La boss des maths

Casier judiciaire
Titre original : You and Me
Année : 1938
Réalisation : Fritz Lang
Avec : Sylvia Sidney, George Raft, Barton MacLane, George E. Stone, Harry Carey
Film étrange et assez composite. Ça commence comme un film romantique avant que quelques notes de film criminel se fassent jour (le genre en est encore officiellement au stade du pré-noir). L’alliance n’est pas inhabituelle, mais le second l’emporte presque toujours sur la première impression romantique : ici, c’est ce premier aspect qui prend vite le dessus puisque les protagonistes travaillent comme collègues dans un magasin et vivent une idylle. Comme le film ne manque par ailleurs pas d’humour et propose même quelques notes étranges de musical, on pourrait presque se croire embarqués dans une comédie romantique américaine. La présence de George Raft et surtout de Sylvia Sidney qui vient de tourner dans les deux précédents films de Fritz Lang que l’on pourrait autant qualifier d’humanistes que de pré-noirs (Fury et J’ai le droit de vivre) devait mettre la puce à l’oreille.
Deux ou trois détails de l’histoire préparent le terrain avant la révélation de la fin du premier acte qui lancera la problématique du film : le patron du magasin où travaille tout ce petit monde tient à réinsérer d’anciens détenus en période de probation dans son entreprise ; à côté de ça, le personnage de George Raft, que l’on sait vite être un de ces anciens malfrats en réinsertion, subit diverses tentatives d’approches issues de son ancien milieu.
Le film prend réellement son envol quand on apprend que le personnage de Sylvia Sidney est lui-même une ancienne détenue. Elle le cache à son amoureux et bientôt mari. À partir de là, les problèmes s’accumulent jusqu’à divers points de catastrophe prévisibles.
Fritz Lang retrouve la veine humaniste des précédents films tournés avec Sylvia Sidney et qui faisait leur originalité. S’il est question de la réinsertion d’ex-détenus dans la société, le film va plus loin en adoptant de manière surprenante une approche didactique pour ne pas dire propagandiste ou paternaliste. Avec le message simple et clair autour de la maxime : « le crime ne paie pas ». La manœuvre pourrait apparaître naïve et grossière, mais on l’accepte grâce à une astuce inattendue qui fait tout le sel du dénouement du film (un contrepoint, voire un contre-emploi qui vaut le détour).
Une fois la grande scène des révélations faite, le récit retombe sur ses pattes et adopte à nouveau une tournure romantique, voire comique. Une bonne manière d’achever les années 30 pleines d’espérance et d’humanisme à l’écran après la Grande Dépression et avant les années sombres de la guerre.
On ne verra alors plus de tels objets hybrides à l’écran : les fantaisies comiques, romantiques ou dansantes, d’un côté, pour divertir le peuple, de l’autre, les films noirs, de guerre ou d’espionnage, pour transposer l’humeur des temps à l’écran…
Sylvia Sidney et George Raft étaient d’ailleurs deux des visages reconnaissables de cette période pré-noir. À l’heure des films noirs, pendant la guerre, Sylvia Sidney cessera de tourner (peut-être pour élever son enfant), pour ne revenir qu’avec Du sang dans le soleil, tandis que Raft manquera l’occasion de devenir l’icône du film noir naissant en refusant Le Faucon maltais.
Casier judiciaire, Fritz Lang 1938 | Paramount Pictures
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