The Glass Shield, Charles Burnett (1994)

Police blues

The Glass Shield

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1994

Réalisation : Charles Burnett

Avec : Michael Boatman, Lori Petty, Ice Cube

Ce n’est évidemment pas un chef-d’œuvre. Les films de cette époque (début des 90) paraissent un peu périmés. Il faudra attendre une ou deux décennies avant de pouvoir y goûter à nouveau avec un plaisir. Mais, ça vaut le détour — tout de même.

Un jeune flic noir commence son boulot dans un commissariat plein de Blancs racistes. Il essaie de faire sa place, mais généralement, chez des types comme ça le racisme n’est pas la seule « vertu ». Le problème, c’est que le flic est un peu crétin parce qu’il veut se faire accepter par ses pairs, donc quand un flic lui demande de le couvrir et de modifier légèrement la réalité, il le fait sans fléchir. Il se pose d’autant moins de questions qu’il est persuadé de prendre la bonne décision puisque c’est la seule manière d’inculper un type.

Malheureusement, il déchante très vite et se rend compte qu’il a fait une connerie. Aidé de l’autre mal aimé du commissariat (une femme juive), il va mener une enquête interne. Dans la plus pure tradition du petit qui fourre ses mains là où les grands ne veulent pas qu’il y vienne mettre ses pattes…

Le développement ensuite du canevas n’est pas transcendant. Mais on comprend mieux vers la fin. Les événements sortent des clous, des règles, des codes de ce type de film… Normal, c’est une histoire vraie. On pose son pop-corn et on remet son cerveau sur on. C’est la fin surtout qui fait réfléchir… Je peux la dévoiler. En fait, tous les salauds corrompus et violents du commissariat s’en sortent sans dommage, et seul lui, le flic noir, perd son job, doit même faire face à la justice (c’est suggérer je crois à la fin, ça se termine un peu brusquement) pour un faux témoignage alors que celui qui lui avait demandé de mentir n’a rien eu… en échange de cette information… Plus kafkaïen, plus injuste, plus absurde, tu meurs.

Ça ne casse donc pas la baraque, surtout au niveau de la mise en scène. C’est très conformiste, très sage, très premier de la classe : propre, bien fait, mais sans véritable chair, sans cœur… Reste le sujet, qui rien qu’à lui seul mérite qu’on regarde le film.


The Glass Shield, Charles Burnett (1994) | CiBy 2000, Miramax


Liens externes :


My Sassy Girl, Kwak Jae-yong (2001)

L’Amour vache

My Sassy Girl

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Yeopgijeogin geunyeo

Année : 2001

Réalisation : Kwak Jae-young

— TOP FILMS

J’avoue, je suis tout émoustillé par ce film.

On navigue entre la comédie sentimentale et le burlesque. Il y a dans le film deux parties bien distinctes. L’une traditionnelle où on nous raconte l’histoire de deux personnages qui vont finir par se rencontrer, s’accepter, et la seconde nous montre ce qu’on voit rarement : l’après. Un peu comme si on nous montrait ce qu’il se passait dans un conte. Après le « ils se marièrent et eurent plein d’enfants insupportables ». Or là, ç’a un sens : la relation des personnages principaux, si elle a eu un dénouement dans la première partie du film, on peut dire qu’ils n’ont pas conclu. C’est ce qui fait l’originalité de cette histoire : avec un personnage aussi imprévisible que celui de la fille, pas étonnant qu’on soit un peu perdus. Ils sortent ensemble, mais comme des amis…

My Sassy Girl, Kwak Jae-yong (2001) | Shin Cine Communications

Les traditionnelles unités d’action et de ton sont loin d’être respectées. Ça va dans tous les sens, comme dans la vie en fait. Le mélange des genres surprend au début, surtout dans la première partie, mais dans la seconde, quand la comédie sentimentale gagne en profondeur, le film devient irrésistible. C’est parfois grossier, mal fait, mais c’est un peu le burlesque qui veut ça (c’est un style, somme toute, qui a disparu et qui manque de code aujourd’hui).

De fait, puisqu’il n’y a pas d’unité d’action et de ton, chaque scène devient une sorte de saynète qui se suffit à elle-même. On peut alors avoir le pire comme le meilleur.

Le plus intéressant dans le film, c’est ce rapport entre les deux personnages, particulièrement contemporains dans son traitement, et que personnellement je ne me rappelle pas avoir vu traité au cinéma. Les nouveaux rapports d’égalité entre les hommes et les femmes imposent une nouvelle donne : les femmes peuvent être moins coincées et être plus entreprenantes, voire vulgaires. On est dans l’amour vache. Un rapport sado-maso irrésistible source de nombreuses scènes comiques et une opposition réelle motrice entre les personnages. La fille apparaît, au premier contact, plutôt insupportable, vulgaire, violente, insolente, mais tout comme le personnage du garçon, on s’y fait, et on se laisserait bien botter le cul par un si parfait tyran.

