Hôtel Rwanda, Terry George (2004)

De la nécessité d’étiqueter

Hôtel Rwanda

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2004

Réalisation : Terry George

Avec : Don Cheadle, Sophie Okonedo, Joaquin Phoenix

Un peu tire-larmes, mais c’est pour la bonne cause. Pour en savoir un peu plus sur ce qui s’est passé pendant le génocide…

Au début, on est un peu agacé par l’accent de Don Cheadle, et puis finalement, on n’a pas le choix, on s’y fait.

On apprend donc très vite que la rivalité entre Hutu et Tutsi a été créée de toutes pièces par les colons belges qui ont décidé de délimiter les Rwandais en deux camps. Un peu comme ce qui s’est passé avec l’Inde et le Pakistan, sauf que là-bas, on les a différenciés sur des identités religieuses. Au Rwanda, les Belges, les ont différenciés sur des critères physiques : les grands d’un côté et les petits de l’autre, pour former les Hutus puis les Tutsis, ces derniers étant les préférés des colons belges… Et voilà comment du racisme, engendre de l’injustice et à nouveau engendre… du racisme…

En fait, c’est un peu comme si on séparait ceux qui ont les cheveux bouclés et ceux qui les ont lisses… Les enfants n’ayant pas forcément les mêmes critères esthétiques que leurs parents, impossibles de déterminer qui est quoi, vu qu’ils ont la même langue et ont la même culture, bref, c’est à l’origine une ethnie identique…

Voilà pour la première phase absurde. Ensuite, c’est une phase surréaliste, où comme le personnage principal, on voit venir, mais on n’y croit pas. En fait, tout est parti d’un animateur radio qui lançait les ordres à travers son émission, sa voix était comme une sorte de voix tombant du ciel (ou d’outre-tombe) qui animait le désir de revanche des Hutus, attisait la haine, et même donc, donnait les ordres d’exécution, parfois avec une précision diabolique ! La voix du diable… Dans un film, ça aurait été gros, mais non, c’est la vérité…

Hôtel Rwanda, Terry George (2004) | United Artists, Lions Gate Films, Industrial Development Corporation of South Africa

Le film prend le parti de s’attacher au destin de ce « juste » Hutu, directeur d’un hôtel de haut standing, qui est un peu contraint, au moins au début, de réfugier des Tutsis. Lui, tout ce qu’il veut c’est protéger sa femme tutsie, mais elle ne veut pas laisser sa famille…

Le plus ignoble, c’est de voir le désintérêt des pays occidentaux dès que les massacres commencent, puisque très vite, ils décident de partir, ne laissant plus qu’un ou deux casques bleus… — Bien sûr, pas de pétrole au Rwanda, ni même de café, de chocolat, d’or, rien.

Les scènes surréalistes et tire-larmes se succèdent, avec la super musique en toile de fond et un dénouement des plus heureux — pour nos héros (morale bien américaine où dans les films catastrophe le labrador à la fin de nos héros est retrouvé, et où en Afrique, deux ou trois enfants, valent bien un chien… — le plaisir cathartique du spectateur est sauf !).

Bref, tout ça est tout de même bien flippant.

C’est bien gentil de vouloir mettre des étiquettes sur chacun, comme si on était des pots de yaourt. C’est pratique, c’est sécurisant, on a l’impression comme avec un yaourt que puisqu’on sait que c’est un yaourt à la fraise, on aura moins de chance d’avoir de mauvaises surprises que s’il n’était pas étiqueté et qu’on ne savait pas à l’avance sur quoi tomber.

Réclamez à votre grande surface la mise en place de yaourts-surprises : ce qu’on veut c’est manger du yaourt, au fond le parfum on s’en moque… (sauf pour les yaourts goût cerise, ceux-là, on peut les exterminer — faire un génocerise vite et massif).



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Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004)

Une histoire de dette qui coûte chair

Le Marchand de Venise

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : The Merchant of Venice

Année : 2004

Réalisation : Michael Radford

Avec : Al Pacino, Lynn Collins, Jeremy Irons, Joseph Fiennes

Al Pacino en Shylock, ça fait rêver.

