No Smoking, Alain Resnais (1993)

No Smoking, No… Smoking

No SmokingNo_Smoking_Alain_Resnais Année : 1993

Réalisation :

Alain Resnais

Avec :

Sabine Azéma

Pierre Arditi

9/10 IMDb iCM

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Décidément, il me plaît bien ce Resnais. Amour de la forme (le plaisir de la structure pour le bonheur de la déconstruire), esthétisme froid, théâtralité… Eh oui, les scènes sont interminables, tout tourne autour de dialogues et de situations qui évoluent autant hors-champ, et après des ellipses, que devant la caméra. En gros, les dialogues doivent apporter une grande part des informations venant « de l’extérieur ». Extraordinaire pouvoir d’évocation comme si les couleurs criardes, façon BD, n’étaient qu’un écran de fumée pour masquer l’essentiel, qu’on imagine derrière le chevalet des apparences, à travers la voix des acteurs. Un peu comme si les couleurs venaient se perdre sur nos papilles pour en exciter les sens les plus immédiats et qu’une saveur plus lente, plus imperceptible et plus persistante, montait peu à peu sur le buvard fragile de l’œil de l’imagination. Les images claquent dans le présent et s’évanouissent presque aussitôt, tandis que les évocations parlent à notre mémoire, à notre sens de la représentation et de la prospective. To smoke or not to smoke, that is the question. Mourir, dormir…, rien de plus. Mourir, dormir… Dormir ? Rêver peut-être… Argh, voilà le hic ! Comment imaginer, voir et rêver en même temps ?…

Et si la réponse était dans Smoking, je me retrouve bien embarrassé.

Belle performance d’Arditi et d’Azema. Resnais n’est pas ce qu’on pourrait appeler un grand directeur d’acteurs, on peut donc penser (imaginer, ou rêver peut-être) qu’ils y ont été pour beaucoup dans le bon déroulement de la chose scénique. Justesse impeccable, rapidité maîtrisée, et exécution implacable. Il est rare d’allier ainsi la vivacité, la spontanéité (qui s’apparente parfois trop à de l’agitation : on regarde plus parce que ça attire le regard que parce qu’on s’intéresse au devenir des personnages) avec le pouvoir évocateur de l’acteur, si utile pour faire travailler l’imagination, là, du spectateur, et qui apparaît le plus souvent dans les respirations. Ce que les « grands » acteurs de la pantomime arrivaient à faire en posant une main sur le front, en fronçant sévèrement les sourcils et en roulant des yeux vagues derrière leurs chaussettes, tout en y adjoignant dans un souffle matamoresque cette merveilleuse ponctuation de la pensée en bulles qui éclatait en « ha ! » vapoteux. « Fumer ? Moi, jamais !… Ha ! »

Bref, ça réclame une attention et une intelligence parfaite de la part de l’acteur. À la fois une leçon inimaginable, une expérience épicée* formidable, et un découragement pour ceux qui essaient de commencer de fumer.

*en français dans le texte (NdT)

 


L’Année dernière à Marienbad, Alain Resnais (1961)

Le Ventre de l’architecte

L’Année dernière à Marienbad

Note : 5 sur 5.

Année : 1961

Réalisation : Alain Resnais

Avec : Delphine Seyrig, Giorgio Albertazzi, Sacha Pitoëff

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9 novembre 96 — et révision proustalienne

Film fascinant. Trop peut-être. Il y a un stade dans l’art, et en particulier dans le cinéma, où la fascination tue la fascination. Le xxᵉ siècle est le siècle du cinéma, mais aussi de l’intellectualisme prout-prout. Ou quand l’art se regarde le nombril, quand il se questionne sur lui-même, se structure en même temps qu’il se compose, se déstructure en même temps qu’il nous emmerde. L’essence même de l’art, c’est de s’adresser à un public, et la moindre des politesses, c’est de ne pas le plonger dans un tunnel d’ennui. Parce que oui, le spectacle est superbe, génial, et non sans intérêt… mais on s’emmerde !

(Et Dieu, que j’aime ça.)

L'année dernière à Marienbad

Sérieusement ?

C’est intelligent, fascinant. La photo est superbe. Écran large, découpage rythmé, montage structuré, mise en scène et jeu contrôlés, voire un brin mystérieux pour éveiller un instant la curiosité. Tout ça serait digne d’un grand architecte, même si on ne demande pas à un film de jouer les « grands », mais de se mettre au service d’un sujet. Ma belle dinde, tu as de jolies plumes, tu te tortilles avec comme personne, mais j’attends de voir quand je t’aurai mordu les fesses. La viande, la chair, les formes, la sueur, les viscères, les méninges en charpie, les tripes lâchées à la figure pour le plaisir de s’en badigeonner le corps ! Il est là le plaisir du spectateur. S’enfiler de la pintade bien charnue, lui faire des enfants, la tromper, la retourner, la farcir, et toujours la mordre, encore et encore ! Quel plaisir peut-il y avoir à plonger ses dents, ou… ses doigts, dans un chariot de supermarché avec ses formes bauhausiennes répétitives, parallèles, tout en angles, en équerres ou en lignes droites ?