Quand ils vont sur une montagne pour admirer le paysage et que la fille demande (commande plutôt) à son ami d’aller grimper sur la montagne d’en face pour voir s’il l’entend crier, il s’exécute. Il ne l’entend pas, et là, la fille en profite pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur… Bien trouvé et très émouvant.

J’ai revu deux fois la seconde partie du film, c’est dire si ça m’a plu. Ça m’a permis de comprendre que j’étais passé à côté de l’identité d’un personnage secondaire, trop attaché sans doute à la première vision au duo principal, et ému. Les allusions finales sur l’ironie du destin m’avaient échappé, et elles ne rendaient que plus intéressant le film.

On rit, on est ému, on tombe un peu amoureux de la fille (et pourtant elle ne fait pas envie au début du film), que demander de plus ?



Sur La Saveur des goûts amers :

— TOP FILMS

Top films coréens

Liens externes :


La Ruée vers l’Ouest (Cimarron), Anthony Mann (1960)

L’urée de l’Ouest

La Ruée vers l’Ouest

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Cimarron

Année : 1960

Réalisation : Anthony Mann

Avec : Glenn Ford , Maria Schell , Anne Baxter , Charles McGraw

Une épopée qui manque vraiment de souffle. C’est une excellente idée de vouloir raconter l’histoire d’un pionnier de l’Amérique, un idéaliste qui ne tiendra pas en place, incorruptible, tandis que tous ses amis finissent par s’enrichir. Il s’agit en fait plus d’un film sur sa femme qui reste à la maison et qui l’attend, tandis que lui vit des aventures aux quatre coins de l’Amérique ou du monde. L’épopée prend du plomb dans l’aile. L’idée, on le sent, c’était sans doute de vouloir faire une sorte d’Autant en emporte le vent sur ce thème des pionniers, avec Maria Schell au centre de cette histoire en lieu et place de Vivien Leigh. Mais Scarlett est toujours au centre de tout, elle est active, c’est elle la pionnière quand son mari est lui aussi on ne sait où. Le personnage de Maria Schell n’a rien de passionnant. Si c’était vraiment l’histoire de Cimarron, il aurait fallu le suivre dans ces périples, ses envies de bougeotte. On aurait eu notre épopée et le titre du film (français) aurait un sens. C’est dommage parce que ce film reste à faire.

La Ruée vers l’Ouest (Cimarron), Anthony Mann (1960) | Metro-Goldwyn-Mayer (Image tirée de la b-a)

Ce qui dérange également, c’est le manque d’unité d’action. On ne sait pas trop quel est véritablement le sujet du film. Ça part dans tous les sens, et à force de s’égarer, on ne va nulle part. Un film sur les pionniers, d’accord, mais dans ce cas, il faut rester là-dessus, creuser ça au lieu de perdre de vue le personnage de Glenn Ford en route et surtout l’envoyer dans des lieux qui n’ont plus rien à voir avec l’histoire de ces pionniers… Entre Cimarron et la Ruée vers l’Ouest, il faut choisir (d’ailleurs la confusion entre le titre us et français symbolise bien ce manque de cohérence). Un tel sujet aurait nécessité plus d’ampleur, plus de cœur. On a droit à une histoire du type « triangle amoureux », mais ce n’est pas creusé, et c’est un de ces éléments qu’on perd en route sans raison.

