Sicko, Michael Moore (2007)

SiCKO

Sickosicko-michael-moore-2007 Année : 2007

7/10  IMDb  iCM

Réalisation :

 

Michael Moore

 

Pamphlet de Michael Moore sur l’état de la protection santé américaine. Bien sûr, c’est un pamphlet, donc un peu orienté, et comme toujours avec Moore, il fait le spectacle. Au-delà de la rhétorique, on apprend des trucs qui font froid dans le dos. On entend une bande de Nixon programmant la mort des derniers services publics de la santé, dire ouvertement que c’est pour que les industriels du médicament et les rapaces des assurances fassent le plus de fric. On est plus du tout dans le service, ou dans l’assurance, c’est une arnaque. Les médias se taisent (pub oblige sans doute), et les parlementaires ne font rien, parce que la corruption est autorisée aux USA (ou du moins, elle est transparente…, tout le problème des lobbys).

On a un quart d’heure un chouïa idyllique sur le système français (c’est vrai qu’à côté les USA c’est le tiers-monde !). Ça met la larme à l’œil de voir des femmes américaines faire l’apologie du système français… C’est un peu comme si la concubine d’un grand nabab avouait devant tous que son amant français, le bouseux, vaut beaucoup mieux que son gros mari. On oublie un peu hypocritement le déficit de l’assurance maladie, la France est le paradis… Allez les Ricains venez chez nous où quand vous avez un rhume on ne vous impute pas direct des deux mains…

La dernière partie (je ne vais pas dire où il termine après la France, mais pas loin de Mars…) mais c’est assez cocasse.

Une pilule sans doute difficile à digérer par les Ricains… pas sûr non plus qu’ils aient vu le film. Ce qui est sûr aussi c’est que le jour où les Américains s’y mettront, ils risquent de nous copier et de faire mieux que nous… : ils ne laisseront pas passer des milliards de déficits*…

*edit 2020 : ah, ah.

Sicko, Michael Moore (2007) | Dog Eat Dog Films, The Weinstein Company


La Passion du Christ, Mel Gibson (2004)

Seul au monde

La Passion du Christ

Note : 4 sur 5.

Titre original : The Passion of the Christ

Année : 2004

Réalisation : Mel Gibson

Avec : Jim Caviezel, Monica Bellucci, Maia Morgenstern

— TOP FILMS

Ce qui me plaît dans les films de Mel Gibson, c’est qu’il possède un grand sens des ambiances. C’est un peu le même film que Apocalypto sur ce plan. La dramaturgie est nulle, inexistante, puisqu’il ne s’agit au fond qu’un long plan-séquence purement descriptif (sans problématique), avec des flashbacks de temps à autre. L’épure du récit à son maximum (oui écrire « épure » au milieu de toute cette hémoglobine, ça fait bizarre). L’accent est porté sur la mise en scène, comme une chorégraphie : c’est la Passion du Christ, comme ça pourrait être autre chose… comme… la capture, puis la fuite d’un Inca.

Tout l’intérêt réside donc dans cette mise en forme d’un sujet qui n’est jamais qu’une fuite. Chez Mel Gibson, ça passe par un naturalisme violent, cru et lyrique… Il y a un ton, une couleur Gibson, qui lui est propre (mais qui tâche). Rien que ça, à l’heure où tous les films se ressemblent, c’est quelque chose de précieux.

Une œuvre tellement (et uniquement) formelle que les critiques étaient bien embarrassées. Disserter sur la forme, ce n’est pas leur fort, donc on a vu naître une polémique comme quoi le brave petit Gibson (fils de pasteur d’une mystérieuse secte cryptonienne) était antisémite… Tout ça parce que les Juifs ne sont pas vraiment épargnés dans sa version des derniers jours du Christ… Ben oui, il reprend ce qui est écrit dans la Bible. Ce n’est tout de même pas Gibson qui a inventé le fait que quand Pilate propose au peuple d’épargner Barrabas, le méchant, ou Jésus, le prophète, les Juifs décident de sauver le premier… Dès qu’on montre un Noir ou un Juif (ou j’imagine un nain, un handicapé ou qui sais-je encore), sous son mauvais jour, on se fait immédiatement traiter de gros raciste. Le film est vide de propos, c’est une chorégraphie, un ballet sanglant, une corrida, un bizutage bon enfant…

