Alain Resnais

 

La politique des monteurs… Génial metteur en images, en particulier dans des documentaires au cours des années 50, puis au début des années 60, parallèlement aux cinéastes de la nouvelle vague, Alain Resnais est-il un auteur ? Non. Il est le génial metteur en images qui contredit la pseudo théorie du cinéma de papa. Parce que Resnais a cessé d’être bon en devenant pleinement un « auteur ». Il est de ceux ayant toujours mieux travaillé en « collaboration », en « adaptation ». Le metteur en scène, met en scène… un auteur. Il ne se met pas (ou rarement) en scène lui-même. Si Resnais est bon, c’est bien parce que les auteurs, c’étaient les autres. Des « auteurs » par ailleurs (Duras, Robbe-Grillet) passés eux-mêmes à la réalisation, sans la même efficacité que Resnais. Oui, faire un film, c’est parfois mieux ensemble.

Classement :

10/10

  • Nuit et Brouillard
  • L’Année dernière à Marienbad… *
  • Hiroshima mon amour

9/10

  • L’Amour à mort
  • Smoking / No Smoking **

8/10

  • On connaît la chanson
  • Les statues meurent aussi
  • Toute la mémoire du monde
  • Guernica
  • Le Chant du Styrène

7/10

  • Mon oncle d’Amérique 
  • Le Mystère de l’atelier 15

6/10

  • Pas sur la bouche
  • Je t’aime je t’aime 

5/10

  • Loin du Vietnam 
  • Cœurs
  • Providence
  • Muriel ou Le Temps d’un retour 
  • La guerre est finie
  • Stavisky 
  • Les Herbes folles
  • Mélo

Films commentés (articles) :

Films commentés (courts articles) :


simples notes prépubères (1997) :

Stavisky

Une qualité indéniable à la réalisation, mais qui se limite cependant à une simple compétence formelle. Le reste est insignifiant. Les mouvements de caméra ou le montage restent sans intérêt face à une mise en scène qui traîne et manque de rythme : Resnais se noie dans sa propre soupe. On se désintéresse de l’histoire, trop compliquée, à peine concrète (drame du financement : rien de moins cinégénique), un drame suivi par la mise en scène comme si elle pouvait avoir un intérêt quelconque. L’émotion est donc inexistante, par le thème financier, et par la direction d’acteurs ; le style et le rythme trop clairs, incohérents, sans marques définies. Le film ne trouve pas son identité, entre film commercial néoclassique à la Truffaut et film intellectuel, abstrait, avec un rythme ralenti. C’est donc une sorte de Scarface à la française, marquée par l’insignifiance naturaliste, le manque de contrôle, d’intensité et d’identité.

Le cinéaste de Hiroshima mon amourMarienbadSmoking-No-Smoking, n’a pas fini de me décevoir. À croire que la qualité de ses films est uniquement due à la qualité de ses scénarios, que Resnais serait alors incapable de tirer réellement vers le haut. Un cinéaste compétent mais pas auteur.

À remarquer, Sacha Vierny, le directeur photo de Greenaway : comme le film, trop clair, pas assez identifiable.

Muriel, ou le temps d’un retour, Alain Resnais.

Quelque chose me rebute. Il y a trop de dialogues qui brouillent tout. On n’a pas le temps de nous identifier aux personnages, à l’action et aux thèmes abordés. « L’action » est trop dense, les dialogues évoquent trop. L’ambiance et l’esthétique me laissent froid comme un épisode de Cosmos 1999. On voit le talent évident, mais tout dans l’image rejette le spectateur en dehors du film.


O, Marienbad

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Alain Resnais

Sergeï Eisenstein

crédit Sergeï Eisenstein

Classement :

8/10

7/10

  • ¡Que Viva Mexico! – Da zdravstvuyet Meksika! (1979)
  • Le Cuirassé Potemkine (1925)

6/10

  • La Grève (1925)
  • Alexandre Nevski (1938)

5/10

  • Ivan le terrible 2 (1958)
  • Le Pré de Béjine (1937)
  • Octobre (1927)
  • Le Journal de Gloumov (1923)
  • La Ligne générale (1929)

4/10

  • Ivan le terrible (1944)

Sergeï Eisenstein

André de Toth

Crédit André de Toth

Classement : 

8/10

  • Crime Wave / Chasse au gang (1953)
  • Enfants de salauds (1969)
  • Pitfall/Le Piège (1948)

7/10

  • None Shall Escape (1944)

6/10

  • La Rivière de nos amours (1955)
  • Femme de feu (1947)
  • 5 H 40 (1939)

5/10

  • Two Girls on the Street / Két lány az utcán (1939)
  • Eaux dormantes (1944)

4/10

  • La Chevauchée des bannis (1959)

3/10

Films commentés (articles) :

Simples notes :

5 heures 40 (1939)

Énigme policière so british censée se dérouler à Paris avec les codes en usage de l’autre côté de l’Atlantique dans une production hongroise. La globalisation. (Excellente direction d’acteurs.)

Pitfall/Le Piège (1948)

Quintette à la Naruse qui tourne à l’américaine : cinq protagonistes, trois armes à feu, que pourrait-il se passer de mal ?