Bref, à défaut de nous nourrir, le film nous invite à nous frapper la tête contre les murs, sinon à chasser la moindre particule de poussière agglomérée dans les angles. Alors, allons-y.

(Prout-Prout)

Deux références — ou influences. D’abord, Orson Welles. Mise en scène retenue : Welles se servait des silhouettes hiératiques, verticales, pour exprimer une idée de rigidité mentale qu’il opposait aussitôt avec un environnement tourmenté, lui, fait de torsions, de mirages, de points de fuite tentaculaires. Ici, tout est rectiligne, la rigidité n’est pas dénoncée, et si elle est grossie, exagérée, c’est comme pour exprimer sa propre fascination à l’égard des pantins que sont finalement ces non-personnages. On oppose en quelque sorte, le jardin foisonnant et baroque à l’anglaise, au jardin géométrique à la française. Avec l’un, on se perd avec délice ; avec l’autre, on est fasciné et on cherche des yeux les formes oblongues qui reposeront nos yeux, les ombres qui se dévoileront avec tous leurs mystères. Même utilisation également de la voix off, signe de la volonté de construire un récit élaboré et jouer sur différents tableaux ; ou encore, le magnifique noir et blanc, tout en contraste, même si Resnais s’appuie moins sur les ombres que Welles.

Quant à la seconde influence, cette fois pour servir de référence à une œuvre postérieure, c’est Stanley Kubrick. Il serait intéressant de savoir s’il a vu le film en 1960, ce qu’il en a pensé, et s’il a influencé son travail. La lenteur, l’utilisation de la voix off, l’utilisation des espaces géométriques dans lesquels les personnages sont perdus comme dans un labyrinthe, le mystère d’une présence tourmentant les personnages, le même type de travelling dans de longs couloirs étroits, les mouvements de caméra ou les plans sur des détails du décor ou sur des personnages comme intégrés à ce décor, la révélation petit à petit d’un espace complexe à découvrir, mais qui se dévoile toujours moins à mesure qu’on en visite les recoins et les secrets, la profondeur de champ censée dévoiler les secrets de cet environnement et qui, finalement, plus on en voit, moins on s’y sent en sécurité (alors que Welles, s’il utilisait des décors de château par exemple, jouait la carte gothique, baroque, non sur la froideur d’un éclairage frontal qui nous dit que si une présence néfaste est présente, il faut la chercher ailleurs qu’à travers le regard : la menace en est d’autant plus effrayante si elle provient d’une dimension inconnue, autrement insaisissable).

Il m’arrive le matin sous la douche de m’imaginer barbu avec la tête de Kubrick, et je me demande, les années 60 maintenant bien mâchées, si je voue un culte secret à ce film au titre énigmatique. L’année dernière… à Marienbad. Marienbad, mon amour. Tu es rude et squelettique, tu as une colonne Louis-XVI à la place des hanches, le nez droit et les pieds plats, la frange au milieu bien alignée avec la raie du cul, le nombril et la bouche dans l’axe de l’étoile Polaire, un fil à plomb en guise de string, les seins plats et le sourire gonflé avec des lignes d’horizon, mais Marienbad, tape-moi sur les doigts s’il le faut, viens me frapper les fesses de ton implacable rigidité, parce que je ne te vois aucun défaut, et parce que je finirai bien par me laisser désagréger par tes formes si platement sensuelles sous leurs plissages sévères et dévots. Il suffit de t’embrasser, pour qu’une fois mouillés dans le tilleul, les morceaux impalpables de ton édifice, jusque-là indistincts, s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des cœurs, de la chair, des personnages consistants et reconnaissables, car tout cela qui prend forme et générosité, est sorti, ville et jardins, de ta fascinante rigidité. — Prout. Tu m’ennuies, mais tu me plonges dans un état inconnu qui ne m’apporte aucune preuve logique, sinon l’évidence de ta félicité, de ta réalité, devant laquelle les autres peuvent s’évanouir

