Maria, pleine de grâce, Joshua Marston (2004)

Maria, pleine de grâce

Maria Full of GraceMaria Full of GraceAnnée : 2004

Liens :
IMDb  iCM
Réalisateur :

 

Joshua Marston

 

7/10

Avec  :

Catalina Sandino Moreno

Vu le : 25 mai 2007

L’histoire de ces « mules », ces Colombiennes dont se servent les narcotrafiquants pour faire passer la drogue aux États-Unis en la cachant dans leur estomac.

Tout est dans le résumé. On a droit au film auquel on s’attendait, et on n’est pas déçu : entre cinéma naturaliste social et thriller. Plus hitchcockien que le genre de films de mafieux qu’on voit aujourd’hui : certaines séquences sont faites d’une tension retenue avec le suspense comme le définissait le maître du genre et dont le terme a depuis été repris pour n’importe quelle situation qui se révèle tendue. En fait la tension dans le film naît de ce qu’on sait de ce qui va se passer et non de la peur de ce qui pourrait se passer. Les filles devront tout d’abord avaler les capsules pleines de drogues, puis monter dans l’avion et faire comme si de rien n’était, passer la douane sans sourciller : si tu ne montres suspect, tu meurs…

Ces scènes « à faire » sont parfaitement réussies. Une fois à New York, le film prend une autre couleur, et une nouvelle dramaturgie se met en place — très réussie elle aussi.


Panique à Needle Park, Jerry Schatzberg (1971)

 

The Panic in Needle Parkpanique-a-needle-park-jerry-schatzberg-1971Année : 1971

 

Réalisation :

Jerry Schatzberg

7/10  lien imdb
 

Vu le : 10 mai 2007

Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables de 1971

Vers le Nouvel Hollywood

Le film a sans doute convaincu Coppola de prendre Al Pacino dans le Parrain.

Le premier film important de Pacino donc (indépendant bien sûr). Il y fait… du Pacino. C’est censé être un acteur de composition, mais il fait depuis plus de 30 ans tout le temps la même chose. Cherchez l’erreur.

Le film est bon mais ce n’est pas un chef-d’œuvre. Dans la veine de ce qui se faisait à l’époque, façon nouvel Hollywood : glauque et très naturaliste, très chronique du quotidien (ou Journal d’une femme camée). Ça reste un peu timide malgré tout, superficiel. Dans le même genre on a vu mieux et avec un peu plus de second degré (Macadam Cowboy). L’Épouvantail me paraissait bien meilleur…


Panique à Needle Park, Jerry Schatzberg 1971 The Panic in Needle Park | Gadd Productions Corp.Didion-Dunne


Hostel, Eli Roth (2005)

Agenouille-toi à l’hostel du nanar…

HostelHostelAnnée : 2005

Liens :
IMDb  iCM
Réalisateur :

 

Eli Roth

5/10

Mince, c’est quoi ce film !

Ça commence comme une comédie avec d’ailleurs les comédiens qu’il faut pour ça (avec l’acteur de Men in trees), on sent que ça va déraper vers un truc louche, mais on ne sait pas encore quoi (le ton est de toute façon donné dans le générique sanglant), et dès qu’on comprend qu’ils (les joyeux Américains venus en Europe pour « baiser de l’Européenne ») vont quitter les Pays-Bas paradisiaques pour la Slovaquie (qui sort de la guerre !^^ première nouvelle !), on sent qu’on ne va pas échapper aux clichés.

Ça ne manque pas. Les gens de l’Est sont bien des dévoreurs d’enfants, et presque tous les gens disparus de la terre se retrouvent charcutés là-bas…

Le scénario est simpliste, mais plutôt “efficace” : une disparition, puis deux, et enfin la troisième en vue subjective du dernier qui forcément en ressortira vivant.

C’est la scène de sodomie dans la cave de Pulp Fiction[1] qui tourne en boucle, sans possibilité de sortie (un peu avec une sorte de principe “sawien” dans lequel tout semble déjà joué), parce que c’est le “sujet” principal du film. (D’ailleurs Tarantino semble avoir participé à la production du film : le mélange des genres lui a certainement plu, ou sinon il a eu une mauvaise expérience avec les big-macs en Slovaquie…).

