Les ficelles de Walsh ont tant grossi au lavage qu’il serait périlleux de s’y lancer à lasso. D’autres westerns tiennent la corde.
Sadie Thompson / Faiblesse humaine (1928)
Gloria Swanson plus belle que jamais. Raoul Walsh (pour une fois à la fois devant et derrière la caméra) lui donne la réplique de manière assez convaincante. Comme il se doit, l’acteur-réalisateur s’acquitte sans trop de difficultés à son devoir qui est de mettre au mieux en valeur la vedette qui produit le film.
Le hic, c’est que le sujet a un poil vieilli. Quoique… Le côté « tous les hommes sont des porcs » reste intemporel. En revanche, pour ce qui est, du religieux faisant pression sur un politique local pour faire virer de l’île sans preuve une femme de mauvaise vie, non pas que ce soit parfaitement farfelu encore aujourd’hui (les petits coups de pressions qui vont bien dans l’Amérique puritaine de Trump), mais les conséquences mélodramatiques passent difficilement pour un spectateur actuel. D’abord, Sadie Thomson demande que l’intégriste chrétien lui montre la voie de la rédemption (sans que l’on sache vraiment si c’est tout à fait sincère), puis l’intégriste en question, à force de fréquenter la dame qui se comporte désormais comme une bonne petite femme soumise finit par avoir des érections et vient la violer dans sa chambre. Pris de remords, le couillon se suicide (il aura au moins par son geste évité, comme cela peut se passer par ailleurs, de mettre son viol sur le coup de la tentation diabolique en accusant sa victime). Au réveil, Sadie redevient Sadie.
Walsh aurait peut-être mis quelques nuances dans ce finale grotesque, mais on ne le saura jamais, les bobines du dénouement étant perdues ou méchamment altérées par le temps. Ce qu’on peut en voir n’est en tout cas pas bien folichon.
L’opposition frontale entre femmes légères et religieux, il faut avouer que ça ne fait plus un sujet des plus intéressants. Certes, il y a un siècle, révéler la nature hypocrite des bigots en tout genre, cela avait peut-être son côté progressiste, mais le faire à travers un mélo paraît de nos jours bien trop poussiéreux.
Comme tous les Anderson, c’est drôle et déprimé à la fois. Un truc parfait pour Murray donc. Mais ça reste assez loin de La Famille Tenenbaum… Ça part peut-être un peu trop dans tous les sens. Mais bon, c’est toujours savoureux de voir Bill Murray, toujours à son maximum.
C’est également sympa de voir Cate Blanchett dans ce genre de rôle… plutôt que dans des films comme l’Aviateur où elle joue une improbable Katharine Hepburn.
À noter l’album Ziggy Stardust chanté par un Brésilien qui vaut le coup d’œil.