Michael Haneke

Classement : 

10/10

9/10

  • Funny Games (1997)
  • Le Septième Continent (1989)

8/10

  • Amour (2012)

7/10

  • Le Ruban blanc (2009)
  • La Pianiste (2001)
  • Benny’s Video (1992)

6/10

  • Caché (2005)
  • 71 Fragments d’une chronologie du hasard (1994)
  • Funny Games U.S. (2007)
  • Code inconnu : Récit incomplet de divers voyages (2000)

5/10

  • Happy End (2017)

Films commentés (articles) :

Simples notes : 
Le Septième Continent (1989)

Haneke, il n’y a pas à dire, c’était quand même mieux avant. Radicalité dans l’austérité et le minimalisme, les non-dits, la distanciation. Mais aussi radicalité dans le discours (si tant est qu’on puisse y comprendre réellement quelque chose au-delà d’une vague critique de la société de consommation et d’apparences) et la violence. La prise de distance est tellement premier degré qu’on en rit presque, alors que par exemple, celle au second degré presque similaire d’un Roy Andersson ou d’un Aki Kaurismaki aurait plus tendance à me donner envie de mourir. La fin est peut-être moins réussie : montrer les difficultés du passage à l’acte, sans doute, mais les apitoiements, ça me semble au contraire perdre en radicalité. Et en art, il faut être radical.

Michael Haneke

Abbas Kiarostami

Classement : 

10/10

  • Où est la maison de mon ami ? (1987)

9/10

  • Close-Up (1990)

8/10

  • Le Goût de la cerise (1997)
  • Deux Solutions pour un problème (1975)

7/10

  • Ordre et Désordre (1995)
  • Le Pain et la Rue (1970)
  • Le vent nous emportera (1999)

6/10

  • Copie conforme (2010)
  • Au travers des oliviers (1994)

5/10

Simples notes
Le vent nous emportera (1999)

Jeu de piste absurde dont la finalité m’échappe. L’explicite peut parfois vous mener en prison en Iran, mais quand tout devient brumeux, c’est à se demander si l’on ne prend pas le risque d’être compris de travers. Quelques allusions à la condition de la femme, au temps qui passe et à la beauté de la nature, mais guère plus. Pourquoi attendent-ils si longtemps la mort de la vieille ? Pourquoi ce puits dans le cimetière ? Quelle signification derrière cette scène étrange avec l’adolescente tirant le lait pour l’ingénieur ? Opposition éventuelle entre le rapport aux choses, au temps et à la mort depuis la capitale, et celui à la campagne.

Chez Kiarostami, comme d’habitude, quelques sophistications scénaristiques servent d’amuse-gueule aux spectateurs égarés : le comique de répétition (appel sur la colline, rencontres avec le gamin qui court cinquante écoles à la fois – au contraire des adolescentes, donc) et l’invisibilité de certains personnages qui demeurent hors-champ tout au long du film.

Le Goût de la cerise (1997)

L’anti La vie est belle 2eme volet après Storytelling.

« Salut, tu veux pas m’aider à me suicider ? — Hum, tu veux pas que je te suce la cerise plutôt ? — Non, merci. » « Salut, tu veux pas m’aider à me suicider ? — Mon Dieu, mais c’est interdit par le Coran… — La ferme. » « Salut, tu veux pas m’aider à me suicider ? — Pourquoi pas… Tiens, prends cette route s’il plaît, elle est plus belle, plus longue, mais vraiment jolie… — Tin, mais elle est toute cabossée ta saloperie de route ! — Oui, désolé, parfois on pense faire le meilleur choix et on se trompe… » « Salut Abbas, t’as pas une clope ? — Tiens. — Dis, tu as décidé d’une fin pour ton film ? — J’en sais rien, je m’en fous. — Mais Abbas, c’est pas sérieux… — C’est vrai, ce n’est qu’un film. »


Close-Up, Abbas Kiarostami (1990) Kanun parvaresh fekri | Les Films du Paradoxe



Abbas Kiarostami

William Dieterle

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • Quasimodo (1939)
  • Le Portrait de Jennie (1948)

7/10

  • The Accused (1949)

6/10

  • La Main qui venge (1950)
  • La Vie d’Emile Zola (1937)

5/10

  • Le Poids d’un mensonge / Love Letters (1945)

4/10

  • Tous les biens de la Terre (1941)

3/10

 

*Films commentés (articles) :

Simples notes :
Tous les biens de la terre

L’evil est Belle… Le classicisme n’a pas que du bon. Ça ruisselle de bons sentiments et de bondieuseries.