Dans des films ouvertement de divertissement que sont les films gores comme Saw, au moins c’est clair, on s’embarque dans un bateau fantôme pour se faire peur. Là, il y a la même incertitude que dans Meurtre à la moissonneuse batteuse (ou je sais plus le titre). Mise en scène crue, distante et surtout super réaliste : ce n’est pas une animation dans un parc de Disney land, on est en Slovaquie, on est chez les dévoreurs d’enfants ! C’est donc d’autant plus flippant, mais ça fout aussi mal à l’aise… L’organisation secrète (qui me rappelle le film « 13 »), le fait que rien ne soit jamais expliqué ou si peu, le fait que ce soit dans un autre pays que les USA…, c’est vraiment déroutant. Et en plus, on a toujours jusqu’à la fin ce dernier personnage au départ “comique” qui fait qu’on a toujours du mal à croire toutes les horreurs qui lui arrivent.

Comme quoi le cinéma a encore de quoi nous surprendre… Et pas forcément en bien.


[1] Pulp Fiction


Des serpents dans l’avion (2006)

À qui sont ces six saucissons-ci qui sifflent sur nos sièges ?

Snakes on a PlaneDes serpents dans l'avion (2006)Année : 2006

Liens :
IMDb   iCM

 

Réalisateur :

 

David R. Ellis

 

4/10

Avec  :

Samuel L. Jackson

 

Maintenant, même les séries Z ont des budgets déments, avec des effets spéciaux risibles… Heureusement que les scénarios restent totalement stupides sinon ce ne seraient plus des séries Z…

Ça fait beaucoup de bruit, et c’est bien la seule chose qu’on demande. Mais quand on se surprend à réfléchir pendant le film, ça fait mal : des serpents qui s’attaquent à des fils électriques pour tout faire péter dans le cockpit ? Faut vraiment ne pas avoir peur du ridicule.

Jackson, c’est tout à fait le genre d’acteur génial qui ne peut jouer que dans des séries Z. C’est bien pour ça que Tarantino l’a pris dans Pulp Fiction[1] — un peu comme Charles Bronson habillé avec l’humour cool de Sergio Leone dans Il était une fois dans l’Ouest… ou comme Burt Reynolds dans Boogie Nights… Tout est affaire de second degré. Dès qu’on les fait jouer au premier, ils sont sans âme. Le vrai plus des films en couleur, c’est l’ironie. Bogart et Edward G. Robinson, eux dans les films noirs passaient très bien, mais en couleurs… On le voit bien, l’acteur qui a passé avec le plus de succès le noir et blanc à la couleur, est un acteur plein d’ironie, Cary Grant (John Wayne aussi est marrant dans son genre…). À la fois cool et ironique. Gary Cooper aussi avait ça, avec son air de Droopy. On ne peut pas être pris au sérieux quand on a un habit d’Arlequin sur le dos. Jack Nicholson avait également cette ironie et l’a même mis au profit dans un film noir en couleur, Chinatown. Là le réalisateur de Snake a tellement peur du ridicule de ce qu’il montre qu’il préfère tout mettre dans le noir. Vaine tentative de reproduire une série B des années 50. On n’est pas très crédible à faire une série B avec de gros moyens. Sauf donc si on la joue à l’ironie… Tarantino et Leone, eux les couleurs, ils n’en avaient pas peur, ça flashe !… Arlequin, Leone, tout ça c’est Italien… Le bon goût du « trop » ma non troppo. Fellini quoi…

Comment j’en arrive à parler de Fellini sur ce film… Ok, je me rattrape. À quand Van Damme dans un film bien coloré, bien ironique ?