Ce n’était pas ma pièce préférée du dramaturge anglais quand j’étais adolescent, mais finalement, quand on y comprend quelque chose, c’est passionnant…

Le problème de la pièce, c’est que ça part dans tous les sens, il n’y a aucune unité d’action. Et en fait, on ne comprend qu’à la fin où veut en venir Shakespeare puisque les deux actions principales s’achèvent, et elles ont une thématique commune. En gros, faire des serments, des promesses, prendre des engagements, ce n’est pas bien… Parce que d’un côté, on a Shylock qui a passé un accord avec Antonio, un accord des plus étranges parce qu’il stipule que si Antonio ne rembourse pas une somme due à telle date, l’usurier juif pourra prendre en compensation une livre de chair ; et de l’autre, Portia qui veut éprouver la loyauté de son mari qui lui a… promis de ne jamais se séparer de son anneau de mariage… (L’île de la tentation avant l’heure — ou la crise de la dette, c’est selon).

D’ailleurs, j’émets une hypothèse : on n’a jamais su si Shakespeare avait réellement écrit ses pièces puisqu’on n’a pas de manuscrit et sa biographie est très incomplète… Et là, en voyant encore une fois une femme (Portia) qui a le beau rôle, qui fait tourner en bourrique son mari, et surtout qui mène tout le procès à elle seule alors qu’elle s’est déguisée en homme, on peut réellement se demander si ces pièces ne sont pas écrites par une femme. Ce serait d’ailleurs ironique de voir une Madame Shakespeare elle-même déguisée en homme à cette époque où, au théâtre, tous les rôles de femmes étaient tenus par des hommes… Portia était donc jouée par un homme qui jouait une femme travestie en homme ; mais si en plus, on imagine que Shakespeare elle-même jouait ce rôle de Portia, alors ça reviendrait à supposer qu’une femme jouait un homme interprétant une femme travestie en homme… D’accord j’arrête.

Que ce soit un travesti ou un hermaphrodite que ça ne m’étonnerait pas non plus… Ce serait son côté « ambisexualité »… Oui, on trouve toujours une chose et son contraire dans ses pièces. Tout est toujours extrême mais un même temps, indéfinissable : il est capable de faire des pièces romantiques comme des pièces effroyablement barbares, les personnages ont toujours une dualité qui les laisse dans le flou (Hamlet joue les fous, mais finalement n’est-il pas réellement dingue ? Y a-t-il de l’antisémitisme dans le Marchand de Venise ? Falstaff, gentil ou méchant ?… Et même… Shakespeare a-t-il écrit toutes ses pièces ? Était-il une femme ou un homme ?). C’est ça le génie…

Sinon, le film ? Il est bien.


Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004) Movision, Avenue Pictures, UK Film Council


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Bully, Larry Clark (2001)

2001: A Clark Odyssey

Bully Bully, Larry Clark (2001)Année : 2001

Liens :
IMDb iCM

MyMovies: A-C+

Réalisateur :

 

Larry Clark

 

Vu le : 27 juillet 2007

Avec  :

Brad Renfro, Nick Stahl, Bijou Phillips

Regardé sans grande conviction. Pour savoir ce que c’était qu’un film de Larry Clark.

Ça commence comme une chronique « à l’européenne » : on s’attache aux petites choses de la vie des ados. Puis les personnages prennent vite une dimension plus dramatique, moins futile. On sent que la relation entre les deux garçons couve quelque chose de pas bien joli. Rapport sado-maso entre deux amis d’enfance. L’un est un homo refoulé à l’éducation stricte (un peu cliché mais bon…) et qui se défoule sur son copain depuis des années. L’autre rencontre une fille qui, comme il faut s’y attendre, lui dit de ne plus se laisser faire… Et c’est là que ça commence dans le délire. On passe des scènes de cul entre ados pour le fun, aux scènes de machination du meurtre du méchant garçon, avec en toile de fond les copains et les copines qui se défoncent (dans tous les sens du terme). On ne semble pas trop y croire et pourtant si, ils sont tellement à côté de la plaque qu’ils sont déterminés à tuer leur petit copain. Une fois que le meurtre est fait, ils pètent tous les plombs. Ils manquent de discrétions et se font vite prendre.

La fin est glaciale : on comprend que c’est une histoire vraie quand on les voit tous dans le box des accusés et que défilent à l’écran les sentences… 7 ans, 11 ans, 40 ans… brrr.

Interdit aux moins de 16 ans. C’est pourtant fort instructif.


Citizen Kane, Orson Welles (1941)

Dernière lecture

Citizen Kane

Note : 5 sur 5.