La Passion du Christ, Mel Gibson (2004) | Icon Productions

Ah, si, il y a bien quelque chose d’un peu douteux… (je me rebiffe attention, Mel) C’est ce personnage tout droit sorti de la Guerre des étoiles, dont on ne saura jamais qui il est… Il a la gueule du méchant dans le Da Vinci Code (d’ailleurs c’est peut-être lui, il doit être immortel). Il rôde… comme la mort ou un petit-gris atomique. Et puis il y a cette fin de la résurrection à mourir de rire. Le Nouveau Testament, c’est un mélange de philo et de SF, mais l’image pompée au Retour du Jedi quand le linceul retombe avec plus rien qu’il y a dedans, non Mel, non… Et puis Jésus à poil qui apparaît tel le terminator avec le gros plan sur le trou dans sa main (j’ai même cru voir un boulon, mais je n’ai pas vu des fils ou des étincelles…), on croirait un vrai cyborg, ce Jésus… Encore heureux qu’il ne nous ait pas fait un coup à la Seigneur des anneaux : Gandalf le gris devenant Gandalf le Blanc à la chevelure décolorée… C’est tout de même assez ridicule comme fin… Si l’idée est de rapprocher cette résurrection de toutes les autres dans les mythes qui suivront, ce n’est pas idiot, seulement un ballet se doit de rester muet et insignifiant jusqu’à la fin. Ça laisse penser qu’il y aura une suite : Jésus Christ : Le Retour de la créature au superpouvoir. Il revient, encore plus gentil qu’avant, venir embrasser tous les Juifs et les Romains sur la joue ! tou doudou toutou… Et le titre qui fait peur : PÂQUES ! Par le réalisateur de la Passion du Christ

Sinon, si, si, j’assume, j’ai beaucoup aimé. Le seul miracle dans cette belle histoire, c’est qu’un personnage de grand-guignol ait pu être le déclencheur d’un tel dévouement religieux. Mel au moins a le mérite de remettre les poings sur les i et les clous sur la croix.



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La Maison dans l’ombre, Nicholas Ray (1951)

Lumière sur le noir

La Maison dans l’ombre

Note : 4 sur 5.

Titre original : On Dangerous Ground

Année : 1951

Réalisation : Nicholas Ray

Avec : Ida Lupino, Robert Ryan, Ward Bond

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On retrouve le même attachement à la psychologie que dans les autres films de Ray. La mise en scène aime bien s’attarder pour exprimer autre chose que ce qui est dit par les dialogues. Ray aime prendre son temps, faire des parenthèses à l’intérieur du récit ; il cherche à montrer autre chose. On voit bien qu’avant la trame, ce sont les personnages qui passionnent Ray, leur destin, leur devenir, plus que leurs actions… Comme dans Le Violent, comme dans Les Amants de la nuit, et comme plus tard dans La Fureur de vivre ou Johnny Guitare.

Ça commence comme un film noir, bien noir, en ville, avec un flic qui se bat avec ses états d’âme. Et puis on l’envoie dans le trou du cul enneigé de l’Amérique. Dépaysement total, l’anti-film noir (voir également Nightfall de Tourneur). Le film se ralentit, le nombre de séquences diminue ; elles se rallongent et gagnent en intensité, en réalisme. La trame n’a plus la sophistication et la densité souvent incompréhensible des films noirs, on se rapproche du western country pépère qui reprend les principes d’une unité d’action, de lieu et de temps de la tragédie. Fini les ellipses, les flashbacks, la grande sophistication des films noirs, seul reste, le flic perdu dans ce « calme » blanc. Pas d’enquête : juste une poursuite, qui s’éternise et qui nous amène… dans cette maison dans l’ombre…

La Maison dans l’ombre, Nicholas Ray (1951) | RKO Radio Pictures

Pourquoi dans l’ombre ? Parce qu’Ido Lupino y cache son frère crétin-criminel, et qu’elle est aveugle. Une rencontre presque mythologique pour notre flic accompagné par le père de la victime… On est bien à la campagne, pas de civilisation, pas de loi, pas de sirène… C’est Œdipe se rendant à Thèbes, mais le Sphinx est remplacé par Jocaste, et c’est Jocaste qui est déjà aveugle… De la mythologie passée au mixeur.

