Les Belles de nuit, René Clair (1952)

Note : 3 sur 5.

Les Belles de nuit

Année : 1952

Réalisation : René Clair

Avec : Gérard Philipe, Magali Vendeuil, Martine Carol, Gina Lollobrigida

Clair semble vouloir reproduire le succès de Sous les toits de Paris et du Million avec un film de voisins plein de fantaisie. Ponctuellement, le film peut se révéler très drôle, mais il lui manque une attaque capable de donner un sens fort à la quête ou à l’aventure à venir. Il faut donc bien attendre une demi-heure avant de comprendre où René Clair veut en venir : le professeur de musique, compositeur à ses heures (nocturnes), rêve aux femmes qui l’accompagnent le jour, et les y retrouve à diverses époques… Je crois que même avec la meilleure attaque possible, un tel sujet peinerait à convaincre. Les opérettes ou les comédies musicales n’ont parfois besoin que de quelques prétextes pour lancer les fantaisies musicales, seulement ici, il est surtout question de pitreries burlesques, certes parfois drôles, typiques du Clair d’avant-guerre, mais c’est loin d’être assez tordant pour qu’on se contente du rire.

Avec de tels acteurs, comiques et non musicaux, et pas franchement burlesques, on essaie de faire du Clair à la sauce hollywoodienne : de la fantaisie légère, mais axée sur les rapports entre personnages, avec un vrai enjeu. Et le véritable enjeu ici, le même que nombre de films tout aussi romantiques, il est de gagner la belle. Or, on s’écarte bien trop souvent de ce fil directeur pour que cela finisse par être convaincant.

À des années-lumière des meilleurs films de Clair. Dommage, Gérard Philipe est excellent (quel drame qu’il soit parti si tôt ; étrangement, il fut immédiatement remplacé par un autre acteur, moins présent sur les planches toutefois, Alain Delon ; comme quoi, c’est beaucoup une histoire d’emploi). On guette peut-être un sein de Martine Carol sans jamais le voir, mais on soupire d’extase devant le ventre souriant de Gina Lollobrigida. À mon tour de faire de beaux rêves…


Les Belles de nuit, René Clair (1952) | Franco-London Films/Angelo Rizzoli Films


Asako I & II, Ryusuke Hamaguchi (2018)

Soapopero

Note : 3 sur 5.

Asako I & II

Titre original : Netemo sametemo

Année : 2018

Réalisation : Ryûsuke Hamaguchi

Avec : Masahiro Higashide, Erika Karata, Sairi Itô

La passion des Français pour ce cinéma japonais plus proche du soap opera que du cinéma d’auteur m’étonnera toujours autant… Presque plus de notes sur SC que sur IMDb et dix fois plus que sur iCM, c’est dire si c’est un intérêt exclusif (quoique, à force de se faire mousser par la critique française, Hamaguchi semble avoir percé à l’international, on verra ça…).

On fait rarement de bons films avec des personnages exécrables. Ici, la jeune fille est une caricature de fille timide, kawai, adulée par tous les hommes n’appréciant jamais autant les femmes que quand elles sont fragiles et réservées. Le premier jules, un connard, est un beau gosse sur qui on ne peut pas compter, mais qui représente justement le modèle d’homme idéal pour les jeunes filles mièvres parce qu’il est insolent et irrespectueux. Le second a le physique de beau gosse du premier (et pour cause, il s’agit là d’une ficelle surexploitée dans les mélos qui ne pourrait être crédible dans un film sérieux), mais représente l’autre face plus lumineuse des stéréotypes masculins nippons : le gendre idéal.

Le film ne manque pas par ailleurs de surfer sur nombre de clichés japonais pour éveiller l’intérêt des lecteurs de mangas habitués aux mêmes stéréotypes chez le public occidental. Lecteurs nippophiles qui sont sans doute les mêmes qui apprécient ce genre de niaiserie. Les films français s’exporteraient sans doute mieux si les « auteurs » français prenaient soin un peu plus de mettre à l’honneur vins et champagnes ou sacs Vuitton dans leurs films…


Asako I & II, Ryusuke Hamaguchi 2018 | C&I Entertainment, Bitters End, Comme des Cinémas, Elephant House


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La Danseuse des Folies Ziegfeld, Robert Z. Leonard (1941)

Trois femmes

Note : 4 sur 5.

