Cœurs, Alain Resnais (2006)

Cœurs

CœursAnnée : 2006

Réalisation :

Alain Resnais

5/10  IMDb

Vu janvier 2011

Sans doute le plus mauvais d’Alain Resnais…

Son truc de vouloir recréer un monde en studio trouve là ses limites. Ça marche quand le sujet est parfaitement non naturaliste comme dans Smoking /No smoking. Ici, c’est encore théâtral, mais il y a des scènes qui ne peuvent pas être réussies avec l’artifice du studio et du minimalisme : les scènes où Lambert Wilson et Isabelle Carré sont bourrés, ça ne peut pas passer, impossible à rendre dans un univers BD. Surtout en plan large et sans montage, donc sans tension et sans direction. Impossible à jouer pour des acteurs sans être ridicules.

Un vrai désastre.


Sang et Or, Robert Rossen (1947)

Ring Ring

Sang et Or

Note : 5 sur 5.

Titre original : Body and Soul

Année : 1947

Réalisation : Robert Rossen

Avec : John Garfield, Lilli Palmer

TOP FILMS

(Vingt ans que j’attends de voir ce film. Vingt ans que j’attends qu’il repasse à la TV. Vingt ans que j’en entends parler. Vingt ans qu’il est inscrit sur ma toute première liste de films à voir… Et le voilà enfin ! Il s’est fait désirer, mais quel bonheur ! C’est bien le chef-d’œuvre espéré.)

Dès le premier plan, on est plongé dans le bain et on sait qu’on a affaire à un grand film. On se croirait presque dans une introduction à la Citizen Kane : plan sur un ring, la caméra fait un mouvement à la fois de travelling avant et un panoramique ; apparaît dans le champ la baraque où dort héros boxeur, Charley Davis, derrière une grande baie vitrée ; on s’approche, et le boxeur se réveille après avoir murmuré : « Ben… » (On apprendra plus tard qu’il est mort et encore plus tard qu’il s’agissait de son entraîneur, symbole du boxeur déchu, vaincu plus par des rapaces que par son sport).

C’est le Rosebud de Charley Davis : la clé du problème, le sens caché de toute ambition, et pourtant il ne le comprendra qu’à la fin. Parce qu’on est bien à la fin, film noir oblige, on respecte le cahier des charges et on commence par un flashback. À la différence de Citizen Kane, Charley ne meurt pas aussitôt après : il se réveille et décide de boxer une dernière fois, pour lui, honnêtement. Le génie du film, il est là. Ce n’est pas un film sur la boxe, c’est un chef-d’œuvre noir qui a pour cadre la trajectoire individuelle et forcément tragique d’un de ces gladiateurs des temps modernes. C’est un film sur l’exploitation des hommes par d’autres hommes. Sur ces rapaces qui se nourrissent exclusivement d’argent. La boxe n’est qu’un contexte, un prétexte. Pourvu qu’il y ait un homme guidé par la revanche qu’il veut prendre sur la vie, par son arrogance, et pourvu qu’il y ait l’argent pour le corrompre. Charley s’est juré de gagner sa vie quoi qu’il arrive, parce qu’il ne supporte pas de voir son père vendre des bonbons et être au service du client. Pendant tout le film sa mère essaie de lui faire comprendre qu’il s’agit pourtant là d’un métier honorable. L’homme fier en quête de revanche…, victime idéale pour les plus vils rapaces.

Il y a dans le scénario une manière presque manichéenne de tirer les personnages vers le bien ou le mal. Charley, c’est l’homme fier et ambitieux, candide, qui ne voit pas le mal chez ceux qui l’entourent, pas plus qu’il ne voit la bonté sans failles de sa mère et de sa belle Peg. Si sa mère lui fait clairement la gueule à cause de ses choix, sans jamais être antipathique (et passer pour une sainte), on a peine à croire que sa petite amie lui offre si peu de résistance. Elle résiste en secret et finit par lui dire simplement : « C’est la boxe ou moi ». Moteur formidable pour le film. L’idée, c’est de limiter les conflits dans les dialogues à n’en plus finir et de tout mettre dans les basculements et les événements. Ainsi, elle apparaît elle aussi toujours sympathique. Sa famille, ses amis, ses proches en général, sont montrés comme des personnages aidants sans défauts. Pour le spectateur, ils doivent apparaître comme une voie de salut et de raison évidente. Ils sont tous critiques envers son mode de vie, ils comprennent ses dilemmes, mais ne l’affrontent pas, ne le jugent pas : quoi qu’il arrive, ils sont là pour l’aider même s’ils ne peuvent le soutenir dans tout ce qu’il fait. C’est presque une trame christique avec la rédemption qui devra venir à la fin. Manichéen à souhait, mais dans le bon sens du terme. L’homme face à son corrupteur (l’argent) et la voie juste (celle de ses proches qu’il ne veut pas entendre).

Comment juger un tel homme ? Il est crédule, assoiffé de reconnaissance, il en veut toujours plus. Excellente allégorie de la vie et merveilleuse illustration de ce que peut produire l’effet barnum au profit d’une dramaturgie : le besoin de reconnaissance de Charley, c’est la nôtre.

