Le fond de l’air est rouge, Chris Marker (1977)

Qui a pété ?

Le fond de l’air est rouge

Note : 4 sur 5.

Année : 1977

Réalisation : Chris Marker

Voulu ou pas, ce qui ressort de ce documentaire retraçant les différentes luttes communistes de la seconde moitié du XXᵉ, c’est surtout l’impression d’un grand mirage. On est loin des principes révolutionnaires du siècle des lumières.

Liberté ? Liberté de fermer ta gueule si tu n’es pas d’accord, que ce soit avec l’impérialisme US (Vietnam, Chili, Bolivie), ou avec les groupuscules de partis de gauche qui se font la guerre, chacun étant persuadé que l’autre a toujours tort, et que parce qu’il a tort, c’est un bourgeois qui s’ignore (cf. Jean Vilar, créateur du TNP, ça ne s’invente pas).

Égalité ? Mon cul… C’est une lutte qui ne tient pas à créer une société de l’ensemble mais une société du contre. De la haine anti-riches, anti-patrons, antibourgeois, et pourquoi ne pas dire au fond anti-cons, ça résume assez bien…

C’est rappelé dans le doc : on est toujours le gauchiste de quelqu’un finalement…

Belle pseudo-révolution de mai 68 en France, quand ailleurs, on se bat contre des dictatures ou contre l’impérialisme. On a ici ce qui deviendra plus tard des bobos, des étudiants parisiens qui jouent à la révolution. C’est ce qui s’appelle « tuer le père »… Les soixante-huitards n’avaient rien de communiste. C’était la révolte de petits cons attardés faisant tardivement leur crise d’adolescence contre l’autorité parentale. La belle ironie : faire tomber de Gaulle pour arriver à Pompidou et à Giscard. « La France de Pompidou », c’est la Contre-Réforme de la société en réponse à cette révolution de la bourgeoisie protestataire (qui n’est pas encore le “prolétariat”). Forcément, c’est la faute des “médias” qui avaient tourné en dérision les événements en en montrant que les aspects violents pour faire peur à la ménagère. Les ouvriers ont eu du mal à débrailler, et une fois fait, les étudiants se sont barrés estimant ne pas faire la révolution pour se battre… Elle est belle la révolution. On veut faire comme le Che (ou plutôt comme Debray) : la révolution sans en prendre sur la gueule. « Sous les pavés, la plage » symbole de mai 68, résume assez bien le sens de cette révolution de sorbonnard ; slogan plus anarchiste que communiste.

Un intervenant prophétise en quelque sorte les maigres changements à venir, et peut-être la seule issue : « Communisme et capitalisme ont fait la preuve de leur inefficacité. La solution est peut-être un entre-deux. Le capitalisme se muant en libéralisme et le communisme en socialisme. Une société qui ferait le compromis des deux. » La dilution a bien eu lieu, mais de compromis il n’y en a pas eu, la mondialisation ayant profité (c’est bien le mot) à une classe dominante et les inégalités n’ayant cessé de s’accentuer. La force de l’industrialisation, c’est d’offrir un confort que même les plus “communistes” ne peuvent plus refuser. L’eldorado d’un capitaliste profitant à tous… La classe dirigeante se coupe de sa base, minorité ultra-profiteuse, on peut l’accepter jusqu’à la fin des Trente glorieuses. Cet eldorado n’est lui aussi qu’un mirage. Pour contenter tout le monde, la réussite reposait sur quelques principes : surproduction, surconsommation. Il faut bien exploiter quelque chose pour profiter. Si ce ne peut être les hommes, ce sera les ressources. Alors l’écologie a fait son apparition. La révolution verte est, à peu de chose près, une révolution rouge. Le constat est bon ; les propositions, inacceptables. La contestation n’est plus ouvrière. L’ouvrier est mort, Thatcher l’a tué, ou expulsé en Asie. Dans “industrie”, il y a “Indus”, donc elle peut bien retourner d’où elle vient. « Ah, non, merde, reviens, ce n’est pas ce que je voulais dire !… ». Eh oui, plus qu’une révolution rouge, le XXᵉ siècle a été une révolution de la mondialisation. Plus qu’une crise des idéologies, qu’une crise économique, c’est surtout une crise identitaire où chacun doit repenser sa place en fonction de celle du voisin. Une mutation de chaque instant qui est contraire à l’idée qu’on se fait, qu’on nous vend, et à laquelle on aspire, du confort. Il n’est plus question de liberté ou d’égalité, mais de bien-être. Le Bhoutan va même jusqu’à parler de Bonheur national brut, en référence au PIB.

