La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)

La Cité interdite

Man cheng jin dai huang jin jia La Cité interdite, Zhang Yimou (2006)Année : 2006

5/10 IMDb iCM

Vu le : 23 septembre 2007

Réalisation :

Zhang Yimou


Avec :

Chow Yun-Fat, Gong Li, Jay Chou

Beuark… Le plus mauvais Yimou ?! C’est pourtant avec Gong Li et Show Yun Fat…, on aurait pu espérer mieux…

Seule la fin est « un peu » plus intéressante. Les trois quarts du film sont avant tout décoratifs (eh oui, c’est beau) : des suites de scènes dans les chambres luxueuses du palais… terriblement statiques et sans intérêt. Autant de personnages (quatre ou cinq) que dans une tragédie classique. Ça ressemble à ces poissons qui n’existent et qui ne vivent que dans des petites étendues d’eau, à deux ou trois cents individus, et qui survient à la gloire de la consanguinité.

À l’instar d’Œdipe, on a droit au dénouement de la filiation et de la révélation d’un inceste. Ça prend un tour un peu même shakespearien, gore, quand tout le monde dans cette petite famille impériale complote contre tout le monde et que finalement tout se termine dans une gigantesque tuerie sanglante. On tend plus du côté de Titus Andronicus que d’Hamlet, mais ça réveille tout de même. On passe des scènes de chambres aux scènes de baston entre chevaliers d’or et chevaliers… d’aluminium. Une sorte de remake de la grande bataille du Seigneur des Anneaux, avec d’un côté une armée d’abeilles tueuses et de l’autre des mouches tsé-tsé prêtent à tout pour sauver… leur roi. La démesure la plus totale (et sans second degré… — au secours John Woo, où es-tu ?).

Autrefois donc, dans la cité interdite, quand on se chamaillait, ça se terminait avec des milliers de chevaliers en armure sur la place des duels. Avec notre minable bataille d’Azincourt, on peut vite aller nous rhabiller…


La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur (1951)

Pirates, pirates, ah ah ah !

La Flibustière des Antilles

Note : 4 sur 5.

Titre original : Anne of the Indies

Année : 1951

Réalisation : Jacques Tourneur

Avec : Jean Peters, Louis Jourdan, Debra Paget

Qualité Tourneur : densité de l’action, mais avec… peu d’action. 80 minutes de film : on ne s’ennuie pas, et on a l’impression de faire le tour du monde. Tourneur coupe les instants de bravoures obligés dans les films de pirates, parce qu’au fond, la baston, c’est toujours un peu la même chose… Donc tout est centré sur une évolution rapide de la trame. Une histoire simple mais bien ficelée — que du bonheur.

Ce serait intéressant de produire de tels films aujourd’hui, qui ne se prennent pas au sérieux, qui ne se compliquent pas la vie en voulant faire du grandiloquent et en prenant le risque de se casser la gueule. Ça manque. Les fantaisies doivent forcément être de grosses machines publicitaires. Aujourd’hui, les petits films (tournés pour des centaines de millions de dollars) rêvent de casser la baraque et ça s’en ressent, ça pète dans tous les coins, c’est forcé, prétentieux…, et ce que Tourneur se permet ici d’éviter pour se concentrer sur la trame et les personnages, on ne pourrait pas le faire de nos jours où chaque scène est pensée pour devenir un grand moment d’anthologie.

Peut-être que certaines séries TV justement ont ce rôle aujourd’hui : on met le paquet sur l’histoire, les personnages, et ensuite, on évite de donner les clés à un réalisateur qui se la joue trop perso…

On sait ce qu’il en est advenu des pièces romantiques et bourgeoises du XIXᵉ siècle ; tous ces excès finiront au cabinet. Le sucre et les cris ne durent qu’un moment. La simplicité d’un page Tourneur, ça marque toute une vie.


La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur (1951) | Twentieth Century Fox


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1951

Listes sur IMDb :

MyMovies: A-C+

Liens externes :


Dragon Tiger Gate, Wilson Yip (2006)

Dragon Tiger Gate

Lung Fu MoonDragon Tiger Gate, Wilson Yip (2006)Année : 2006

5/10

Vu le : 25 août 2007

Liens : IMDb  iCM

 

 

Réalisation :

 

Wilson Yip

Avec :

Yuk Long Wong
Louis Koo
Isabella Leong
 

Le mélange de kung-fu et de comics est intéressant, c’est sans doute la meilleure idée du film, mais on n’y croit pas une seconde.

