Sacha Guitry

Classement : 

10/10

9/10

  • Ils étaient neuf célibataires (1939) *

8/10

  • Donne-moi tes yeux (1943)**

7/10

  • Le Roman d’un tricheur (1936)
  • Le Diable boiteux (1948)
  • Ceux de chez nous (1915 – 1952)
  • Les Perles de la couronne (1937) 
  • Désiré (1937) 
  • Le Nouveau Testament (1936)

6/10

  • Le Mot de Cambronne (1937)
  • Mon père avait raison (1936)

5/10

  • Si Versailles m’était conté (1954)
  • Faisons un rêve (1936)

*Films commentés (articles) :

**Commentaires simples :

Désiré  (1937)

L’habit fait vraiment le moine. Mettez un costume quelconque à Guitry et il y perd la moitié de son charisme. Et comme, le charisme de l’acteur, c’est son talent, Guitry y est ici plutôt… quelconque. Reste l’esprit et le talent… du dramaturge et des acteurs (surtout les actrices) « d’emploi » comme Arletty, Pauline Carton et Saturnin Fabre.

Donne-moi tes yeux

L’art est aveugle, il ramollit pas mal le sens patriotique. Mais Guitry est un génie de la repartie, on lui pardonne. Ou quand les sujets n’ont plus que le verbe comme occupation.

Sacha Guitry

Costa-Gavras

crédit Costa-Gavras

Classement : 

8/10

  • Un homme de trop (1967) 

7/10

  • Missing – Porté disparu (1982)

6/10

  • Music Box (1989)
  • L’Aveu (1970)
  • Z (1969)
  • Compartiment tueurs (1965)
  • Mad City (1997)
  • État de siège (1972)

5/10

  • Section spéciale (1975)
Simples notes :
Section spéciale

Je ne sais pas si c’est l’adaptation de Semprun qui est pauvre ou s’il faut mettre tout l’échec du film au crédit de Costa-Gavras. Une chose est sûre en tout cas, il n’y a absolument rien qui marche dans le film. Il faut dire que l’ensemble de la distribution (à l’exception de Michael Lonsdale et du maréchal Pétain dans son meilleur rôle, celui de l’épouvantail) est épouvantable. Et c’est pourtant pas les grands acteurs qui manquent… Le sujet était pourtant en or. Manque de tension, mélange des genres assez suspect, récit uniquement dicté par les dialogues, répétition des situations (c’est le jeu d’accord, mais justement, ce qu’il faut mettre en scène, ce sont les moments de doute, les peurs de chacun, pas l’humour abject et déplacé d’une mauvaise affaire à vite expédier), trop de personnages (mais je suis pas sûr qu’avec plus de temps, Costa-Gavras s’en serait servi pour développer une « mise en scène », selon la définition que j’en ai faite dans ma critique précédente). Il y a des jours où il ne fait pas bon de passer après Preminger (mais attention, la médiocrité est bien réelle).

Un homme de trop

Un parfum de La 317ᵉ Section. Rythme, humour, tension… Le personnage de Piccoli est fascinant. L’indécision est toujours trop louche. Pourtant, il faut bien plus de courage pour déserter que pour se ranger parmi les maquisards. Le déserteur, lui, est toujours seul, et le premier à abattre pour tous ces pourris qui auront toujours tout compris mieux que les autres. Même les meilleures guerres ne sont que des guerres de lâches. Le vrai courage, c’est celle de ne pas se battre, et de résister contre la corruption. De la grandeur du (faux) lâche. (C’est fou de voir à quel point Pierre Clementi était à la mode dans les années 60-70…)

État de siège

L’habilité habituelle de Costa-Gavras à faire « à l’américaine » : montage et utilisation de la musique parfaits. Mais beaucoup aussi de maladresses : la distribution est tellement hétéroclite qu’on a peine à y croire ; quelques choix de mise en situation assez naïfs (il cherche à reproduire un cliché de films américains quand on voit des avocats sortir des palais de justice assaillis de journalistes, mais cette fois avec des ministres d’une quasi-dictature sortant de leur ministère… pas très cohérent). Le choix de commencer par la fin est intéressant, mais casse toute la dynamique d’un dernier acte sans tension ni pathos (ce qui, sur ce dernier point, n’est pas forcément d’ailleurs un inconvénient). Quant au choix de prendre aussi ouvertement parti pour les terroristes révolutionnaires, en prenant soin de les présenter sous leur meilleur jour, de faire preuve d’humanité face à ceux qu’ils considèrent comme des criminels, cela paraît encore bien naïf. Choisir pour le coup Yves Montand pour un rôle à contre-emploi n’était pas si idiot, sauf que l’acteur, à force de trop défendre son personnage, en vient lui aussi à manquer de cohérence. Bref, assez brouillon.