La Danseuse des Folies Ziegfeld

Titre original : Ziegfeld Girl

Année : 1941

Réalisation : Robert Z. Leonard

Avec : Hedy Lamarr, Judy Garland, Lana Turner, James Stewart

Énième variation sur les déboires des artistes du music-hall estampillés Ziegfeld. La trame varie peu : une poignée de stars réunie autour de personnages qui cherche la gloire, un conflit avec les entourages, certaines échouent, d’autres réussissent, etc. C’est la chair qui enveloppe par ailleurs ces passages obligés que l’on juge : l’exécution et la qualité des numéros, le plaisir de suivre un rehearsal qui joue les montagnes russes et la diversité, une bonne musique, et des dialogues qui font mouche. Quelques stars de la MGM partagent le haut de l’affiche : Judy Garland, Hedy Lamarr et Lana Turner, auxquelles vient s’ajouter James Stewart (qui n’est pas un produit du cru, mais qui sort d’Indiscrétions, comédie tout aussi typique de l’esthétique de la firme au lion).

À la manière de Stage Door, le film comporte certains accents finaux dramatiques grâce aux écarts du personnage de Lana Turner pour qui cela semble être le premier grand rôle (des écarts qui annoncent un peu ceux — toujours plus fantaisistes — des années 60). Cette noirceur attachée à son personnage, surtout, c’est un peu la saveur noire de femme fatale qu’on lui connaîtra par la suite. Avant de se muer en créature fatale pour les hommes qui tombent sous son charme, elle doit bien se damner d’une manière ou d’une autre… Tout est déjà présent chez la future actrice du Mirage de la vie : Lana Turner commence le film en ingénue, tout à fait délicieuse, puis, comme c’est la règle à l’âge du code Hays, l’alcool sert de catalyseur pour pervertir un peu plus les filles de mauvaise vie, et c’est là que l’on aperçoit les prémices des personnages de femmes froides et inaccessibles qu’elle interprétera plus tard (dès Johnny, roi des gangsters, sorti quelques mois après).

Des trois actrices principales, c’est sans doute celle qui tire le plus la couverture à elle : Judy Garland est désormais une jeune adulte, le talent inouï de la star au chant fait plaisir à voir, mais son personnage reste comme toujours assez lisse. Quant à Hedy Lamarr, il lui suffit de parler avec les yeux, et son numéro n’a pas besoin de s’agrémenter d’autre chose (son personnage n’est pas aussi bien exploité que celui de Lana Turner).


La Danseuse des Folies Ziegfeld, Robert Z. Leonard 1941 Ziegfeld Girl | MGM


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Les Indispensables du cinéma 1941

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Les Conspirateurs, Jean Negulesco (1944)

Thriller de remariage (ou pas)

Note : 3 sur 5.

Les Conspirateurs

Titre original : The Conspirators

Année : 1944

Réalisation : Jean Negulesco

Avec : Hedy Lamarr, Paul Henreid, Sydney Greenstreet, Peter Lorre, Victor Francen, Joseph Calleia

Adapté d’un roman d’espionnage, le scénario tient la route. Et avec lui, toute la production, Negulesco compris. Manque peut-être l’audace, le style, la folie ou la fantaisie qui auraient permis au film de se démarquer des autres. Des dialogues plus percutants et une fin plus réussie aussi. Au climax à suspense, on y ajoute une séquence de fuite superflue dans laquelle, comme dans tout film du code qui se respecte, on abat traditionnellement le méchant. On se rapproche alors plus du film noir lugubre et criminel : une tonalité que le film ne connaissait pas jusque-là (c’est la touche « diplomatique », propre au thriller d’espionnage, qui dominait).

En la matière et dans un tel contexte, le choix des acteurs joue beaucoup et assure parfois l’essentiel de l’intérêt d’un film. Hedy Lamarr est parfaite en petite Française sortie de Dachau au bras d’un nazi, mais ce serait en oublier presque qu’elle ne tient qu’un rôle d’appoint. À se demander si Hitchcock n’avait pas compris que dans un bon film d’espionnage, il fallait lorgner du côté de la comédie du remariage, et ainsi s’assurer qu’homme et femme pèsent plus ou moins de manière égale (ce qu’il n’a par ailleurs pas toujours respecté). Hedy Lamarr se contente ici de représenter une sorte de femme fatale un peu molle, un prix que le héros convoite… Une prison après l’autre pour la jolie juive en fuite.

Par ailleurs, si des seconds rôles fabuleux s’ajoutent à sa partition (Peter Lorre, Joseph Calleia, Sydney Greenstreet et tous les autres), l’acteur principal, Paul Henreid, est plutôt quelconque. Bon acteur, de la présence, de la tenue, mais cette audace, ce style, cette folie, ou cette fantaisie que j’évoquais plus haut, si c’est à l’acteur principal de l’apporter (surtout avec des dialogues aussi fades), il ne remplit pas du tout cette mission. James Mason par exemple aurait apporté beaucoup à ce personnage bien trop lisse pour qu’on s’attache à lui.