[1] Pulp Fiction


Le Dahlia noir, Brian De Palma (2006)

The Black Dahliale-dahlia-noir-brian-de-palma-2006Année : 2006

 

Réalisation :

Brian De Palma

7/10  lien imdb
Liste sur :

 

MyMovies: A-C+

Vu le : 1 mai 2007

C’est du Ellroy, donc incompréhensible. Mais c’est la loi du genre ou presque (polar noir, intrigue enfumée…). LA Confidential était déjà imparable dans ce genre, et du tout bon : ça ne sert à rien de comprendre, il faut se laisser porter par la musique des images, des ambiances, et après tout l’histoire, on s’en moque comme dans le Grand Sommeil d’Hawks. Tout ce qu’on veut, c’est voir les beaux yeux clairs de Mia Kirshner sur une pellicule noir et blanc…

Il était temps que De Palma refasse un bon film. Il reprend la recette du temps suspendu pendant des heures dans une séquence dramatique et purement visuelle, avec des ralentis et des escaliers. De Palma se copie en train de copier le Cuirassé Potempkine. Sacré De Palma, maintenant qu’il en a fini de piller les autres, il se parodie lui-même — c’est peut-être une nouvelle carrière qui commence. On aura peut-être droit à un reremake de Scarface avec Justin Timberlake dans le rôle de la face fendue (tiens encore une histoire de face fendue, une vraie thématique de cahiers ça…).


 

Le Dahlia noir, Brian De Palma 2006 The Black Dahlia | Universal Pictures, Millennium Films, Signature Pictures, Nu Image Entertainment GmbH


The Descent, Neil Marshall (2005)

La Cuite

The DescentThe Descent, Neil Marshall (2005)Année : 2005

Liens :
IMDb

Réalisateur :
Neil Marshall

 

5/10

Vu en 2007

Original de par le lieu : dans des gouffres, des grottes humides… Ensuite parce qu’il n’y a que des nanas…

Le film commence un peu avec une ambiance à la Délivrance, jusqu’à ce que nos gonzesses perdues au centre de la terre rencontrent des sortes de trolls nosferatiens albinos et aveugles. Et là c’est le principe alienien de l’élimination.

Ça se laisse regarder mais le scénario est plein d’invraisemblances et de trucs superflus. On voit trop les petites b-bêtes…


La Vie aquatique, Wes Anderson (2004)

The Life Aquatic with Steve Zissouvie aquatiqueAnnée : 2004

 

Réalisation :

Wes Anderson

7/10  lien imdb
 

Vu le : 22 avril 2007

Comme tous les Anderson, c’est drôle et déprimé à la fois. Un truc parfait pour Murray donc. Mais ça reste assez loin de La Famille Tenenbaum… Ça part peut-être un peu trop dans tous les sens. Mais bon, c’est toujours savoureux de voir Bill Murray, toujours à son maximum.

C’est également sympa de voir Cate Blanchett dans ce genre de rôle… plutôt que dans des films comme l’Aviateur où elle joue une improbable Katherin Hepburn.

À noter l’album Ziggy Stardust chanté par un Brésilien qui vaut le coup d’œil.


Deuce Bigalow : European Gigolo (2005)

Deuce Bigalow : European Gigolodeuce-bigalow-european-gigoloAnnée : 2005

 

Réalisation :

Mike Bigelow

4/10  lien imdb
Listes :

Vu le : 22 avril 2007

Il paraît que c’est la suite du non moins célèbre Gigolo à tout prix (tu m’en diras tant !). Et pour avoir un peu une idée du film (mais je suis sûr que vous êtes déjà un peu sur la voie), on lit sur Allociné que l’idée du film, le scénariste-acteur principal, en a eu l’idée quand tout le monde lui disait : « pourquoi ne faites-vous pas une suite à Gigolo à tout prix ? » (on se serait sans doute plus poilé devant un Mary malgré lui).

Bref, c’est très con et ça s’assume comme tel. Pas franchement un bon film, mais au moins on ne s’ennuie pas. Et puis on découvre Amsterdam (très rarement photographié au cinéma, voire jamais, alors qu’elle se révèle vraiment plutôt photogénique — et je crois qu’on évite les clichés — même si le scénario lui ne passe pas à côté de tous les clichés possibles sur les Hollandais ; mais il faut savoir que tout ce qui est pour nous un cliché est pour l’Américain moyen une information de première main). On se demande alors ce que vient faire une tour de Pise sur l’affiche (encore une arnaque pour vendre un film… — ou sinon j’ai manqué une partie, ou le troisième volet de la trilogie !).