 

Costa-Gavras

Quentin Dupieux

Classement : 

8/10

7/10

 

6/10

  • Incroyable mais vrai (2021)

5/10

  • Rubber (2010)
  • Le Daim (2019)
  • Réalité (2014)
  • Wrong (2012)

 

Simples notes : 

Incroyable mais vrai (2021)

Nouvelle idée de court-métrage absurde gonflée en long. Je me répète comme Quentin : une bonne idée, surtout dans l’absurde, il faut qu’elle puisse amorcer une cascade d’événements qui sera le cœur du récit, et surtout, une bonne idée contient, en elle, les prémices de sa conclusion. Dupieux se trouve tellement incapable d’achever son film et de trouver donc une réponse à l’idée absurde proposée qu’il termine son film avec cinq minutes de montage-séquence indigestes qui peinent à trouver un point final.

Quentin Dupieux

Jacques Rivette

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • Paris nous appartient (1961) *

7/10

  • Céline et Julie vont en bateau (1974) **
  • Cinéastes de notre temps (1964–1972) Episode: Jean Renoir le patron (1967)
  • La Belle Noiseuse (1991)

6/10

  • La Religieuse (1966)

5/10

  • Jeanne la Pucelle I – Les batailles (1994)

*Films commentés (articles) :

**simples notes :

Céline et Julie vont en bateau  (1973)

Quand je dis qu’un directeur d’acteurs doit éviter de laisser trop de liberté à ses acteurs, il y a une exception : quand c’est pour laisser tout loisir à leur imagination et à leur fantaisie.

C’est tout de même assez allumé comme film. D’une construction  la limite de l’expérimental, parfois certes ennuyeux, mais la créativité est là. Amusant aussi. Un bijou pour des acteurs qui peuvent s’en donner à cœur joie dans tous les registres.

Jacques Rivette

Éric Rohmer

Classement : 

8/10

  • La Femme de l’aviateur (1981)
  • L’Amour l’après-midi (1972) 
  • La Boulangère de Monceau (1963)
  • Le Rayon vert (1986)

7/10

  • Conte d’automne (1998)
  • L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (1993)
  • 4 Aventures de Reinette et Mirabelle (1987)
  • Le Beau Mariage (1982)
  • La Marquise d’O… (1976)
  • La Collectionneuse (1967)
  • Le Signe du lion (1962)
  • Nadja à Paris (1964)

6/10

  • Conte d’été (1996)
  • Les Rendez-vous de Paris (1995)
  • Les Nuits de la pleine lune (1984)
  • Perceval le Gallois (1978)
  • Ma nuit chez Maud (1969)
  • Louis Lumière (1968 TV Movie)
  • Don Quichotte (1965)

5/10

  • Conte d’hiver (1992)
  • Conte de printemps (1990)
  • Le Genou de Claire (1970)

4/10

  • L’Anglaise et le Duc (2001) 

3/10

  • Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007)
  • Pauline à la plage (1983)

2/10

  • L’Ami de mon amie (1987)

1/10

*Films commentés (articles) :

Commentaires simples :

La Femme de l’aviateur (1981)

À se demander si Marie Rivière n’est pas la seule actrice capable de rendre le phrasé de Rohmer. Si tout le monde peut trouver son bonheur chez Rohmer, celui-ci et L’Amour l’après-midi suffisent à mon bonheur. Et y a pas à dire, dans celui-ci, on y trouve une certaine obstination à traîner les séquences en longueur (non, pas comme chez Tati, mais plus comme chez Eustache si je me rappelle bien), parce qu’au fond on ne dépasse pas la vingtaine de séquences. Et cette dernière scène chez Anne dans laquelle elle accueille François en petite culotte et qu’elle passe par tous les états possibles sans se départir de sa douceur, c’est à elle seule un petit chef-d’œuvre. Rohmer étire la séquence, mais Marie Rivière fait le job comme personne. Cette femme-là on a envie de l’aimer. Alors quand on aime quasiment une femme, on ne peut que saluer honorablement, et jalousement, le film qui la met en scène.

Le Beau Mariage (1982)

Est-ce que les personnages de Rohmer ont une intelligence sociale aussi limitée ? Surprenant de voir autant d’acteurs jouer « sans » situation, de les voir toujours aussi gauches, plantés sans vie dans un lieu comme des cerveaux bavards totalement déconnectés de leur environnement. On peut difficilement imaginer direction d’acteurs aussi contraire aux principes de la méthode stanislavskienne (et Actors studio). On se rapproche en revanche, involontairement sans doute, de Bresson. Et c’est là que Dussolier jure un peu : il joue bien, lui, la preuve que cette absence de direction d’acteurs en est bien une. Sa scène finale est remarquable, d’ailleurs, avec un texte très fourni, il arrive à rester juste et simple. Quel talent.

La Collectionneuse (1967)

Intellectualisation de la bêtise à queue. Moi qui croyais naïvement qu’elle collectionnait les bouquins… c’était oublier un peu vite que c’était un film de Rohmer… Il faut avouer que c’est très bien écrit, que le petit jeu de séduction (marivaudesque) a son intérêt, mais j’ai assez peu d’appétence justement pour ce genre de problématiques : qui séduit qui ? comment faire pour la séduire ? est-ce que c’est contraire à ma morale ?, etc. Les retournements finaux souvent radicaux (moraux, donc), ironiques, voire cyniques, façon « conclusion de la fable », sont en revanche toujours amusants.