La mutation “géniale” du capitalisme — ou de la bourgeoisie, certains diraient — c’est que pour étouffer la lutte ouvrière, il suffisait de ne plus avoir d’ouvrier, donc d’usine, et de n’avoir plus que des consommateurs. L’opium du peuple, on disait à une époque. On préfère continuer à fumer, malgré les taxes, malgré la mauvaise santé. C’est tellement agréable d’être con, c’est-à-dire, se plaindre en crachant des volutes de fumée que tous les autres le sont. La plainte n’a jamais causé de tort qu’à celui qui se plaint. Le capital dit à l’exploité : allez, tire une taffe. Et l’exploité s’exécute. L’exploité se plaindra du prix et des taxes sur les cigarettes, mais refuse simplement d’arrêter de fumer. Il n’y a pas de pire esclave que l’esclave qui s’ignore. Et quand ce n’est pas la cigarette, c’est le loto : les mirages ont toujours fait recette. Il n’est plus question de prolétaires et de capitalistes, mais de dealers et de camés. Le fond de l’air n’est pas rouge, il est enfumé. On ne voit rien et on continue de croire que notre myopie ne constitue pas une vision étouffée de la réalité. Alors la contestation est là, oui, vaguement écologiste, mollement anticapitaliste, mais l’exploité lui, il n’a plus d’idéal, il rêve déjà, et il n’attend que sa dose quotidienne. On voudrait supprimer les patrons tout en gardant son droit à posséder un iPod et à fumer ses clopes.

On n’est pas des hommes. La civilisation n’existe pas. Il n’y a que des trous du cul qui engendrent des trous du cul. Chaque trou du cul chie sur son voisin trou du cul. Quand des milliards de trous du cul se mettent à chier sur la planète, ça sent mauvais. Et c’est toujours la merde du voisin qui pue le plus. On est dans une grande chiasse mondialisée et personne n’a idée de comment on va arrêter la colique. Qu’on ait les « mains coupées » ou les « mains libres », c’est du pareil au même : on s’en lave les mains. Il suffit de tirer la chasse. On ne sait pas où ça va, mais ça débarrasse, et c’est tant mieux. Le capital n’a pas d’odeur et est incolore. Le reste, si. C’est toute la magie d’une ère de consommation. Les mirages permettent de voir loin et de voir venir (sans jamais atteindre son but). Et pendant ce temps, ce n’est pas « sous les pavés, la plage », mais sous le tapis, la merde.


Le fond de l’air est rouge, Chris Marker 1977 | Dovidis, INA, Iskra

La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008)

La Journée de la jupe

La Journée de la jupeAnnée : 2008

Réalisation :

Jean-Paul Lilienfeld

B-/10  IMDb

Listes :

Films français préférés

MyMovies: A-C+

Une nouvelle fois, Arte sort un de ses téléfilms au cinéma.

Beaucoup aimé pour ce que c’est (un petit film cherchant à viser juste, sans s’éparpiller, sans grandes ambitions non plus), en dehors de la performance d’acteur de quelques-uns, Denis Podalydès en tête… Mais les élèves sont convenables et Isabelle Adjani, c’est Adjani… l’une des meilleures actrices françaises avec Catherine Deneuve et Isabelle Huppert.

Le thème est fort. Il y a certaines répliques bien vues. Une tension incessante, des revirements inattendus et une révélation finale qui sonne juste.

Un film sur la société. Indispensable. Parce que ça a le mérite de poser tout un tas de problèmes.


La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008) | Mascaret Films, ARTE, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)


La Double Vie de Véronique, Krzysztof Kieslowski (1991)

Véro redouble

La Double Vie de Véronique

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Podwójne zycie Weroniki

Année : 1991

Réalisation : Krzysztof Kieslowski

Scénario : Krzysztof Piesiewicz

Avec : Irène Jacob, Wladyslaw Kowalski, Halina Gryglaszewska

— TOP FILMS

Une jeune chanteuse polonaise se fait remarquer, auditionne, décroche le rôle, se trimbale avec un cœur en vrac dans une poche et une bille dans une autre, tente de réunir les deux au moyen d’un élastique, et puis la bille éclate, alors le cœur aussi… et l’élastique se retrouve à Clermont-Ferrand. L’introduction servira de négatif au reste du film. Tata avait beau tirer les cartes, elle n’a rien vu venir, le miracle de la nature se produit : la chrysalide Weronika se change en Véronique. Heureux hasard ou mystère du monde, vous ne compreniez rien aux salades polonaises ? Zbigniew Preisner se propose de rejouer la partition pour vous. (Que serait Véronique sand son petit nocturne…)

L’avenir appartient à ce qui se leitmotiv, alors ici, tout se double, tout évoque et s’entrechoque. De cet étrange et imparfait négatif, le récit va pouvoir maintenant voler de ses propres ailes, et se faire positif. L’une meurt, l’autre pas. Le leitmotiv, le double, que tout oppose. Le double quantique. Celui qui dit que le monde est composé de deux types de Véro : celle qui se fait niquer quand on la mouille et l’autre qui nique quand on la chatouille. Théorie des cordes élastiques. Chting, tu meurs, chtong tu vis. La corde est la même, seul l’accord change.