Quand on met toute sa mise en scène sur les rapports entre personnages, il faut des acteurs capables d’assurer… Est-ce qu’on peut rêver mieux que Robert Ryan en salaud-tourmenté-gentil et la belle Ida Lupino en hôtesse-tourmentée-aveugle ? Ah… Ida Lupino, la vampe au visage ordinaire dont le nom évoque la fumée de cigarette qui s’élève jusqu’à disparaître… Ou comment une femme à la beauté ordinaire peut vous envoûter par sa seule présence, son intelligence, son humanité…

Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais un film singulier. C’est bien le mot, car le récit va toujours plus vers la simplicité, l’unicité…


Into the Wild, Sean Penn (2007)

C’est la gastro qu’il nous faut

Into the Wild

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2007

Réalisation : Sean Penn

Avec : Emile Hirsh, Vince Vaughn, Catherine Keener, Kristen Stewart, Zach Galifianakis

OK, c’est un bon film…, mais ce n’est pas trop mon truc, ce genre de trip.

Un type qui n’est pas bien dans sa peau, avec ses parents, avec l’hypocrisie du monde en général, avec la société de consommation… Les Ricains ne font rien comme les autres : soit ils consomment comme des porcs, soit ils deviennent des hippies. Le type ne se sent donc pas bien chez lui, il part sur la route et finit en Alaska.

Sur le plan formel c’est bien fait, le récit alterne entre son dernier passage en Alaska et le comment il en est arrivé là. C’est parfois passionnant, mais… ça me gênera toujours… Une histoire vraie ? Pas mon problème. Je vois ça d’une manière purement formelle, et pour moi, le point de départ qui est à la base de tout n’est pas assez fort pour justifier un tel besoin d’aventure. Si c’était si banal comme point de départ, il ne fallait pas en faire tout un plat, or les récits de la sœur de type sont là sans cesse pour nous rappeler qu’il fuit quelque chose, sa famille, ses parents… Affreusement banale… Je préfère encore quand le récit se concentre sur son « parcours initiatique », sinon au final, ça ne devient qu’un fait divers : un type retrouvé mort empoisonné dans son camp en Alaska entouré de ses écrits introspectifs qui permettront à un livre de naître, puis un film… Même s’il y a plein de scènes attachantes, si la technique est parfaitement maîtrisée… What’s the point?! Quand on fait un film, on veut faire une œuvre, un truc accompli, on ne cherche pas à faire un témoignage ou je ne sais quoi… Et ça ne m’étonne vraiment pas que ce soit le film d’un acteur. Eux qui sont toujours à la recherche de « l’authenticité véritable »… et qui parlent pour ne rien dire. Ça m’écœure légèrement, c’est se prendre la tête pour pas grand-chose, à part pour se faire mousser, parce que c’est cool d’avoir l’air d’être plus vrai que son voisin. Probable que cette recherche initiatique ratée puisse trouver un écho dans nombre de petits soldats du consumérisme tout-puissant, mais justement, à mon goût, ça manquera toujours d’authenticité, de simplicité, en rapport, en cohérence, avec le sujet abordé.

Bon film toutefois… À voir comment vieillit le film, parce que s’il agace légèrement aujourd’hui, il faut reconnaître qu’il correspond assez bien à une certaine crise de conscience propre à notre époque, celle de l’individu qui se sent perdu au milieu d’un grand barnum et qui préfère renoncer au monde. Mais le gros problème du film, à mon sens, c’est bien ce rapport faussé à la réalité qui affaiblit sa portée potentiellement universelle. Le fait divers ramène la fable à peu de chose.


Into the Wild, Sean Penn (2007) | Paramount Vantage, Art Linson Productions, Into the Wild


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Collision, Paul Haggis (2004)

Les Dix Engeances

Collision

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Crash

Année : 2004

Réalisation : Paul Haggis

Avec : Don Cheadle, Sandra Bullock, Karina Arroyave, Thandie Newton, Matt Dillon, Michael Peña, Ryan Phillippe

(Crash en anglais… Merci encore aux distributeurs, obligés de traduire un titre déjà existant pour éviter les confusions… Le film de Cronenberg est connu aux USA, l’auteur du film sait ce qu’il fait…).

Un peu déçu. Ça commence très bien. La volonté de proposer un film sur les apparences, ça semble être une intention louable et prometteuse. Sauf que bien vite, les pseudos méchants deviennent des bons gentils… Tout le monde, il est beau tout le monde il est gentil, on ne froisse personne, on donne à ces destins croisés un semblant de point commun, comme s’il y avait un sens caché derrière tout cela, une même morale. C’est surtout d’une grande maladresse, parce que si morale il y a, ce n’est pas celle présentée au début du film, c’est-à-dire « attention aux apparences » ; ce seraient plutôt, « les méchants, ils sont méchants, mais ce n’est pas leurs fautes, et au final, il leur arrive parfois aussi d’être bons ; d’ailleurs aux gentils aussi, ça leur arrive de faire des conneries… » Une morale de pleurnichard, une réserve qui contente tout le monde. En voulant dénoncer les idées reçues, les clichés, le film ne fait que les accentuer et en créer de nouveaux. Vouloir ne froisser personne, tendre la main aux Noirs pour leur dire avec la voix du bon Blanc : « ce n’est pas de votre faute, si vous êtes des criminels, d’ailleurs je sais bien qu’il y a beaucoup de Noirs gentils et des Blancs méchants », c’est au choix hypocrite ou d’une grande maladresse.