Année : 1941

Réalisation : Orson Welles

Avec : Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore

— TOP FILMS

Revu il y a quelques semaines, et j’avoue y avoir compris des parties de l’histoire qui m’avaient laissé un peu indifférent lors des premiers visionnages. Ce qui frappe d’abord dans le film lors de ces premières visions, c’est la mise en scène, les procédés, les inventions visuelles, la maîtrise formelle, l’ambiance…, le génie le plus évident, celui qui saute à la figure. Mais en essayant de mettre tout ça de côté, j’y ai trouvé un autre intérêt en me focalisant sur le personnage de Kane.

Kane est passionnant grâce à ses contradictions. Il est animé par une faille ancienne, on le sait : tout ce qui est en rapport avec ce souvenir perdu du temps où il était libre, le temps où il pouvait jouer dans le jardin de ses parents dans la neige et où finalement personne n’attendait quoi que ce soit de lui. L’homme qui avait eu le besoin de tout posséder durant sa vie était animé par une quête impossible, celle de recouvrer ce dont il ne pourrait plus jamais avoir. C’est à la fois une perte que tout le monde peut comprendre parce qu’il n’y a rien dans le passé dont on puisse se saisir à nouveau — nécessaire à ce qu’on s’identifie à lui et le prenne en pitié (oui, oui) ; et c’est aussi la quête impossible de l’homme qui est arrivé au bout du bout de l’ambition et de la réussite (il y a quelque chose de vain et de terrible là-dedans). L’âpreté du rêve qui s’évanouit, la compréhension que tout n’est qu’illusions… Au cœur du récit, cette quête impossible se traduit par des contradictions assez fascinantes : l’homme toujours tiraillé entre ce qu’il doit être pour arriver à ses fins et l’homme qu’il aurait sans doute voulu être. Car si Kane est une crapule, il aurait voulu ne pas l’être. Les monstres ne naissent ni dans les boutons de rose ni dans les choux, on le devient, notamment à cause de blessures anciennes jamais refermées.

Citizen Kane, Orson Welles (1941) | RKO Radio Pictures, Mercury Productions

Au début de l’Inquirer, quand il fait sa déclaration de foi, son but est de faire sortir la vérité, de lutter pour la justice. On sent qu’il est prêt à n’importe quoi pour donner l’impression de combattre l’injustice. En se laissant aller à la facilité des titres accrocheurs, en propageant des ragots, il fera tout le contraire sans s’en rendre compte, et malgré les mises en garde de son meilleur ami. Si Kane était un salaud fini, personne n’accepterait de le suivre, ou de le comprendre. Et c’est bien le danger des pires salauds : ils sont dangereux non pas à cause de leurs intentions (elles sont au départ souvent vertueuses), mais parce qu’ils sont malgré les apparences, les certitudes, l’autorité, le pouvoir, assez peu maîtres ou conscients de l’inflexion néfaste qu’ils sont en train de donner aux choses. À l’image des hommes et de leurs civilisations qui quand ils sont unis, le sont le plus souvent pour le pire, se laissant griser par l’illusion d’une toute-puissance de masse à laquelle rien n’est impossible, rien ne résiste. L’impunité du gros comme de la masse.