Dommage, un tel thème mériterait son film, sa grande épopée. Il y a un certain nombre de thèmes qui sont à peine développés et qui auraient été plus intéressants si le récit y avait montré plus d’attention. On a une suite de scènes réussies prises séparément mais inégales et sans rapport. Le film ne vaut finalement que pour ces quelques scènes. Par exemple on a la scène qui va déterminer les places de chacun dans le nouvel état qui vient de se créer et qui est encore inhabité, l’Oklahoma : tous les pionniers se tiennent sur une ligne et quand l’armée lance le départ, tous s’élancent à l’assaut de leur parcelle de terrain sur leurs chevaux, à bord de leur chariot, à pied, sachant qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde. C’est un peu l’ouverture des magasins le jour des soldes, sauf que là, le magasin, c’est tout un État. Ensuite, il y a aussi cette scène dans laquelle, une petite fille indienne se prépare à rentrer à l’école pour son premier jour de classe. Elle entre dans l’école, sa veuve de mère la regarde toute fière en compagnie de Glenn Ford et de Maria Schell qui sont les amis de cette Indienne, et quelques instants après, la petite fille sort de l’école, vient dans les bras de Ford et lui dit qu’ils ne veulent pas d’elle… 1960, dans le Sud, on assistait à des scènes identiques… Le côté obscur de cette ruée vers l’Ouest. Ce n’est malheureusement pas creusé, tout comme le thème de l’incorruptible Cimarron, à qui on propose de devenir gouverneur, mais qui refuse parce que c’était l’un de ses amis pionniers, un magnat du pétrole qu’il avait aidé à une époque, qui voulait le mettre en place… La morale de l’histoire est claire : il est facile de réussir, si on met ses idéaux au placard ; et les véritables pionniers, ceux qui se sont enrichis, sont ceux qui se sont laissé corrompre ou qui ont eux-mêmes corrompu. Le parcours de cet ami de Cimarron est justement intéressant, mais toujours… anecdotique dans le film. Ford le rencontre sur la route vers l’Oklahoma, alors qu’il n’a même pas de cheval pour tirer son chariot, Ford l’aide, puis il échoue pour récupérer une terre cultivable, Ford lui conseille de rechercher du pétrole, il en trouve finalement des années plus tard, devient riche, vient alors la scène où leur destin s’oppose. Ford vient tout heureux apporter une nouvelle qui le ravit : les Indiens qu’on avait enfermés dans une réserve, sur une terre que personne ne voulait, ont finalement trouvé du pétrole… Son ami, lui dit qu’il est déjà au courant et qu’il s’est empressé d’acheter les terres de la réserve… Encore une fois Ford-Cimarron, l’idéaliste ne supporte pas le sort réservé aux Indiens. Et c’est d’autant plus douloureux venant de l’ami qui lui doit tout…

Il y avait matière à un super film, mais il est trop mal fichu. Et Mann est probablement un des cinéastes les plus surcotés de l’Ouest. Ses autres westerns sont corrects sans jamais être transcendants. Et ses meilleurs films sont des films noirs (T-Men[1]) ou des films de guerre (Men in War[2]).

L’original tourné trente ans plus tôt est bien meilleur.


[1] T-Men

[2] Men in War



Sur La Saveur des goûts amers :

Les 365 westerns à voir avant de tomber de sa selle

Liens externes :


Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau (1990)

Cyrano de Bergerac

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1990

Réalisation : Jean-Paul Rappeneau

Avec : Gérard Depardieu, Anne Brochet

L’occasion de revoir ce film qui ne m’avait pas convaincu la première fois… Ça reste Cyrano mais tout autant Cyrano que cela puisse être, ça n’en reste pas moins une pièce compliquée à monter, autant au cinéma qu’au théâtre. Pour moi, c’est de la littérature. D’ailleurs Rostand, au début, n’avait pas comme ambition de la faire monter il me semble. C’est une pièce à prétexte. Le canevas est ce qu’il est : grossier ; les personnages sont ce qu’ils sont : Cyrano est une péninsule ; tout le reste n’est que poussière (il est au centre de tout, or ce qui importe dans une histoire, ce sont les rapports entre les personnages ; si on ne peut rien pour Christian, qui est le jeune premier bateau, Roxane, dont il est dit qu’elle est intelligente n’a jamais le temps de le montrer…). Reste une première partie excellente, mémorable, mais là suite, qu’on soit au théâtre, au cinéma ou qu’on la lise, c’est parfaitement ennuyeux. Il faut attendre la fin pour trouver un peu d’humanité dans cette pièce.

Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau (1990) | Caméra One, Centre National du Cinéma et de l’Image Animée

La mise en scène ici est sans rythme, sans poésie. Raconter une histoire, que ce soit au cinéma ou à l’écrit, c’est souvent une question de proportions : savoir quand accélérer et quand ralentir. Mouvements rapides, mouvements lents. Les longues et les brèves. Rappeneau délaisse tout à son compositeur, or c’est à lui de faire la mise en scène, à accentuer en moment d’émotion, d’action… Il est lui-même comme spectateur de ce qu’il monte, il laisse faire, ne choisit pas, ne met rien en relief. Reste qu’il est difficile de trouver le ton juste dans une pièce qui mélange autant les genres. Le mélange est une tradition anglo-saxonne. Cette pièce est un ovni dans le contexte théâtral de l’époque, comme le Cid l’avait été. Ce sont peut-être des chefs-d’œuvre, mais on n’est paradoxalement pas les mieux armés pour les mettre en scène. L’art français, c’est aussi le menuet et les jardins plan-plans. Vous y foutez une péninsule au milieu de cette figure régulière, et pif-paf, ça sonne creux. Il faudrait voir ça monté par des Britanniques, juste pour voir.