Comment vivre honnêtement sans se laisser corrompre par les nombreuses tentations ? Est-ce qu’on se laisse influencer par les bonnes personnes ? Est-ce que je suis entouré des personnes qui me veulent du bien ou sont-ils là pour ce que je représente et ce que je leur apporte (le personnage d’Alice à ce niveau est frappant : elle n’a qu’une utilité, profiter de Charley, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, et pourtant il n’y a que lui qui ne veut rien voir) ?

Donc non, non, pas un film sur la boxe. Ou au moins un film contre la boxe. Comme on réalise un film contre la drogue. Au début ça peut être beau, mais on finit toujours par y perdre. À l’image de l’entraîneur, on n’en réchappe pas sans des graves séquelles. Tout l’or du monde ne pourrait valoir ça. L’argent vous échappe aussitôt que vous n’êtes plus dans le coup. Et de l’autre côté, celui des corrupteurs, des profiteurs, il y a le monde de la magouille, les méthodes de paris foireux. Là encore, on reste à la surface des choses, parce que si ce n’est pas un film sur la boxe, ce n’est pas non plus un film sur la mafia. Tout le récit tourne autour de Charley, de ses choix, de ses erreurs, de ses dilemmes, de ses illusions. Tout ce qui gravite autour est anecdotique, ou ne doit avoir qu’un seul objectif : illustrer les failles du héros.

Les personnages sont donc tous des archétypes parce qu’on n’a pas besoin d’autre chose. Le conte produit des archétypes, les nanars enfantent des stéréotypes. Et Body and Soul est bien une fable. On ne cherche pas le réalisme, à rendre crédible une situation ou des relations. Est-ce que Faust est réaliste ? Non, c’est une allégorie. On a donc l’ami, dont le rôle est d’abord de suivre le héros, l’assister ; puis, il doit le mettre en garde de ce qu’on sait être inéluctable. Il finira tragiquement écrasé après avoir été lynché par les nouveaux managers de Charley. Il disparaît, tel un ange abattu par les démons de la tentation, tout comme le père de Charley déjà avait été tué : lui qui l’aidait en secret, mourra dans l’explosion de sa boutique de confiserie. Son père et son meilleur ami disparus, c’est à sa petite amie de le soutenir et de tenter de le ramener sur le bon chemin.

Rencontre improbable de la carpe et du lapin. On pense à Cerdan et Piaf. Les scènes de flirt entre les deux sont magnifiques. Elle ne se laisse pas facilement approcher. Elle aussi n’a d’utilité dans le récit que pour aider le héros, lui montrer la voie qu’il persiste à ne pas vouloir suivre (on sent avec le procédé du flashback que tout est tracé, qu’il est embarqué comme dans un train fantôme sans pouvoir y échapper, tout le monde lui dit de sortir mais lui trace son chemin, obsédé par « ce qui brille »). Le choix de l’actrice était primordial, et il est réussi : il y a une forme de candeur dans le jeu de Lilli Palmer, une bienveillance qui ne peut exister qu’au cinéma (on ne s’embarrasse pas de réalisme : tout tourne autour du héros, donc quand il revient la voir après plusieurs années — comme tous les ans en fait avec un nouveau prétexte pour la voir — un peu de réalisme aurait voulu qu’elle ait un homme ou au moins que les personnages abordent la question ; là non, c’est un ange qui ne vit que pour Charley). L’entente de la mère de Charley avec sa bru est tout aussi caractéristique : aucun conflit entre elles, tout au contraire, elles sont tout entières tournées vers le bien-être de Charley.

Autre personnage typique du film de boxe : l’entraîneur, usé par une grave blessure qui peut le tuer à tout moment. Il accepte de travailler pour Charley après que celui-ci lui a pris son titre de champion du monde… Et il restera fidèle à son poulain, jusqu’au bout, sans jamais s’opposer violemment à ses choix (c’est d’ailleurs parce qu’ils sont tous gentils que Charley ne voit pas qu’il fait fausse route ; il n’arrivera à lui faire comprendre qu’en lui foutant des beignes dans la poire). Dernier personnage “aidant” : le manager. On le voit peu, mais il a deux scènes cruciales : l’une où il se retrouve au milieu du plan dans un train alors que ce sont les autres qui tournent autour. Il faut voir le jeu de regard de l’acteur à cet instant (génial William Conrad, que les gamins de ma génération ont connu en regardant la série La loi est la loi). Et une autre scène, celle du combat final où subrepticement, on le voit suggérer à Charley que s’il veut casser le deal, il peut… Tout le monde lui veut du bien, sauf lui-même et cette espèce de Méphistophélès qui lui tourne autour.