Ainsi, quand l’une lève la tête vers le ciel, tombe l’averse — pour l’autre, c’est l’inverse. La même image filmée avec deux angles différents. Retentit alors comme un écho de pluie sous un porche pavé, la musique du compositeur « hollandais », puis apparaît cette image toute décaloguienne de la vieille marchant péniblement dans la rue — là encore deux angles différents — et un détail d’importance : l’une porte ce qui lui reste, l’autre a les mains dans les poches. Quand la mort rôde, vérifiez d’abord si ce n’est pas son jour de congé ; car la Mort, sans sa faux, ne fait que passer.

La Double Vie de Véronique, Krzysztof Kieslowski 1991 Podwójne zycie Weroniki | Sidéral Productions, Canal+, Zespol Filmowy Tor

Scénario en puzzle qui ne s’harmonise pas seulement par leitmotiv, mais qui s’agence superbement par superposition. Ce ne sont plus de simples évocations, des redites légèrement nuancées, mais des éléments qui s’invitent dans les deux univers parallèles. Celui de Weronika et celui de Véronique. Dans ces séquences construites en France autour de la K7, par exemple, la fille du jury de Cracovie qui n’était pas favorable à Weronika s’invite tout à coup dans le champ, dans une gare parisienne. L’un de ces petits jeux de hasard qu’affectionne tant le cinéaste. Le hasard qui rôde. Ces quelques séquences fonctionnent à travers la résolution d’une énigme. À la manière d’un Blow Out ou d’une Conversation secrète, la séquence qu’on avait entendue avec Véronique dans le casque va servir de fil qui, une fois tiré, pourra nous mener à sa résolution. Une résolution qui, le temps d’une séquence, rappelle Véronique à la vie cruelle. La tension et le mystère s’estompent dès que le marionnettiste lui révèle ses intentions. Kieslowski, par la voix de son personnage, donne une raison, un dénouement, une explication à tout ce mystère. Le rêve et le fantasme cessent alors. Le cinéma et son double. Une pause, le double, le personnage, prend le temps de se regarder réfléchir. Le personnage se trouve face à face avec son créateur et celui-ci lui révèle qu’il n’existe pas. Il peut tout autant lui dire qu’il n’est qu’un prétexte pour mettre le réel à l’épreuve, ou bien, lui avouer qu’il n’est là que pour jouer les doublures… Chez Kieslowski, il n’y a plus de Dieu, mais il y a un dieu créateur, celui qui forge des destins, des hasards, des mystères, et force les coïncidences. Cette curieuse impression dans ses films qu’il ne cesse de montrer toujours la même chose : des personnages qui regardent, et qui comprennent, que tout ça n’est qu’un jeu, un jeu de marionnettes, et que quelqu’un ou quelque chose qui nous dépasse tire les ficelles. Il y a toujours des signes : Weronika semble déjà savoir qu’elle va mourir et voit la mort s’annoncer à la fenêtre, et Véronique y passe tout près, mais y échappe. Les voies du hasard sont impénétrables.

Et le cœur, lui, a ses raisons… Des amours contrariées, souvent consommées, de l’une ou de l’autre (Véronique:Weronika), les spectateurs masculins, entre amants et pères, pourraient se mettre à la place, double (voire triple), qu’occupe l’écrivain-marionnettiste. Entre le plaisir de créer et la création du plaisir. Le père de Véronique, curieusement, a la même relation trouble avec sa fille, la même dualité que l’artiste-amant. Nous n’y échappons pas non plus. On désire à la fois Véronique, la modeler selon nos désirs, tordre l’histoire à mesure qu’elle se dessine, et en même temps rejeter tous ces amants et la rappeler à la raison. Tout ce rouge, Véronique, est-ce donc bien raisonnable ?… En même temps, si on rejette tous ces hommes, c’est à la fois parce qu’on est homme, jaloux, protecteur, mais aussi parce qu’il n’y en a que pour Véronique (et Weronika). Le montage ne ment pas, ces hommes ne sont que des visages et des voix. On ne voit qu’eux. Si on les rejette, ce n’est plus parce qu’on est amants ou pères, mais spectateurs. Quand on parle de double, on ne parle pas d’autre chose : rien ne doit s’introduire entre elles, entre elles et nous. Des filles faciles ces Véronique. Il suffit qu’un nouveau personnage apparaisse pour qu’elle papillonne autour. Entre jalousie et dégoût, c’est bien ce qui sert de moteur au film, parce qu’on comprend à quel point on est déjà attachés à Véronique.