Bon, y a pas à dire, la Recherche, on n’en voit pas le bout, mais c’est tout de même mieux que le nouveau roman… Marienbad, l’exception, le petit plaisir délicieux, qui, isolé de la notion de sa cause, rend toutes les vicissitudes du nouveau roman indifférentes, son désastre littéraire inoffensif, ses brièvetés et ses froideurs illusoires, de la même manière qu’opère Hiroshima mon amour, en nous remplissant d’une essence précieuse, capable de nous faire cesser de nous sentir médiocres, contingents, mortels. Bref, il est temps que je m’arrête, les étranges vertus de ce breuvage ne semblent pas diminuer. L’Année dernière à Marienbad, c’est une madeleine de Welles à tremper dans du Kubrick : on est en face de quelque chose qui n’est pas encore, et que seule notre imagination peut réaliser, et faire entrer dans la lumière.

(Je me suis laissé imbiber telle une madeleine dans le tilleul, tel un morceau de papier dans son bol de porcelaine rempli de je ne sais quel breuvage exotique et euphorisant…)

Oust.


L’Année dernière à Marienbad, Alain Resnais (1961) | Cocinor, Terra Film, Cormoran Films

Thé et Sympathie, Vincente Minnelli (1956)

Thé et Sympathie

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Tea and Sympathy

Année : 1956

Réalisation : Vincente Minnelli

Avec : Deborah Kerr, John Kerr, Leif Erickson, Edward Andrews, Edward Andrews, Darryl Hickman

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Journal d’un cinéphile prépubère (25 août 1996)

Merveilleux.

Un scénario du tonnerre. Un drame en utilisant tous les procédés du suspense. À aucun moment, le cheminement de l’histoire ne devient complaisant avec le spectateur. Tout est fait pour frustrer et émerveiller, car le spectateur aimerait qu’un véritable amour puisse s’installer entre Laura Reynolds et Tom Lee. On attend on espère, mais cela n’arrivera jamais, car, au fond, on sait que le scénariste ne doit pas relâcher l’élastique, au contraire, il faut le tendre de plus en plus sans se laisser à la facilité heureuse. À la fin, c’est plutôt le spectateur qui suffoque et attend la libération qui ne viendra jamais. C’est lui qui craque à la place des personnages. Il sent que ça ne se terminera pas, que la tension, au lieu de redescendre dans un dénouement traditionnel, se renforce, car les événements, frustrants pour le spectateur, et tragiques pour les personnages, se multiplient. On aimerait alors qu’ils s’échappent tous les deux, mais c’est impossible, leur amour est impossible.

Quand, à la fin, Tom lit la lettre de Laura qui a quitté son mari, qu’elle ne sait plus aimer, et qu’on apprend que Tom est marié, et qu’on lit sur son visage qu’il est heureux ainsi, on ne peut qu’être dégoûté de voir que « l’amour » passé n’est plus qu’un bon souvenir pour lui, alors que nous sommes toujours dix ans plus tôt, avec Laura, qui en assume les conséquences : « quand un caillou tombe dans l’eau, il fait des cercles jusqu’à l’infini et les conséquences sont infinies. » On comprend alors que le personnage qui était en fait le plus en danger, c’est Laura. Tom, lui, avait droit à une seconde chance, celle-là même que Laura avait eue avec lui.

Un drame de ce type montre bien que le fameux « happy end » n’est pas ce qu’il y a de plus beau. Ici, la fin (comme dans Autant en emporte le vent) est tragique (surtout pour Laura dont le spectateur s’identifie à ce moment) et la tension ne s’est toujours pas détendue comme un véritable dénouement, bien sûr, il y a la morale avec la nouvelle situation de Tom, mais pour elle, la tragédie continue.

Une œuvre qui restera dans les cœurs comme un poids dont on ne se serait pas délaissé. Un chef-d’œuvre.

Il faut noter aussi que cet amour transparaît derrière un sujet brûlant, celui du manque de virilité (perçu possiblement comme la marque d’homosexualité de Tom). Derrière la description psychologique et des mœurs, c’est toujours l’amour ou l’amitié qui prévaut (une amitié qui entretient des rapports mystérieux avec la pitié comme le fait remarquer, vers la fin, Tom à Laura). Cette situation n’est pas un prétexte à la romance, mais plus une cause. Il est évident aussi que le drame est aussi profondément psychologique : Laura est la mère que Tom n’a jamais eue, comme son professeur (« depuis, j’aime toutes les femmes avec des décapotables »), et ce complexe d’Œdipe explique peut-être tout le mystère et le secret qui tournent autour des relations des deux personnages. Un amour maternel plus que charnel.

Comment arriver à une si jolie perfection ? Les acteurs (et leur mise en scène) y sont aussi pour quelque chose (en plus de l’histoire). Et la photographie, presque la peinture, chez Minnelli est toujours splendide.