Quitte à faire une adaptation, l’idée de couper voire d’ajouter des vers est une mauvaise idée. Beau sacrilège d’écrire des bribes en prose pour donner plus de vie à certaines scènes. Dans les batailles par exemple, tout le monde a le gosier fermé et on ne peut pas croire à un truc pareil. Dans ce genre de séquences, traditionnellement, les personnages parlent, hurlent, et on est loin des vers. La pièce est tellement baroque, que cela n’aurait pas été un scandale. Ce qui fait la réussite des pièces de Shakespeare au cinéma, c’est que souvent lui-même mélangeait scènes en vers et scènes en prose ; il n’avait pas peur de rajouter des mots pour le vent, pour remplir : Shakespeare, ce n’est pas que de la littérature, des beaux mots, il y a malgré tout un réalisme incroyable justement du fait de cette adaptabilité du langage.

Il y a finalement très peu d’adaptations de pièces convaincantes. Le plus souvent des pièces de Shakespeare, par Zeffirelli, Welles ou Olivier. Shakespeare, c’est déjà du cinéma. Rostand, surtout quand c’est mal joué (et c’est souvent trop dur à jouer) c’est de la littérature ─ au même titre que Feydeau par exemple.

En passant, j’ai des vagues souvenirs de lecture de la Mort d’Agrippine, du vrai Cyrano de Bergerac, ça valait le coup d’œil. Il faudrait que je m’y replonge un jour…

Un mot sur les acteurs. Depardieu est l’acteur qu’il fallait pour cette pièce filmée et injouable ; je me rappelle avoir vu Belmondo au théâtre ; et on ne peut pas trouver mieux que ces deux-là pour ce rôle. Vincent Perez est excellent dans un rôle ingrat, vraiment pas facile à jouer, mais lui c’est encore plus convaincant que Depardieu, parce que c’est à la fois un acteur de théâtre (et un très bon) et de cinéma ; il faut aimer l’acteur, mais c’est une autre histoire… Anne Brochet est belle à tomber, mais se laisse emporter par les tunnels ; vu le talent des actrices (par rapport aux garçons), c’est un peu agaçant de voir le résultat. Weber est nul (son rôle est, certes très compliqué, mais pas seulement).

La difficulté dans toute adaptation est de réussir à s’approprier un texte. L’auteur, le maître d’un film, reste malgré tout le réalisateur, pas celui qui en écrit le scénario. D’où l’extrême difficulté de se lancer dans ce genre d’exercice. Le modèle suprême est là le Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli, disciple de Visconti. Tous deux metteurs en scène à la fois de théâtre, d’opéra et de cinéma. Il n’y a pas de secret, ça ne s’improvise pas.



Listes sur IMDb :

Une histoire du cinéma français

Liens externes :


Hôtel Rwanda, Terry George (2004)

De la nécessité d’étiqueter

Hôtel Rwanda

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2004

Réalisation : Terry George

Avec : Don Cheadle, Sophie Okonedo, Joaquin Phoenix

Un peu tire-larmes, mais c’est pour la bonne cause. Pour en savoir un peu plus sur ce qui s’est passé pendant le génocide…

Au début, on est un peu agacé par l’accent de Don Cheadle, et puis finalement, on n’a pas le choix, on s’y fait.

On apprend donc très vite que la rivalité entre Hutu et Tutsi a été créée de toutes pièces par les colons belges qui ont décidé de délimiter les Rwandais en deux camps. Un peu comme ce qui s’est passé avec l’Inde et le Pakistan, sauf que là-bas, on les a différenciés sur des identités religieuses. Au Rwanda, les Belges, les ont différenciés sur des critères physiques : les grands d’un côté et les petits de l’autre, pour former les Hutus puis les Tutsis, ces derniers étant les préférés des colons belges… Et voilà comment du racisme, engendre de l’injustice et à nouveau engendre… du racisme…

En fait, c’est un peu comme si on séparait ceux qui ont les cheveux bouclés et ceux qui les ont lisses… Les enfants n’ayant pas forcément les mêmes critères esthétiques que leurs parents, impossibles de déterminer qui est quoi, vu qu’ils ont la même langue et ont la même culture, bref, c’est à l’origine une ethnie identique…

Voilà pour la première phase absurde. Ensuite, c’est une phase surréaliste, où comme le personnage principal, on voit venir, mais on n’y croit pas. En fait, tout est parti d’un animateur radio qui lançait les ordres à travers son émission, sa voix était comme une sorte de voix tombant du ciel (ou d’outre-tombe) qui animait le désir de revanche des Hutus, attisait la haine, et même donc, donnait les ordres d’exécution, parfois avec une précision diabolique ! La voix du diable… Dans un film, ça aurait été gros, mais non, c’est la vérité…

Hôtel Rwanda, Terry George (2004) | United Artists, Lions Gate Films, Industrial Development Corporation of South Africa

Le film prend le parti de s’attacher au destin de ce « juste » Hutu, directeur d’un hôtel de haut standing, qui est un peu contraint, au moins au début, de réfugier des Tutsis. Lui, tout ce qu’il veut c’est protéger sa femme tutsie, mais elle ne veut pas laisser sa famille…

Le plus ignoble, c’est de voir le désintérêt des pays occidentaux dès que les massacres commencent, puisque très vite, ils décident de partir, ne laissant plus qu’un ou deux casques bleus… — Bien sûr, pas de pétrole au Rwanda, ni même de café, de chocolat, d’or, rien.