Véronique a un souffle au cœur, et comme on a déjà vu le film, celui de Weronika, c’est à nous de le lui souffler. Comme on dit à un enfant « prends garde à tes doigts, c’est chaud. » Facile et incandescente, la Véronique. Kieslowski, même, avec sa caméra au ras du poil, lui colle à la peau façon brûlure au fer rouge. On souffle, elle ferme les yeux, et c’est son cœur qui rougit.

On est en Véronique comme dans un récit à la première personne. Non pas comme si on était à la place de Véronique, mais comme si on était son ange gardien, son double éphémère, son âme-cœur, qu’on lui susurrait à l’oreille et qu’on pouvait entendre ses pensées intimes. Cette double vie, c’est bien sûr la nôtre. Penchés sur son épaule, on ne se rêve plus seulement spectateurs, on voudrait lui prendre la main et la porter vers nous quand elle regarde le ciel. On dit que certains films font de certains décors des personnages à part entière ; ici, c’est le spectateur qui se voit comme un personnage quand Véronique, les yeux perdus dans le vague (ou dans les reflets de sa bille), semble nous chercher. Et Kieslowski arrive merveilleusement à diriger Irène Jacob pour que son regard, sa douceur, son sourire de gamine mièvre suggère cette idée. Le montage fait le reste. C’est le principe du cinéma des attractions adapté aux séquences. Tout se perd dans le flou, ou le fondu auvergnat : une séquence suivie d’une autre qui force le dialogue. Si on parle chez Kieslowski, ce ne sont pas les personnages ou les plans qui se parlent, mais les séquences, et c’est au spectateur de tendre l’oreille. Il lui faut sans cesse comparer le négatif (l’introduction polonaise) à son positif (en en mesurant les différences). L’ellipse, de la même manière, semble souffler sur les braises. Le principe était déjà employé dans le Décalogue. Le sens se fait entre les lignes. Les séquences se croisent mais pourraient tout aussi bien ne jamais se rencontrer. Du puzzle, ne reste que des morceaux épars, des détails. Au spectateur d’en reconstituer le sens. Weronika et Véronique sont deux aimants que tout repousse et attire, et entre les deux, c’est à nous de deviner le reste, la magie. Deux élastiques de carton à dessin, deux cordes, deux lignes de vie qui souffrent au cœur. Et c’est à nous, à nous spectateurs, nous, nous, d’en jouer, cette fois, cent fois, la partition.

À la fin seulement, Kieslowski reprend les rênes et s’amuse à tricoter un dernier revers au destin de ses personnages. Dans la dernière séquence des marionnettes, quand il anime l’une, l’autre est inerte. Le créateur et ses symboles, sa morale ouverte, sujette à toutes les interprétations. Le créateur propose, le spectateur suppose. Les doublures sont laissées de côté, et nous rêvons avec elles d’une autre vie. « La double vie de… Je ne lui ai pas encore trouvé de nom ». Le montage répond pour nous : gros plan d’Irène Jacob. On ne dit rien, on suggère, on laisse deviner. On sait déjà. Le cinéma et son double. Pas de positif sans son double négatif.

La caméra de Kieslowski happe les corps, les visages, effleure les sentiments plus qu’il ne le faisait jusque-là. En un sourire, il pourrait nous faire pleurer, parce qu’on devine tout derrière les apparences. La petite musique, le montage, les focales (qui voient trouble à force de faire le point au-delà de la surface des choses, vers l’intime), la douceur perdue d’Irène Jacob, son innocence de sainte qui couche, tout concourt à révéler le contraire de ce que les images suggèrent en surface. Le double est un reflet qui ment. Et ce double, c’est celui que nous projetons tous les jours aux autres et que nous ne connaissons pas. Les décors, l’environnement, n’ont qu’une consistance molle. Un halo feutré, un flou de surface sans fin et sans forme, un hors-champ qui est là sans l’être vraiment et qui impacte moins la vie des êtres qu’ils voient évoluer que le hasard ou les connexions mystérieuses du monde.

On peut se laisser envahir par les larmes : qu’on soit en France ou en Pologne n’y change rien. Il pleut, et sans soleil, le fond de l’air est trouble.


Persepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi (2007)

Persepolis

PersepolisPersepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi (2007) Année : 2007

8/10  IMDb  iCM

Listes sur IMDb : 

Limguela top films

MyMovies: A-C+

Films français préférés

Réalisation :

Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi

Le récit autobiographique est à la mode. Souvent désespérant, là c’est enrichissant, parce qu’on a quelque chose à nous raconter. Et que la forme adoptée est plutôt intéressante.

