossible qui rentre en conflit avec le paraître.

Ça ressemble pas mal à Jane Eyre finalement. Le même personnage de l’homme autoritaire dévoré par sa passion ; et ces femmes rendues idiotes par leur amour. Les mêmes patelins paumés habités par le mystère et ses fantômes. Et puis, au moins, le mauvais temps, c’est crédible dans le nord de l’Angleterre.

An -2 avant CK. Pas de contre-plongée, pas de plan-séquence. Mais ça paraît bien sophistiqué tout de même pour 1939. Bien léché, rien à dire. Peut-être l’effet gothique déjà. La sophistication s’écrit avec un W, qui veut dire Welles, ou bien donc Wyler… (Ça marche aussi avec D.W Griffith ou Josepth L. Mankiewicz ; un peu moins avec Wilder, sauf pour Boulevard du Crépuscule peut-être… Le K, c’est pas mal non plus. Et le Z. OK, je range mes runes.)


Les Hauts de hurlevent, William Wyler 1939 Wuthering Heights | The Samuel Goldwyn Company


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Les Indispensables du cinéma 1939

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