La Honte, Ingmar Bergman (1968)

La guerre est nôtre

La Honte

Note : 4 sur 5.

Titre original : Skammen

Année : 1968

Réalisation : Ingmar Bergman

Avec : Liv Ullmann, Max von Sydow, Sigge Fürst

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La guerre transforme nos vies, notre intimité, même quand on cherche à se préserver de toute idée politique, même quand on se retire dans le trou du cul du monde.

L’histoire, si on peut appeler ça une histoire, évolue simplement : Max von Sidow et Liv Ulman se sont retirés à la campagne pour vivre heureux en dehors des tumultes des villes. La guerre civile les rattrape, et les insurgés, se réfugiant, pas loin de chez eux, leur maison se retrouve bientôt au centre de bombardements. Ils ont le choix entre le pouvoir en place (une dictature probablement) et les insurgés (qui ne sont pas des saints non plus). Choisir l’un ou l’autre camp, ça revient finalement à la même chose, les deux amoureux voudraient rester en dehors de tout. Mais la politique est binaire et la désertion idéologique prohibée. Et la guerre civile entre alors dans le lit conjugal (au propre comme au figuré). Après bombardements et exécutions en masse, les deux amants s’en tirent finalement pas trop mal et retournent chez eux.

C’est là que compte mettre en place Bergman son champ de bataille. La guerre change les hommes, et les sépare surtout. Même ceux qui la refusaient.

La Honte, Ingmar Bergman 1968 Skammen | Cinematograph AB, Svensk Filmindustri (SF)

Ils ne s’accordent plus sur l’attitude à adopter, s’il faut rester neutre, et s’il faut prendre le parti de quelqu’un, pour lequel… Les deux camps se serviront de leurs incertitudes, de leurs contradictions, de leurs doutes. Et c’est ainsi que l’indifférence, la peur, le refus de s’engager, engendre la docilité (donc la servitude — et dans d’autres circonstances, la collaboration). À l’égard des deux camps. Dans une guerre, il y a les abrutis qui ont des convictions (et ceux-là décident de s’affronter) ; et les autres, qui parce qu’ils n’en ont aucune, subissent la logique des premiers. La majorité silencieuse, qu’on dit. Elle se prostitue à l’officier qui les a laissés en vie (ce n’est même plus le cas après les désaccords avec son mari) ; ils ont en retour des petits cadeaux. Par ailleurs, les insurgés viennent se servir chez eux (c’est toujours un moindre mal). Jusqu’au jour où militaires et insurgés viennent à se rencontrer chez eux…

Malgré la détestation profonde qu’ils éprouvent désormais l’un pour l’autre, ils continuent de vivre ensemble…

Voilà. Une guerre sans nom, dans un pays sans nom, dans une époque indéfinie, le tout pour mieux mettre en évidence un autre conflit, celui, quotidien, de la vie conjugale. Et encore, malgré les désaccords, les conflits, malgré la fuite du désir et la disparition de l’amour, on reste ensemble, parce qu’on préfère vivre mal avec l’autre, que vivre seul et mourir. Le seul courage, c’est celui de vivre avec l’autre. Vivre, c’est renoncer à ses certitudes, renoncer à les imposer aux autres. La paix, c’est une guerre qu’on renonce à se faire. Et donc la guerre, c’est la lutte permanente pour la paix qu’on a décidé de perdre. Peace and love, docteur Ingmar.

Le début est beau. Jamais Liv Ulman n’aura été aussi belle. Par la suite, ça se gâte évidemment. Quelque chose d’étrange se produit alors. Un peu comme si nous aussi, on commençait à ne plus les supporter et que malgré tout on avait du mal à nous séparer d’eux. Si seulement le monde, la guerre, le chaos, ne les avaient pas rattrapés.