L’auteur du film voulait peut-être donner à réfléchir. Pour ça, il a réussi, mais le problème c’est qu’il ne donne pas à réfléchir sur la société, les ségrégations, le comportement de chacun, la discrimination positive… il donne surtout à réfléchir sur les imperfections de son film, et là, ça devient ballot.

Dommage, le début était ambitieux. Les situations étaient intéressantes, les conflits promettaient de belles choses, et finalement tout ça se dégonfle et ça devient creux. Une histoire, elle, doit trouver un dénouement, un climax, à la fin, dans un dernier acte de confrontation ; si tout est dit au bout de vingt minutes, si le reste ne sert plus qu’à faire des images au ralenti avec une musique pompeuse, ça n’a aucun sens.

Collision / Crash, Paul Haggis (2004) | Bob Yari Productions, DEJ Productions, Blackfriars Bridge Films

Reste une belle mise en scène, une galerie d’acteurs en vogue, et des situations qui, prisent séparément, pourraient être, elles, significatives… Par exemple quand une « Asiatique » accourt dans les couloirs d’un hôpital en criant en chinois. Une infirmière vient à elle en lui demandant si elle sait parler autre chose que le chinois, l’autre lui répond : « Mais je ne parle pas chinois ! c’est le nom de mon mari ! » Aïe, aïe, aïe !… Ou dans le même genre quand une autre se fait traiter de Mexicaine et qui rappelle à un Noir que tous les Hispaniques ne sont pas des Mexicains… Ou encore quand le bon Blanc, qui vient toujours à la rescousse de ces pauvres Noirs, ne croit pas un Noir qu’il vient de prendre gracieusement en stop (pour prouver sans doute qu’il n’a pas peur des Noirs) quand celui-ci lui dit aimer la culture des Blancs, et qu’il finit par lui tirer une balle parce qu’il croyait qu’il se foutait de sa gueule… Prises séparément, ces scènes valent le coup. C’est l’ensemble qui forme une sorte de puzzle inachevé, un peu forcé, et plutôt forcé vers le politiquement correct, comme si on était obligé de raboter les pièces pour qu’elles s’emboîtent… Ce qui aurait dû claquer comme une évidence devient finalement suspect. Et c’est là que ça devient embarrassant. Parce que les apparences demeurent.

C’est bien de vouloir faire des films intelligents ; c’est mieux d’en être capable. Certains Ricains (remarquez le « certains » pour éviter le cliché de généralité) ont une fâcheuse tendance à tomber, à se réfugier, à s’engouffrer, dans le pathos à deux balles ou dans les bonnes intentions cramées dès qu’une péripétie malheureuse se produit dans l’histoire… Des Matamore de la manivelle… On ne souligne pas le trait, on le dynamite.



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Ice Storm, Ang Lee (1997)

Avant Marvel

Ice Storm

Note : 4 sur 5.

Année : 1997

Réalisation : Ang Lee

Avec : Kevin Kline, Joan Allen, Sigourney Weaver, Tobey Maguire, Christina Ricci, Elijah Wood

Ice Strom, de Ang Lee… avec Spiderman, Frodon, lieutenant Ellen Ripley, Otto, Mercredi Adams, Joey Potter… Ce n’est pas les quatre fantastiques, mais ça y ressemble.

Je préfère de loin ce Ang Lee là, celui qui fera plus tard Le Secret de Brockeback Montain, que celui de Hulk ou de Tigre et Dragon

Comme souvent dans les bons films, il y a un savant mélange des genres. Un petit côté doux amer… On rit beaucoup (en repérant dans ces familles de banlieue des comportements qu’on connaît chez nous…) et bien sûr, on est ému — pas aux larmes parce que ce n’est pas un film tire-larmes.