L’histoire est vraiment très peu crédible avec des raccourcis débiles et simplistes… Ce n’est pas un problème quand c’est une histoire de baston généralement, mais là on sent qu’il y a une volonté de mettre l’accent sur l’histoire… Seulement, quand on n’a rien à dire on ferme sa gueule ou on s’arrange pour que ce qu’on dit ait un accent, un ton singulier qui éveille l’intérêt.

Bref, ça se prend trop au sérieux, mais ça ne se donne pas les moyens de ses ambitions : scénario bâclé et plus étonnant mise en scène d’une grande puérilité (on croirait voir un film dirigé par le type qui réalise Taxi et Yamakasi avec des effets de caméra, des mouvements sans intérêt qui alourdissent la narration).

En gros, ça ressemble à Tortues Ninjas : des couleurs criardes, des murs en carton-pâte, un canevas facile et des personnages sans intérêt (Heureusement qu’il n’y a pas d’adaptation ciné des Chevaliers du Zodiaque parce que ça ressemblerait sans doute à ça*).

*depuis 2007, quelqu’un a osé, paraît-il…


Alexandre, Oliver Stone (2004)

Alexandre

AlexanderAnnée : 2004

Réalisation :

Oliver Stone

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 juillet 2007

Intéressant si on ne connaît que le minimum sur le bonhomme (comme moi, c’est-à-dire qu’il est allé loin en Asie, qu’il avait un cheval qui s’appelait Bucéphale, et qu’il avait eu comme précepteur Aristote). On peut ainsi apprendre, en plus, qu’il était allé jusqu’en Inde, qu’il s’est marié avec une « barbare », qu’il n’a pas eu d’héritier et que Ptolémée était l’un de ses amis d’enfance avec qui il a conquis l’orient. Voilà, avec ça, plus besoin de voir le film.

Parce qu’en lui-même, il est franchement indigeste. Un plouc irlandais dans le rôle d’Alexandre, Lara Craft pour maman et Val Kilmer pour papa, heu non, c’est trop. Et puis, le fait que la Farrelle joue les homos comme une fillette, ça fait un film parfois ridicule, en tout cas peu crédible…

Et un film sur Ptolémée ou Aristote plutôt ?


Capitaine Sky et le Monde de demain, Kerry Conran (2004)

Copy Capt

Capitaine Sky et le Monde de demain

Sky Captain and the World of Tomorrow

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Sky Captain and the World of Tomorrow

Année : 2004

Réalisation : Kerry Conran

Avec : Gwyneth Paltrow, Jude Law, Angelina Jolie

Un beau gâchis tout de même.

Le réalisateur aurait d’abord dû regarder Vidoq pour voir que tout faire en images de synthèse avec aucun extérieur, ça manquait vraiment de vie. L’image est vraiment très moche.

Le scénario… j’ai rarement vu autant de copier-coller. Beaucoup de films se sont déjà inspirés de Star Wars et plus particulièrement de l’Empire contre-attaque, souvent sous forme d’hommage, là ça va un peu trop loin tout de même dans « l’hommagination ». Captain Sy, c’est Han Solo, il est suivi par la Paltrow qui joue le rôle de la Princesse Leïa : ils n’arrêtent pas de s’engueuler, de se vanner, mais finalement, ils s’aiment… On a droit aux mêmes scènes de poursuite en avion, le même rythme, les mêmes péripéties. On a même droit à la Cité dans les Nuages pour retrouver au milieu de nulle part un vieil ami « qui ne peut que nous aider »… Un petit passage sous l’eau en hommage aux meilleurs James Bond, et puis Dagobah (la même scène d’intro de l’avion qui s’échoue dans un marécage et la bête mystérieuse sous l’eau…). Alors ça tourne à l’hommage à King Kong (de Jackson), puis à Indiana Jones. Et on retourne dans la Cité dans les Nuages, où captain Sky retrouve ses amis qu’il est venu délivrer (les mêmes séquences de Luke venant à la rescousse de Han et de Leïa). Son ami est une sorte de R2D2 humain, puisque c’est un génie créatif et technologique… Petit hommage à sir Laurence Olivier, histoire de dire qu’on a été les premiers à donner un vrai rôle à un acteur mort, et là ça tourne à une sorte de mix entre l’Empire contre-attaque et la scène du héros sur une passerelle digne des grandes stations secrètes dans James Bond, où le héros affronte une sorte de chevalier Sith… Bing, c’est un robot, hommage fugace à Terminator… Un petit détour vers le premier épisode de Star Wars (comprenez Un nouvel espoir) avant le compte à rebours qui va tout faire exploser (Alien n’est pas loin). Le copiage à des limites. L’Empire contre-attaque étant un acte perdu au centre d’une trilogie, l’épisode n’a pas vraiment de fin…, alors hop, hommage final à James Bond, avec la fusée qui décolle avec notre bon vieux capitaine et sa charmante James Bond girl qui se retrouvent une fois que la fusée a explosé dans un canot de sauvetage en plein milieu de l’océan, où ils seront tranquilles pour se bécoter…