Le récit profite au mieux des situations en en tirant toujours le maximum. Ça se remarque dans la qualité des dialogues, mais aussi dans le choix de certaines scènes et événements. Pour faire avancer l’action, un scénariste peut toujours se contenter de la scène qui va de soi : la « scène attendue » comme on dit dans les manuels de dramaturgie. Là, il y a bien les scènes “attendues”, mais il tire toujours le meilleur de ses situations. Quand il faut trouver une raison pour laquelle Charley après avoir accepté « de se coucher », pour faire volte-face, un personnage débarque chez sa mère et lui dit que tout le quartier a parié sur lui. Il lui dit que ce n’est pas sérieux, mais l’autre insiste et la réplique qui tue avant de partir : « alors que les nazis massacrent les gens comme nous (Charley est juif), toi tu nous rends notre fierté, ici en Amérique ». On est en 1947, donc on sait que les juifs n’étaient pas seulement victimes de ségrégation, mais étaient exterminés… Effet garanti (même si le temps du récit est avant la guerre, peu importe, même avant, cette réplique aurait fait mouche). Ou encore l’idée si symbolique du portrait de Peg accroché derrière le meuble à bar, qui y restera plusieurs années, sans que le meuble à bar ne soit retourné…, symbole d’une époque révolue. Des détails qui seraient des erreurs dans une histoire banale où viendraient s’incruster toujours un peu trop facilement des personnages pour faire avancer l’action. Seulement voilà, aucun doute possible ici, le reste étant parfaitement maîtrisé : ce ne sont pas des erreurs ou des facilités, mais un usage à dessein des archétypes du genre.

Au niveau de la réalisation, je l’ai déjà dit, c’est propre. Rossen arrive à créer une atmosphère de conte en tournant tout en studio la plupart du temps ou en totalité. Parfois c’est évident (bar, boutique, toit). Les espaces sont resserrés, donnant une impression de cocon qui écrase sans doute Charley, lui qui a besoin de bouger. Chaque objet semble être à sa place : le décor est surchargé, au point parfois, que sur les murs, on ne laisse aucun espace libre. Même dans les rues, il faut mettre une grille pour donner du relief, pour donner une impression d’abondance organisée…

Magnifique.

Sang et Or, Robert Rossen 1947 Body and Soul | Enterprise Productions


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Le Plus Sauvage d’entre tous (Hud), Martin Ritt (1963)

Les cow-boys et les fusées

Le Plus Sauvage d’entre tous

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Hud

Année : 1963

Réalisation : Martin Ritt

Avec : Paul Newman, Melvyn Douglas, Patricia Neal

Western sans doute plus proche d’un drame conventionnel qu’un véritable produit du genre. C’est peut-être même un peu la mort du western à l’américaine. La route de l’Ouest est d’ores et déjà construite et elle ne se traverse plus qu’en cheval mécanique. On y retrouve nos cow-boys, rangeons donc ça dans les westerns, même si l’histoire est contemporaine (1963).

Le film repose sur une opposition intéressante entre deux personnages, deux cow-boys de générations différentes. D’un côté, Hud joué par Paul Newman, cow-boy égoïste, séducteur, méfiant à l’égard des services de l’État, qui vit avec l’idée de ce qu’est être cow-boy, celui des films, sans en être véritablement un, même s’il élève des bêtes. De l’autre, son père, joué par Melvyn Douglas (l’homme distingué qui fait rire Greta Garbo dans Ninotchka), attaché aux vieilles valeurs du cow-boy, le vrai (si, si… Melvyn Douglas), celui attaché à ses bêtes, à ses terres, à certains principes de justice (ceux qu’on voit rarement triompher avant la fin des films).

Tout commence quand une bête du troupeau est retrouvée morte. Le vieux se décide à appeler les services de l’État pour savoir de quoi elle est morte, il connaît les risques : c’est le spectre de la fièvre aphteuse qui est derrière tout ça, c’est-à-dire une quarantaine puis l’élimination de tout le bétail… Hud, lui, voudrait fermer les yeux, et ne pense qu’aux pertes s’ils préviennent le vétérinaire. On fait alors des tests dont les résultats ne tomberont qu’à la fin, et pendant ce temps, le jeune et le vieux se déchirent. Au milieu le neveu de Hud, tout juste sorti de la puberté, est à la fois soucieux de préserver les valeurs de son grand-père et idolâtre son oncle, incarnation parfaite du mâle à qui tout réussit. On apprendra plus tard les circonstances de la mort du père du gamin, dont Hud est pleinement responsable. Hud n’en éprouve aucun remords, mais son père lui dit aussi qu’il a fait longtemps le deuil de son fils et que s’il ne l’aime pas parce qu’il lui reproche la mort de son frère…

On n’est pas chez Tenessee Williams, même si parfois, surtout avec la présence de Newman, on y pense, mais les relations entre les personnages ne sont pas aussi poussées, pas aussi verbalisées, pas aussi tendues autour d’une ou deux scènes fortes et d’un unique lieu. Au contraire, on s’échappe, on fuit le conflit pendant tout le film. Les conflits sont suggérés, et les oppositions éclatent à travers la question si délicate des valeurs. Vers la fin du film, quand on sait qu’il s’agit de la fièvre aphteuse et qu’ils vont perdre toutes leurs bêtes, on leur conseille de se lancer dans le pétrole, mais le grand-père n’est pas intéressé, l’occasion pour lui de prouver son attachement à la terre et à ses bêtes : « On ne tourne pas autour d’un puits de pétrole comme on le fait autour d’un troupeau »… Hud au contraire y voit une occasion de s’enrichir.