On sait que Welles est un grand admirateur de Shakespeare. Il adaptera beaucoup de ses pièces. Jamais Hamlet. Pourtant chez Hamlet, il y a la même force de contradiction que chez Kane. Si Hamlet navigue tour à tour entre la folie et une grande clairvoyance, si on ne sait au fond quand il joue le fou et quand il semble l’être réellement, c’est que le dramaturge voulait décrire un homme, ou plutôt « l’homme », avec ses contradictions, jusqu’à l’extrême. Et quand Orson Welles crée des contradictions chez Kane, il fait la même chose : le thème de l’ambition, du pouvoir et de l’honnêteté, remplaçant celui de la folie et de la vengeance. Hamlet est une tragédie de l’action face au poids du passé, de sa réalité ; Kane l’est tout autant mais avec cette “hamartia”, cette erreur initiale, projetée à des origines bien plus lointaines, ne faisant plus de la quête (ou de l’errance) de Kane une enquête sur la certitude d’un crime ou d’une félonie, une introspection sur la manière d’y répondre (on s’en chargera pour Kane à travers les scènes d’intro), mais un simple souvenir, un gros méchant remord perdu dans les flammes ou une boule à neige. Kane et Hamlet sont deux princes à leur manière, des héritiers laissés impuissants face à la marche incontrôlée du monde. Il était évident autrefois que les princes puissent devenir les équivalents antiques des héros ; un peu moins pour un magnat de la presse. Kane n’est pas mis à distance de nous en étant cet ogre, en apparence, si inhumain, on s’identifie à lui au contraire beaucoup mieux parce qu’il est écrit comme un personnage antique placé face à une destinée capricieuse. Kane, ce n’est ni l’autre, ni l’étranger, ni le méchant, ni l’ambition punie, c’est bien nous. L’homme avec ses doutes, ses remords, ses illusions perdues, sa responsabilité et sa culpabilité. À l’image cette fois d’Œdipe qui nous questionne sur notre filiation (est-il mon père, ma mère, mon fils ?) et donc jette un trouble sur toutes nos actions, il en devient insupportable pour Kane de voir le chemin parcouru en comprenant qu’il n’a toujours cessé de s’éloigner de son point de départ. Œdipe, c’est la tragédie d’un retour aux sources. Kane la tragédie d’un retour impossible. Œdipe se demande ce qui peut causer autant de trouble dans la cité alors que c’est sous ses yeux ; Kane ne cesse d’être en recherche de ce qu’il a perdu, dévorant tout au passage pour être plus certain d’y arriver, ne pouvant se résoudre à ce que ce qu’il recherche n’existe plus, nulle part, sinon dans ses souvenirs.

Ainsi, en rachetant l’Inquirer, Kane dit bien qu’il veut faire éclater la vérité, il pourrait presque même se retrouver en Mr Smith, héros moderne de la démocratie. Les intentions sont louables. Mais quand on lui suggère qu’une affaire actuellement jugée en procès n’est pas aussi simple à juger qu’il n’y paraît, il ne veut rien savoir, grisé par sa volonté de « faire sortir la vérité ». Et il condamne l’homme sans attendre le verdict.

Autre exemple, quand son adversaire politique à une élection lui propose de se retirer de la campagne sans quoi il dévoilera sa liaison extraconjugale, Kane refuse de céder au chantage, peut-être parce qu’il se fait une haute opinion du peuple capable de comprendre la situation, peut-être parce qu’il pense encore pouvoir manipuler l’opinion à travers son journal, peu importe, ce refus est tout à son honneur. Mais quand il perd au soir de l’élection, on voit deux “unes” dans son journal. Le directeur de publication hésite « Kane battu haut la main » ou « Fraude ! » et dit préférer la première, mais ce sera finalement la seconde qui sera imposée par Kane, montrant là le côté le plus obscur de son personnage. Il fait payer par une injustice, ce qu’il vit comme une injustice. Sa résistance au chantage et son honnêteté ne l’auront pas aidé à gagner. Alors on ne l’y reprendra plus.

Personnage fascinant. Même les crapules ont des raisons de l’être, ce n’est pas un choix, mais une réaction à une faille originelle. Une faille qui pousse certains hommes à lutter sans cesse entre la part de devoir qui fait qu’on doit se montrer à la hauteur quand on vous met entre les mains un pouvoir qu’on n’a pas cherché à conquérir (et que Kane pourtant fera fructifier jusqu’à l’absurde) et la part de passion, de nostalgie, de rêve, de reste de moralité. Une lutte qui rend la quête du pouvoir de Kane vaine, absurde et par conséquent humaine et universelle.


Micro de la bande-annonce de Citizen Kane (1941)

Thief, le Solitaire, Michael Mann (1981)

Le Solitaire

Thief

thief-le-solitaire-michael-mann-1981Année : 1981

Réalisation :

Michaël Mann

8/10 IMDb  iCM
Listes :


MyMovies: A-C+

 

Avec :

 

James Caan
Tuesday Weld
Willie Nelson
 
 
 
Vu le 5 juillet 2007

Je ne suis pas un grand fan Michael Mann d’habitude (même si j’ai adoré Collateral), mais j’ai beaucoup apprécié ce film. Par certains côtés, ça a un peu vieilli, la musique notamment qui est datée. C’est un néo noir, une histoire classique cent fois vues (le mec qui veut faire un dernier casse pour se ranger, mais ça tourne mal…).