Et tout ça, bien sûr, avec une musique ultra-présente, symphonique à la Williams…

Non. Merci.


Liens externes :


Ghost Rider, Mark Steven Johnson (2007)

Faust en bécane

Ghost RiderAnnée : 2007

Réalisation :

Mark Steven Johnson

5/10  lien imdb
Avec :

Nicolas Cage

Vu : 22 avril 2007


Marvel n’est pas un gage de qualité… Ou quand Terminator se trimbale à Dallas avec sa bécane… Complètement débile.

Je ne connaissais pas la BD, mais c’est fortement inspiré de l’histoire de Faust (déjà je ne suis pas fan). Je me demande ce que N. Cage est allé faire dans ce film ; il y a même Peter Fonda en Mephysto, c’est dire…

J’aimais bien l’acteur qui faisait le personnage principal “adolescent”, il semblait sortir de Melrose Place et ça donnait un côté too much au film, un peu comme dans Starship trooper. Et puis, Cage arrive, et là on comprend qu’on n’allait pas se marrer…

Nicolas Cage est censé avoir le même âge que sa copine jouée par Eva Mendès, alors qu’ils en ont bien 25 de différence. On pourrait en rire, mais on sent que ce n’est pas quelque chose dont le film a envie de s’amuser : « Non, Nicolas, est beau, jeune, il a des tablettes de chocobdo, il enfourche une bécane comme un jeune… »

Vous me direz, Eva Mendès, elle tient le film sur ses deux lolos… : elle a des nénés si gros qu’il lui est impossible de fermer sa chemise, quel malheur ! — pauvres petits !… (Ça doit être à cause des rhumes successifs que les bimbos ont toujours la même voix cassée…)

Le principe est un peu le même que dans tous les comics, mais là c’est vraiment un peu trop gros, ou mal fait, ou je ne sais pas quoi. Bref, le super-héros (en moto) vit parmi les humains mais ne peut révéler sa véritable nature, donc il est seul avec son « joli chopper », pourtant comme il est très attachant, il a toujours des canons qui reviennent du passé (ou qu’il rencontre le plus souvent) et qui lui rappellent qu’il est un être humain comme tout le monde. Alors, le héros se laisse aller, et c’est là que le méchant qui a la sale habitude d’épier le héros par des judas, se dit à haute voix : « Ha ! ha — Ha ! Ha ! ha… j’ai trouvé son point faible ! » On imagine la suite…

Après Faust en moto, j’attends avec impatience Faust à la plage avec sa planche de surf…

Blood Diamond, Edward Zwick (2006)

Jennifer sur le gâteau

Blood Diamondblood-diamond-edward-zwick-2006Année : 2006

 

Réalisation :

Edward Zwick

5/10  lien imdb
 

Vu le : 20 mars 2007

 

Dans le genre « c’est beau, c’est pauvre l’Afrique, mais les Occidentaux y foutent la merde et n’y arrangent rien »…

Le personnage que joue Jennifer Connelly est de trop : l’histoire d’amour avec Leonardo édulcore à la fin le film qui aurait plus gagné en unité d’action. Rester sur la quête du diamant, la fuite — ou en tout cas mieux intégrer le rôle de la journaliste dans l’histoire. Si c’est un personnage principal elle doit rester avec eux jusqu’à la fin et son personnage doit suivre une vraie évolution ; s’il est secondaire, il faut lui donner un peu moins d’importance et surtout ne pas la faire réapparaître dans une scène ridicule où DiCaprio, à l’agonie, l’appelle avec son cellulaire : lui dans la brousse, elle à une terrasse d’un café en Europe… — Ridicule.


