Amours chiennes, Alejandro González Iñárritu (2000)

Amours chiennes

Amores perros Année : 2000

Réalisation :

Alejandro González Iñárritu

6/10  IMDb

J’aime pas les clebs. J’ai vraiment du mal avec Inarritu… Babel, ça peut aller, mais celui-là, comme 21 grammes, me laisse froid. Cette nécessité de devoir raconter plusieurs histoires en même temps, à part créer un effet superficiel en créant du lien là où il n’y en a pas, ou pire, quand il pourrait y en avoir sans faire tout ce cirque, je ne vois pas très bien l’intérêt. Dans Babel, si je me rappelle, il y a un lien signifiant, là, c’est juste des clebs, autant dire un prétexte de film à sketchs. Et comme les différentes histoires sont assez inégales, ça fait un film bancal.

Inarritu aime les mythes. Après Babel… un dahu de film. Les deux premières histoires sont assez ennuyeuses, voire assez stéréotypée pour la première. Heureusement que la troisième avec le terroriste vagabond on s’en sort avec un peu d’imprévu (il a un contrat, il le refuse et met les deux mecs l’un en face de l’autre pour « qu’ils s’expliquent »).

On sent l’influence dans l’écriture de Tarantino et, comme d’habitude, il n’a pas inspiré que les meilleurs. Chez Tarantino, tout est sophistiqué, même cette volonté d’entremêler les histoires dans Pulp fiction, ça participe au ton du film : cool et ironique. C’est superficiel, c’est un jeu, mais ça n’a pas prétention à être autre chose. On retrouve d’ailleurs la même utilisation de l’accident de voiture (vu encore dans deux ou trois autres films us…). Sans compter qu’il y a chez Tarantino, un goût pour l’épure de l’image et du design qui m’a toujours fasciné, un peu comme un adolescent avec une chambre parfaitement rangée, avec chaque objet à sa place, son utilité, rien qui déborde, aucune place pour les peluches, la poussière, les déchets, etc., et une forme de hiératisme et de saturation des couleurs qui tendent vers la peinture. Du Edward Hopper presque. Là, je capte pas le sens du film, ni le ton d’ailleurs, et le design est une vraie déchetterie. Trois histoires de clébards, et c’est tout. Enfin, la première est une histoire de clebs, ensuite, il y a des clebs…

Je préfère les minous.


Amours chiennes, Alejandro González Iñárritu 2000 | Altavista Films, Zeta Film


Still Life, Jia Zhangke (2006)

A Touch of Avventura

Sanxia haorenStill Life, Jia Zhangke (2007) Année : 2006

7/10  IMDb  iCM

Réalisation :Jia Zhangke

Avec :

Zhao Tao
Lan Zhou
Han Sanming

Naturaliste ? Pas tout à fait. Il y a de la poésie dans ce film. Il y a même deux ou trois plans-séquences pour le moins oniriques.

J’avoue ne pas avoir bien compris les enjeux du film, ce parallèle entre les deux personnages à la recherche de leur femme, ou mari, dans la Chine contrastée de la région du barrage des Trois gorges. Leur quête est inexplicablement hypnotique. C’est du spectacle parce que le rythme est ralenti, non pas par le jeu des acteurs, mais par la mise en scène, le montage et le choix des séquences. On dirait du Antonioni. Tout semble anodin mais tout est dans la perception que se font les personnages principaux de cette réalité. Blasés, calmes, déterminés dans leur recherche, mais imperméables à toutes les vicissitudes qu’ils traversent sans sourciller. L’incommunicabilité oui, il y a un peu de ça. L’incommunicabilité, l’abandon ou la perte, face à un environnement oppressant et vide. L’avventura. Là, c’est plus une forme de renoncement à la révolte, un refus du conflit, avec le contraste de ces personnages qui tracent la route sans fléchir vers leur objectif.

Captivant donc. Comme la sagesse d’une lionne restant imperturbable quand ses lionceaux se battent pour la meilleure mamelle. Zen.

Note : Jia Zhangke reproduira le même style de mise en scène dans A Touch of Sin, passant imperceptiblement d’Antonioni à Gus Van Sant, ou Haneke, en s’emparant de la thématique du meurtre de masse. Incommunicabilité toujours. Quant à l’actrice, Zhao Tao, égérie de Jia Zhangke, est à voir également dans l’excellent La Petite Venise.


Still Life, Jia Zhangke 2006 | Xstream Pictures, Shanghai Film Studios


La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008)

La Journée de la jupe

La Journée de la jupeAnnée : 2008

Réalisation :

Jean-Paul Lilienfeld

B-/10  IMDb

Listes :

Films français préférés

MyMovies: A-C+

Une nouvelle fois, Arte sort un de ses téléfilms au cinéma.

Beaucoup aimé pour ce que c’est (un petit film cherchant à viser juste, sans s’éparpiller, sans grandes ambitions non plus), en dehors de la performance d’acteur de quelques-uns, Denis Podalydès en tête… Mais les élèves sont convenables et Isabelle Adjani, c’est Adjani… l’une des meilleures actrices françaises avec Catherine Deneuve et Isabelle Huppert.