Curieusement le film me fait un peu penser aux films de Naruse sur la transmission douloureuse d’une culture à une génération nouvelle qui se tourne plus vers la modernité et la vie facile.

Le film est un peu bancal, parce qu’il aurait pu traiter ce sujet en se fixant sur la double opposition entre le père et le fils, au niveau des valeurs, face à une situation de crise, et au niveau de l’histoire commune traversée par le drame de l’autre fils. Au lieu de cela, il fuit la plupart du temps ces conflits en ne faisant que les survoler, mais surtout il se croit obligé d’ajouter à cette histoire une femme. Les froufrous c’est bien, ça fait joli, c’est séduisant, mais là on se demande bien ce que vient faire le personnage de Patricia Neal dans ce traquenard rural (même si je l’adore, et même si sa seule présence évoque, certes, la ville, la sophistication, la modernité mangeant peu à peu l’ancien monde). Sa présence moite, indomptable, comme une sorte de Stan Kowalski au féminin, est très utile pour illustrer le désir du fils et du neveu, leur différent traitement des femmes…, mais à part ça, c’est une bonne avec son histoire à elle, rien ne la relie au sujet du film. Un peu étrange.


Le Plus Sauvage d’entre tous (Hud), Martin Ritt 1963 | Salem-Dover Productions


Main basse sur la ville, Francesco Rosi (1963)

Des crapules et des hommes

Main basse sur la ville

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Le mani sulla citta

Année : 1963

Réalisation : Francesco Rosi

Avec : Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti

Arriver à rendre dramatique un film politique. Impressionnant. On se croirait presque chez Shakespeare dans ces drames historiques où ça papote et où ça magouille pour s’emparer du pouvoir, où on manipule l’opinion, où on joue les orateurs au conseil municipal…

Autant le dire tout de suite, je n’ai rien compris au fond du problème. C’est comme dans les films policiers, s’attacher à essayer de comprendre les détails d’une enquête est un peu vain, ça va trop vite. Un peu comme suivre un débat sur la chaîne parlementaire… Pas la peine de comprendre tous ces détails pour suivre tous les revirements politiques, les magouilles, les arrangements véreux, les scandales de conflits d’intérêts, de détournements de fonds publics, la bêtise mathématique comme un jeu de Monopoly dès que les élections des conseillers municipaux arrivent et qu’il faut rallier le plus de monde à sa cause… Comment croire encore à la politique après ça ?… La bonne volonté et les aberrations du conseiller communiste, sa révolte face à l’accident qui va mettre le feu aux poudres (la ville est aux mains des entrepreneurs immobiliers, il est donc facile de s’octroyer les terrains pour une bouchée de pain, faire construire sans respect des normes de sécurité, etc.) n’y changeront rien. Les crapules sont toujours les plus fortes. C’est une règle inébranlable de la démocratie.

Ce n’est même plus du néoréalisme, mais du naturalisme. À chaque plan, on s’y croirait. Les scènes de foule sont particulièrement impressionnantes. Celle de l’effondrement de l’immeuble est terrifiante (on est loin des maisons en mousse qui s’effondrent dans le Colosse de Rhodes). Rosi a sans aucun doute filmé avec de vrais figurants, dans leur environnement, ils ne sont pas là, le nez en l’air à marcher d’un point a à un point b… Même chose dans les séquences dans la salle du conseil municipal. Il y a un nombre de figurants crédibles impressionnants. De vrais personnages dans leur rôle, mais aussi des acteurs incroyables. Je ne sais pas s’il y a une part d’improvisation dans tout ça, quels sont les acteurs professionnels et les autres, mais j’ai rarement vu un résultat qui donnait une telle impression de réalité. On se demande bien ce que peut faire un acteur us ici (Rod Steiger). Il semble un peu perdu vers la fin du film, au milieu de tout ce tohu-bohu, mais ça tombe bien, son personnage doit l’être (perdu) à ce moment (il est le promoteur qui bénéficie le plus de ces petits arrangements entre amis, mais il est lâché justement par ses amis, avant de recouvrer une alliance de circonstance pour faire bloc contre les communistes). C’est un acteur exceptionnel (il suffit de le voir dans Docteur Jivago) ; il a une puissance, une autorité, impeccable pour ce personnage, mais il est loin de trois ou quatre autres personnages principaux. La conviction, l’autorité, la justesse, la simplicité dans laquelle ces acteurs jouent, c’est assez déconcertant. Rien que pour leur performance, c’est un film à voir. On pourrait lâcher les sous-titres (et ça m’est arrivé assez souvent, vu que le détail de ce qu’ils racontent comme j’ai dit, finalement, a peu d’importance) et les regarder cabotiner avec une justesse telle qu’on les écoute et reste fasciné par leur art oratoire. Quand on regarde nos politiques à l’Assemblée nationale ou sur les plateaux télés, ils sont loin d’être à la hauteur. Ils sont sans doute tout aussi magouilleurs que les personnages du film, mais ils ont autant de charisme qu’une huître chloroformée…