On y apprend surtout comment un pays s’est appauvri culturellement et intellectuellement au rythme des révolutions et des purges. C’est surtout ce premier volet qui personnellement m’a plu… Voir les Iraniens croire en un système meilleur en se disant que ça ne peut pas être pire que le précédent. ─ Et c’est pire… Le tout montré avec le regard d’une enfant, qui permet au récit d’avancer avec détachement et humour.

Ça commence un peu comme le Journal d’Anne Frank, ça continue en Autriche, et là on pense à Princesse Sarah (quoi ?) puis elle revient en Iran, et là, ce serait plutôt Un bon Allemand (parfois à la limite, c’est aussi lyrique et romantique que Docteur Jivago, mais le ton tombe toujours très vite dans l’humour). Le récit unique, concentré sur plusieurs années, d’un même personnage, face à des démons qu’il ne contrôle pas, des événements sur lesquels il n’a aucune prise, et dans lesquels il ne veut surtout pas s’impliquer. Il ne cherche finalement qu’à survivre. Son récit est le témoignage d’une victime des folies des hommes.

En passant, on peut remercier les lycées français du monde, qui, même si ça coûte cher, permettent à certains francophiles de se créer un lien social et de trouver des portes de sortie le jour où l’exil se révèle être nécessaire. Comme quoi, il y a d’autres méthodes que la bougonnade bien française pour développer sa pensée, sa culture à travers le monde. Mêler politique, humour, histoires sentimentales, familiales, en un seul film riche et concis, c’est tout ce dont a besoin un film pour devenir au fil du temps, peut-être, un chef-d’œuvre. Déjà un film unique, et utile.


Persepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi 2007 | 2.4.7. Films, France 3 Cinéma, The Kennedy Marshall Company


Le Magnifique, Philippe De Broca (1973)

Le Magnifique

Le Magnifique Le Magnifique, Philippe De Broca Année : 1973

Réalisation :

Philippe De Broca

9/10  

Avec : Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset

Les Indispensables du cinéma 1973Les Indispensables du cinéma 1973Les Indispensables du cinéma 1973

Ça faisait bien vingt ans que je n’avais pas vu le film. Je ne me rappelais pas que c’était aussi con (donc forcément génial).

Tout petit j’étais fan de Bebel et de Bruce Lee. J’ai arrêté le karaté après deux séances et j’ai fait dix ans de théâtre après avoir vu Belmondo dans Cyrano. J’avais complètement oublié mes premiers amours !

Dans le genre cabots géniaux. On a eu Bebel en France, Gassman en Italie, Kinski (même si dans un registre plus réaliste : lui était vraiment fou et faisait un peu moins rire), les Anglais ont eu Peter Sellers (mais tous les acteurs anglais sont des cabots et depuis 50 ans, ils ont les meilleurs acteurs du monde), les Américains ont eu Pacino et Deniro mais Clooney est plus dans ce registre comique, et au Japon on a même eu… Cobra (directement inspiré de Bebel).

Aujourd’hui, Dujardin tente de reprendre la main, mais malheureusement ç’a beau être un pitre et un cabot, ce n’est pas un bon acteur (et puis moi il m’est antipathique comme garçon : le cabotinage n’est jamais trop loin de la prétention et on devient prétentieux quand on force le cabotinage, quand on est toujours en représentation et paradoxalement quand il joue les humbles). Et puis malheureusement, il faut de bons scénaristes derrière : le Magnifique, c’est Veber, OSS, j’n’en sais rien mais le scenario est vide…

Ah Bebel…

Sur le film, je n’ai rien à dire. Une allégorie de moi qui « critique » un film :


Le Magnifique, Philippe de Broca 1973 Les Films Ariane, Mondex Films, Cerito Films

Le Magnifique, Philippe de Broca 1973 | Les Films Ariane, Mondex Films, Cerito Films


 


Sur La Saveur des goûts amers :

— TOP FILMS —

Liens externes :


Ils étaient neuf célibataires, Sacha Guitry (1939)

Tournez manèges

Ils étaient neuf célibataires

Note : 4.5 sur 5.

Année : 1939

Réalisation : Sacha Guitry

Avec : Sacha Guitry, Max Dearly, Elvire Popesco

— TOP FILMS

Pour moi, l’un des meilleurs films français d’avant-guerre. Les personnages, les situations, et surtout les mots… de Guitry ! Évidemment il faut aimer les jeux de mots, les reparties, l’esprit de Guitry et le personnage qu’il joue dans ses films, sorte d’escroc séducteur (un Clooney français de l’époque : pas tout à fait le même look mais la même dérision, la même insolence mouillée dans une classe et un flegme presque britannique).