Film curieux. Parce que ce n’est pas un drame. Plutôt une parabole dystopique, une chronique avec des « scènes de la vie conjugale » mises à l’épreuve du temps. Au lieu de chercher à montrer comment un conflit se noue et se dénoue, Bergman préfère l’exposer simplement. Sans début ni fin ; c’est là. Il en ressort une étrange impression d’inachevé où c’est à chacun de tirer les leçons. Bergman explore les étapes de la vie d’un couple, mais son unité se fait sur une base thématique et non dramatique. Le sujet n’est pas un conflit en particulier, mais “le” conflit, donc il peut prendre différentes formes. Le tout est de creuser le même sillon. D’un point de vue dramatique, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Parce que l’intérêt est ailleurs. Dans l’analyse personnelle que chacun fera de ces relations (qu’on ne vienne donc pas me dire que je déflore l’histoire…). Et au manque d’objectif défini, nécessaire à tout récit dramatique, s’ajoute la soumission des personnages. Un héros classique prend son destin en main et cherche à être maître de l’environnement qui l’entoure, c’est la pleine puissance de l’homme qu’on célèbre depuis que l’homme raconte des histoires. Ici, c’est le contraire, puisque Bergman rappelle son impuissance, sa volonté de rester en dehors du temps, en dehors de l’histoire, en dehors de la vie et de l’environnement. Au lieu de chercher en dehors, la quête se fait en dedans, on voit ça depuis Œdipe. Les personnages veulent tout sauf être des héros. Bergman s’applique à nous montrer les hommes tels qu’ils sont, non tels qu’ils devraient être ou tels qu’ils ont été racontés selon les légendes. À nous de nous forcer à nous interroger sur nous-mêmes, plutôt que de nous émouvoir et de nous divertir avec le récit captivant de héros embarqués dans des histoires extraordinaires. On a alors le film qu’on mérite : si on est incapable de tirer des leçons de tout ça, les forces évocatrices du film échoueront à trouver un écho en nous. Mais ça n’interdit pas de tirer du plaisir devant une telle démonstration. Comme la limace qui tombe en extase devant son reflet dans une flaque… sans comprendre que c’est son propre reflet qu’elle est en train de voir. C’est beau, on ne sait pas pourquoi, et parfois c’est suffisant. C’est toute la réussite de Bergman comme d’un Tarkovski. Réussir à adopter une posture de distanciation pour forcer le spectateur à se rapprocher de lui-même, sans oublier la poésie. C’est-à-dire la possibilité de s’abandonner à ce qui nous échappe.


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Sourires d’une nuit d’été, Ingmar Bergman (1955)

Comédie érotique d’une nuit d’été

Sourires d’une nuit d’été

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Sommarnattens leende

Année : 1955

Réalisation : Ingmar Bergman

Avec : Ulla Jacobsson, Eva Dahlbeck, Harriet Andersson

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Un vrai bonheur de film. Une comédie légère, une sorte de pièce de Marivaux sous le soleil éternel, doux et frais de l’été suédois. J’imagine que c’était, avant que Bergman l’adapte, une pièce qu’il a montée au théâtre de Malmö. C’est en tout cas structuré comme une pièce de théâtre (comme beaucoup de ses œuvres de toute façon).

Comme chez Marivaux donc, on a les jeunes ingénus qui ne connaissent rien à l’amour, qui sont les proies des vieux… Tout ça flotte dans un grand libertinage, tout le monde badine avec tout le monde, mais ce n’est pas pour autant une invitation dans le lit… On s’amuse. On fait l’amour avec les mots. Tout est futile, léger, il n’y a pas une once de drame dans tout ça. La force du film, c’est ce ton. Léger donc, un peu folâtre (une comédie du bonheur, un peu farce, mais où on n’ira pas jusqu’à se taper sur les cuisses).

Le début est un peu lourd avec le personnage du mari volage, un peu austère, marié à une jeune fleur de trois fois son âge. Dès que le film se tourne sur les personnages féminins, là c’est le grand bonheur. La jeune épouse donc, toujours vierge (« Crois-le ou non, voilà deux ans que je suis marié et ma jeune épouse est encore vierge. Je ne tiens pas à la brusquer. […] Mais elle aime beaucoup ma vieille pipe ») ; elle a la lèvre boudeuse, de jolis poils de paille sous les aisselles ; elle déshabille innocemment le fils de son mari ; il est encore question de pipe, et le fils s’exécute sans rechigner. La servante (un personnage typique du théâtre français, voire italien) qui se plaît « à rouler des hanches » (le cul c’est vulgaire) devant, toujours, le jeune fils du mari (qui déprime de ne pouvoir vivre autant dans le péché que tous ces vieux libertins) ; elle l’allume, mais quand le fils tente de l’embrasser brutalement… : « Non, non, si je t’allume, c’est pour mieux te repousser, mon mignon ». Et enfin, la maîtresse du mari, actrice, volage aussi, à qui on ne la fait plus, qui se laisse convoiter par deux maris et qui a perdu ses illusions de jeunes filles… Comme souvent chez Bergman, ce sont les femmes qui ont le pouvoir.