C’est le genre de films intimistes dont a la réputation de faire le cinéma français. Une mauvaise réputation, parce que le cinéma français, c’est souvent un cinéma parisien basé sur l’individu seul, sur la misère (humaine le plus souvent, sociale aussi). Les vrais bons films intimistes, ils se font encore aux USA (là aussi) ou ailleurs, finalement. Que ce soit pour les films à la psychologie lourde comme Des gens comme les autres, de Redford, le premier film de Clint Eastwood, Un frisson dans la nuit, et plus certainement pour les films « intimistes » à valeur ajoutée avec des sujets moins creux, moins masturbatoires, en recherche de moins de naturalisme. La famille comme thème au lieu de l’individu (ah, du Rastignac, on en bouffe dans la culture française et pourtant il n’y a rien de plus antipathique…), la banlieue (celle d’American Beauty, de Desperate Housewives) au lieu des ghettos (riches, le plus souvent, si, si). Il n’y a rien à dire, même dans ce type de film les Ricains sont plus forts que nous pour raconter des histoires… Quelle misère. (Je ne suis pas un fan de Truffaut, mais lui, il savait faire ça ; heureusement qu’il y a parfois quelques films qui sortent du lot — avec tout ce qu’on produit, c’est sûr que ce serait étonnant qu’il n’y ait jamais rien de bon, mais bon, nos films moyens sont des daubes).

C’est tout de même étonnant que pour revoir ce que j’ai vécu en gros dans ma banlieue, qu’il faille trouver ça dans un film ricain et non français… La banlieue (la vraie, pas celle des cités qui ne représente finalement pas grand-chose dans les banlieues françaises), on n’en parle pas en France. C’est soit Paris, soit les autres villes, soit la campagne perdue, jamais la banlieue (si, il y en a eu deux : Série noire et Buffet froid, deux des meilleurs films français).


Ice Storm, Ang Lee (1997) | Fox Searchlight Pictures, Good Machine, Canal+ Droits Audiovisuels


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Barfly, Barbet Schroeder (1987)

VF partage appartement

Barfly

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1987

Réalisation : Barbet Schroeder

Avec : Mickey Rourke, Faye Dunaway

Avec Mickey Rourke, Faye Donaway et… Frank Stallone !

D’habitude, je ne suis pas un fan de ce genre de film à Oscar où les acteurs jouent des rôles bourrés à problèmes, bien glauques, mais là il faut dire qu’on échappe miraculeusement au ton sur ton. L’humour, l’ironie rehausse le tout. Encore et toujours, le nihiliste… Forcément, avec des alcooliques…

L’intrigue évolue doucement. Tout reste simple et d’une grande amplitude. Ça ne cherche pas à faire un chef-d’œuvre. Quelques moments d’anthologie, des scènes barrées, comme celle où le personnage de Faye feint la mort, celui de Rourke appelle une ambulance pour la énième fois en trois jours, les ambulanciers entrent, et en voyant Rourke en caleçon l’un d’eux lui sort : « Vous ne changez jamais de caleçon ?! » Le mélange des genres, ça surprend. L’autre ambulancier va voir la mourante et revient désabusé en disant qu’elle va bien mais qu’elle est raide bourrée, et grosse… Ils se cassent, Faye bondit de son lit avec une pêche d’enfer et regarde Rourke avec des yeux outrés : « Le salaud, il a dit que j’étais grosse ! » Ça claudique comme la marche d’un ivrogne, pas loin du vaudeville, et pourtant, c’est un film au ton plutôt désabusé.

Les performances d’acteurs, elles sont ce qu’elles sont… Toujours compliqué d’être bons et crédibles quand on est censé jouer des personnages sans cesse bourrés ; difficile de jouer sans une continuité théâtrale les différents stades du type bourré… Le plus souvent, au cinéma, ce n’est pas compliqué à jouer, parce que ce sont des personnages secondaires, montrés de manière furtive et stéréotypée. Mais quand on « passe la journée » avec Mickey Rourke et que le style du film se veut naturaliste, c’est inévitable, il y a des enchaînements un peu douteux. Un vrai calvaire pour un acteur de cinéma et pour la script-girl… j’ai l’impression que Mickey Rourke et Franck Stallone se donnant parfois de vrais coups dans leurs batailles derrière le bar qu’ils avaient des blessures réelles au visage et aux mains et du coup, du fait de la non-continuité de la réalisation de scènes, on pouvait se retrouver avec des blessures qui disparaissaient puis réapparaissaient d’une scène à l’autre… Ah, les acteurs, ils veulent tout faire pour de vrais, mais, ils feraient mieux de penser aux résultats… Et le réalisateur français qui laisse passer…, pas bon sur ce coup-là Barbet…