Main basse sur la ville, Francesco Rosi 1963 Le mani sulla citta | Galatea Film, Societé Cinématographique Lyre


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Les Indispensables du cinéma 1963

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The Champ, King Vidor (1931)

Champomy ou la victoire sans combattre

Le Champion

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : The Champ

Année : 1931

Réalisation : King Vidor

Avec : Wallace Beery, Jackie Cooper, Irene Rich

Wallace Beery en premier rôle avec Jackie Cooper qu’il retrouvera trois ans plus tard dans L’Île au trésor.

Un boxeur alcoolique élève seul son gamin. Tous les deux forment un duo inséparable. Quand par hasard, il tombe sur son ex-femme, devenue une belle et tendre du monde, il hésite à lui laisser la garde pour qu’il ait une meilleure éducation.

C’est plein de bons sentiments. Pas véritablement d’opposants. À part la mauvaise fortune, l’alcool… L’ex-femme du boxeur et son nouveau mari sont les êtres les plus adorables au monde, et ne cherchent pas à séparer le père et le fils. Je ne suis pas très friand de ce genre d’histoire. Les valeurs de la famille, les descriptions embellies de la pauvreté (« on n’a rien à manger, mais ce n’est pas grave, on est fort et on sourit toujours ! »). La mélodie du bonheur… C’est sympa comme La vie est belle version Benigni, mais on se fait un peu suer tellement tout est propre et bien pensé. Ça manque de vice en somme. Et un film sans vice, bah…, on en apprend peu sur nous-mêmes et on peine à s’intéresser à des personnages un peu trop lisses.

Le film navigue d’abord entre la comédie et le drame, ne sachant trop où se situer (après avoir vu Show People, je me demande si ce n’est pas une volonté de Vidor, sauf que là, ça ne marche pas, du moins je n’y suis pas trop sensible). Et à la fin, on se demande si finalement, ce n’était pas un mélo…

Ça reste du Vidor. D’un bout à l’autre c’est admirablement mis en scène. Le couple d’acteurs marche parfaitement (ils ne s’entendaient pas, paraît-il). Il y a pas mal de rythme. Le film est à l’image du petit Noir : toujours souriant, mais l’œil qui se perd à ne pas savoir où regarder, et qui suit paresseusement les instructions qu’on lui donne : tu vas là, et tu souris. Rien n’est jamais grave, tout est léger. Une grosse cuite ? pas grave. Plus d’argent ? pas grave. Le cheval du môme qui se casse la gueule ? pas grave, il n’a rien. Il retrouve sa mère ? pas grave, elle est charmante et il ne voudrait surtout pas quitter son nigaud de père. Tout ça pour ça ? Oui, c’est trop vachement bien de vivre dans la pauvreté…

C’est un film au style à part. Le film léger. Comme un rêve. Histoire de dire aux pauvres qu’ils peuvent le rester parce qu’on se marre ; mais qu’être riche, c’est bien aussi, parce qu’on est distingué… La valeur des gens n’est pas conditionnée par leur compte en banque, parce que tout le monde est gentil — et à sa place. Ce n’est pas la Californie, mais le paradis. Un peu comme cette scène où le père retourne à Tijuana en voiture avec son fils après qu’ils ont rendu visite à la mère. Le môme offre des cigares à son père qui s’apprête à les jeter : « Un cadeau de ta mère ? Je ne veux rien accepter d’elle, je peux m’en sortir tout seul… » « Non, je les ai volés » « Ah, dans ce cas, ce n’est pas pareil. » Hum… Dans le même genre de film léger, il y a Harvey et Marty, encore deux films à Oscar.

Si on le compare à Rain Man par exemple. Pas grand-chose à voir au premier abord, mais cette même légèreté, ce même rapport familial (cette fois entre deux frères). Il y a une évolution entre les deux hommes. Au début, chacun a ses enjeux, ses désirs, et ils sont en permanence en opposition l’un avec l’autre. Et puis, ils apprennent à se découvrir, ça monte crescendo, et ils finissent par être inséparables malgré leurs différences et leurs difficultés à communiquer. Quand on les sépare, ça devient un déchirement, pour eux, et pour nous. Parce qu’on connaît les difficultés qu’ils ont surmontées ensemble ; on sait à quel point cette relation a été difficile à se mettre en place. Donc on y tient. Là…, je vois mal comment on pourrait s’identifier à eux. Parce qu’ils sont déjà les deux meilleurs “amis” du monde. Rien ne peut les séparer, même la mère du petit. Il n’y a pas d’enjeu, pas de rencontre, pas de crainte d’une séparation (il n’y a que le personnage de Beery qui fait semblant d’y croire). On peut se sentir exclu, peu concerné par leur relation, parce qu’on n’a pas pris part à la naissance de leur amour. Des péripéties, il y en a… mais c’est sans doute un peu trop prévisible, sans évolution, et puis ça traîne. Difficile aussi de s’intéresser à un homme dont les vices (alcool et jeux d’argent) sont presque montrés comme des vertus… Il montre aussi peu de volonté de s’en sortir, pour son fils ou pour lui-même. Pourquoi en aurait-il envie ? Rien n’est jamais problématique.