La troisième partie du film me fait penser à Milou en mai. C’est un peu les chaises musicales dans les couples alors que tout le monde s’est réuni à la campagne. Et bien sûr, c’est la jeunesse qui finit par gagner le combat.

À noter, Sarko dans le rôle du deuxième amant de l’actrice, une sorte de Matamore tout à fait ridicule.

Harriet Anderrson, Eva Dahlbeck et Ulla Jacobsson, c’est tout de même de la belle blonde à mâter. Photo magnifique en noir et blanc, très claire, avec une grande profondeur de champ… En gros plan, on voit les poils blonds des bras d’Ulla Jacobson scintiller en contre-jour, ou les larmes sur ses joues qui brillent comme de minuscules petites loupes. On voudrait presque y mettre la langue, sentir au moins le parfum frais de sa chevelure dans la nuit claire… Des sourires plein les yeux, des poitrines blanches et généreuses (ah, la scène où Harriet Andersson dégrafe son bustier et l’ouvre de cour à jardin pour venir y glisser la main du fils de son mari…), des postures avec un maintien comme on n’en voit plus aujourd’hui.

Rideau. L’automne arrive. Rhabillez-vous. La saison des comédies guillerettes de Bergman vient de s’achever.


Sourires d’une nuit d’été, Ingmar Bergman 1955 | Svensk Filmindustri Sommarnattens leende


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La Source, Ingmar Bergman (1960)

La Source

Jungfrukällan
Année : 1960

Réalisation :

Ingmar Bergman

Avec :

Max von Sydow
Birgitta Valberg
Gunnel Lindblom

10/10 IMDb

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Une trame simple mais véritablement coup de poing. Sur un sujet très dur (le viol sur « boucle d’or » donc ce qu’il y a de plus méprisable, et ensuite « l’auto-justice »). Brrrr ! Un Chien(s) de paille à la sauce Bergman, et un petit côté Kurosawa aussi, surtout dans l’esthétique, la manière de filmer et de montrer les personnages, avec beaucoup de retenue, de distance… Et cette esthétique, d’une caméra avec une grande profondeur de champ (qui ne met pas en valeur des détails, mais regarde sans juger) et ces bois très clairs qui font penser aux bois de Rashomon.


Ingmar Bergman

Classement  :

10/10

  • Cris et Chuchotements (1972)
  • La Source (1960) 

9/10

  • Rêve de femmes (1955) 
  • Persona (1966)
  • Le Visage (1958) 
  • Crise (1946)
  • Sourires d’une nuit d’été (1955)
  • Jeux d’été (1951)

8/10

  • Face à face (1976) 
  • Au seuil de la vie (1958) 
  • Vers la joie (1950) 
  • L’Attente des femmes (1952) 
  • La Honte (1968)
  • Une leçon d’amour (1954) 

7/10

  • The Making of Fanny and Alexander (1984)
  • Les Fraises sauvages (1957)
  • La Nuit des forains (1953) 
  • L’Heure du loup (1968)
  • Fanny et Alexandre (1982)
  • La Flûte enchantée (1975)
  • Le Silence (1963)
  • L’Œil du diable (1960)
  • Monika (1953)
  • Musique dans les ténèbres (1948) 

6/10

  • L’Œuf du serpent (1977)
  • Il pleut sur notre amour (1946)
  • Sonate d’automne (1978)
  • Le Rite (1969)
  • La Prison (1949) 
  • Les Meilleures Intentions (1992, scénario)
  • Après la répétition (1984)
  • Scènes de la vie conjugale (1973)
  • Les Communiants (1963)
  • Le Septième Sceau (1957)
  • À travers le miroir (1961)
  • La Fontaine d’Aréthuse (1949)
  • Ville portuaire (1948)
  • L’Éternel Mirage (1947)
  • Saraband (2003) 

5/10

  • De la vie des marionnettes (1980)
  • Toutes ses femmes (1964) 
  • Le Lien (1971) 
  • Une passion (1969)
  • En présence d’un clown (1997)

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Listes :

Simples notes :

Face à Face (1971)

À votre prochaine tentative de suicide ratée, exigez qu’Ingmar Bergman vienne à votre chevet vous raconter quelques histoires pour égayer votre réveil. Éventuels effets secondaires passagers : folie et hallucinations.

Autrement la marque du génie : l’alliance du tragique et du comique.

Toutes ses femmes (1964)

D’habitude brillant, Bergman s’essaie seIl pleupt fois au coloré. 7 femmes. Sept fois de trop.

