Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Elio Petri (1970)

Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospettoIndagine su un cittadino al di sopra di ogni sospettoAnnée : 1970

Vu en juin 2008

Note : 5

Liens :

IMDb link 8,1  icheckmovies.com

Listes :

 

Réalisation :

Elio Petri

Avec :

Gian Maria Volontè
Florinda Bolkan
Gianni Santuccio

 

Le mélange des genres est parfois à double tranchant… Humour noir, très subtil au début qui penche vite vers la caricature et le film politique, engagé… Quand on met en scène ses ennemis politiques qu’est-ce qu’on peut espérer d’autre qu’une grosse caricature et des personnages sans nuances… ? C’est tellement gros parfois qu’on est proche de la farce, ça m’a fait penser à la comédie politique de Dario Fo (Mort accidentelle d’un anarchiste, et écrite la même année, se référant aux mêmes événements terroristes, la même dénonciation des pratiques de la police…), sauf que là, le second degré n’est pas le même : la farce peut dénoncer, mais les personnages restent sympathiques. On peine à trouver l’humour, au début, on est un peu perdu par le ton et par les agissements du commissaire, et au final, on arrive jamais à aimer ce personnage (le principe de toute histoire, c’est que même avec les pires criminels, il faut leur donner un aspect sympathique, sinon le public ne peut pas adhérer à ce qu’il voit).

Ce genre de films a surtout pour moi une valeur historique aujourd’hui : savoir que dans les années 70 et 80 le cinéma italien était fortement engagé (et qu’il y avait sans doute de quoi, et Gian Maria Volonte a toujours été du combat…). Mais comme film « politique » j’ai tout de même vu plus subtil, des films qui décrivaient des situations bien particulières, qui mettaient en scène la lutte contre le pouvoir, ses aberrations, ses scandales, alors qu’ici dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, on dit juste : « Ce type est un fasciste, normal, c’est un psychopathe ». Quand on veut combattre des idées, on formule une argumentation, au cinéma, on met en scène ceux qui luttent, ses partisans, pour « parler » en son nom ; et les autres, ceux qu’on n’aime pas, si on est pas capable de défendre leur point de vue, autant les laisser aux rôles d’opposants. Caricaturer les méchants pour les combattre, c’est aussi intelligent qu’un môme qui dit : « Toi, tes méchants parce que t’es pas beau ! ». Mettre en scène ses ennemis, c’est aussi d’une parfaite mauvaise foi, on les montre sous leurs plus mauvais jours, et on accentue le trait sans crainte d’être contredit… Même si le film n’est pas sans intérêt, pour moi c’est raté. Ça ressemble à ce que pourrait être un film du parti communiste français sur Sarkozy…