Pour les amateurs de Will Smith (À la recherche du bonheur). Ou à montrer à ses mômes la veille de Noël.


The Champ, King Vidor 1931 | Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)

Battle Cry, Raoul Walsh (1955)

Le dernier cri dit la vérité, il doit être exécuté

Le Cri de la victoire

Le cri de la victoire

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Battle Cry

Année : 1955

Réalisation : Raoul Walsh

Avec : Van Heflin, Aldo Ray, Mona Freeman

Sans doute le plus mauvais Walsh que j’ai été amené à voir. Ça ressemble à un pur film de propagande (encore un). Fallait envoyer les boys en Corée ?… C’est simple, tout est montré dans la guerre comme une aventure pas si inhumaine que ça : si tu es jeune et que tu ne sais pas quoi foutre dans ta campagne d’Arkansas ou même si tu es des Baltimore, viens t’engager. Tu passeras trois mois à t’entraîner dans un camp militaire à San Diego, Californie. Pendant tes permissions, tu pourras aller draguer les filles faciles dans les bars ou même avoir une histoire plus profonde avec la femme d’un notable et te prendre pour Dustin dans Le Lauréat. Tu pourras voyager jusqu’en Nouvelle-Zélande, et là encore plein de jeunes filles délaissées par leur Jules parti à la guerre pourront t’ouvrir leurs bras. Encore une fois, tu auras même toutes les chances de trouver une femme parmi ces dames. Si tu essayes de déserter, ce n’est pas grave, ton commandant sera compréhensif et parviendra à te convaincre de revenir accomplir ton devoir. Surtout qu’à la guerre, c’est une légende, ce ne sont que les troupes d’élite qui sont en première ligne. Toi, jeune marine, tu resteras tranquille à l’arrière. Tu ne seras envoyé au front que pour des missions de relève. Tu ne verras jamais la guerre. Et si toutefois toi et tes compagnons êtes envoyés un jour au plus près de l’action, peut-être parce que ton commandant et tous tes potes en ont assez de rester à l’arrière, tu pourras te comporter en véritable héros. Si tu meurs, le commandant prendra le temps d’aller voir tes parents pour leur rappeler que tu as fait ton devoir pour ta belle patrie.

Autant on peut parfois faire un bon film avec un film de propagande, autant là, il n’y a rien à tirer de bon de celui-ci. Les ficelles sont trop grosses. Trois heures de pub pour les Marines corps. Trois heures pour nous dire que la guerre, c’est l’aventure et que ça fait des hommes de simples garçons de ferme. Lamentable.

Joli titre français : « Le Cri de la victoire ». En gros, même quand tu agonises pour ta patrie, c’est une victoire.

Le scénario (tiré du roman du même auteur) est écrit par Leon Uris, l’auteur du plus connu Exodus. Et d’après ce que je vois de sa bio, c’est assez autobiographique… C’est peut-être pire. Un mec qui décrit la guerre comme un camp de colonie de vacances…

(Chose étrange, LQ Jones joue dans ce film, c’est même son nom dans le film…).


Battle Cry, Raoul Walsh 1955 | Warner Bros

 


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Guerre et Paix, King Vidor (1956)

Guère royal

Guerre et Paix

Note : 3 sur 5.

Titre original : War and Peace

Année : 1956

Réalisation : King Vidor

Avec : Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer

La gageure qui relève de l’impossible.

Trop de personnages, donc assez déroutant pour un spectateur qui a l’habitude de suivre un point de vue unique. Il aurait fallu sucrer toutes les parties avec Napoléon, franchement lourdingues. La campagne de Russie aurait pu être évoquée à travers le personnage d’Henry Fonda, Pierre, qui suivra le convoi napoléonien comme prisonnier. C’est peut-être le problème également du roman (que je n’ai pas lu), donc si on voulait être fidèle, il aurait fallu, comme le roman, inventer à lui seul une manière de raconter l’histoire… Trop dur surtout quand on n’a que quatre ou cinq heures maximum de film. Vidor tente bien de temps en temps les voix off des personnages, ça encore ça peut passer, mais le problème est toujours le même : manque d’identification dû au nombre trop important de personnages. J’imagine que la force du livre, ce sont ses réflexions, ses descriptions psychologiques, pas son côté épique, parce que malgré le contexte, les personnages qui évoluent pas mal à cause des événements historiques, bah il n’y a pas trop d’envolées lyriques. Ça reste très réaliste, sans réels enjeux ou parcours classique de héros. C’est limite une chronique, une peinture de personnages sans volonté d’en faire des héros. Tout l’intérêt, c’est donc les rapports des personnages, leurs commentaires, et ça, c’est impossible à traduire en images.