William Dieterle

Werner Herzog

crédit Werner Herzog
Classement :

10/10

  • Aguirre, la colère de Dieu (1972)

9/10

8/10

  • Leçons de ténèbres (1992)
  • La Ballade de Bruno (1977)

7/10

  • La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974)
  • La Soufrière (1977)

6/10

  • Fitzcarraldo (1982)
  • Grizzly Man (2005)

5/10

  • Derniers Mots (1968)
  • L’Énigme de Kaspar Hauser (1974)
  • Into the Abyss (2011)
  • Cœur de verre (1976)
  • Into the Inferno (2016)

4/10

  • Nosferatu, fantôme de la nuit (1979)

3/10

*Films commentés (articles) :

Werner Herzorg sur IMDb

Filmographies et classements

· autres réalisateurs d’Europe

Werner Herzog

Nuri Bilge Ceylan

 

Classement :

 

10/10

9/10

  • Winter Sleep (2014)
  • Il était une fois en Anatolie (2011)

8/10

7/10

6/10

  • Le Poirier sauvage (2018)
  • Koza (1995 – court)

5/10

  • Uzak (2002)

*Films commentés (articles) :

Simples notes

Uzak (2002)

Une seule chose à retenir de ce film très moyen sur un plouc turc venant rejoindre un cousin à Istanbul pour trouver du travail… Les deux sont paumés… Le stambouliote est fan de Tarkovski, comme le cinéaste semble-t-il, et pour obliger son cousin à aller au lit parce qu’il se ferait bien un film de cul, il lui met Stalker. Une autre fois, il regarde seul le meilleur film de Tarko, Le Miroir… il semble apprécier le cinéaste soviétique mais la lenteur ne fait pas tout, ce qui fait le charme de Tarko c’est la qualité visuelle et poétique des images… Là, pas grand-chose à part deux ou trois sourires et l’ennui.



Nuri Bilge Ceylan

Manoel de Oliveira

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • A  Caça (1964)

7/10

  • Val Abraham (1993)
  • Le Pain (1959)
  • Aniki Bóbó (1942)
  • Douro, Faina Fluvial (1931)

6/10

5/10

  • En une poignée de mains amies (1997)
  • Je rentre à la maison (2001)
Je rentre à la maison (2001)

À force de ne qu’effleurer les choses, on finit par ne plus rien toucher. C’est bien la délicatesse, refuser de tomber dans le pathos, ne montrer que les coulisses, ou les conséquences comme dirait Bresson, d’événements tragiques, mais il y a un moment où il faut rentrer un peu plus dans le dur. C’est quasiment un film muet, une chronique des rendez-vous manqués. Le vieux et le jeune se croisent à peine, et l’on finit par se dire à force de ne rien voir que le sujet est ailleurs. Ailleurs, comme le personnage du vieux qui finit par perdre la raison.


Lien IMDb

Filmographies et classements

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Manoel de Oliveira

Georg Wilhelm Pabst

Classement : 

10/10

9/10

  • Trois Pages d’un journal / Le Journal d’une fille perdue (1929)

8/10

  • L’Amour de Jeanne Ney (1927)
  • La Fin d’Hitler / Le Dernier Acte / Der letzte Akt (1955)

7/10

  • Crise (1928)
  • L’Enfer blanc du Piz Palu (1929)

6/10

  • La Rue sans joie (1925)
  • Un héros moderne (1934)
  • Loulou (1929)
  • La Tragédie de la mine (1931)
  • Quatre de l’infanterie (1930)
  • Paracelse (1943)
  • L’Esclave blanche (1939)

5/10

  • Die 3 Groschen-Oper (1931)
  • Les Mystères d’une âme (1926)

4/10

  • Le Destructeur (1954)

3/10

  • Le Procès (1948)

Films commentés (articles) :


Listes :



Commentaires simples :
Paracelse (1943)

Film historique expurgé de toute tentation propagandiste, mais pas de ses aspects ludiques un peu mièvres sur un précurseur de la médecine, à mi-chemin entre ésotérisme et médecine expérimentale. Décors gothiques fabuleux.

Le Procès (1948)

Le cinéma d’après-guerre allemand use autant de finesse à combattre l’antisémitisme qu’il le faisait pour attaquer les juifs sous le pouvoir nazi. C’en est presque risible de voir à quel point les caricatures ont changé de camp.

