Le Concert, Radu Mihaileanu (2009)

Le Concert

Le Concert Année : 2009

Réalisation :

Radu Mihaileanu

7/10  IMDb

Difficile de choisir le genre du film. Comédie, mélo, comédie musicale… La forme est clairement une comédie, après il y a tous les éléments du drame pour en faire un bon tire-larmes (ça marche d’ailleurs), et en même temps la musique bien sûr est partout… Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, ou plutôt je pensais que tout le film serait un concert… J’ai donc été étonné de voir les quatre cinquièmes du film.

Une franche comédie donc, parfois assez lourde avec des scènes un peu invraisemblables, des revirements assez faciles (Miou-Miou qui décide qu’après tout il faut que la violoniste joue…). Scénario assez mal fichu dans sa structure, mais peu importe, on s’amuse pas mal au final, et on prend pas mal de plaisir dans la scène de fin du concert.

Toute l’histoire russe, le secret, etc. c’est vraiment du n’importe quoi, pour mieux le traiter et rendre ça plus vraisemblable, plus lyrique, il aurait fallu y mettre une demi-heure de plus de film, prendre le temps de créer de vrais personnages. Or là, c’est déjà dur de faire jouer ensemble des acteurs de différentes nationalités…, alors les faire jouer des scènes charnières pour développer leur personnage, surtout en voyant la qualité assez médiocre de la direction d’acteurs (Miou-Miou est nulle comme d’habitude quand il n’y a pas de réal derrière), ça aurait été impossible.

L’histoire dramatique perd d’ailleurs pas mal d’intensité ou de crédibilité à côté du ton assez proche de la farce qu’on a pendant tout le film. Mélange des genres assez dangereux donc. Mais encore une fois, peu importe, on prend du plaisir et c’est le principal pour ce genre de film (oui chui bon public).


Le Concert, Radu Mihaileanu 2009 | Oï Oï Oï Productions, Trésor Films, France 3 Cinéma


Moon, la face cachée, Duncan Jones (2009)

Moon

Moon Année : 2009

Réalisation :

Duncan Jones

7,5/10  IMDb

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Bon film de science-fiction, assez dickien (psycho-paranoïaque).

Sam travaille sur la face cachée de la Lune pour une entreprise qui fournit la plus grande partie de l’énergie de la Terre via de l’hélium 3 récupéré par des moissonneuses. Sam a un contrat de trois ans qui arrive à son terme et est pressé de rentrer chez lui. Une moissonneuse tombe en panne, il part à sa rencontre, mais il a un accident…

Sam se réveille dans la station, son fidèle Gentry, robot à tout faire est à ses côtés : « Tu as eu un accident Sam, repose-toi. » Sam entend par hasard Gentry parler avec la Terre alors que les communications directes sont impossibles à cause d’une panne de satellite. Sam interroge Gentry mais celui-ci ne lui répond pas. Sam se rend compte que deux moissonneuses sont à l’arrêt. Gentry lui interdit d’aller voir quel est le problème. La Terre envoie une mission pour réparer tout ça. Mais Sam n’en fait qu’à sa tête et décide de sortir. Dans l’une des moissonneuses, il découvre un corps encore en vie et le ramène à la base. Il interroge Gentry : « Qui est ce type ? » « C’est Sam, Sam ».

Ah, ah, ah.

Ensuite, ce n’est pas du tout un thriller SF comme on pourrait le penser, mais plus une recherche sur leur identité, jusqu’à ce qu’ils comprennent dans quelles galères ils sont, et surtout comprennent qui ils sont… Une sorte de Sisyphe guettant le réveil des marmottes dans un monde où il n’y a pas de saison. Très plaisant. Et l’art design, même réduit au nécessaire, est à la hauteur de ce qu’on réclame dans ce genre de production.


Moon, la face cachée, Duncan Jones 2009 | Sony Pictures Classics, Stage 6 Films, Liberty Films UK , Xingu Films, Limelight, Lunar Industries, Independent


Rapt, Lucas Belvaux (2009)

Rapt

Rapt Année : 2009

Réalisation :