Tout l’intérêt du film est en fait dans son écriture : les dialogues notamment, qui font penser aux Sopranos, avec un style réaliste, très imagé, une sorte de Tarantino au premier degré, plus noir, et plus désabusé…

Encore un film avec James Caan — il n’a pas fait que des navets à l’époque (après…).


Sugarland Express, Steven Spielberg (1974)

Pare-chocs pétrolier

Sugarland Express

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1974

Réalisation : Steven Spielberg

Avec : Goldie Hawn, Ben Johnson, Michael Sacks

Juste après Duel, Spielberg continue sur la voie publique. Cette fois, ce n’est plus un thriller, mais la cavale d’une femme et de son mari qu’elle est venue choper dans un pénitencier de quartier, tous deux légèrement benêts comme on n’en rencontre que dans l’Amérique profonde.

La mère s’est mise dans l’idée de récupérer son gamin qui lui a été enlevé par l’assistance publique. Mais elle et son jules pensent se faciliter la tâche en se faisant accompagner par un jeune flic qu’ils prennent en otage.

Et rendez-vous à Sugerland… Tout un programme. Une sorte de terre promise qui n’existe pas. La quête de l’impossible…

Tout le Texas se prend de passion pour cette femme qui veut récupérer son gamin à l’autre bout de l’État. Des centaines de voitures de flics les suivent à travers la campagne sans pouvoir rien faire parce que le chef de la police refuse qu’on tente quoi que ce soit contre ces “mômes”…

Image surréaliste quand les fugitifs (toujours suivis de trois cents bagnoles) traversent une petite ville sur le chemin de leur paradis. Accueillis en héros, ils reçoivent des cadeaux, et c’est une véritable kermesse qui se met en place pour les soutenir dans leur étrange périple.

Sugarland Express, Steven Spielberg (1974) | Universal Pictures, ZanuckBrown Productions

Quand ils arrivent à Sugarland, ils n’y trouvent pas leur gamin, mais la tragédie — une tragédie attendue, écrite à l’avance…

Spielberg avait déjà le ton et l’humour juste, celui des grands, comme cette scène dans laquelle les tireurs d’élite arrivent chez la famille d’accueil du môme, et la femme voyant tout leur arsenal, dans son vestibule, après un petit temps de réflexion et de légère panique, décide de prendre un grand vase qui traînait là sur une table de l’entrée et de le mettre en sécurité. Ça ne dure qu’une seconde, à la fin de la scène, c’est un détail dans le plan, la caméra ne filme pas la scène en gros plan, mais c’est tellement drôle — le souci du détail cocasse, subtil…

Tellement surréaliste que c’est une histoire vraie. Forcément. Sinon personne n’y aurait cru…

Goldie Hawn joue un personnage que reprendra vingt ans plus tard sa fille dans Almost Famous : déjantée, fofolle et capable de tout.

Et déjà avec la musique de… John Williams.



Sur la Saveur : 

Vers le Nouvel Hollywood

Listes sur IMDb :

MyMovies: A-C+

Liens externes :


Maria, pleine de grâce, Joshua Marston (2004)

Maria, pleine de grâce

Maria Full of GraceMaria Full of GraceAnnée : 2004

Liens :
IMDb  iCM
Réalisateur :

 

Joshua Marston

 

7/10

Avec  :

Catalina Sandino Moreno

Vu le : 25 mai 2007

L’histoire de ces « mules », ces Colombiennes dont se servent les narcotrafiquants pour faire passer la drogue aux États-Unis en la cachant dans leur estomac.

Tout est dans le résumé. On a droit au film auquel on s’attendait, et on n’est pas déçu : entre cinéma naturaliste social et thriller. Plus hitchcockien que le genre de films de mafieux qu’on voit aujourd’hui : certaines séquences sont faites d’une tension retenue avec le suspense comme le définissait le maître du genre et dont le terme a depuis été repris pour n’importe quelle situation qui se révèle tendue. En fait la tension dans le film naît de ce qu’on sait de ce qui va se passer et non de la peur de ce qui pourrait se passer. Les filles devront tout d’abord avaler les capsules pleines de drogues, puis monter dans l’avion et faire comme si de rien n’était, passer la douane sans sourciller : si tu ne montres suspect, tu meurs…

Ces scènes « à faire » sont parfaitement réussies. Une fois à New York, le film prend une autre couleur, et une nouvelle dramaturgie se met en place — très réussie elle aussi.