Les scènes surréalistes et tire-larmes se succèdent, avec la super musique en toile de fond et un dénouement des plus heureux — pour nos héros (morale bien américaine où dans les films catastrophe le labrador à la fin de nos héros est retrouvé, et où en Afrique, deux ou trois enfants, valent bien un chien… — le plaisir cathartique du spectateur est sauf !).

Bref, tout ça est tout de même bien flippant.

C’est bien gentil de vouloir mettre des étiquettes sur chacun, comme si on était des pots de yaourt. C’est pratique, c’est sécurisant, on a l’impression comme avec un yaourt que puisqu’on sait que c’est un yaourt à la fraise, on aura moins de chance d’avoir de mauvaises surprises que s’il n’était pas étiqueté et qu’on ne savait pas à l’avance sur quoi tomber.

Réclamez à votre grande surface la mise en place de yaourts-surprises : ce qu’on veut c’est manger du yaourt, au fond le parfum on s’en moque… (sauf pour les yaourts goût cerise, ceux-là, on peut les exterminer — faire un génocerise vite et massif).



Liens externes :


Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004)

Une histoire de dette qui coûte chair

Le Marchand de Venise

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : The Merchant of Venice

Année : 2004

Réalisation : Michael Radford

Avec : Al Pacino, Lynn Collins, Jeremy Irons, Joseph Fiennes

Al Pacino en Shylock, ça fait rêver.

Ce n’était pas ma pièce préférée du dramaturge anglais quand j’étais adolescent, mais finalement, quand on y comprend quelque chose, c’est passionnant…

Le problème de la pièce, c’est que ça part dans tous les sens, il n’y a aucune unité d’action. Et en fait, on ne comprend qu’à la fin où veut en venir Shakespeare puisque les deux actions principales s’achèvent, et elles ont une thématique commune. En gros, faire des serments, des promesses, prendre des engagements, ce n’est pas bien… Parce que d’un côté, on a Shylock qui a passé un accord avec Antonio, un accord des plus étranges parce qu’il stipule que si Antonio ne rembourse pas une somme due à telle date, l’usurier juif pourra prendre en compensation une livre de chair ; et de l’autre, Portia qui veut éprouver la loyauté de son mari qui lui a… promis de ne jamais se séparer de son anneau de mariage… (L’île de la tentation avant l’heure — ou la crise de la dette, c’est selon).

D’ailleurs, j’émets une hypothèse : on n’a jamais su si Shakespeare avait réellement écrit ses pièces puisqu’on n’a pas de manuscrit et sa biographie est très incomplète… Et là, en voyant encore une fois une femme (Portia) qui a le beau rôle, qui fait tourner en bourrique son mari, et surtout qui mène tout le procès à elle seule alors qu’elle s’est déguisée en homme, on peut réellement se demander si ces pièces ne sont pas écrites par une femme. Ce serait d’ailleurs ironique de voir une Madame Shakespeare elle-même déguisée en homme à cette époque où, au théâtre, tous les rôles de femmes étaient tenus par des hommes… Portia était donc jouée par un homme qui jouait une femme travestie en homme ; mais si en plus, on imagine que Shakespeare elle-même jouait ce rôle de Portia, alors ça reviendrait à supposer qu’une femme jouait un homme interprétant une femme travestie en homme… D’accord j’arrête.

Que ce soit un travesti ou un hermaphrodite que ça ne m’étonnerait pas non plus… Ce serait son côté « ambisexualité »… Oui, on trouve toujours une chose et son contraire dans ses pièces. Tout est toujours extrême mais un même temps, indéfinissable : il est capable de faire des pièces romantiques comme des pièces effroyablement barbares, les personnages ont toujours une dualité qui les laisse dans le flou (Hamlet joue les fous, mais finalement n’est-il pas réellement dingue ? Y a-t-il de l’antisémitisme dans le Marchand de Venise ? Falstaff, gentil ou méchant ?… Et même… Shakespeare a-t-il écrit toutes ses pièces ? Était-il une femme ou un homme ?). C’est ça le génie…

Sinon, le film ? Il est bien.


Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004) Movision, Avenue Pictures, UK Film Council


Liens externes :


Tommy, Ken Russell (1975)

Bas Rock

Tommy

Note : 3 sur 5.

Année : 1975

Réalisation : Ken Russell

Avec : Roger Daltrey, Ann-Margret, Oliver Reed, Elton John, Eric Clapton

Le film est, disons, un grand n’importe quoi.