Lucas Belvaux

5/10  IMDb

C’est quoi le sujet du film ? Belvaux veut traiter un fait divers ? Décrire toutes les faces d’un rapt en le décrivant point par point ? Ce n’est pas très clair… Parce que si c’est le fait divers, ça n’a de sens que si on s’attache à l’après rapt et surtout si on maintient l’ambiguïté sur le personnage principal, à savoir si oui ou non il a commandité son propre enlèvement comme les médias ou la culture populaire finira par le penser. Aucun doute possible ici : on suit tout, on sait tout (en fait rien parce qu’il n’y a rien à savoir : ça ne va pas plus loin que l’enlèvement crapuleux, ça ne vole donc pas très haut, et on ne nous laisse même pas l’occasion de nous imaginer autre chose, le pire…). L’angle intéressant du film, il était là, l’après : le mec qui se retrouve tout seul après son enlèvement, croyant avoir l’appui de sa famille, ou du moins retrouver normalement son job et ne pas être lynché dans les médias. Ça aurait été intéressant : un sujet à la Fritz Lang, sur l’injustice de se faire juger après un tel drame ; une sorte de double peine. On a ça que pendant vingt minutes à la fin…

Il faut bien dire aussi que les acteurs, en dehors d’Yvan Attal et d’Anne Consigny, sont très mauvais. Comment ne pas l’être avec des répliques aussi creuses ou des personnages aussi mal définis et stéréotypés…


Démineurs, Kathryn Bigelow (2009)

Pétard mouillé

Démineurs

Note : 3 sur 5.

Titre original : The Hurt Locker

Année : 2009

Réalisation : Kathryn Bigelow

Avec : Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty

Je ne suis pas mécontent de voir si peu de films contemporains. C’est ça la grande qualité du cinéma américain ? Ça et… Avatar ? Ce n’est pas forcément un mauvais film… Je ne vais pas dire non plus que c’est un film mineur, mais la guerre, blabla…, rien à foutre de la guerre, montrée comme ça… Un film de guerre, c’est un film contre la guerre, c’est une vilaine satire contre les cons donc contre nous-mêmes, et tout autre chose ne saurait être que considéré que comme mineur, ou minable. Ce n’est pas de la politique, c’est une histoire de goût. Je constate. Viendra peut-être un jour où j’envisagerais d’un bon œil les nouveaux conflits créateurs de grands films ; pour l’instant, sans ce regard sur la guerre, je doute de pouvoir regarder un de ces films sereinement.

Les faux films à thèse pour éviter justement le prétexte d’un banal film d’action dans un contexte explosif, ça va cinq minutes. Ouh là là, la guerre, c’est une drogue, les soldats sont des camés… Merci, on le savait déjà en voyant Voyage au bout de l’enfer avec Christopher Walken accro aux jeux de hasard et qui ne pouvait se contenter de la Française des jeux… Si le Cimino est un chef-d’œuvre, c’est qu’il y a un contrepoint à cette folie : avec le personnage de De Niro (voire la présence féminine de celui de Meryl Streep). Là, on a qu’un point de vue, celui du mec camé à l’adrénaline (les Cahiers du cinéma pourront dire que c’est un thème cher à la réalisatrice…). C’est du cinéma endoscopique, pour des sujets ça peut en effet procurer un certain intérêt, quand ça ne fait qu’ajouter à la grossièreté du sujet, ça devient vulgaire. Ça me laisse perplexe. Je n’arrive pas à m’identifier à un mec comme ça. Et je n’arrive pas à m’intéresser pour de tels sujets qui me semblent sévèrement torchés pour des anus nourris à la testostérone. La guerre comme fantasme, l’odeur du sang, du risque, non merci.

Démineurs, Kathryn Bigelow 2009 | Voltage Pictures, Grosvenor Park Media, Film Capital Europe Funds (FCEF )

Je le répète, le film est loin d’être mauvais. Les soldats sont accros à la guerre, OK (ça ne doit pas être la majorité des cas en plus, la plupart doivent subir ce qui leur arrive). Mais un film qui a tout l’air d’être à thèse pour dire une telle banalité, ça ne va pas bien loin. Le premier sourcil se lève par politesse tandis que l’autre n’en a déjà plus rien à faire. On pourrait trouver dans le film un pur plaisir de spectateur. C’est moins con que le film de son ex-mari, mais Avatar était ouvertement un pur divertissement. Démineur se veut hybride, et au final on ne sait pas ce que c’est. J’avais déjà l’arrière-train qui était resté coi devant Jarhead, je n’ai vraiment pas le béguin pour ces films. Si la Bigalow voulait dire que certains soldats prenaient du plaisir à la guerre, il fallait y aller à fond et ne pas être timide sur la connerie des personnages. C’est juste mou du genou et ça sue l’ennui. Loin des connards de militaires qu’on peut voir dans Apocalypse Now (le personnage de Duval) ou dans Full Metal Jacket… Ça, c’est du cinéma. De là, à penser que la Bigelow est elle-même accro à ce qu’elle dénonce…, bah, je n’en suis pas loin. Ce film, c’est quoi pour elle ? Elle veut se prouver que l’adrénaline, c’est une drogue, et elle nous fait son petit témoignage de camé aux bouffeurs de sensations fortes anonymes ? Je ne capte pas. Et on ne peut même pas se raccrocher au(x) personnage(s) : les relations et leur développement sont quasi nuls. Tout repose sur les scènes de déminage ou de missions — une fois le type tente de rechercher les terroristes qui avaient utilisé son pote comme bombe humaine, mais ça ne va pas plus loin. D’ailleurs, c’est peut-être ça qui sauvera pour moi le film dans quelques années : en faire un film à la loupe sur une profession, à la Bresson, sans psychologie, sans sentiments, à la Pickpocket en somme. Il faudra le revoir dans dix ans, si le film se bonifie, parce que là, ce n’est pas loin d’être un pétard mouillé (pas étonnant parce que chez moi, l’adrénaline, la drogue, ça n’évoque pas grand-chose).