Il ne faut pas voir ses films pour suivre une histoire, car chez Guitry, il y a toujours un procédé. La forme prime toujours sur le fond (qui de toute façon est toujours le même : « Cette fille me plaît, je dois la séduire, mais comment ? »), ce n’est donc jamais réaliste, les situations au final sont tirées par les cheveux, mais on se plaît à y croire parce qu’on entre dans le jeu de Guitry qui ne trompe pas : on comprend tout de suite que c’est une fantaisie où les mots les situations absurdes primeront sur l’histoire. D’ailleurs le plaisir de Guitry (et le nôtre) est de mettre dans une situation similaire (et en trois actes) huit personnages. En deux mots : les étrangers vivant en France vont bientôt être obligés de repartir dans leur pays à cause d’un nouveau décret (du Sarkozy de l’époque sans doute, sauf que là il ne s’agit pas de Maliens, mais de comtesse polonaise ou de danseuse japonaise… — la classe de Guitry, que certains trouveraient sans doute démodée aujourd’hui), bien sûr Guitry tombe amoureux de cette comtesse polonaise (comme ça en un regard : voilà pourquoi rien n’est réaliste, il ne s’embête pas avec la vraisemblance, ce n’est pas son sujet ; car le sujet, c’est comment il va parvenir à la faire tomber dans ses bras alors même qu’elle le trouve insolent, français quoi…). Et puisque Guitry est un escroc (l’intro sur l’apologie de l’escroquerie est un bijou), il ne peut trouver un autre moyen pour la séduire que de monter une arnaque… Le voilà donc qui crée à Neuilly (c’est toujours là où tout finit toujours par commencer…) un institut de vieux célibataires FRANÇAIS ! Un gros n’importe quoi. Mais chez Guitry, plus c’est gros, mieux c’est (toujours la forme, l’excentricité…). Et très vite les étrangères se bousculent pour se “marier” avec les huit (et pas un de plus) célibataires qui sont en fait tous des vagabonds qui se sont passé le mot… Une bonne partie du film repose donc dans un premier temps à la rencontre forcément étonnante entre ces femmes étrangères (sauf une bien française, exerçant un métier bien français de l’époque…) et ces vagabonds. Le génie de Guitry c’est que pour l’instant, il n’y a pas d’arnaque puisqu’il ne ment pas sur ses intentions ni aux uns ni aux autres (sauf bien sûr aux autorités) : un petit arrangement gagnant-gagnant… L’escroquerie viendra après (pas la peine de dévoiler ça car c’est une chose qu’on prend plaisir à découvrir dans le film puisque c’est une chose qui titille Guitry — il dit lui-même qu’il improvise dans ces escroqueries et qu’il trouvera au moment venu comment rallier tout ça à sa dame polonaise). Le film prend encore une autre saveur quand les vagabonds alors mariés décident d’aller « dire bonjour » chacun à leur manière à leur “femme” — et c’est bien sûr autant de scènes et de situations hilarantes…

Bref un chef-d’œuvre. Pas le Guitry le plus connu mais sans doute mon préféré.

 


Ils étaient neuf célibataires, Sacha Guitry 1939 | Les Films Gibé

L’Histoire d’Adèle H., François Truffaut (1975)

Le meilleur film de François T.

L’Histoire d’Adèle H.

Note : 5 sur 5.

Année : 1975

Réalisation : François Truffaut

Avec : Isabelle Adjani, Bruce Robinson, Sylvia Marriott

— TOP FILMS

Ce n’est pas un film, c’est une fulgurance. Une unité d’action parfaite, un seul personnage et un récit qui fuit jusqu’à une issue prévisible et fatale.

Pour moi, le meilleur film, et de loin, de François Truffaut (dont je suis loin d’être fan). À la fois, le premier film révélant le génie d’Isabelle Adjani en tant qu’actrice adulte, et aussi sans doute encore son meilleur film également (elle reviendra un peu plus de dix ans après avec un film assez similaire, Camille Claudel).

L’histoire retrace une époque de la vie d’Adèle Hugo, fille du poète, follement amoureuse d’un lieutenant anglais qu’elle suit jusqu’en Nouvelle Écosse alors que lui ne veut plus la voir. Amour impossible, à sens unique, qui se transforme petit à petit en obsession et en folie. Tout le film, Adèle est au centre de tout. Quand on la quitte brièvement, ce n’est que pour montrer les conséquences de ses actes et de ses audaces folles. Le sujet, c’est Adèle, son obsession pour son homme, et rien d’autre.