Heureux d’une part de voir Frank Stallone dans un film (parce que j’adore sa musique — il a vraiment la gueule de son frère et apparemment le même goût pour la boxe…) et aussi heureux de voir que la Zoetrope de Coppola a tout de même réussi à faire quelques films… Le pauvre Francis, ce n’est pas avec ce film qu’il a dû ramasser encore beaucoup d’oseille…

Mickey Rourke, c’est toujours mieux que Nicolas Cage dans Livide Las Vegas


Barfly, Barbet Schroeder (1987) | Golan-Globus Productions, Zoetrope Studios


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Star Trek II : La Colère de Khan (1982)

Mon deuxième Trek sur le Kamchatka

Star Trek II : La Colère de Khan

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : The Wrath of Khan

Année : 1982

Réalisation : Nicholas Meyer

Avec : William Shatner, Leonard Nimoy,
DeForest Kelley

La seconde partie du premier film était intéressante. Le second est ridicule d’un bout à l’autre.

Le côté totalement désuet est plaisant. C’est censé être de l’aventure et tout se passe sur la passerelle, le pont ou je ne sais quoi… Il ne se passe rien, ça fait que papoter. C’est fortement inspiré des vieux films de pirates, sauf que dans les films de pirates à un moment donné il y a la baston. Là non, ça discute, on se croirait au théâtre, ou voir un des films de S.F de l’époque de Planète interdite. Il faut voir les dialogues ou les astuces à deux balles des scénaristes où dès qu’il y a un truc qui tombe en panne, on demande le module de secours ! Le commutateur (faut pas demander ce que c’est) est en panne, hop, on passe au commutateur de secours… L’antenne à onde alpha est HS, mais voyons, passons à l’antenne de secours… Les chiottes sont bouchées… prends la sortie de secours pour qu’on ne voie pas que c’est toi qui les as bouchées…

The Wrath of Khan, Star Trek II La Colère de Khan (1982) | Paramount Pictures

Et puis, ça manque de nana aussi. Dans les histoires de pirates, il y a toujours la princesse, là, ce n’est pas que je n’aime pas Spock, mais bon, les longues oreilles et la coupe de Mireille, ce n’est pas mon truc.

Bref, c’est marrant de voir ça. Je me demande comment on peut être fan de Star Trek. Ça craint tout de même. Des épisodes de la série gonflés pour le cinéma, un peu comme s’il y avait eu un film Columbo. Aucune rencontre de personnages, aucune présentation…, ce qui est tout de même souvent l’intérêt d’un film… Le cinéma, c’est comme se rendre à un rencard, le plaisir, il est de découvrir des têtes nouvelles, se jauger, les jauger, se laisser entraîner… Star Trek, ce serait plutôt avoir rendez-vous avec son ex-femme, bien sûr que ça papote, on ne va pas faire autre chose.

L’année prochaine va sortir un autre épisode (je viens de me réveiller d’un long sommeil cryogénique). D’après ce que j’ai compris ce sera le tout début de l’histoire. Espérons que ça sera mieux fichu que ça. Déjà on devrait échapper au capitaine Kirk…

« Kirk mit ses mains derrière son dos, fit hum, hum… puis : « Sulu, passez en visuel sur l’écran central — Ah, ah ! Capitaine Kirk ! comme on se retrouve ! vous ne vous attentiez pas à ça ! — Oh zut ! Kahan ! je ne m’attendais pas à ça non plus ! — Votre bouclier astronomique est hors service, capitaine, je vous laisse une minute pour trouver une solution et vous enfuir ! — Euh, et pourquoi vous ne nous tuez pas tout simplement tout de suite ?! — Ah, ah, c’est à Spock qu’il faut poser la question, lui pour qui aucune logique ne demeure inviolée ! — Oh là, dis donc, ce ne serait pas l’amiral Lim qui écrirait vos lignes de dialogues à vous… — Capitaine ?! — Oui, Spock. — Ce que vous venez de dire n’est absolument pas logique. — Ah, ah, votre temps est écoulé, mourrez ! Rayons hilarant — Ah, ah, ah, ah ! — Ah, ah, ah !… ?! ?! Spock vous ne riez pas ?! — Non, je suis Spock. — Oh chouette, vous m’avez passé l’envie de rire. Kahan, votre rayon n’a aucun effet sur nous ! — Ah, ah, mon intelligence avait déjà tout prévu ! C’est pourquoi je vous envoie un missile spocknick : feu ! — Un rayon quoi ?! — Capitaine ? — Spock ?! — Je ne vous l’ai jamais avoué, mais comment vous le dire ?… je crois que je vous aime. — TOUCHÉ ! »

Une préquelle pour savoir comment Kirk est arrivé à sauver Spock des bras cryogéniques de Morphée, ça vaudrait le détour, probablement.


