Cible émouvante, Pierre Salvadori (1993)

Peulpe Fiction

Cible émouvanteAnnée : 1993

Vu le : 1er mai 1997

8/10 IMDb

 

Réalisation :

Pierre Salvadori


Avec :

  Jean Rochefort, Marie Trintignant, Guillaume Depardieu


Listes :

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Eh bien je n’aurais vu aujourd’hui que des polars dérision. Curieusement aussi, voir ce film le même jour que Pulp Fiction[1] a quelque chose de troublant. L’un semble avoir inspiré l’autre. Le cinéphile qu’est Quentin Tarantino aurait-il vu le film de Pierre Salvadori ?

Les mêmes situations décalées : hasard des circonstances quand on retrouve son ennemi dans un hôtel (Salvadori) ou dans la rue (Tarantino). Antoine qui laisse partir le coup de revolver comme Vincent. La rencontre Victor-René assimilable à celle de Vincent-Madame Mia, toute aussi incongrues. Le début avec un montage de séquences. Le thème du tueur à gage et son boulot qui tourne mal. Le mec qui trahit son patron (ça se passe jamais comme on l’attend). Thématique de l’initiation du père spirituel au fils. Attitude de tuer à toutes les sauces. Le fait d’entrer dans l’appartement et de trouver un homme soit au cabinet (Pulp Fiction) soit dans le bain (Cible émouvante), et dans les deux cas, deux accessoires sans cesse réutilisés par le même personnage (Vincent ou Antoine), même si chez Tarantino, c’est revendiqué clairement, alors que chez Salvadori c’est moins stylisé, y prêtant moins attention. Victor qui masse les pieds de René dans Cible émouvante alors que dans Pulp Fiction cela fait partie du récit de Vincent dans le début du film dans les couloirs. Enfin, si le film de Salvadori a pu inspirer Tarantino, celui-ci ne s’en serait qu’inspiré, car le scénario et sa mise en scène sont bien meilleurs.

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Moins de moyens, un humour et une écriture moins fins. Salvadori ne donne pas assez d’identité, de style à sa mise en scène, d’ailleurs son scénario ne lui permettrait pas, il est trop dense, trop chaotique, avec des éléments prenant trop d’importance, et ne laissant pas de place à la mise en scène. Son style est celui du (stérile) naturalisme, il ne fait que placer une caméra dans un cadre, qui est uniquement consacré à représenter l’action comme au théâtre, sans la filtrer. Tarantino au contraire donne l’impression que chaque élément de décor est le fruit d’un choix délibéré et réfléchi.


[1] Pulp Fiction