My father is Hugo, Victor Hugo

Le sujet a un côté littéraire, voire théâtral, qui a dû bien plaire au cinéaste en bon fan de Balzac qu’il était, car Adèle occupe ses journées et ses nuits à écrire son journal (journal réel qui sert de base au film). L’occasion pour Truffaut d’utiliser des effets baroques qu’il a rarement utilisés, mais qui donnent un côté romanesque, romantique, au film. C’est le Taxi Driver de Truffaut, son Apocalypse Now. Pas besoin de voix off cependant. Les « monologues », c’est Adèle qui les produit en direct en écrivant son journal ou ses lettres. L’effet aurait pu tomber dans le ridicule avec une actrice ordinaire, seulement, c’est peut-être la meilleure actrice qu’ait connue le cinéma français (avec Isabelle Huppert, Jeanne Moreau ou Catherine Deneuve). Adjani a vingt ans dans ce film, et je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une performance d’acteur aussi parfaite, aussi pleine d’imagination, de folie, de création, de sensibilité, de justesse, à cet âge… Un véritable génie qui déjà à 17 ans interprétait le rôle d’Agnès dans L’École des femmes à la Comédie française (il y a des images assez connues de son « le petit chat est mort »[1]).

Un film que je revois pour la quatrième ou cinquième fois avec toujours autant de plaisir.


[1] Pas trouvé la représentation filmée, mais des extraits sur le site de l’INA : http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF90050388/l-ecole-des-femmes.fr.html

L’Histoire d’Adèle H., François Truffaut (1975) Les Artistes Associés, Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés

La Belle et la Bête, Jean Cocteau (1946)

Vérités et Mensonges

La Belle et la Bête

Note : 5 sur 5.

Année : 1946

Réalisation : Jean Cocteau

Avec : Jean Marais, Josette Day

— TOP FILMS

Tout est comme gonflé de mystère. Un rêve. Un soupir.

Toute l’idée est de proposer des scènes courtes pour permettre à la lenteur de prendre corps. La trame est réduite à rien. Chaque scène représente une avancée, un thème, une idée, et cette mise en scène, comme étirée, agonisante, peut alors prendre forme et offrir au spectateur une action dénuée d’artifices. C’est la contemplation du vide, de la lenteur et du temps présent. Certains films sont tirés par des curseurs qui broient et labourent la terre du présent — on ne voit rien passer sinon des images floues évoquant brièvement l’inaccessible horizon qui vient. Au contraire ici, le film prend de la hauteur, et en prenant de la hauteur, élargit ses perspectives. Son présent est une ombre qui s’étend comme une encre sur les labours du temps.

En se concentrant sur le rien, ou le peu, en s’interdisant la grossièreté et l’originalité de la psychologie, là encore, le film permet de voir ses personnages en grand. La grandeur de la simplicité. Des icônes. Là où certains récits lassent par un trop-plein d’images, de sons, de sensations, ici, la lenteur nous invite à nous reposer sur ces deux seuls éléments. Deux cartes de jeu. La Belle et la Bête. Le reste, nous dit cette lenteur envoûtante, c’est à nous de l’imaginer entre les lignes. Là où d’autres nous perdent en nous bringuebalant les sens jusqu’à l’ivresse et bientôt la nausée, La Belle et la Bête nous envoûte, nous capte, nous prie de les rejoindre eux, ces icônes animées au souffle saccadé. Leurs mouvements sont comme anéantis, appesantis, et c’est parce qu’ils sont rares et précieux qu’on ne les voit pas stagner. Qui ment le plus entre celui qui se sert outrageusement de la pertinence rétinienne pour imiter la réalité, et celui qui au contraire la sabote pour mieux la laisser voir ? Les saccades du temps-roi. La saccade des cartes. Celles de nos albums de famille. Le présent omniprésent. Comme cette encre sur le temps…

Un rêve ? un soupir ?

Oui, le paradoxe, c’est qu’ici tout est mouvement. Dans des couloirs aux promenades, tout remue. Mais ce tout est presque rien, comme ces chandeliers au milieu du vide. On ne voit alors plus que ça. Le voilà le sens de la mise en scène. Les mots ne sont rien. La vérité, un mensonge… Cocteau aime la vérité, c’est vrai, mais il sait aussi que la vérité ne l’aime pas. Alors, il se concentre sur ce qui nous reste de vérité qui peut encore nous être subtilisé : le geste, le souffle, le regard. Pour comprendre le cœur, la pensée, il sait que le mouvement et l’image sont parfois plus honnêtes que les mots. Et pour s’assurer que les mots ne trompent pas, eux aussi, il les décompose, les enferme dans une bogue traînante, comme un écho qui vibre encore longtemps aux oreilles. Les mots ne sont alors que musique, et les gestes, un mystère qui bouillonne et remue pour jaillir enfin dans la lumière. Le fantastique devient le réel, le vrai, le vraisemblable, de la même manière que le rêve s’insinue en nous avec l’apparence de la réalité.

Et alors, l’univers de la maison, censé être réaliste, par contraste, éclate à nos yeux comme un mensonge évident. La magie opère quand vous ne savez plus distinguer le rêve de la réalité. La Belle, de la Bête.