Il s’mock de moi !


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À la recherche de Mr. Goodbar, Richard Brooks (1977)

À la recherche d’un titre

À la recherche de Mr. Goodbar

Note : 3.5 sur 5.

Titre original :  Looking for Mr. Goodbar

Année : 1977

Réalisation : Richard Brooks

Avec : Diane Keaton, Tuesday Weld, Richard Gere

(En mode bball)

Très bon début, rythmé, du run’n mum. Pas mal de cuts dans le montage, des séquences très courtes. Pas d’action spectaculaire, mais des tactiques rapides bien mises en place.

À la fin du premier quart-temps, ça a commencé à me mettre mal à l’aise. Ça se passe dans les années 70, les années baise, la libération des soutiens-gorge. Et moi ça, ça me saoule. Diane Keaton passait d’un joueur à un autre : « un homme c’est déjà trop et un million, c’est pas assez ». Un peu perso la Diane, elle ne pense qu’à elle, au cul. Les cross avec Richard Gere sont excellents (il aurait mérité plus de temps de jeu, ou au moins d’avoir la possibilité dans sa carrière de jouer pour des équipes qui jouent pour le titre, et à part « Chicago », c’est pas à la hauteur de son talent, et de son charme…).

Vers la fin du second quart-temps, Diane Keaton se pose dans un bar. Elle lit, ou fait mine (elle attend qu’on vienne la draguer). Gere vient donc tourner autour et regarde le bouquin : Le Parrain. Et là, qu’est-ce que lui dit Gere (ESPN insider) : « Oh, j’ai vu le film. C’est vraiment très bon. Al Pacino est vraiment excellent » Ah ah.

(Pour les oublieux, je rappelle que Diane Keaton jouait l’année précédente avec Al Pacino, et qu’elle a justement gagné le titre, deux fois, avec lui pour ce film).

C’était sympa… jusqu’à la fin. Diane mène pendant tout le match et elle trouve le moyen de se faire manger sur le fil. La mort la rattrape, d’une manière assez surprenante. À force de baiser avec n’importe qui, de ramener n’importe quel voyou ramassé dans un bar, elle tombe sur un malade mentale, qui la charcute en même temps qu’il la baise, en lui sortant « allez t’en veux encore salope, hein tu en veux prends ça… » Même pas de prolongations, le match est fini comme ça, sur un buzzer beater…

Ce qui me dérange, ce n’est pas que la mort ait gagné. C’est ce que ça révèle de l’histoire, de la volonté de la gonzesse qui a écrit le bouquin. En gros avec une morale comme ça, d’une part, on a une vision passablement homophobe du personnage assassin que joue Tom Berenger (parce que c’est un homo refoulé et que forcément un homo ça doit être mal dans sa peau, et surtout, s’il est homo c’est qu’il a des problèmes psy et donc qu’il est capable de faire des trucs aussi chelous que ça…), mais en plus, alors que tout le film semble aller dans le sens de la société de la baise qui n’est jamais remis en cause pendant tout le film, parce qu’on a toujours le point de vue de Diane Keaton, et non celui de sa famille catholique…, là, le film prend un contre-pied total (bonjour les chevilles ! ankle breaker sur twist over) parce qu’en gros, avec une fin comme ça, on veut dire : « Tu l’as bien cherché, t’es qu’une pute, il fallait pas jouer avec le feu, la société de la baise, c’est mal, revenons à notre bonne vieille morale de papa… »

Sans doute écrit par une écrivaine coincée de la chatte qui se rêve des aventures au milieu des années 70 quand tout le monde le fait, et que, elle, est coincée avec son petit mari. Sur le banc. Elle s’amuse un peu, et à la fin, elle vous dit que c’était que pour rire, que finalement, on est toujours mieux chez soi, dans les bras du seul amant qu’une femme puisse avoir : son mari. Un scrimmage pour finir par du garbage time. Les sports collectifs, c’est mal.