C’est bien donc si on veut se détendre et vraiment si on n’a rien à faire… — Et puis… si ! ça vaut le coup au moins pour une autre bimbo dans un autre genre que Eva Mendes : Hanna Verboom (« Quand notre cœur fait Boom ! Tout avec lui “Verboom” Et c’est l’amour qui s’éveille… ») Encore un canon ; j’ai passé ma soirée à tirer… mais j’ai plus vraiment l’âge des “Boom”.


Tristan + Iseult, Kevin Reynolds (2006)

Mon cop1 va clack-er

Tristan + IsoldeTristan + Isolde Année : 2006 

6/ 10

IMDb  iCM

Réalisation :

Kevin Reynolds

Avec :

James Franco
Sophia Myles
Rufus Sewell

(Encore un titre pour nous rappeler le kitchissime Roméo + Juliette).

Pour ce que c’est, là aussi ce n’est pas trop mal. Un film sans grande ambition (en même temps, ce n’est pas avec ce mythe qu’on va casser la baraque) et à voir comme un film de Kevin Reynolds, c’est-à-dire comme un vieux machin. D’habitude tout juste apte à réaliser des grandes productions en aquaplaning (casse-gueule) avec son ami Kevin, il veut se racheter une conduite en faisant simple et c’est tout à fait ce qu’il fallait pour cette histoire moyenâgeuse. Ça reste un petit film et c’est mieux comme ça.

En plus, c’est bien parce qu’on en apprend un peu plus sur ce mythe archi connu mais dont j’avoue je ne connaissais pas vraiment l’histoire (il me semble avoir une vieille adaptation française, mais je sais plus ce que c’est ni si c’est vraiment ça).

James Franco en revanche… je suis loin d’être convaincu. Il était moyen en fiston triste ou en colère dans Spiderman : là c’est tout pareil, on a du mal à y croire… Ah, les jeunes premiers, c’est pas ce qu’il y a de plus facile à jouer…

Mais en dehors de ça, c’est très agréable à suivre, et puis là encore, non, non, pas une bombe, ni un canon, ce n’est pas le genre à vous taper dans l’œil avec de la poussière effervescente, mais celle qui joue Yseult est vraiment très bien. Pas la plus belle femme du monde mais beaucoup de charme, de douceur… la femme rêvée quoi, pas du genre à sortir ses lolos à n’importe quel naufragé sur la plage (quoique… elle le connaît à peine qu’elle se frotte à lui toute nue ! — désolé, je déflore encore le canevas du film… — je la rhabille tout de suite…).


Un été 42, Robert Mulligan (1971)

À nous la petite anglaise

Summer of 42Un été 42, Robert Mulligan (1971)Année : 1971

 

Réalisation :

Robert Mulligan

9/10  lien imdb
Listes IMDb :

 

Limguela top films

L’obscurité de Lim

MyMovies: A-C+

Vu le : 29 mars 2007

Pendant une heure le film est faussement nostalgique. La ritournelle de Michel Legrand est usée à fond et Mulligan se sert du premier degré pour mieux rire de la stupidité des ados qui chassent les filles sur la plage. Puis comme dans Du silence et des ombres, un autre film commence dans la dernière demi-heure.

Cette fois Mulligan n’utilise plus la musique de Legrand. Plus besoin, il se souvient (façon de parler) ce que disait Guitry à propos de la musique de Mozart : « Ce qu’il y a de merveilleux dans la musique de Mozart, c’est que le silence qui suit est encore du Mozart. » Legrand n’est pas Mozart, mais il faut avouer qu’on en a bouffé pendant tout le film de cette ritournelle, et quand elle s’arrête, on a encore les oreilles qui chantent. Pendant toute une longue séquence muette (et sans musique donc), qui dure plus de dix minutes, l’émotion est là jusqu’à la fin comme un silence pesant et chantant. Pas besoin de parler, pas besoin de musique : c’est beau, tendre, émouvant, simple et triste.

Et la fin marche, bien sûr, parce que tout ce qui précède tend parfaitement vers ce final. Drôle et touchant, du Mulligan quoi.


 

Un été 42, Robert Mulligan 1971 | Warner Bros.