La Belle et la Bête, Jean Cocteau (1946) | Les Films André Paulvé

Pickpocket, Robert Bresson (1959)

Pickpocket

Pickpocket
Année : 1959

Réalisation :
Robert Bresson
10/10  

Un petit chef-d’œuvre. Excellent dans l’agencement des péripéties. Le premier vol dure une éternité, où tout est suggéré. Densité parfaite par la suite dès qu’il se fait arrêter, et encore relâcher. Le récit avance en ligne droite grâce à un thème précis et une voix off qui tient le tout que semble affectionner Bresson.

Là encore la réalisation est d’une précision sans reproches. Jamais elle ne s’égare : tout en gros plans, pas de transition en conclusion ou à la fin de chaque séquence, on va direct à l’essentiel.

L’évolution dramatique progresse selon une ligne logique : comment devient-on pickpocket ? Bresson nous montre les différentes phases de la vie d’un de ces voleurs. Le personnage est fascinant : contrairement au Diable probablement[1], le jeu donne des éléments de compréhension de la situation, peut-être parce que chacun peut se retrouver dans le trouble profond chez ces personnages ; on devine un passé lourd auquel, par identification, on peut se rattacher (le procédé de la voix off et l’utilisation des gros plans facilitent ce travail pour le spectateur).

Pickpocket, Robert Bresson (1959) | Compagnie Cinématographique de France

Ce film démontre parfaitement la théorie de Bresson sur le mystère : l’effet sans la cause. Par exemple, on ne connaît pas les raisons pour lesquelles il vole, pas plus que les origines de son étrange apathie. On se doute que c’est lié à son passé, mais rien n’est jamais expliqué, on devine. Aucun lien entre les causes possibles (intro pour suggérer, fasciner) et les effets qui se voient directement à l’écran.

On a en même temps la petite histoire d’amour qui pourrait tout chambouler, interrompre le processus d’apprentissage du pickpocket, mettant ainsi le drame dans une insécurité, un suspense, pour humaniser le thème et le rendre moins démonstratif et sans surprises. Le mystère naît ainsi de la nature des relations entre le pickpocket et ses amis (avec une nouvelle situation rare : son ami sait qu’il vole et même le vole, mais ne dit rien).

Un tel recours au procédé de la voix off peut être très intéressant dans la mesure où elle suggère rapidement les égarements psychologiques du pickpocket : sa folie s’exprime à travers l’évocation d’anecdotes anodines.

Quand on passe d’une séquence démonstrative, presque documentaire, traitant du pickpocket à une séquence où il est avec ses amis, ça devient fascinant, l’écart est troublant, comme quand tout à coup la voix off toujours s’immisce et rappelle qu’il avait rendez-vous avec eux. Cette voix off explique toujours le résultat (l’effet) d’une action comme dans un récit classique pour éviter de montrer l’action (ou pour l’introduire) et, par conséquent, les causes.

Le récit évolue donc de manière précise et tout est en rapport avec l’évolution presque naturelle, clinique, du thème et la déchéance du personnage pickpocket.

La fin s’attarde un peu plus. Le thème du pickpocket étant épuisé, il laisse place à une histoire plus banale, plus sentimentale, comme pour signifier au personnage et au spectateur qui le suit, ce qui est encore essentiel. Et que nulle part ailleurs, il ne trouvera de salut.


[1] Le Diable probablement


Sur La Saveur des goûts amers :

Top Films

Les indispensables du cinéma 1959

Lien externe :

IMDb


Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot (1953)

Le Salaire de la peurle-salaire-de-la-peur-henri-georges-clouzot-1953 Année : 1953

Réalisation :

Henri-Georges Clouzot

8/10  IMDb

Les Indispensables du cinéma 1953

Cent ans de cinéma Télérama

Journal d’un cinéphile prépubère #

Ce qui est étonnant de ce grand film, c’est la marque presque anglo-saxonne de la réalisation (comme toujours chez Clouzot). C’est pragmatique, montrant essentiellement ce qu’il y a à montrer sans prise de partie avec une caméra objective, un récit froid plein de distanciation et d’humilité, en arrivant pourtant à nous faire entrer dans l’action et nous permettant d’avoir peur pour les personnages.

La mise en scène classique, un peu passe-partout, « technique », n’est pas sans talent : l’essentiel est présent, le spectacle. L’émotion provient plus du récit que de la mise en scène, de l’enchaînement des événements, que de la manière dont ils sont traités. Cela ne veut pas pour autant dire que la mise en scène soit pour autant négligente ou creuse, mais c’est le drame, l’action, qui suggère les émotions, en est à l’origine, plus que son traitement et le point de vue que peut en offrir Clouzot (vu qu’il est quasi inexistant).

La valse finale, funèbre, du camion préfigure 2001, Odyssée de l’espace (?!). Le personnage de Charles Vanel est exceptionnel.

(révision en 2017)


Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot 1953 | CICC, Filmsonor, Vera Films