Saraband (2003)

Vieillir pour certains cinéastes, ça consiste à construire des maisons de poupées. L’écriture arthritique et à bout de souffle de Bergman fait peine à voir.

Rêves de femmes (1955)

Une saveur qui n’est pas sans rappeler les films de Fassbinder. Le croisement de deux destins, celui d’une photographe de mode et son modèle, concentrés en quelques heures. Une entrée en matière admirable, pleine de tension et d’humour. L’humour d’ailleurs qu’on retrouve jusqu’à la fin avec le retour inattendu de l’amant dans la scène clé du film (du côté de la photographe)… Bergman semblait avoir assuré le coup en proposant cette fin avec un plan venant après un long plan séquence intense et bavard (plus facile à couper si l’humour ne marchait pas).

Musique dans les ténèbres (1947)

Mélo aveugle avec l’acteur fétiche du début de carrière de Bergman. L’aveugle qui avait refusé de se lier avec sa petite « aide à domicile », alors jeune, idiote mais amoureuse, viendra finalement la séduire quand, lui, sera tombé un peu plus de l’échelle sociale et, elle, plus mûre… C’est idiot, mais c’est Bergman, et l’exécution est sans failles : placement de caméra, rythme, direction d’acteurs, c’est déjà parfait.

Vers la joie (1950)

Peut-être pas aussi abouti que Jeux d’été disposant des mêmes acteurs, mais dans les petits drames de couple, Bergman est toujours très bon. Il le serait plus s’il se concentrait sur les personnages féminins comme il le fera plus tard. Seul réconfort masculin, la présence de Sjöström (plus de trente ans déjà devant la caméra et toujours ce charme rieur à la Gassman).

Jeux d’été (1951)

C’est frais, c’est beau, c’est du Bergman… Faut donc bien aussi que ça finisse en tragédie. Sans tragédie, pas de souvenirs (ou presque). Et ces premiers Bergman orbitent beaucoup autour de l’idée et des possibilités offertes par ces souvenirs. Le génie ici est de tuer son personnage masculin principal, nous laissant le plus souvent au bras de son héroïne et en en adoptant le point de vue.

La Nuit des forains  (1952)

Je peux comprendre que Bergman ait une faiblesse et un intérêt enfantin pour les lanternes magiques, et par conséquent l’univers du cirque dans son ensemble, mais cet intérêt il peine à me le faire partager ici. C’est comme s’il n’y croyait pas lui-même. Difficile de s’identifier à tous ces personnages de cirque excentriques, sans cesse sur la corde raide, ses seuls personnages intéressants comme d’habitude sont les femmes et les bourgeoises. La présence seule d’Harriet Andersson sauve le film et elle n’y est même pas au centre (elle y est bien plus belle que dans Monika…).

Au seuil de la vie (1958)

Au moment d’adapter le scénario, Bergman m’appelle pour me demander de lui proposer un titre à son film. Il ne retient pas mon « Les Avortons », et se retrouve avec ce titre… parfait.

C’est typiquement du Bergman. Théâtral, donc bavard, structuré autour de trois histoires de femmes. Mais ce n’est pas du Bergman, le cinéaste se « contentant » de mettre cette pièce en images. Sa direction d’acteurs est hors du commun…

Cris et Chuchotements (1972)

Bergman fait du Bergman, comme Fellini peut faire du Fellini, ou Tarkovski faire du Tarkovski. Ces années 70… Quelque chose est frappant ici, c’est la manière dont Bergman laisse libre ses acteurs. Pas dans dans les mouvements mais dans la possibilité de proposer, comme si Bergman leur indiquait un état d’esprit (souvent lié à la solitude de ces sœurs) et qu’il leur demandait de se laisser aller devant la caméra pour voir ce qui pourrait jaillir d’elles. Et malgré de très nombreux excès, c’est toujours dans la retenue. Les cris ne sont jamais qu’étouffés comme l’indique d’une certaine manière le titre. Et ce travail sur les couleurs (unies, comme à la 2001) et les costumes est parmi ce qu’il s’est fait de mieux.

Il pleut sur notre amour (1946)

Early Bergman is not that much Bergman. Il y a un peu trop d’action. Bergman, c’est bien quand c’est statique, avec des personnages avec des quêtes ou des errances intérieures, quand il questionne les tourments et la solitude de chacun, et quand le rythme est lent au point d’y sentir le temps se pendre au bout d’une corde.