Pendant la première heure du film, ça marche assez bien, on a des dialogues qui font mouche, des conflits et des rapports entre les personnages intéressants. Mais ensuite, quand ils sont pris par la guerre, les conséquences de la guerre, ça n’affecte pas tant que ça leur psychologie ou leur destin. On est loin du souffle épique d’Autant en emporte le vent ou de Docteur Jivago. D’autant plus que Vidor ne semble pas très concerné dans sa mise en scène… Il y a des scènes qui ratent complètement leur but, à cause d’une mise en scène incapable de mettre en valeur ces moments importants. Il laisse les acteurs jouer et la caméra les laisse faire… Résultat, aucune tension. Du vide. Je pense notamment à la scène où Pierre comprend que la femme qu’il vient d’épouser ne l’aime pas… Scène terrible, pourtant, il n’insiste pas, pas de mise en relief, rien. Et tout est comme ça. Le sujet est survolé, l’intensité des rapports inexistants. Des personnages de cire dans un musée d’histoire : Bienvenue dans la salle « Guerre et Paix ». Vidor pensait sans doute que la simple évocation des événements rendrait le récit épique, sauf que tout tient dans les rapports des personnages, pas trop avec les événements en réalité. Pour mettre en scène des contradictions, un écrivain peut utiliser des mots, mais un metteur en scène doit utiliser les silences, les doutes, les regards échangés, tenus ou manqués, les hésitations des acteurs…, tout ce qui en fait concourt à suggérer au spectateur ce qu’on ne peut pas lui évoquer à travers des actions ou des images, et qui font sans doute la force du récit de Tolstoï.

Bref, encore une production assez médiocre pour Dino de Laurentiis, habitué des magots-grosses productions qui font pschitt.

Y préférer la version de Serge Bondartchouk de 1966.


Guerre et Paix, King Vidor 1956 | Ponti-De Laurentiis Cinematografica


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Les Indispensables du cinéma 1956

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Affliction, Paul Schrader (1997)

Permafrost d’emmerdes

Affliction

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1997

Réalisation : Paul Schrader

Avec : Nick Nolte, Sissy Spacek, James Coburn, Willem Dafoe

Excellent film. La descente en enfer d’un petit flic municipal dans une ville de province enneigée. Tout le film est présenté comme un film policier : l’ambiance, la trame, tout porte à penser à un thriller. Sauf que, comme le présente le narrateur au début du film, si c’est bien un thriller, il serait plutôt personnel. Cette voix off du frère du personnage principal nous permet de nous faire rentrer directement dans le cœur du récit et de nous en donner les clés. Une autre manière de décrire « l’épique de l’âme » comme le faisait Cassavetes.

Il s’agit donc d’une étude de caractère, même si on entre dans le jeu du flic et qu’on le suit s’attacher à résoudre ce qu’il croit être un meurtre et derrière ce meurtre tout un complot. Le début et la fin du film voient Nick Nolte en compagnie de sa fille âgée d’une dizaine d’années. C’est comme pour encadrer le film, lui rappeler sa véritable nature. Ou pour lui donner une force symbolique : même divorcé, Nolte verrait sa fille le matin avant de partir au travail, et le soir en en revenant. Tout l’intérêt de cette histoire naît d’abord de cette relation père-fille. Sa fille ne voudrait pas peiner son père en lui disant qu’ils n’ont rien à se dire. L’incommunicabilité intergénérationnelle. Ils voudraient s’aimer mais chacun exaspère l’autre. À ce niveau, il est remarquable de constater que le personnage de Nick Nolte fait tout foirer par son comportement, ses sautes d’humeur. Sa fille et son ex-femme n’ont rien à se reprocher, au contraire, elles essayent de tout faire pour que ça se passe au mieux… Malgré toute la bonne volonté de Nolte, le problème vient de lui. Et il le sait. Quand lui viennent des excès de violence, il a un élan de répulsion et s’excuse (typique des mecs qui battent leur femme). Cette violence, il l’a en lui, elle le ronge de l’intérieur, mais il ne peut rien y faire. Plus il sent qu’il en est esclave, plus sa frustration augmente, et plus sa violence rejaillit. C’est un cercle vicieux.

Le récit est une analyse presque œdipienne. Après ce constat d’une incommunicabilité entre les personnages, il faut remonter aux origines de ce mal. Pas de grande révélation comme dans le texte de Sophocle. L’origine du mal est connue : il s’agit du père de Nolte, véritable ordure. Violent, manipulateur, provocateur, alcoolique… Tout ce dont Nolte exècre, tout ce qu’il reconnaît en lui. Le constat est implacable : la violence qu’on a subie pendant son enfance, on le reproduit malgré soi à l’âge adulte. Pourtant pas une fatalité : son frère, le narrateur, y a échappé, mais c’est un peu comme un poids, un héritage que doit porter l’aîné.