Looking for Mr. Goodbar, Richard Brooks (1977) | Paramount Pictures


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Jesus Camp, Heidi Ewing Rachel Grady (2006)

Les faux prophètes

Jesus Camp

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2006

Réalisation : Heidi Ewing, Rachel Grady

Un film affligeant sur les extrémistes (il faut bien appeler ça comme ça) catholiques (évangélistes) aux USA. Il y a un truc que j’ai du mal à comprendre… Qu’il y ait des extrémistes dans l’Islam, ce n’est pas surprenant : d’une part le Coran peut souffrir d’une multitude de traductions (et ce n’est pas non plus la bible de la sagesse…), mais en plus on y trouve beaucoup de pauvres et d’ignorants, une population facilement “endoctrinable”. Pourtant, on se rend compte qu’il ne suffit pas d’être riche, plutôt intelligent, pour réfléchir par soi-même…

Une grande partie des enfants évangélistes des USA ne vont pas à l’école et apprennent avec leurs parents à la maison. Pour le développement de l’enfant, dans un premier temps, c’est plutôt une bonne chose. L’échange, le dialogue permet à l’enfant de se développer rapidement. On voit donc parmi ces gamins de dix ans, pas mal d’enfants affirmés. Non pas qu’ils soient d’une grande sagesse, mais ils ont une grande maturité pour s’exprimer et “argumenter” leurs idées. Après, il y a un souci, parce que ces gamins, à 10 ans, ils sont finis, ils n’ont plus rien à apprendre, parce qu’ils savent déjà tout. Alors que chez les autres enfants du même âge, c’est l’incertitude, le doute qui va leur faire rattraper leur retard et conditionner toute leur vie d’adulte. Ceux-là sont déjà quasiment adultes à dix ans. Mais des adultes qui croient au père Noël…

Jesus Camp, Heidi Ewing et Rachel Grady (2006) | A&E IndieFilms, Loki Films

Surtout ça fait mal de voir autant d’enfants qui ne vivent que pour plaire, que pour satisfaire à leurs parents qui ne sont jamais satisfaits. Ils en viennent même à se prendre pour des prophètes, des prédicateurs, à rentrer dans des sortes de transes pour leur montrer, leur prouver que ce sont des bons soldats. Leur bonheur de leur foi, est un leurre. Ces gamins ne vivent que pour avoir une bonne note de leur parent, et en retour, ils n’auront que des « c’est bien, mais il faut faire mieux »… Ce n’est jamais assez… Il faut leur donner des câlins à ces gamins, ils manquent d’amour…

Après, sur le fond, c’est tout de même hallucinant tout ce qu’on voit. Je suis athée, mais il faut reconnaître que Jésus, est un “sacré” philosophe. Derrière la parole divine, le péché, il y a l’amour de l’autre, qu’il soit faible ou qu’il soit un ennemi. Et là, on voit des gens haineux envers les musulmans : ils font de leurs gamins des soldats de Dieu. « On va faire la même chose, à nos ennemis ! » Merde, c’est l’enseignement du Christ ça ? Ils sont encore plus à l’ouest que les extrémistes islamistes. Qu’ils pensent détenir la vérité, d’accord, je crois que tout le monde est dans ce cas, mais avoir autant de contradictions…, voir Jésus comme leur Dieu et par ailleurs oublier son message de paix et d’amour, c’est tout de même surprenant.

Bref.

Il y a des moments drôles tout de même, notamment grâce à une petite idiote qui s’y croit vraiment et qui est toujours un peu à côté de la plaque.

Une fois, en plein bowling parce qu’elle a “reçu” un message de Dieu, elle va voir une fille et lui dit, comme ça, que Dieu l’aime… La fille trouve ça certainement mignon qu’une gamine vienne lui dire ça et reste polie, et ensuite l’explication de la gamine fait peine à voir : elle se justifie et en faisant ça, elle est pleine de contradictions, on voit tout de suite qu’elle ment… Le seul problème, c’est que dans ce genre de situations (mentir c’est mal en principe), là on les encourage à aller plus loin… Navrant donc.

Ou encore le top final, quand elle prêche la bonne parole sur le bas-côté d’une route, qu’elle va voir trois pépés assis sur une chaise. Elle leur demande s’ils savent où c’est qu’ils iront quand ils mourront. Ils disent « au paradis », et elle « vous en êtes sûr ? » et le pépé : « oui » ; elle « heu… OK ». Elle s’éloigne avec son copain un peu déconcerté par la super repartie des pépés, et elle lui souffle, parce que les pépés étaient Noirs : « Je pense que c’étaient des musulmans ».

Pour le coup, je viens de comprendre l’origine du terme « mauvaise foi »…

Dans la Bible, il y est aussi dit de faire attention aux faux prophètes…



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