L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (1993)

Je pourrais écouter Luchini des heures… et là, ça y est, Luchini fait du Luchini. Mélange étrange d’improvisation et de texte. Dombasle et Gregory s’en sortent bien mieux qu’à leurs premières heures chez Ro-Ro (avec, on l’imagine, une petite dose d’autodérision lors d’une séquence amusante à la campagne. Et on échappe aux pires marivaudages. Le tout est donc plaisant.(Intrusion dans la salle dix minutes après le début du film et reparti dix minutes avant la fin… de Dieu escorté par deux vigiles… Un vrai moulin.)

4 Aventures de Reinette et Mirabelle (1987)

Le défi le plus facile à gagner de l’histoire : jouer les muettes face à Luchini. Naissance d’un mythe peut-être, avec une Marie Rivière en délicieuse mytho, et un garçon de café… parisien.

Le Signe du lion (1958-62)

Chez Rohmer, quand on se retrouve sans toit à errer dans les rues, on dort tout de même à la terrasse du Café de Flore. Clochard, mais chic.

Premier film de Rohmer où on peut retrouver la saveur parisienne de La Boulangère du Monceau. Faut aimer voir Paris sous toutes ses coutures, la voir avec à chaque séquence la description et la participation d’une nouvelle tête souvent connue (Stéphane Audran, Macha Méril…). Ironiquement, on y trouve bien une demi-heure quasi muette, et c’est tout de même un peu trop. Je ne pensais jamais arriver à un point dans un film de Rohmer où il me faudra attendre avec impatience le retour des dialogues.

La morale est extrêmement cynique mais juste. Le « baron », r-assuré de devenir milliardaire, s’en va sans jeter un œil à son compagnon de galère. On n’est pas encore tout à fait dans le marivaudage (dès qu’on y trouve une femme, forcément déjà, mais on suit surtout notre lion déplumé et fauché comme les blés), plutôt dans la fable grinçante. Plaisant. (L’acteur Godard est toujours aussi amusant.)

Conte d’automne (1998)

Un jour, aux toilettes Kant a pensé : « Au printemps, les enfants bourgeois bourgeonnent » ; et il s’est bien gardé de l’écrire quelque part, lui.

L’actrice qui joue Ève est sans doute le pire monstre d’incompétence vu au cours de mes années non seulement de cinéphile mais d’acteur amateur. Dans le pire cours, avec le plus mauvais prof, et avec les pires élèves possibles, on ne trouvera pas aussi mauvais. Ce Rohmer-ci pourtant n’est pas à classer parmi ses films les plus compliqués à jouer : les situations qu’elle a à jouer sont assez bien définies, elle a la chance contrairement à d’autres de faire quelque chose, et son texte n’a rien de bien compliqué, elle est pourtant incapable de dire correctement la moindre phrase. Et ce n’est pas de sa faute à elle (elle n’a rien fait d’autre la pauvre, et pour cause), mais bien de celui qui l’a choisie. Ah, ça, elle est jolie, faut croire que pour celui qui dirige, il y a à trouver derrière cette beauté une valeur qui nous échappe et qui s’exprime foutrement mieux hors-champ.

Le reste est terrifiant d’insignifiance. Le pire de la caricature rohmerienne. Du bavardage sans fin, du badinage de pète-culs intergénérationnel, du petit jeu d’apparences anodines et sans conséquences, des fantasmes de séduction dignes d’un roman-photo…

L’Anglaise et le Duc (2001)

Perceval + Astrée + Céladon + l’Anglaise + le Duc = la tête à Roro. Arrête les costumes Éric, faut un minimum de savoir-faire en matière de direction d’acteurs. (Et pis, merde, coupez leur la tête à tous ces gilets blancs.)

Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007)

Lecture de Alain Libolt entrecoupée de scènes classiques interprétées par la classe théâtre du lycée Corot à Savigny. (Feat. Marie Rivière qui fait le show dans la salle) Direction d’acteurs néant. (Marie ne peut pas tout faire, ou être partout…)

L’Ami de mon ami (1987)

Hélène et les garçons, épisode pilote.

Éric Rohmer

Philippe de Broca

crédit Philippe de Broca

Classement : 

10/10

9/10

  • Le Magnifique (1973) *
  • L’Homme de Rio (1964)

8/10

7/10

6/10

  • Le Bossu (1997)
  • Cartouche (1962)
  • La Poudre d’escampette (1971)
  • Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1965)

5/10

  • Le Jardin des plantes (1994 TV Movie) **

4/10

  • Le Diable par la queue (1969)

3/10

 

*Film commenté (article) :

**Film commenté (article prépubère)

Philippe de Broca