La Guerre du feu, Jean-Jacques Annaud (1981)

Un Annaud pour les amener tous, et dans la lumière les guider

La Guerre du feuLa Guerre du feu, Jean-Jacques Annaud (1981) Année : 1981

Liens :
IMDb   iCM

 Une histoire du cinéma français

Réalisateur :

Jean-Jacques Annaud

7/10

 

Le film commence par une idée et une quête simple : la tribu perd le feu, il va falloir le rechercher. À partir de là, l’histoire va être une suite d’échecs où ils ressortiront victorieux, mais l’intérêt vient de l’évolution de la quête en cours de route. Il y a ce point de départ, facilement compréhensible, excitant, et il y aura une quête, ou une découverte, parallèle. Parce que le feu, nos hommes préhistoriques se le réapproprient assez vite, et alors la lumière peut être faite sur les relations, les conflits, les découvertes faites par des hommes qui nous sont aujourd’hui bien étrangers. La question n’est plus alors de ramener le feu à la tribu, mais comment passer à travers les divers événements, obstacles, intérieurs ou extérieurs, qui se présenteront à eux. Ainsi nos hommes rencontreront des tribus de mangeurs d’hommes, des mammouths, mais aussi et surtout une tribu, ou une espèce d’hommes plus évolués. Déjà le choc des cultures, déjà l’attrait pour l’étranger. Une confrontation offrant à nos hommes, le feu cette fois de la connaissance, de l’intelligence et de la culture, car la question n’est alors plus de partir à la recherche d’un quelconque feu comme on tire parti de son environnement, ou comme on part cueillir les cerises, mais de transmettre un savoir aux siens. Entretenir le foyer. Avoir l’idée de ne plus tirer profit de son environnement, mais de faire fructifier les graines du savoir pour tirer le meilleur de la terre (ne serait-ce que pour des queues de cerise). Et quand on n’en est pas capables, tout n’est pas perdu pour autant. On voit bien ici, l’origine (et l’utilité) de la guerre, des conflits entre tribus : quand l’herbe semble plus verte chez le voisin, on n’oublie pas qu’on peut encore tirer avantage de notre héritage de « chasseur-cueilleur ». L’avantage évolutif qu’a su se pourvoir les hommes, c’est bien celui d’être opportuniste. Il faut pouvoir manger à tous les râteliers. Quitte à prendre la tête (et la queue) de son voisin, pour une cerise (ce n’est pas sale, l’autre jour je regardais deux limaces en manger une autre, c’est beau la nature !…).

Un retour aux sources, tout aussi historiques que cinématographiques. Rien ne passe bien sûr par les dialogues. La communication se fait par signes, difficilement, surtout entre tribus étrangères. Ces hommes se font alors anthropologues. Comprendre déjà, partager. Et nous, on se met à rêver au devenir de ces tribus, à toutes ces histoires sans histoire. À tous ces hommes, ces tribus, ces conflits, ces découvertes oubliées, tout cela dont nous ne cessons aujourd’hui de vouloir pénétrer les mystères. C’est peut-être la part de notre histoire la plus fabuleuse, la plus décisive, et il est curieux de voir qu’elle n’est pas plus souvent traitée au cinéma. Où est le cinéma préhistorique, les films anthropologiques ? Les raconteurs d’histoires ont su très bien s’approprier une frange de la science, mais ce domaine, lié au passé, à nos origines n’a curieusement jamais été pris en compte par les auteurs. Pourtant, il n’est pas moins passionnant de se questionner sur « d’où l’on vient » que sur « là où on pourrait aller ». Les deux sont marqués par la même incertitude. Incertitude, propice aux fantasmes et aux interrogations les plus fascinantes.