Certainement l’un des films les plus nuls et le plus kitsch de l’histoire…, et pourtant y a des moments où on a des frissons… Et ça m’a permis de comprendre enfin l’histoire. Et c’est vraiment pour l’histoire que c’est intéressant (et pour les textes). Parce que, ce n’est pas pour la mise en scène, et ça l’est encore moins pour la musique…

Rien à voir avec la musique originale : les acteurs « chantent » façon opéra, y a bien de temps en temps des vedettes qui tiennent des rôles et poussent la beuglante, mais ça ne ressemble vraiment à rien.

Il y a tout de même une belle tripotée de séquences à ranger dans l’Anthologie du Grand N’Importe Quoi Interstellaire :

Les parents de Tommy qui l’amènent dans une église où l’on vénère Marilyn Monroe et où, à la place de l’hostie, on s’enfile des barbituriques et du whisky !… La mère de Tommy qui se roule dans la purée de haricots, qui vomit par litres sur son téléviseur et qui se tortille autour de son traversin comme pour faire un grand cassoulet (limite scato…). Tommy, qui est aveugle, sourd, muet (une sorte d’autiste pire que Dustin dans Rain Man), qui affronte Elton John pour une sorte de championnat du monde rock de… flipper ! N’IMPORTE QUOI ! Certifié conforme.

Ah, ça vaut le détour… Plus fort que Barbarella. Pas besoin d’être la plus belle fille du monde pour se faire remarquer : il suffit de mettre des bas résille, de se rouler dans la purée de haricots, et de se plonger un bon gros traversin entre les jambes… Jane Fonda avait les bas, mais il lui a manqué la purée et le traversin… Ça tient à peu de chose parfois l’excellence en matière de mauvais goût : on peut à tout moment glisser du cassoulet à une fade et vulgaire salade de navets…


Tommy, Ken Russell 1975 Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale (1)

Tommy, Ken Russell 1975 Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale (2)

Tommy, Ken Russell 1975 | Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale


Listes :

Liens externes :


Ils étaient neuf célibataires, Sacha Guitry (1939)

Tournez manèges

Ils étaient neuf célibataires

Note : 4.5 sur 5.

Année : 1939

Réalisation : Sacha Guitry

Avec : Sacha Guitry, Max Dearly, Elvire Popesco

— TOP FILMS

Pour moi, l’un des meilleurs films français d’avant-guerre. Les personnages, les situations, et surtout les mots… de Guitry ! Évidemment il faut aimer les jeux de mots, les reparties, l’esprit de Guitry et le personnage qu’il joue dans ses films, sorte d’escroc séducteur (un Clooney français de l’époque : pas tout à fait le même look mais la même dérision, la même insolence mouillée dans une classe et un flegme presque britannique).

Il ne faut pas voir ses films pour suivre une histoire, car chez Guitry, il y a toujours un procédé. La forme prime toujours sur le fond (qui de toute façon est toujours le même : « Cette fille me plaît, je dois la séduire, mais comment ? »), ce n’est donc jamais réaliste, les situations au final sont tirées par les cheveux, mais on se plaît à y croire parce qu’on entre dans le jeu de Guitry qui ne trompe pas : on comprend tout de suite que c’est une fantaisie où les mots les situations absurdes primeront sur l’histoire. D’ailleurs le plaisir de Guitry (et le nôtre) est de mettre dans une situation similaire (et en trois actes) huit personnages. En deux mots : les étrangers vivant en France vont bientôt être obligés de repartir dans leur pays à cause d’un nouveau décret (du Sarkozy de l’époque sans doute, sauf que là il ne s’agit pas de Maliens, mais de comtesse polonaise ou de danseuse japonaise… — la classe de Guitry, que certains trouveraient sans doute démodée aujourd’hui), bien sûr Guitry tombe amoureux de cette comtesse polonaise (comme ça en un regard : voilà pourquoi rien n’est réaliste, il ne s’embête pas avec la vraisemblance, ce n’est pas son sujet ; car le sujet, c’est comment il va parvenir à la faire tomber dans ses bras alors même qu’elle le trouve insolent, français quoi…). Et puisque Guitry est un escroc (l’intro sur l’apologie de l’escroquerie est un bijou), il ne peut trouver un autre moyen pour la séduire que de monter une arnaque… Le voilà donc qui crée à Neuilly (c’est toujours là où tout finit toujours par commencer…) un institut de vieux célibataires FRANÇAIS ! Un gros n’importe quoi. Mais chez Guitry, plus c’est gros, mieux c’est (toujours la forme, l’excentricité…). Et très vite les étrangères se bousculent pour se “marier” avec les huit (et pas un de plus) célibataires qui sont en fait tous des vagabonds qui se sont passé le mot… Une bonne partie du film repose donc dans un premier temps à la rencontre forcément étonnante entre ces femmes étrangères (sauf une bien française, exerçant un métier bien français de l’époque…) et ces vagabonds. Le génie de Guitry c’est que pour l’instant, il n’y a pas d’arnaque puisqu’il ne ment pas sur ses intentions ni aux uns ni aux autres (sauf bien sûr aux autorités) : un petit arrangement gagnant-gagnant… L’escroquerie viendra après (pas la peine de dévoiler ça car c’est une chose qu’on prend plaisir à découvrir dans le film puisque c’est une chose qui titille Guitry — il dit lui-même qu’il improvise dans ces escroqueries et qu’il trouvera au moment venu comment rallier tout ça à sa dame polonaise). Le film prend encore une autre saveur quand les vagabonds alors mariés décident d’aller « dire bonjour » chacun à leur manière à leur “femme” — et c’est bien sûr autant de scènes et de situations hilarantes…