Panique à Needle Park, Jerry Schatzberg (1971)

 

The Panic in Needle Parkpanique-a-needle-park-jerry-schatzberg-1971Année : 1971

 

Réalisation :

Jerry Schatzberg

7/10  lien imdb
 

Vu le : 10 mai 2007

Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables de 1971

Vers le Nouvel Hollywood

Le film a sans doute convaincu Coppola de prendre Al Pacino dans le Parrain.

Le premier film important de Pacino donc (indépendant bien sûr). Il y fait… du Pacino. C’est censé être un acteur de composition, mais il fait depuis plus de 30 ans tout le temps la même chose. Cherchez l’erreur.

Le film est bon mais ce n’est pas un chef-d’œuvre. Dans la veine de ce qui se faisait à l’époque, façon nouvel Hollywood : glauque et très naturaliste, très chronique du quotidien (ou Journal d’une femme camée). Ça reste un peu timide malgré tout, superficiel. Dans le même genre on a vu mieux et avec un peu plus de second degré (Macadam Cowboy). L’Épouvantail me paraissait bien meilleur…


Panique à Needle Park, Jerry Schatzberg 1971 The Panic in Needle Park | Gadd Productions Corp.Didion-Dunne


Tristan + Iseult, Kevin Reynolds (2006)

Mon cop1 va clack-er

Tristan + IsoldeTristan + Isolde Année : 2006 

6/ 10

IMDb  iCM

Réalisation :

Kevin Reynolds

Avec :

James Franco
Sophia Myles
Rufus Sewell

(Encore un titre pour nous rappeler le kitchissime Roméo + Juliette).

Pour ce que c’est, là aussi ce n’est pas trop mal. Un film sans grande ambition (en même temps, ce n’est pas avec ce mythe qu’on va casser la baraque) et à voir comme un film de Kevin Reynolds, c’est-à-dire comme un vieux machin. D’habitude tout juste apte à réaliser des grandes productions en aquaplaning (casse-gueule) avec son ami Kevin, il veut se racheter une conduite en faisant simple et c’est tout à fait ce qu’il fallait pour cette histoire moyenâgeuse. Ça reste un petit film et c’est mieux comme ça.

En plus, c’est bien parce qu’on en apprend un peu plus sur ce mythe archi connu mais dont j’avoue je ne connaissais pas vraiment l’histoire (il me semble avoir une vieille adaptation française, mais je sais plus ce que c’est ni si c’est vraiment ça).

James Franco en revanche… je suis loin d’être convaincu. Il était moyen en fiston triste ou en colère dans Spiderman : là c’est tout pareil, on a du mal à y croire… Ah, les jeunes premiers, c’est pas ce qu’il y a de plus facile à jouer…

Mais en dehors de ça, c’est très agréable à suivre, et puis là encore, non, non, pas une bombe, ni un canon, ce n’est pas le genre à vous taper dans l’œil avec de la poussière effervescente, mais celle qui joue Yseult est vraiment très bien. Pas la plus belle femme du monde mais beaucoup de charme, de douceur… la femme rêvée quoi, pas du genre à sortir ses lolos à n’importe quel naufragé sur la plage (quoique… elle le connaît à peine qu’elle se frotte à lui toute nue ! — désolé, je déflore encore le canevas du film… — je la rhabille tout de suite…).


La Source, Ingmar Bergman (1960)

La Source

Jungfrukällan
Année : 1960

Réalisation :

Ingmar Bergman

Avec :

Max von Sydow
Birgitta Valberg
Gunnel Lindblom

10/10 IMDb

— TOP FILMS

Top films scandinaves

Listes IMDb :

Limguela top films

MyMovies: A-C+

Une trame simple mais véritablement coup de poing. Sur un sujet très dur (le viol sur « boucle d’or » donc ce qu’il y a de plus méprisable, et ensuite « l’auto-justice »). Brrrr ! Un Chien(s) de paille à la sauce Bergman, et un petit côté Kurosawa aussi, surtout dans l’esthétique, la manière de filmer et de montrer les personnages, avec beaucoup de retenue, de distance… Et cette esthétique, d’une caméra avec une grande profondeur de champ (qui ne met pas en valeur des détails, mais regarde sans juger) et ces bois très clairs qui font penser aux bois de Rashomon.