Comme d’habitude chez Nighty, la mise en scène est très réussie, mais les scénarios sont débiles et mal emboîtés à force de chercher à construire un casse-tête chinois digne de Nolan. On notera tout de même l’excellente composition toute en retenue de Bruce Willis face à l’autre forcément plus protéiforme et agaçante de son acolyte de Split.
Après Jerry Lewis, les Français se sont trouvé un nouveau chouchou, génie incompris dans son pays… Bref, les vrais superhéros, ce sont ces gardes du corps debout quatre heures durant dans une salle inondée de vrombissements à la Hans Zimmer.
Et puisqu’en master glass, ce monsieur Nocturne indien nous demande de nous garder de commenter son film avant sa sortie (et puisque je suis ni à sa solde ni journaliste, mais comme je le trouve attachant et veux malgré tout lui faire de la publicité), un peu de lecture sur les bienfaits du spoil : Hymne au spoil.
Au terme donc des multiples redounements, sachez que c’est Mr Glass qui, d’une certaine manière, gagne la partie. Le spoil apporte une nuance, en incise ici, dont le sens ne se révélera lui-même qu’une fois la fin vue. Une information incomplète n’est pas une information, c’est un teaser. Pas de peur sans savoir, surtout quand ce savoir nous est parvenu… fragmenté. Désolé pour les prétendus aficionados du suspense : le principe du twist joue sur la surprise, non sur le suspense. Depuis Usual Suspect et Seven, la même dictature dramatique du redounement.
Mélo folklo-décoratif qui vaut surtout pour son finale tendu comme un slip de premier de cordée et pour le charme coquin (et la frousse) de Stroheim. Un bon directeur d’acteurs, il sait choisir les acteurs en fonction de leur emploi, et Stroheim acteur, son emploi, c’est les têtes de con. Pour un premier film, il nous la joue donc séducteur, mais il n’oublie pas de se garder le meilleur : la place du salaud (délogé sans ménagement de son piédestal). Avant de jeter l’argent par les fenêtres, faut donc songer qu’avant ça, le bougre s’était jeté lui-même dans le vide…
Qu’est-ce qui fait que les femmes sont toujours attirées par les beaux escrocs ? Un siècle que le cinéma se pose la question.
Début de réponse ici apportée par Browning, le maître de l’étrange : le justaucorps hypnotique à rayures de John Gilbert. La morsure, c’est celle presque de la guêpe. Bel exemple en tout cas d’histoire avec un « confidence man ».
À croiser avec American Gigolo et Pickpocket, pour le côté rédemption (passant par la femme aimée et dévouée à son imbécile d’escroc bien sûr).
Le Talion
Un peu comme si Conrad avait été dévoré par L’Inconnu. Après avoir joué les hommes-troncs, Chaney s’essaye aux culs-jattes. Acteur complet.
À croiser avec avec Lord Jim, La Folie Almeyer, et si ce n’est suffisant, on tentera toujours de croiser les bras.
The Deciding Kiss
Mélodrame classique avec un Browning appliqué et d’une sobriété étonnante. (Ni membre coupé, ni inceste consommé, ni maquillage gothique.)
Loin vers l’est
Mélo qui prend comme décor l’Orient pour une seule raison… : l’arme du crime. Gare au gorille.
La Marque du vampire
La seule marque dans le film, c’est celle de Carol Borland qui actualise le modèle de la vamp initié par Musidora dans les Vampires pour en faire l’icône gothique des adolescentes attendant de voir le loup.
Miracle for sales
Browning fait son Grand Sommeil. Pari réussi, on comprend rien à l’intrigue et on n’entendra plus parler de lui les vingt années suivantes.
Iron Man
C’est triste à voir mais Tod Browning, s’il sait placer parfaitement sa caméra, n’a aucun sens du rythme. Le muet lui allait mieux au teint.
Superbe travail de Douglas Sirk, excellente distribution, mais voilà, c’est Fuller à l’écriture, et ça tourne vite au nanar.
Quarante Tueurs
Voilà mon Fuller préféré. Le bon Sam ne peut pas s’empêcher de tirer des coups stupides avec son scénario, mais on va être compréhensif pour cette fois…
Ordre secret aux espions nazis
Fuller et ses grosses ficelles… Rarement vu un personnage féminin aussi mal dessiné avec des revirements à peine crédibles.
Le Kimono pourpre
« Samuel, ton objectif pour ce film est de t’en tenir à ton idée de départ. » « Et s’il y a une jolie actrice ? » « Pas d’initiatives personnelles. »
Et comme toujours, Sam déserte son propre film pour s’intéresser à tout autre chose.
Dressé pour tuer
Donc un chien qui tue trois ou quatre personnes après que ses dresseurs et propriétaires découvrent qu’il attaque les Noirs, on continue de chercher à le « dresser » alors que ses victimes baignent encore dans une flaque de sang ? Crédible. La logique de Fuller, on dira.
Les Bas-Fonds new-yorkais
Occupation favorite de Fuller, le prince des grosses ficelles : faire passer des chameaux dans le chas des aiguilles.
Les maraudeurs attaquent
Je crois que c’est encore le plus que je peux supporter du vieux Samy. Ça reste sobre malgré tout pour un film de guerre.
Violence à Park Row
Entre Capra et Citizen Kane, Fuller peine à faire rentrer son arbre de Noël dans une boule à neige. Il faut toutefois remarquer l’effort, l’audace même, de Fuller, capable en dehors du système des studios de pondre ce genre de films de sa poche. Manque malheureusement l’ampleur. Parce que c’est là le problème toujours de Fuller : si ses films sont si imparfaits, c’est qu’il les écrit, les monte et les produit seul comme si c’était des films de studio.
J’ai tué Jesse James
Superbe casting pour une première production, mais déjà un scénario bancal et un rythme qui s’enrayerait si la musique ne nous entraînait pas dans son sillage.
Le Baron de l’Arizona
Plus c’est gros, plus ça passe qu’on dit en matière de fraude. Fuller aurait dû toute sa vie se contenter de raconter des histoires d’escrocs. Pas fait pour la subtilité le Samuel.