29 août 1996


Sur La Saveur des goûts amers : 

Sujets & débats : 

Les génies provoquent-ils eux-mêmes les chefs-d’œuvre ou profitent-ils toujours de conditions favorables préexistantes ?


Le Signe de Zorro, Rouben Mamoulian (1940)

Relecture starwarsienne

The Mark of Zorro
Année : 1940

Vu le : 4 mai 1997

7/10 iCM IMDb

Réalisation :

Rouben Mamoulian


Avec :

Tyrone Power, Linda Darnell, Basil Rathbone, Gale Sondergaard, Eugene Pallette

 

4 juin 1997

En voyant ce film, on comprend mieux le succès et la qualité de Star Wars. On trouve dans Zorro les mêmes personnages caricaturaux (et donc précis) que dans la trilogie de Lucas. Le thème de la rébellion contre un pouvoir despotique. Dans les deux l’action prime, c’est la grande tradition du roman d’aventure, du conte, de l’épopée, des légendes, ce à quoi Star Wars se réfère toujours en reprenant les vieilles recettes et en y introduisant un nouvel élément propre au XXᵉ siècle : la science-fiction (ou le high-tech).

Contrairement à son image de la modernité, la trilogie utilise de vieilles méthodes dramatiques, classiques, et presque littéraire ancestrales, elle a bien un scénario à la manière d’un feuilleton ou d’une série avec des thèmes puérils comme aller se battre contre le ma, sauver la princesse puis Han Solo. On a aussi un thème (souvent unique dans le récit classique d’aventure), c’est l’initiation.

Zorro ressemble aussi au Pirate interprété par Gene Kelly dans le film de Minnelli ou encore à Batman, à Robin des bois… La même recette qui marche toujours.

Dans Star Wars, en plus de l’environnement spatial high-tech on bénéficie également d’une forte imprégnation des mythes merveilleux et s’éloigne ainsi de la science-fiction par son côté « anticipation » que Lucas désamorce dès les premières secondes du film en situant son film dans un espace si lointain et dans un temps si éloigné qu’on se rapproche effectivement du merveilleux.

Là où d’autres héros ont besoin d’un contexte historique, même mal défini, pour s’établir.

Star Wars rappelle la quête crypto-spirituelle du Graal avec celle de la Force.

Star Wars peut également être vu comme un film de cape et d’épée, de pirates (avec ses batailles navales), comme un western galactique (au bord des mondes inconnus).

Zorro c’était déjà en soi une forme d’avènement ou d’expression d’un certain « universalisme ». Ce film est un classique indémodable, bien mené permettant de comprendre l’évolution du cinéma, en particulier dans l’art du récit. Il n’y a pas cent et une manières de les raconter : l’originalité n’existe pas. L’identité, oui. Et Zorro et Star Wars ont bien une sorte de parenté.


Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot (1953)

Le Salaire de la peurle-salaire-de-la-peur-henri-georges-clouzot-1953 Année : 1953

Réalisation :

Henri-Georges Clouzot

8/10  IMDb

Les Indispensables du cinéma 1953

Cent ans de cinéma Télérama

Journal d’un cinéphile prépubère #

Ce qui est étonnant de ce grand film, c’est la marque presque anglo-saxonne de la réalisation (comme toujours chez Clouzot). C’est pragmatique, montrant essentiellement ce qu’il y a à montrer sans prise de partie avec une caméra objective, un récit froid plein de distanciation et d’humilité, en arrivant pourtant à nous faire entrer dans l’action et nous permettant d’avoir peur pour les personnages.

La mise en scène classique, un peu passe-partout, « technique », n’est pas sans talent : l’essentiel est présent, le spectacle. L’émotion provient plus du récit que de la mise en scène, de l’enchaînement des événements, que de la manière dont ils sont traités. Cela ne veut pas pour autant dire que la mise en scène soit pour autant négligente ou creuse, mais c’est le drame, l’action, qui suggère les émotions, en est à l’origine, plus que son traitement et le point de vue que peut en offrir Clouzot (vu qu’il est quasi inexistant).

La valse finale, funèbre, du camion préfigure 2001, Odyssée de l’espace (?!). Le personnage de Charles Vanel est exceptionnel.

(révision en 2017)


Le Salaire de la peur, Henri-Georges Clouzot 1953 | CICC, Filmsonor, Vera Films