Dans la lignée des films américains sur le thème du faux coupable, de l’homme de la rue face aux institutions (police et médias). Magistral. Avec des performances d’acteurs top niveau.
Friedkin, toujours aussi peu subtil. Si le bonhomme se défend dans le jeu d’ambiances interlopes tendances SM, son thriller est tendu comme un slip kangourou YMCA. Pas beaucoup de tension, une intrigue qui sursaute mécaniquement à chaque nouveau meurtre sans qu’on en montre réellement les conséquences (en mode osef), et un Al Pacino loin de sa meilleure forme. La fin part en sucette : on oublie le meurtrier, et on se concentre sur les tendances à la fois meurtrières et homosexuelles du flic infiltré en faisant un amalgame des plus dégueulasses. Le film aurait été perçu comme un film homophobe. Il y a de quoi. Assimiler ainsi milieux de la nuit, SM et pulsions meurtrières, c’est pour le moins déplacé. On mettra ça sur le compte de l’incompétence ou de la maladresse. Friedkin n’y est pas pour grand-chose, c’est surtout son scénario qui fait n’importe quoi. Le réalisateur de French Connection fait d’ailleurs un assez bon travail. Reste une dernière bévue : mettre une riche, jeune et jolie petite amie dans les pattes d’un flic de la circulation qui a deux fois son âge (le personnage n’a aucune vie propre et ne semble vivre que pour son raté de petit ami). Mention spéciale à l’équipe chargée de dégotter les appartements avec vue sur la ville (Greenwich Village, apparemment). On a définitivement mis au placard les tournages en studio, et ça fait le plus grand bien aux productions hollywoodiennes.
Les ficelles de Walsh ont tant grossi au lavage qu’il serait périlleux de s’y lancer à lasso. D’autres westerns tiennent la corde.
Sadie Thompson / Faiblesse humaine (1928)
Gloria Swanson plus belle que jamais. Raoul Walsh (pour une fois à la fois devant et derrière la caméra) lui donne la réplique de manière assez convaincante. Comme il se doit, l’acteur-réalisateur s’acquitte sans trop de difficultés à son devoir qui est de mettre au mieux en valeur la vedette qui produit le film.
Le hic, c’est que le sujet a un poil vieilli. Quoique… Le côté « tous les hommes sont des porcs » reste intemporel. En revanche, pour ce qui est, du religieux faisant pression sur un politique local pour faire virer de l’île sans preuve une femme de mauvaise vie, non pas que ce soit parfaitement farfelu encore aujourd’hui (les petits coups de pressions qui vont bien dans l’Amérique puritaine de Trump), mais les conséquences mélodramatiques passent difficilement pour un spectateur actuel. D’abord, Sadie Thomson demande que l’intégriste chrétien lui montre la voie de la rédemption (sans que l’on sache vraiment si c’est tout à fait sincère), puis l’intégriste en question, à force de fréquenter la dame qui se comporte désormais comme une bonne petite femme soumise finit par avoir des érections et vient la violer dans sa chambre. Pris de remords, le couillon se suicide (il aura au moins par son geste évité, comme cela peut se passer par ailleurs, de mettre son viol sur le coup de la tentation diabolique en accusant sa victime). Au réveil, Sadie redevient Sadie.
Walsh aurait peut-être mis quelques nuances dans ce finale grotesque, mais on ne le saura jamais, les bobines du dénouement étant perdues ou méchamment altérées par le temps. Ce qu’on peut en voir n’est en tout cas pas bien folichon.
L’opposition frontale entre femmes légères et religieux, il faut avouer que ça ne fait plus un sujet des plus intéressants. Certes, il y a un siècle, révéler la nature hypocrite des bigots en tout genre, cela avait peut-être son côté progressiste, mais le faire à travers un mélo paraît de nos jours bien trop poussiéreux.
Comme tous les Anderson, c’est drôle et déprimé à la fois. Un truc parfait pour Murray donc. Mais ça reste assez loin de La Famille Tenenbaum… Ça part peut-être un peu trop dans tous les sens. Mais bon, c’est toujours savoureux de voir Bill Murray, toujours à son maximum.
C’est également sympa de voir Cate Blanchett dans ce genre de rôle… plutôt que dans des films comme l’Aviateur où elle joue une improbable Katharine Hepburn.
À noter l’album Ziggy Stardust chanté par un Brésilien qui vaut le coup d’œil.