Le thème est fort. Il y a certaines répliques bien vues. Une tension incessante, des revirements inattendus et une révélation finale qui sonne juste.

Un film sur la société. Indispensable. Parce que ça a le mérite de poser tout un tas de problèmes.


La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008) | Mascaret Films, ARTE, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)


Frozen River, Courtney Hunt (2008)

Frozen River

Frozen RiverAnnée : 2008

Réalisation :

Courtney Hunt

7/10  IMDb

Après le naturalisme à la française, à la chinoise, voici le naturalisme froid et glauque à l’américaine…

Pas passionnant mais ça se laisse regarder. Une mère de famille est amenée à suivre une Indienne Mohawk dans son trafic de clandestin pour se faire un peu de blé. Les trafics se font de nuit, à travers le territoire de la réserve. Il faut passer la frontière du Canada en voiture en roulant… sur un fleuve gelé. L’Amérique de la misère.

Le ton est assez juste, le sujet original, mais c’est vraiment bien glauque. Pas un brin d’humour ni d’espoir. À côté un film français, c’est Hollywood.

Frozen River, Courtney Hunt 2008 | Cohen Media Group, Frozen River Pictures, Harwood Hunt Productions


Cœurs, Alain Resnais (2006)

Cœurs

CœursAnnée : 2006

Réalisation :

Alain Resnais

5/10  IMDb

Vu janvier 2011

Sans doute le plus mauvais d’Alain Resnais…

Son truc de vouloir recréer un monde en studio trouve là ses limites. Ça marche quand le sujet est parfaitement non naturaliste comme dans Smoking /No smoking. Ici, c’est encore théâtral, mais il y a des scènes qui ne peuvent pas être réussies avec l’artifice du studio et du minimalisme : les scènes où Lambert Wilson et Isabelle Carré sont bourrés, ça ne peut pas passer, impossible à rendre dans un univers BD. Surtout en plan large et sans montage, donc sans tension et sans direction. Impossible à jouer pour des acteurs sans être ridicules.

Un vrai désastre.


Danny Balint (The Believer), Henry Bean (2001)

Danny Balint

The Believer Année : 2001

Réalisation :

Henry Bean

5/10  IMDb

Le petit frère de American history X. Ou comment vouloir avec des grosses ficelles faire passer un message gnangnan, comment enfoncer des portes ouvertes, comment utiliser un fait divers pour faire avaler une histoire peu crédible, ou comment ajouter des effets visuels pour dire que c’est aussi un film, ou comment expliquer l’inexplicable.

On n’explique pas tout. Expliquer, c’est lourd. Expliquer, ce n’est pas du cinéma. Il y a sans doute plus de profondeur dans le nouveau Toy Story, et en tout cas plus de plaisir et de maîtrise…


Danny Balint (The Believer), Henry Bean 2001 | Fuller Films, Seven Arts Pictures


Uzak, Nuri Bilge Ceylan (2002)

Uzak

Uzak Année : 2002

Réalisation :

Nuri Bilge Ceylan

5/10  IMDb

 

Une seule chose à retenir de ce film très moyen sur un plouc turc venant rejoindre un cousin à Istanbul pour trouver du travail… Les deux sont paumés… Le Stambouliote est fan de Tarkovski, comme le cinéaste semble-t-il, et pour obliger son cousin à aller au lit parce qu’il se ferait bien un film de cul, il lui met Stalker. Une autre fois, il regarde seul le meilleur film de Tarko, Le Miroir…, il semble apprécier le cinéaste soviétique mais la lenteur ne fait pas tout, ce qui fait le charme de Tarko c’est la qualité visuelle et poétique des images… Là, pas grand-chose à part deux ou trois sourires et l’ennui.


Rapt, Lucas Belvaux (2009)

Rapt

Rapt Année : 2009

Réalisation :

Lucas Belvaux

5/10  IMDb

C’est quoi le sujet du film ? Belvaux veut traiter un fait divers ? Décrire toutes les faces d’un rapt en le décrivant point par point ? Ce n’est pas très clair… Parce que si c’est le fait divers, ça n’a de sens que si on s’attache à l’après rapt et surtout si on maintient l’ambiguïté sur le personnage principal, à savoir si oui ou non il a commandité son propre enlèvement comme les médias ou la culture populaire finira par le penser. Aucun doute possible ici : on suit tout, on sait tout (en fait rien parce qu’il n’y a rien à savoir : ça ne va pas plus loin que l’enlèvement crapuleux, ça ne vole donc pas très haut, et on ne nous laisse même pas l’occasion de nous imaginer autre chose, le pire…). L’angle intéressant du film, il était là, l’après : le mec qui se retrouve tout seul après son enlèvement, croyant avoir l’appui de sa famille, ou du moins retrouver normalement son job et ne pas être lynché dans les médias. Ça aurait été intéressant : un sujet à la Fritz Lang, sur l’injustice de se faire juger après un tel drame ; une sorte de double peine. On a ça que pendant vingt minutes à la fin…

Il faut bien dire aussi que les acteurs, en dehors d’Yvan Attal et d’Anne Consigny, sont très mauvais. Comment ne pas l’être avec des répliques aussi creuses ou des personnages aussi mal définis et stéréotypés…