On remarquera surtout (c’est ma tendance actuelle) les superbes costumes portés par Hedy Lamarr. À chaque apparition, un nouveau chapeau, une nouvelle robe pour le joli oiseau en cage : pas d’excentricité, mais beaucoup de créativité dans les formes, et des textures drôlement classes…


Les Conspirateurs, Jean Negulesco 1944 The Conspirators | Warner Bros.


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Everything Everywhere All at Once, Dan Kwan et Daniel Scheinert (2022)

Watrix

Note : 4 sur 5.

Everything Everywhere All at Once

Année : 2022

Réalisation : Dan Kwan, Daniel Scheinert

Avec : Michelle Yeoh, Stephanie Hsu, Jamie Lee Curtis

Mélange plaisant et non subtil entre Scott Pilgrim contre le reste du monde et Matrix. Un Watrix en quelque sorte… Il va bientôt falloir créer un genre particulier pour ce type de films baroques pleins de références et sans règles, sinon celles, convenues, de devoir passer par toutes sortes de passages obligés renforçant chez le spectateur l’identification et le plaisir immédiat (du happy end incontournable aux montages-séquences lacrymaux où chacun, comme dans les tragédies antiques, se dévoile, en passant par les séquences d’apprentissage). On ajoute à ça une bouillabaisse tout à fait bienvenue de politiquement correct à travers laquelle toutes les inclusivités ethniques et sexuelles trouvent leur place, et la baroque est consommé. The Boys ou For All Mankind, par exemple, dans un style tout autre, suivent une même logique d’inclusivité (une vieille Chinoise, mère d’une championne multiverselle et lesbienne, voilà une composition qui compte triple dans le Scrabble des altérités cinématographiques).

Je suis bon spectateur, tout simplement parce que c’est drôle. On frise souvent le burlesque et l’absurde, on se rapproche aussi un peu du nihilisme, et puisque c’est en plus bien exécuté, on digère assez bien cet ensemble baroque qui ose tout. En dehors d’une fin heureuse (passage obligé pour satisfaire tous les publics), le film tient plus ses promesses baroques, voire confusionnantes, qu’un film comme Ready Player One qui, dans mon souvenir, redevenait vite classique une fois l’univers installé (Spielberg oblige).

Là où Scott Pilgrim réunissait sans doute ses dernières forces baroques dans son absurdité crétine et son audace sans limites, Everything Everywhere me semble mieux tenir cette promesse que tout est possible, surtout dans la déconstruction, l’audace, la mise à distance (toujours la bonne alliance entre la distance et l’identification qui m’est chère) au fil du récit. Le finale manque alors peut-être d’une apothéose à la hauteur des obligations annoncées, mais c’est bien le burlesque, pour moi, qui fait la différence sur l’ensemble du film. Affaire de mariage là encore : un peu comme un bon hot-dog, il faut juste assez de moutarde. Trop de burlesque risquerait d’être pénible et lourd. Quelques tranches qui pendouillent dans l’univers des mains en hot-dog et me voilà comblé.


Everything Everywhere All at Once, Dan Kwan et Daniel Scheinert 2022 | A24, AGBO, Hotdog Hands


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Okaeri, Makoto Shinozaki (1995)

Le couple et le néant

Note : 4 sur 5.

Okaeri

Année : 1995

Réalisation : Makoto Shinozaki

Avec : Susumu Terajima, Miho Uemura, Tomio Aoki

— TOP FILMS

Drame minimaliste, d’abord sur l’incommunicabilité, la solitude, puis le film prend un tour plus mélodramatique sans jamais se départir de sa lenteur étrange. On sent que quelque chose ne tourne pas rond, ça entretient le mystère, puis la femme commence à présenter des signes de démence, son discours devient incohérent et paranoïaque.

Deux personnages principaux et le reste de la distribution se compte sur les doigts d’une main, avec en particulier l’apparition de Tomio Aoki, l’un des gosses de la Shochiku qui connut le début du cinéma sonore avec Ozu et Naruse et plus tard quelques grands films des années 50.