Bref un chef-d’œuvre. Pas le Guitry le plus connu mais sans doute mon préféré.

 


Ils étaient neuf célibataires, Sacha Guitry 1939 | Les Films Gibé

Infernal Affairs, Andrew Lau et Alan Mak (2002)

Chassé-croisé

Infernal AffairsInfernal Affairs, Andrew Lau et Alan Mak (2002) Année : 2002

Liens :
IMDb  iCM

Limguela top films

MyMovies: A-C+

8/10

Réalisateurs :

Wai-Keung Lau, Alan Mak

Que ce soit celui de Scorsese (les Infiltrés) ou celui-ci, les deux sont très bien. Il reste pas mal de différences pour en faire deux films à part entière (les acteurs, par exemple…, ne sont pas les mêmes, j’ai remarqué).

L’une de ces différences, c’est que les scénaristes us ont voulu remédier au problème (léger) de la dispersion de deux personnages féminins dans l’original. C’est vrai que la psy et la femme romancière ne sont pas très développées ; il faut avouer que les réunir en un seul personnage pouvait être une bonne idée, un peu comme c’est la mode décidément en ce moment à Hollywood, ça donne trop de poids à un personnage féminin, un aspect « amoureux » hors sujet dans le contexte d’un film criminel (en tout cas, ça sape l’unité d’action).

Le problème, ainsi, en voulant réparer un très léger défaut de l’original, c’est qu’ils ont pris le risque de se tromper, et franchement, c’était sur ce point justement que ça m’avait dérangé dans le film de Scorsese : à savoir que la coïncidence que la même femme se retrouve comme par hasard au milieu des deux « infiltrés », ce n’était pas très crédible. Mais dans un autre sens, le scénario américain a amélioré des détails incompréhensibles dans cet original (notamment la période où le flic infiltré s’absente pour aller « voir une masseuse », et que le truand au QI de poule n’avait rien compris à l’histoire…).

Et puis, il y a quelque chose qui m’a frappé dans celui-ci, c’est que ça semble être produit comme un véritable blockbuster asiatique, où chaque détail n’est pas laissé au hasard, où tout doit être visible, accessible (formaté) pour le public : comme le fait de prêter autant d’attention au générique et à la musique (il est loin le temps où John Woo utilisait de la guimauve sur un synthé). Mais ce n’est peut-être qu’une impression…

Autre chose qui m’a étonné, Scorsese est connu pour être le cinéaste de la rédemption (ça, ce n’est pas moi qui le dis, j’n’ai jamais particulièrement remarqué — les thèmes cathos moi…) et là, c’est paradoxal parce que la fin chinoise est très rédemptrice (en tout cas, l’un des héros tente de se racheter une “vertu”) et dans le film us, ça a complètement disparu puisque le type choisit une autre voie (si je me souviens bien le Scorsese — j’avoue ne plus trop me souvenir de la fin — il se passe tellement de choses).

Et puis, c’est avec Tony Leung… À chaque fois qu’il y a un bon film, vous pouvez être sûr qu’il est dans le coup… (comme souvent avec feu Leslie Cheung).

L’acteur qui joue le chef mafieux est excellent. L’idée de lui donner autant d’humour, c’est ça aussi qui fait le succès du film. Très américain (comme beaucoup de choses dans la direction d’acteur de ce film), car aux USA il est primordial de savoir rendre sympathique (ou en tout cas attractif pour le spectateur) un méchant. Et jusqu’à présent, les rôles de mafieux à HK tiraient toujours une gueule pas possible. Vive la nuance…


OSS 117 : Le Caire, nid d’espions, Michel Hazanavicius (2006)

SOS qualité française

OSS 117Année : 2006

 

Réalisation :

Michel Hazanavicius

5/10  lien imdb
 

Vu en mars 2007

Il est loin l’âge des bonnes comédies populaires d’autrefois.