Le Secret de Térabithia, Gábor Csupó (2007)

Le secret derrière l’affiche

Le Secret de Térabithia

Bridge to Terabithia

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : Bridge to Terabithia

Année : 2007

Réalisation : Gabor Csupo

Avec : Josh Hutcherson, AnnaSophia Robb, Zooey Deschanel

Et un film pour enfants, un ! Eh ben, c’est vachement bien ! Parfois, c’est un peu tiré par les cheveux, parce qu’en fait, c’est un peu l’histoire des deux gosses qui se réunissent dans une forêt et qui y imaginent un monde enchanté…, donc c’est moyennement crédible. Mais le film tient surtout par les relations entre la jeune fille qui est une sorte de fée qui à l’air de savoir tout sur tout et le garçon qui apprend tout d’elle. Deux marginaux en fait. Forcément attachants, et comme d’habitude, c’est la fille qui sait toujours tout…, un peu comme dans la vraie vie (et comme dans Shakespeare… — normal, c’était une fille : personne n’a vu… hum).

Ça me fait penser un peu à Man in the Moon de Mulligan avec la craquante Reese Weetherspoon (devenue casse-pieds avec l’âge). C’est un peu la même atmosphère, les joies et les découvertes de l’adolescence, l’envie d’apprendre et de découvrir des choses sans se laisser corrompre par le monde des adultes…, et déjà avec un drame à la fin…

Les deux acteurs principaux, sont excellents. On peut même y ajouter la toute petite actrice qui doit avoir six ou sept ans, qui joue la sœur du garçon et qui a une présence hallucinante… Le garçon est toujours juste et la fille est incroyable aussi de maturité et de charme. C’est le sosie de Keira Knightley (avec un peu plus de viande).

Pas un chef-d’œuvre, peut-être pas non plus un grand film, mais un excellent film pour enfants, qui ne les prend pas pour des crétins… Dommage pour tout le côté « merveilleux » qui foire un peu le film. C’est plus un film sur l’amitié à l’âge où on ne pense pas encore à se rouler des patins et où on a fini de se tirer les couettes… Un âge qui ne dure pas longtemps, mais pour ceux qui ont connu ça, c’est sans doute le meilleur âge de la vie — là où il y a le moins de tension (justement parce qu’on fait la paix avec le sexe opposé et qu’on n’est pas encore l’esclave de ses hormones…

Le film est aussi un hommage aux bouseux : les pauvres gens de la ville n’y comprendront rien parce qu’il faut avoir erré dans les bois, avoir grimpé aux arbres, fabriqué des cabanes, être tombé dans la boue, pour apprécier ce film.

Note : Le film n’a rien à voir avec l’affiche ou la bande-annonce… C’est bien un drame de l’adolescence, un film sur les rêves, un mélo peut-être. C’est un vrai film, pas un gros marshmallow pourri par les effets spéciaux. Disney préfère vendre un faux film et faire des entrées à travers une bande-annonce trompeuse, plutôt que d’envoyer les bons spectateurs dans les salles… Heureusement que le film vaut mieux qu’eux…


Le Secret de Térabithia, Gábor Csupó 2007 | Walden Media, Hal Lieberman Company, Lauren Levine Productions Inc.


Paréidolie ou porte vers l’imaginaire ?


Liens externes :


Locataires, Kim Ki-duk (2004)

… … …

Bin-jip Année : 2004

Réalisation :

Kim Ki-duk

8/10  IMDb

Vu en août 2009

— TOP FILMS —

Top films coréens

Listes sur IMDb :

Limguela top films

MyMovies: A-C+

(Puisque je n’avais plus de mot après la vision de ce film, je partage les commentaires de ma petite sœur Titi. Son enthousiasme est un peu plus communicatif que le mien.)

Oh yoïyoï !…

Alors, si ça c’est pas un film magnifique ! C’est pas du Im Kwon-taek, c’est encore moins bavard…

Ah nan, purée c’est trop bon un truc comme ça, ça donne envie de se taire et de respirer le silence qu’il y a entre les touches de mon clavier.

……

AHHHHHHHHHHHHHH ! J’ai envie de pleurer tellement c’est bô !

Le plus grand film muet de tous les temps !

Ah, la, la… ce réalisateur coréen, il a un jardin japonais dans le cœur…

Pff, alors des films comme ça en France, depuis la fin de Bresson, j’attends toujours… On aime bien blablater parce que, vexés de ne pas avoir inventé le cinéma parlant, il a fallu qu’on invente le cinéma blabla… pfff… Eh ben voilà, le cinéma maintenant, celui des images, des actions, des mythes, ça fait quinze ans qu’il est en Asie.

À partir de maintenant je m’appelle Lim Gwoan-Taek !

(rah, cette chute !… bon d’accord, je n’ai pas de petite sœur Titi, mais parfois, on a envie de serrer les coudes et de trépigner comme un idiot.)


Locataires, Kim Ki-duk 2004 Bin-jip | Kim Ki-Duk Film, Cineclick Asia, Happinet Pictures