Julien Duvivier

Julien Duvivier

8/10

  • Six Destins (1942)
  • David Golder (1931) *

7/10

  • Sous le ciel de Paris (1951)
  • Pépé le Moko (1937)
  • La Belle Équipe (1936)
  • Panique (1946)

6/10

  • Anna Karénine (1948)
  • Au bonheur des dames (1930)
  • Voici le temps des assassins… (1956)
  • Marie-Octobre (1959)
  • Marianne de ma jeunesse (1955)
  • Obsessions (1943)
  • La Fin du jour (1939)
  • Poil de carotte (1932)

5/10

  • Pot Bouille (1957)
  • Maria Chapdelaine (1934)
  • La Bandera (1935)
  • La Tête d’un homme (1933) **

4/10

  • Le Prix du sang (1919) **

3/10

*Film commenté (article) :

**Simples notes :

Le Prix du sang (1919)

Tous les ingrédients du mauvais mélodrame. Vengeance filiale, secret tenu jusqu’à la révélation, péripéties rocambolesques, excès multiples…

La Tête d’un homme (1933)

Film affreusement lent avec pas mal de résurgences de films muets. On sent presque que Duvivier chercherait à trouver une sorte d’intensité molle inspirée de M le maudit assaisonnée par quelques tourments crapuleux assez peu photogéniques, sans doute déjà bien présents dans l’histoire de Simenon, et qui feraient plutôt penser à Crime et Châtiment. Mais le tour ne prend pas. Duvivier avait un superbe scénario de Simenon, et il n’en a pas tiré grand-chose sinon un film lent à l’intensité inévitablement forcée. Le film n’est même pas à voir pour Harry Baur qu’on a connu plus inspiré, mais le stoïcisme de Maigret, à lui ce gros ours sensible, ne lui convient pas vraiment : une dernière scène intense avec les larmes qui vont avec, mais avant ça il semble s’ennuyer et son humanité légendaire n’y change pas beaucoup plus (je demande à voir, mais jusqu’à présent Harry Baur a surtout été convaincant dans des rôles de victimes, pas assez roublard pour ça, et pas assez « fin » pour Maigret).

En fait, les deux seuls rayons d’espoir du film, c’est l’interprétation de l’acteur russe Inkijinoff (le nuage de Tempête sur l’Asie ayant semble-t-il passé la frontière), d’une autorité et d’une présence, pour le coup, franchement impressionnantes. Le même caractère, ou faciès plutôt, insaisissable, que Yul Brynner, qu’on imagine venir de lointaines steppes, mais surtout une intelligence dans le regard et une assurance folles… Pour voler la vedette à Harry Baur, il faut en avoir du talent. Le dernier bon point du film, c’est la chanteuse Damia qui pousse sur un coin de lit sa complainte d’une grande joyeuseté : et la nuit m’envahit, tout est brume, tout est gris…