On ne tombe pas vraiment dans une sorte de Love Story pour schizophrène, discrétion oblige, mais le film n’en est pas moins éprouvant émotionnellement parlant. Le film garde son mystère avec lui. J’ignore si la schizophrénie est fidèlement rendue, mais la montrer à travers le prisme de l’incommunicabilité et de la sobriété sèche, presque froide, clinique (à la Haneke), autorise sans doute une approche plus respectueuse que n’importe quelle autre forme de film qui aurait multiplié les éclats et les péripéties pour illustrer les différentes étapes de la maladie et de son traitement. Les deux personnages principaux restent émouvants malgré ce style un peu sec : leur incommunicabilité ne provient pas du désintérêt de l’autre, pas d’une forme de monstruosité, c’est un choix clair de mise en scène et une contrainte de budget.

Jolie prouesse dans une production japonaise des années 90 presque insipide.


Okaeri, Makoto Shinozaki 1995 | Comteg, Komuteggu


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The Haunting of Hill House, 2018

Note : 3.5 sur 5.

The Haunting of Hill House

Année : 2018

On comprend aisément ce qui a pu plaire à Mike Flanagan dans cette histoire… Le bonhomme semble obnubilé par Shining… Beaucoup d’éléments similaires ici. Je suis bien étonné de ne pas voir de référence à la hache…

Le début avance poussivement, puis le puzzle temporel qui se met en place dans la seconde moitié de la mini-série (ou « confetti temporel », devrait-on dire) ne manque pas d’efficacité. Il y a une fascination certaine à voir les morceaux de l’intrigue s’agencer un à un.

Il faut aussi reconnaître au dernier épisode notamment une indéniable qualité… littéraire (oui, oui) dans les dialogues, très probablement des emprunts directs au roman initial.

Joli épisode 6, également, dans lequel l’emploi de miettes de plans-séquences permet de s’échapper le temps d’un épisode au ronron pénible et habituel des mises en scène léchées. Voir comme jamais les acteurs en pied, se perdre dans des détails du décor, profiter de la continuité et du souffle donnés seuls par les acteurs, ça fait du bien. Parfois. Sans compter que Flanagan n’en fait pas pour autant un exercice de style tape-à-l’œil. Vu la spécificité de l’épisode, c’était parfaitement justifié (dans un ou deux épisodes précédents, le recours un peu trop systématique aux raccords entre séquences tournait là au contraire à l’exercice de style un peu vain).

Bon, sinon, les flics, ils n’ont pas eu l’idée de l’ouvrir cette satanée chambre rouge après le suicide de la mère ? La dame se jette du haut de l’escalier donnant accès à cette pièce, mais personne n’aura l’idée d’y jeter un coup d’œil ? (Mince, je viens de faire appel à la police et ç’a mis un grand coup de pied dans le joli tas reconstitué de confettis. Principe hitchcockien qui vaut donc à la fois pour les thrillers et les films d’horreur : ne jamais faire appel à la police.)


The Haunting of Hill House, 2018 | Netflix


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Un jour en septembre, Kevin Macdonald (1999)

Note : 1 sur 5.

Un jour en septembre

Titre original : One Day in September

Année : 1999

Réalisation : Kevin Macdonald

On aura rarement vu un film documentaire adopter autant d’effets de mise en scène habituellement restreints aux fictions ou aux pires documentaires de télévision américaine du dimanche de fin des années 90, et cela alors même que la BBC est à la manœuvre.

Le manque de distance avec un sujet aussi difficile donne assez à vomir : musique qui accentue chaque seconde les différentes étapes de la tragédie de Munich ; mise en parallèle d’une hypocrisie sans nom avec la logique des jeux et du village olympique qui continuent presque comme si de rien n’était (hé, mec ! tu es en train d’injecter des éléments de divertissement lourdingues et sans retenue concernant un drame réel et tu t’amuses de l’absence de compassion des témoins directs de la tragédie ?) ; reconstitutions un peu zarbs (Depardon est cité au générique, je suppose qu’il a fourni certaines images de contextualisation…) ; témoignage racoleur d’un des terroristes ; choix des rushs envers les Allemands pas forcément à leur avantage (certains rient, et il est impossible, bien sûr, de savoir si c’est en cohérence avec l’ensemble de leur témoignage) ; extraits de télévision américaine (sans doute parce qu’elles disposaient des extraits disponibles les plus racoleurs) ; et images des victimes baignant dans des mares de sang.

C’est quel niveau d’indécence ?

On n’oublie pas le glamour puisqu’il s’agit plus d’un film de fiction qu’un documentaire informatif et froid sur un sujet qui en aurait pourtant bien eu besoin : la voix d’une star en arrière-plan et une ponctuation musicale rock… de Led Zeppelin. Mais WTF.



Un jour en septembre, Kevin Macdonald (1999) | Passion Pictures & BBC Films


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L’assassin s’était trompé, Lewis Gilbert (1955)

Le veuf ou la poule

Note : 4 sur 5.