Journal d’un cinéphile prépubère :

La Prison (1949)

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Ingmar Bergman

Mauritz Stiller

crédit Mauritz Stiller

Classement :

8/10

  • Le Trésor d’Arne (1919)
  • La Légende de Gösta Berling (1924)
  • Hotel Imperial (1927)
  • Le Vieux Manoir (1923)
  • Thomas Graals bästa barn / Leur premier-né (1918)
  • Le Meilleur film de Thomas Graals (1917)

7/10

  • Erotikon (1920)
  • Hämnaren  (1915)
  • Dans les remous / Le Chant de la fleur écarlate (1919)

6/10

  • I lifvets vår (acteur)  (1912)
  • Amour et Journalisme (1916)
  • À travers les rapides (1921)

5/10

  • Balettprimadonnan / Wolo (1916)
  • Gränsfolken (1913)

4/10

  • Alexander den Store (1917)

3/10

2/10

1/10

  • Les Ailes (1916)

Films commentés (articles) :

Films commentés (courts articles) :

Simples notes : 

À travers les rapides (1921)

Mélodrame champêtre profondément ronflant sauvé par une technicité et une maîtrise du montage alterné parfaite.

Thomas Graals bästa barn / Leur premier-né (1918)

Comédie du remariage avec un Victor Sjostrom aux faux airs de Vittorio Gassman, et un Mauritz Stiller qui a la touche Lubitsch. 

Les Ailes (1916)

Il y a plus de plumes dans ce film qu’il n’en faut pour se bâtir un bon oreiller pour la nuit.

Mauritz Stiller

Ruben Östlund

Classement :

10/10

9/10

 

8/10

  • Snow Therapy (2014)

7/10

  • The Square (2017)
  • Sans filtre (2022)

6/10

5/10

 

Films commentés (article) :

Simples notes :

Sans filtre (2022)

L’art difficile de la satire. Je comprends que le style du Suédois irrite toujours autant, mais il y a une forme de constance misanthropique qui jusqu’à présent ne m’a jamais trop dérangé. La scène de la tempête n’a certes rien de subtil, mais la satire, quand elle vise le grotesque, n’a pas forcément à être subtile. Sinon, ce serait comme reprocher à Chaplin de tirer vers la caricature quand elle réalise Le Dictateur. On frôle certes un moment les outrances d’un Next Floor, de Villeneuve. Mais ce qui manquait au court métrage, c’était justement l’humour et la longueur. Une fois passés sur l’île, on passe à une nouvelle étape de la satire avec un retournement attendu et presque aussi cathartique. Le début est féroce et aide sans doute à lancer le film. Manque peut-être sur l’île la présence d’une personne de la classe moyenne, un employé de pont, pas la cheffe des employés justement. Un détail. Les satires sont rares alors que le monde ne s’est jamais porté aussi mal. Östlund a au moins le mérite de combler ce manque.

Snow Therapy (2014)

Brillant jusqu’à la dernière demi-heure qui révèle, ou dit, trop, ou tente une sorte de rédemption, certes subtile, mais inutile. Tout ce qui précède sur la vie de couple, la perception et les peurs de chacun, la crise de confiance, les piques (« je comprends pourquoi ton ex-femme a divorcé » ah, ah), tout ça est très juste, et dans l’impro dirigée, c’est du haut niveau, le rendu est parfaitement maîtrisé. Y avait juste une porte de trop quand fallait finir tout schuss avant de rentrer à la maison.

 

 

Ruben Östlund

La Prison, Ingmar Bergman (1949)

La Prison

Fängelse Année : 1949

6/10 IMDb

Réalisation :

Ingmar Bergman

Avec :

Doris Svedlund, Birger Malmsten, Eva Henning

Journal d’un cinéphile prépubère : le 25 mai 1997

Rien d’extraordinaire. Seule la séquence du rêve surréaliste dans la forêt est intéressante. Le reste montre des qualités mais le scénario est plutôt ennuyeux. Pas trop mal non plus, la fin qui montre l’errance psychologique du personnage féminin.

En fait, Bergman est meilleur quand il filme les épilogues des sentiments, la fin des choses qu’il dépeint avec une certaine émotion à travers une mise en scène attentive et lente.

Bergman par la suite s’est axé sur cette qualité, ses films suivants traitant plus volontiers du spectacle apocalyptique de la vie et plus précisément du couple (encore une fois rapproché de la théorie de Bresson que le mystère naît de l’exposition unique des effets, chez Bergman, c’est l’intérêt qui naît d’actions accomplies, passées, les personnages ayant déjà un vécu très fort).