Peut-être que chaque spectateur a un sexe, et que celui-ci ne correspond pas toujours à ses parties génitales. Et alors je dois être un peu gouine sur les flancs parce qu’un film sans jupe, sans bout de téton qui dépasse, sans jambes, sans reins, sans chevelure, sans le sourire d’une femme ou sans son petit regard perdu ou en coin, je digère mal. Tout film est un petit moment de séduction où on n’a rien à faire d’autre qu’ouvrir la boîte à fantasmes et se laisser faire. Tu veux, tu veux pas, c’est l’autre qui fait le travail et qui prend tous les risques. On joue à se laisser séduire. Ça n’engage à rien, on sait que l’expérience une fois finie, on repassera de l’autre côté. Et quand vient alors l’heure des constats ou des explications, va expliquer ce qui te touche au plus profond…



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A Serious Man, Joel Coen et Ethan Coen (2009)

Coen épaisse

A Serious Man

Note : 2.5 sur 5.

Année : 2009

Réalisation : Joel Coen et Ethan Coen

Depuis Fargo, ont-ils fait un film intéressant ? Je ne crois pas. Toujours bien écrit, bien construit, mais il manque un petit quelque chose qui donne de la chair aux bons films. Toujours le même problème, ça ne va pas assez loin.

Le héros principal a des emmerdes, OK, mais ça ne semble pas être insurmontable, c’est le quotidien de beaucoup de gens. Les enchaînements d’emmerdes c’est assez commun. Ce qui fait la force d’un film comme After Hours par exemple, c’est qu’on est fixé sur un personnage, on s’identifie beaucoup mieux ainsi, et ses ennuis montent crescendo. La restriction temporelle permet paradoxalement de prendre son temps, car on n’a pas à se familiariser après chaque ellipse avec une nouvelle situation. Et le cinéma des frères Coen picore de plus en plus, à vouloir condenser une action dans un temps long, on ne comprend pas et on ne s’identifie plus à rien (c’est le problème de beaucoup de productions pseudo-indépendantes d’ailleurs).

On ne sait pas trop si le sujet, ce sont les emmerdes du personnage, les situations loufoques avec les différents rabbins, ou encore la « duplicité quantique » (on dira) des événements. Le personnage principal est professeur en mathématiques et on le voit au début énoncer la fameuse expérience du chat de Schrödinger où la bébête est à la fois morte et vivante dans cette situation (je n’ai jamais rien compris à la mécanique quantique). Et le film semble se terminer volontairement ainsi, si bien qu’on reste un peu sur notre faim ne sachant pas de quoi il retourne… Vouloir illustrer une telle expérience dans un film…, c’est juste maboul, on n’y comprend que dalle. Bref, ils n’ont pas été sérieux sur ce coup-là les frères Coen… Croire que le public puisse comprendre l’allusion, et en plus, comprendre la physique quantique à travers le film, c’est juste heu…, bah tiens, à la fois con et intelligent.

Il n’y a rien de plus chiant qu’une œuvre qui se prend au sérieux, mecs (surtout dans un film qui est présenté comme une comédie — certes à la Coen).

J’attends qu’ils cessent de nous pondre des “parcours” de personnages sans intérêt, et qu’ils reviennent à la mise en scène de faits divers, à des portraits d’hommes perdus dans une situation inextricable. Les Coen, c’est de la série B bien exécutée qui détend là où satire. Je n’ai pas envie de voir autre chose.


A Serious Man, Joel Coen et Ethan Coen 2009 | Focus Features, StudioCanal, Relativity Media

 


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