Pour mettre en scène toute cette violence, il fallait bien un contexte dramatique pour meubler le récit et pour illustrer le mal-être et la descente aux enfers du personnage de Nick Nolte. Le lieu était déjà tout trouvé : un bled perdu sans histoire recouvert par la neige. L’événement qui va aider Nolte à s’enfoncer un peu plus dans le délire, c’est un accident de chasse dans lequel un client venu chasser le cerf se tire une balle par maladresse. Personne ne remet en doute la version du chasseur qui l’accompagnait, tout le monde se connaît dans ce bled, tout le monde possède un ou deux boulots, et tout le monde travaille avec tout le monde, si bien qu’on ne suspecte personne dans une telle affaire. Cependant, certains éléments laissent à penser qu’il pourrait s’agir d’une exécution. Les appels téléphoniques à son frère, plus éduqué que lui, sont une manière de dévoiler la mise en place de son délire et de sa paranoïa. Pas aidé à ce moment-là par son frère qui au moins au début le pousse à poursuivre ses investigations. Mais ce n’est pas un film policier, et de toute façon, en flic municipal, Nolte n’a pas les moyens de mener une enquête. Il se contente d’insinuer, de provoquer, déjà qu’il a assez d’emmerdes avec sa famille et sa petite amie.

Tout ramène Nick Nolte à ses emmerdes. « Tout le monde a des problèmes ». Certains plus que d’autres. Surtout quand ils s’enchaînent. On dit que la chance ça se provoque, mais quand on n’a que des emmerdes et que notre vie est un gros sac de merde comme celle de Nolte, tout ce dont on risque en tentant sa chance, c’est d’encore s’attirer le pire. Nolte tente donc de s’accrocher à quelque chose. Si ce n’est son boulot, ce sera sa fille. Leurs relations ne sont pas au mieux, mais il pense qu’en la voyant plus souvent, cela pourra résoudre le problème. Il se met donc en quête d’un avocat pour faire casser le jugement qui a donné la garde à son ex-femme. De son côté, il devra se marier avec son actuelle petite amie, pour régulariser la chose… Sissy n’a rien contre. Nolte a bien de la chance d’avoir une femme comme elle, ça laisse penser que même bien entouré, il ne sera capable de rien. Sa nature va une nouvelle fois tout compromettre. Il l’amène à ses parents dans la petite maison familiale, pour leur présenter et leur faire part de leur projet de mariage. Knock knock, qui est là ? C’est la mauvaise fortune… Il arrive, la maison n’est pas chauffée, son père est assis dans un coin, les yeux hagards, même pas ivre. Que pasa ? Sa femme est morte… Dès lors, Nolte sera obligé de rendre visite à son père, donc autant de situations lui rappelant sa propre nature, son incapacité à contenir cette violence héritée de son père, etc.

Tout ira de mal en pis pour lui, à l’image d’une dent qui lui fait de plus en plus mal. La solution sera radicale… Au final, tout le monde se sera éloigné de lui, ses soupçons quant à l’accident de chasse se révéleront purs fantasmes, et lui, comme le dit dès le début la narration de son frère, il aura disparu sans que l’on sache ce qu’il est devenu. La fuite comme seule solution à tout ce marasme.

Maîtrisé. Passionnant. Ça donne presque envie de découvrir Russell Banks.


Affliction, Paul Schrader 1997 | JVC Entertainment Networks, Kingsgate Films, Largo Entertainment


Listes sur IMDB :

MyMovies: A-C+

Liens externes :


Old Enough, Marisa Silver (1984)

Tendres Années

Old Enough Année : 1984

Réalisation :

Marisa Silver

6/10  IMDb

Film d’adolescen(tes) plutôt sympathique. Présence d’Alyssa Milano ! Déjà impeccable à sept ou huit ans (ça me rappelle mon adolescente où j’étais amoureux d’elle en regardant Madame est servie…). Sinon c’est la rencontre pendant l’été à New York d’une ado de bonne famille qui se cherche avec une autre du même quartier mais pas vraiment du même monde et déjà plus affirmée en tant que “femme”.

Plutôt un film de fille donc, mais c’est comme « Femme actuelle » ou “Elle”, il y a bien la moitié des revues qui sont lues par des mecs.

L’actrice principale, Sarah Boyd, devenue adulte, travaillera comme monteuse.


Old Enough, Marisa Silver 1984 | Silver Films


Danny Balint (The Believer), Henry Bean (2001)

Danny Balint

The Believer Année : 2001

Réalisation :

Henry Bean

5/10  IMDb

Le petit frère de American history X. Ou comment vouloir avec des grosses ficelles faire passer un message gnangnan, comment enfoncer des portes ouvertes, comment utiliser un fait divers pour faire avaler une histoire peu crédible, ou comment ajouter des effets visuels pour dire que c’est aussi un film, ou comment expliquer l’inexplicable.

On n’explique pas tout. Expliquer, c’est lourd. Expliquer, ce n’est pas du cinéma. Il y a sans doute plus de profondeur dans le nouveau Toy Story, et en tout cas plus de plaisir et de maîtrise…


Danny Balint (The Believer), Henry Bean 2001 | Fuller Films, Seven Arts Pictures