L’assassin s’était trompé

Titre original : Cast a Dark Shadow

Année : 1955

Réalisation : Lewis Gilbert

Avec : Dirk Bogarde, Margaret Lockwood, Kay Walsh

Et si le propre du British noir, c’était ce qu’il y a de plus caractéristique dans l’esprit britannique… : l’humour ? Je le disais déjà à l’occasion du Troisième Homme ou à l’évocation d’un film comme Fallen Idol, les Britanniques sont tellement tordus et vicieux qu’ils ne peuvent traiter de sujets sordides sans y mêler un peu d’humour (du moins, quand c’est bien fait). Ce rôle ici n’est pas dévolu, on s’en doute, à Dick Bogarde (j’adore le bonhomme, mais ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un acteur de fantaisie), mais principalement à Margaret Lockwood qui hérite d’un personnage en or (toutes les répliques qui font mouche sont pour elle). Les femmes d’ailleurs ont le beau rôle dans le film, puisque même si elles sont la proie de ce coureur de dot, ce sont elles qui, paradoxalement, mènent souvent les débats (le titre français n’est pas si mal trouvé, tant le personnage de Dick Bogarde, malgré son sens de la préparation, semble toujours être dépassé par les événements, en particulier dans ses face-à-face avec les femmes à forte tête qui l’accompagnent).

J’en reviens à ce que je disais pour Opération Scotland Yard. Il est question ici d’une variation du whodunit avec une révélation « inattendue » dans le dernier acte (la victime qui se révèle être un chasseur), et le scénario prépare idéalement le spectateur pour qu’il s’imagine avoir compris avant tout le monde. Au contraire des principes d’un whodunit où il est entendu qu’au moins un des suspects présentés se révèlera être le coupable, s’évertuer à surligner et à suggérer l’identité d’un criminel avant la fin procède d’une technique parfaitement contraire au genre : celui du suspense… Le spectateur, quand il a compris, ou quand il se doute de l’identité du fautif, garde ça soigneusement en permanence dans un coin de sa tête et n’est pas diverti par diverses fausses pistes qui lui paraîtront fades quand il reverra le film dans une salle ou dans sa tête. L’astuce ici du scénario consiste à faire en sorte que le personnage de Bogarde ne s’y est pas fait non plus prendre et l’attendait… au tournant.


L’assassin s’était trompé, Lewis Gilbert 1955 Cast a Dark Shadow | Lewis Gilbert Production, Angel Productions


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Les Trafiquants du Dunbar, Basil Dearden (1951)

L’homme de paï

Note : 4 sur 5.

Les Trafiquants du Dunbar

Titre original : Pool of London

Année : 1951

Réalisation : Basil Dearden

Avec : Bonar Colleano, Susan Shaw, Renée Asherson, Earl Cameron

Plus réussi que Opération Scotland Yard du même Basil Dearden. On se rapproche déjà de l’atmosphère des films noirs parfaitement adaptés ici au style portuaire britannique (bateaux arrimés aux quais, ruelles pavées et humides, fog londonien, bars ou auberges mal famés, etc.). Beaucoup de récits en parallèle, aucune star, et aucun personnage principal, c’est la force du film.

Un marin, habitué aux petits trafics, fait passer des objets de contrebande sous le nez de la douane, et se retrouve malgré lui associé à de plus gros poissons que lui. Après y avoir mêlé son meilleur ami et découvert la réalité de ce dont on attendait de lui, il tente sur le tard de rattraper ses erreurs… Gageure éternelle : mettre en scène des malfrats sans envergure et parvenir à les rendre sympathiques. Pari réussi ici, pourtant ce marin accumule pas mal d’agissements moralement répréhensibles. Comme quoi, la personnalité joue beaucoup quand on en vient à juger quelqu’un : difficile de ne le faire qu’à travers ses actions.

L’histoire d’amour naissante entre la petite blonde et le bon noir est attachante : deux perles, tout simplement. Et même si les perles se distinguent rarement pour leur originalité, on aime les contempler, c’est ainsi que l’on peut s’émerveiller devant la moins originale des actions, mais aussi la plus ancienne : la rencontre amoureuse. L’originalité est ailleurs. Pour une fois, ce n’est pas la police chargée de l’enquête qui résout l’affaire et arrête les méchants (elle arrête les principaux), mais notre marin qui se rend de lui-même (ne me remerciez pas pour le spoil).


Les Trafiquants du Dunbar, Basil Dearden (1951) Pool of London | Ealing Studios


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