– Le mari, agent d’assurance, forcément lâche et coureur (code Hays oblige, la production l’a probablement affadi, quel honnête homme n’a pas fauté au moins une fois dans sa vie ?).

– Sa femme, rangée, digne, inflexible, jusqu’au jour où son homme lui avoue sa liaison (on peut regretter de ne pas la voir avec un pistolet à pâtisserie ; son arme à elle, ce sera les apparences : en bonne petite bourgeoise, elle décidera de faire comme si de rien n’était).

– La femme déchue, digne aussi, mais parce qu’elle est belle doit en payer les prix en attirant à elle les hommes lâches et dangereux (elle ne demandait rien d’autre que de finir elle aussi à proposer matin, midi et soir des œufs brouillés à son homme).

– Son fiancé, un vaurien, facilement manipulable et un poil trop « protecteur » (le genre de types à habiller sa poupée avec des cadeaux hors de prix et à ne pas supporter qu’on lève les yeux sur sa chose)

– Enfin, le manipulateur qui convoite la même femme que les deux autres et qui, éconduit, décide de se venger en resserrant un piège entre ses concurrents.

Comment l’équation se résout-elle si l’on considère qu’il faut y retrouver la fin du Repas de Naruse ? Indice : il faut toujours qu’un plan ne se déroule pas comme prévu (et le môme, à ma grande déception, ne détient aucun pistolet à eau).

Les dialogues sont remarquables, surtout au début (la banalité de la vie maritale montrée comme un polar). Et les acteurs le sont tout autant (j’ai parfois des réserves quant à son utilisation dans des films noirs, notamment dans Le Grand Attentat, mais sa nature quelconque sied exactement à ce personnage).

André de Toth

David Cronenberg

Classement :
 

10/10

9/10

  • La Mouche (1986)
  • Dead Zone (1983)

8/10

7/10

  • Les Promesses de l’ombre (2007)
  • A History of Violence (2005)
  • Vidéodrome (1983)
  • Scanners (1981)

6/10

  • Faux-Semblants (1988)
  • Le Festin nu (1991)
  • Chromosome 3 (1979)
  • eXistenZ (1999)
  • Frissons (1975)
  • Stereo (1969)
  • Cosmopolis (2012)

5/10

  • Crash (1996)
  • M. Butterfly (1993)
  • Les Linceuls (2024)

4/10

3/10

  • A Dangerous Method (2011)

*Films commentés (articles) :



David Cronenberg

Denis Villeneuve

crédit Denis Villeneuve

Classement :

10/10

9/10

8/10

  • Prisoners (2013)
  • Incendies (2010)

7/10

  • Premier Contact (2016)
  • Sicario  (2015)

6/10

  • Next Floor (2008)
  • August 32nd on Earth (1998)

5/10

  • Blade Runner 2049 (2017)
  • Enemy (2013)
  • Dune (2021)
  • Dune : deuxième partie (2024)

Films commentés (articles) :

Simples notes : 

Dune : deuxième partie (2024)

J’ai tendance à dire que le cinéma, c’est 99% du montage, mais puisque je suis fort en mathématique, j’ajouterais que le bon cinéma, c’est 99% de sous-texte aussi. Tout est au premier degré, il n’y a absolument jamais aucun double sens, le doute n’est jamais permis (alors même que le roman est avant tout un jeu politique). On appelle ça le ton sur ton aussi, ou le maniérisme, le sur-jeu, voire tout simplement l’incompétence. Rien n’a changé chez Villeneuve depuis Next Floor. Un chef maquilleur qui se propose de régurgiter à sa sauce toute la culture SF de ses aînés.



Denis Villeneuve

Peter Weir

Classement : 

10/10

9/10

  • The Truman Show (1998)
  • Pique-Nique à Hanging Rock (1975)

8/10

7/10

  • Le Cercle des poètes disparus (1989)

6/10

  • Master and Commander: De l’autre côté du monde (2003)
  • État second (1993)
  • Green Card (1990)
  • Witness : Témoin sous surveillance (1985)
  • La Dernière Vague  (1977)

5/10

  • Mosquito Coast (1986)
  • L’Année de tous les dangers (1982)

Commentaires :



Peter Weir

Gaspar Noé

crédit Gaspar Noé
Classement :

4/10

  • Irréversible (2002)

3/10

  • Enter the Void (2009)

2/10

  • Love (2015)

1/10

Commentaires simples :
Love (2015)

Noé se rêve en Kubrick lubrique mais ne sait travailler depuis vingt ans que les Nuances de rouge…

On aurait presque l’impression que le garçon ne cesse de refaire sa version ultra-vulgaire et sexualisée de Eyes Wide Shut. Du sexe, de la drogue, des personnages insupportables, et une histoire d’amour (ou de sexe, mais pour Noé, c’est la même chose manifestement) qui tourne en rond à n’en plus finir.

Ça pourrait ressembler à du Godard si Noé avait le moindre génie, mais même le sens de l’aphorisme de Godard, lançant des vérités molles toutes les secondes, Noé en est incapable. Rien que des répliques d’une banalité affligeante. Le pire dans tout ça, c’est encore l’habituelle vulgarité du bonhomme. Et il doit penser ça follement subversif.

Irréversible (2002)

Memento prise en levrette par le maître du mauvais goût et de la vulgarité.

Gaspar Noé