Choix ou pas de mise en scène, la production fait cheap (pour nous faire croire qu’on est en 1950, on nous fout des plans d’archives avec bagnoles dans les rues…). Dujardin est un pitre, pas un acteur. Même dans la comédie, il faut de la sincérité et de la justesse dans l’excès. Un sourire niais, une mimique, un brushing, pour remplacer le vide du scénario. Aucun acteur n’arriverait à rendre meilleurs des dialogues insipides et grossiers, alors Dujardin, certainement pas. Un personnage doit vivre non seulement grâce aux détails d’une histoire, mais aussi à travers l’imagination de l’acteur. Et ça, l’imagination, ça lui est totalement étranger à Dujardin. Tout le film d’ailleurs est comme ça. Le hors-champ a une importance capitale dans un film. Ce qui est suggéré, c’est ce qui permet de nous représenter un monde. Si tout est devant nos yeux, sans profondeur, sans faire vivre l’arrière-plan, et je ne parle pas que de l’image, ça pue l’artificiel. On me dira que c’est précisément ce que le réalisateur a voulu, il a voulu la facilité oui. C’est comme renoncer à l’exigence. On pourrait y adhérer si par ailleurs le fond avait meilleure allure.

Le casting est désastreux. Les deux gonzesses en particulier sont loin d’être à l’aise. Depuis Émilie Dequenne dans le Pacte des loups pour afficher un nom au film, je croyais avoir vu le pire. Ça se vaut presque. Si les acteurs français sont globalement à la ramasse face à leurs collègues étrangers, c’est d’abord à cause de ces maudites années 60 et ce mirage poursuivi par des cinéastes ni artisans, ni écrivains, ni théâtreux : la vérité. Pour être vrai, il suffisait de prendre des gens dans la rue. Bah oui, c’est évident. Certains ne s’en sont pas trop mal sortis en développant des méthodes propres souvent basées sur l’improvisation, mais c’est toute la production qui en a souffert.

Traditionnellement, un metteur en scène est un acteur. C’est en tout cas les plus efficaces. Parce qu’ils connaissent tous les écueils et les fausses promesses de certaines évidences. Pour être vrai, il faut passer par le faux. Un Delon qui arrive à être vrai en “étant” Delon, c’est rare. Pour les autres acteurs, il faut passer par le faux : la technique. Une fois qu’on maîtrise certains principes, qu’on les a éprouvés sur scène, on est prêt pour se livrer à un metteur en scène qui connaît cette fois les difficultés pour passer d’une “technique” de théâtre à celle du cinéma. À moins d’avoir un génie qui peut comprendre ça instinctivement, ou à moins de savoir déjà bien s’entourer, la distribution et la direction d’acteurs, un metteur en scène ne connaissant rien aux acteurs aura de grandes chances de faire n’importe quoi. Et c’est ce qu’on voit ici. Mais c’est une constante depuis que les cinéastes sont des critiques de cinéma, pas des artistes. Pour jouer des femmes, et des femmes d’un certain niveau social, on prend donc des gamines dans la rue. Tu es jolie, fais donc du cinéma ! Ce serait un peu comme voir Arletty dans les rôles de Michèle Morgan ou Giulietta Masina dans celui de Sissi. Un maintien de femmes du trottoir…

Et il faut croire que l’exigence du public est presque aussi grande que ceux qui leur montrent des films puisqu’il — le public – n’y voit rien de choquant. Normal : les dames du monde, ça n’existe plus. Il y en aurait du monde à passer entre les mains du Professeur Higgins ! Le pire, ce n’est pas qu’on fasse de tels films avec des acteurs aussi médiocres. C’est surtout qu’on ne trouve rien à y redire, et qu’on pourrait tout autant voir une bergère dans un rôle de reine de France (une Kirsten Dunst jouant Marie-Antoinette par exemple…).

Le rythme est également affreusement lent. On veut couper avec le “théâtral” (c’est devenu un gros mot) mais en revanche, par facilité, on a gardé le principe des scènes où on s’installe pendant des heures… Le film ici ferait à peine un quart d’heure dans Austin Power. On pourra s’étonner que le film donne une grande impression de vide… C’est un art qui se rapproche de celui de la narration, à la composition littéraire (un roman a moins de contrainte spatiale que le théâtre…). Pas besoin de couper à la sauvage ou de créer trop grossièrement une précipitation des événements. Mais si on peut donner une information sans devoir y rester des plombes, autant le faire pour donner autre chose à manger à son spectateur. Ça permet également les changements de rythme, les mises en relief, ou s’attarder… Il semblerait que pour monter un film l’exigence et le talent soient inutiles. Une mention « vu à la TV » suffit.

Delon disait qu’il n’y avait plus de star, il avait bien raison. Il n’y a plus non plus de cinéma populaire. Rien que des téléfilms. Avec Belmondo, voire Defunès, c’était bien autre chose.