Enlevez-moi, Léonce Perret (1932)

Enlevez-moi

Enlevez-moi
Année : 1932

Réalisation :

Léonce Perret

Avec :

Jacqueline Francell
Roger Tréville
Jean Devalde
Arletty

8/10 IMDb

Listes :

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Que du bonheur ! La joie de vivre à la française et de la screwball pailletée d’opérette dans une boucle certes plus courte que dans le film de Capra mais qui rappelle furieusement la belle escapade de New-York-Miami.

C’est déjà les femmes qui mènent la danse. Avec Jacqueline Francell qui rappelle qu’à une époque certaines femmes parlaient uniquement en voix de tête (merci les oreilles), et avec son exacte opposée (quoi que), en tessiture mais pas seulement, façon titi parisien, la voilà, c’est elle, qui déménage tout sur son passage, un tempérament qui mourra avec son cul international et avec la collaboration pour de bon avec les cow-boys dont on adoptera tous les usages… c’est elle, Arletty, symbole de toute une France qui s’évapore, et qui ici seulement commençait. Viens là mémère que je t’embrasse !…

« Rahé maié non, coquin ! t’exagères ! Roh… ! puisque t’insistes, alors j’veux bien ! Tiens, céktula pavolé, mon limounet… J’tadore. Allez, encore. Encore j’te dis. Maié tu vas v’nir, andouille !… Là, comme ça. Hein, c’est-y pas merveilleux, c’qu’on est bien tous les deux. »

De la comédie musicale ? Que nenni ! De l’opérette, et de la bonne. Dans la screwball, il y a un peu de vaudeville à la française, eh bien tout est là. Certes, Léonce Perret ne trouve pas forcément toujours le ton parfait dans le burlesque, il tire parfois un peu sur la corde, et c’est surprenant malgré tout de le voir si à l’aise avec sa caméra ou le sonore, mais que c’est bon. Parce que surtout, c’est bien écrit, et que c’est parfaitement idiot. Tout un art.

Une vraie perle que je ne serais pas allé chercher tout seul. Merci la Cinémathèque…

(On sent aussi beaucoup de cette atmosphère dans les films japonais des années 30 de Hiroshi Shimizu : la joie de vivre, la petite musique, et les passages d’opérette en moins bien sûr.)