Die 3 Groschen-Oper (1931)

J’ai raté la version française, mais je m’en passerais bien après avoir vu celle-ci. Pabst digère mal l’arrivée du parlant, c’est lent sans aucun sens du rythme. Pour une opérette, c’est plutôt un problème. Les décors et les tours de chant valent le détour, le principe en tableaux avec l’utilisation de narrateur, rappelant Shakespeare ou le théâtre grec, est typique du théâtre de Brecht, mais le principe (forcer la distanciation et donc la réflexion) ne marche absolument pas. Désolé Bertold, ta pièce, c’est une opérette qui vaut pour son argument (qui vaut bien Underworld de Josef von Sternberg) mais qui vaut surtout pour ses deux ou trois morceaux chantés. Le discours politique et la critique sociale sont totalement noyés derrière tout ça.


Lien IMDb

Filmographies et classements

· autres réalisateurs d’Europe


Georg Wilhelm Pabst

F.W. Murnau

Classement :

10/10

9/10

  • L’Intruse (1930)

8/10

  • L’Aurore (1927)
  • Tabou (1931)
  • Tartuffe (1926)

7/10

  • La Terre qui flambe (1922)
  • Le Fantôme (1922)

6/10

  • Le Dernier des hommes (1924)
  • Faust (1926)

5/10

  • La Découverte d’un secret (1921)
  • Nosferatu le vampire (1922)

Articles :

Simples notes : 

Tartuffe (1926)

Même qualité que Le Fantôme et un même indifférence pour les sujets de Murnau. Le dispositif narratif reste intéressant : à la manière d’Hamlet, la mise en scène d’une pièce (ou d’un film) à l’intérieur du film peut servir de prétexte à faire ouvrir les yeux sur la réalité de la situation. La différence, c’est que le dispositif, à la manière d’un film avec un long flashback, prend tout le développement, pas une simple scène comme chez Shakespeare. Au-delà de l’astuce narrative, l’intrigue de Molière reste pauvre dans ces conditions. L’angle moraliste, si prégnant dans certains films muets (typique du dramaturge français) s’adapte mal au cinéma à une époque où ces questions morales ne sont guère plus d’actualité. Les hypocrites n’ont pas disparu, mais la religion est moins au cœur de nos sociétés (en tout cas pas ainsi d’individu à individu).

Le reste est fantastique. Les décors, peut-être un peu trop blanc chantilly (à la manière russe), aux proportions irréalistes sont un plaisir pour les yeux. Le découpage de Murnau est exceptionnel, accentuant de la meilleure des façons les expressions comiques des personnages. Murnau revient rarement à un plan initial après un nouveau plan, histoire d’éviter le champ-contrechamp et de proposer une forte inventivité des angles. Un plan rapproché sur Elvire en plongée rappelle un autre, le plus fameux, du Fantôme. Jolie sensualité. Et les jeux de profondeur de champ sont parfois tout bonnement déments comme ce plan dans lequel les chaussures apparaissent au premier plan et que la vieille entre dans le cadre au second plan.

Le Fantôme (1922)

Scénario, comme souvent, extrêmement représentatif de l’état d’esprit de l’époque : la cupidité, la luxure, la culpabilité, la rédemption… C’est du mélo religieux plutôt pénible à voir aujourd’hui. Une sorte de Faust des temps modernes. La réalisation en revanche est impressionnante. Murnau fait un excellent travail avec sa caméra et avec ses acteurs, mais le point le plus positif vient des décors. L’architecture extérieure et intérieure rappelle que le goût allemand avait pu être autre chose qu’ignoble avant-guerre : beaucoup de bois, des proportions d’armoires normandes à tous les étages, des recoins alambiqués, des escaliers en colimaçon, des maisons à créneaux, des pavés bien robustes. On devine à travers ces choix de décors (accentués par les quelques effets spéciaux) que l’on va tendre vers l’expressionnisme le plus dégénéré (celui de Caligari, à la limite du cubisme et du carton-pâte). Même certaines cages d’escalier, parce qu’elles semblent étriquées et désorganisées, peuvent vite se transformer en décors aux proportions hallucinées. Les hallucinations ici existent, mais ils sont produits surtout à partir d’effets de montage et de lumière. Du cinéma, quoi. Tandis que Caligari, c’est du théâtre, un parc d’attraction pour névrosés.


F.W. Murnau