Thé et Sympathie, Vincente Minnelli (1956) | Metro-Goldwyn-Mayer


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1956

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Pandora, Albert Lewin (1951)

The Flying Avatar

Pandora

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Pandora and the Flying Dutchman

Année : 1951

Réalisation : Albert Lewin

Avec : James Mason, Ava Gardner

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Journal d’un cinéphile prépubère : mars 96

Pandora est une succession d’images fortes. Il n’y en a jamais eu autant dans un film sans qu’elles soient entre elles incohérentes. Elles ne forment pas une unité, ne semblent pas aller vers le même but universel. L’intensité provient certainement, en partie du moins, du contraste entre des événements surréalistes (remarquons aussi la répétition à la fin de la scène de la rencontre entre « Ava Gardner » et « James Mason ») et un monde qui ne l’est pas vraiment. Le film mêle réalisme et surréalisme. N’est-ce pas le principe de la poésie baroque qui s’appuie sur ce genre de contraste ?

Rien ne manque à l’écriture, on peut difficilement faire mieux. Quand on atteint ainsi un tel degré de perfection, on tend à l’impression d’universalisme. La construction est exceptionnelle et reste cohérente malgré le nombre d’éléments qui font sa perfection.

Manque juste une réalisation plus originale, authentique, personnelle, ce qui fait l’identité d’un réalisateur (seul Orson Welles à cette époque avait une identité originale [!…]). Cela aurait été le comble de l’universalisme.* Lewin est surtout un auteur et moins un technicien de l’image (!). Même s’il attachait beaucoup à l’esthétique comme une peinture, je ne crois pas qu’il aurait aimé transposer la peinture abstraite au cinéma. Peut-être parce que ce travail sur la réalisation aurait été cet élément de trop qui fait basculer l’excellence dans l’antipathie. Beaucoup, c’est fort, trop, c’est trop.

Je ferais juste remarquer le style de l’action vers la fin du film dans la scène de la pseudo-mort de « James Mason » : action irrespectueuse des règles, surréalisme. Une scène qui rendait possible celle des arènes où un « James Mason » mort vient voir son meurtrier dans son exercice criminel et qui, lui-même, se fera tuer à cause…

*J’étais fasciné par cette idée « d’universalisme ». Une forme de plénitude, d’impression d’achèvement total, qui accompagne certains chefs-d’œuvre, et qui est aussi l’ambition d’un art total capable de mêler plusieurs styles, tons, rythmes ou arts. Concept assez flou qui reviendra très souvent par la suite et que j’opposais continuellement à l’idée d’unité.


Pandora and the Flying Dutchman, Albert Lewin (1951) | Dorkay Productions, Romulus Films


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America, America, Elia Kazan (1964)

Elia, Elia

America, AmericaAmerica, America, Elia Kazan (1964) Année : 1964

Réalisation :

Elia Kazan

Avec :

Stathis Giallelis

9/10 iCM  IMDb 

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Journal d’un cinéphile prépubère : 7 septembre 95

Une fresque étonnante où le héros cherche à tout prix à aller en Amérique pour lui et sa famille. Dans ce « walk movie », toute l’attention du spectateur est attirée par la détermination du personnage à se relever après ses nombreux échecs. De sa souffrance naîtront une implacable humanité et une envie de demeurer toujours juste. Les moments forts du film sont liés aux épisodes les plus cruels dans lesquels le spectateur souhaiterait un autre développement pour le héros. Comme quand il se fait voler tous ses biens remis par sa famille par un escroc. On ne peut ôter de sa mémoire, l’image de cet escroc sur l’âne, celui qu’il a injustement dépossédé, et notre héros, impassible, affrontant humblement l’injustice avant de tuer celui qui se faisait passer pour son frère. Ou comme quand il offre ses chaussures à un autre migrant, quand il rencontre l’Américaine, ou quand son ami meurt et lui permet ainsi de prendre sa place.

Quand le destin lui sourit, c’est quand il ruse à son tour. Et il ne demande alors que le prix du billet pour l’Amérique. L’imposture est magnifique, mais cet escroc-là, on ne peut lui en vouloir. Il ne cherche pas à faire plus de vagues qu’il pourrait en faire.

C’est presque une fresque biblique. Le héros est bon, simple, animé d’une idée fixe. Ambitieux, têtu.

Magnifique et « initiatif ». « Je suis peut-être nu, mais je continue à marcher. Je trébuche peut-être, eh bien, je ramperai. L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir, et je l’aurai. »


America, America, Elia Kazan (1964) Athena Enterprises, Warner Bros.