Break-up, érotisme et ballons rouges, Marco Ferreri (1965)

Scènes de la vie conjugale

L'uomo dei cinque palloni

Note : 4 sur 5.

Break-up, érotisme et ballons rouges

Titre original : L’uomo dei cinque palloni

Année : 1965

Réalisation : Marco Ferreri

Avec : Marcello Mastroianni, Catherine Spaak

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Film rare et ce que j’ai vu de plus digeste du bon Marco jusque-là.

Le ton du film flirte en permanence avec l’absurde et la futilité d’une obsession qui finira par tuer Marcello. Une de ces morts inéluctables, plus symboliques, voire paradoxalement nécessaires, que réellement tragiques. La satire, la farce, permet cette distance avec la mort.

La preuve encore que c’est rarement la finalité d’une quête qui importe, ni même parfois son sens, mais bien le parcours emprunté jusque-là. Car le plus étrange, c’est moins l’intérêt que Marcello porte à ses ballons (et à l’air qu’ils peuvent contenir) que les rapports qu’il entretient avec sa jeune mariée. Tout peut être prétexte, ou matière, à discussion. On peut regarder le comportement des animaux dans un zoo en étant fascinés, et on éprouve un peu la même fascination ici pour cette vie de couple, plus faite de petits gestes, d’attentions, de jeux, de bisbilles, que de grandes envolées dramatiques.

Il y a ici certaines des séquences les plus belles et les plus justes décrivant les relations entre amoureux. Beaucoup d’ingéniosité (de Mastroianni essentiellement), de tendresse et de jeux entre deux acteurs magnifiques (la femme de Marcello est jouée par Catherine Spaak, quelques années après Le Fanfaron).

Le film est en noir et blanc en dehors d’une séquence ajoutée plus tard et plutôt inutile dans une boîte de nuit où Mastroianni se trouve perdu au milieu d’une orgie de ballons multicolores…


 

Break-up, érotisme et ballons rouges, Marco Ferreri 1965 | Compagnia Cinematografica Champion, Les Films Concordia


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Les Arpenteurs, Michel Soutter (1972)

Conte divers

Les ArpenteursAnnée : 1972

Réalisation :

Michel Soutter

7/10  IMDb

Cent ans de cinéma Télérama

Avec :

Marie Dubois, Jean-Luc Bideau, Jacques Denis

Sympathique. On dirait du Rohmer joué comme du Bresson torché par du Blier. Autrement dit des histoires de culs amusantes, des dialogues très écrits flirtant avec l’absurde, joués de manière très distante, voire fausse. La distribution est malheureusement inégale, mais Marie Dubois et Jean-Luc Bideau, c’est quelque chose. V’là de l’acteur.

Un petit avant-goût des répliques. Un type demande à Léon (Bideau) à quoi on reconnaît une pute. « Je crois que ma voisine, c’est une pute. Tu pourrais me dire toi, si c’en est une ? – Ah, je crois bien, je suis pas sûr. – Tiens, regarde cette photo, à ton avis, c’est une pute ça ? – Ah… je dirais qu’il y a des chances oui. – C’est ma femme. – Ah, excuse-moi ! »

Du Blier joué comme du Bresson, et ça donne comment Rohmer aurait toujours dû écrire et diriger ses films. Avec l’insolence et la fantaisie qui va avec.


Les Arpenteurs, Michel Soutter 1972 | TSR Group 5


Le Piano d’acier, Meng Zhang, Bo Gao (2010)

Piano d’acier, piano de velours

Gang de qin
Année : 2010

Réalisation :

Meng Zhang & Bo Gao

Avec :

Qianyuan Wang
Yongzhen Guo
Shin-yeong Jang

9/10 IMDb iCM

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Entre Kusturica et Imamura. Pas loin des bras cassés du Pigeon aussi. Un ton (l’insolence permanente, l’énergie) et un style (des travellings latéraux, en avant, en arrière mais toujours rectilignes comme sur une chaîne d’assemblage). Une histoire vue et revue (un père réuni des potes pour construire un piano a sa fille pour éviter qu’elle rejoigne sa mère après leur divorce), mais une exécution parfaitement maîtrisée. Une utilisation de la musique… russe folklo-punk (je n’y connais rien) presque sidérante de justesse. Mais surtout, surtout, des personnages… v’là les abrutis sympathiques…

 

Le Piano d’acier, Meng Zhang, Bo Gao 2010 Gang de qin | Perfect World Pictures, Dalian Hung Yuan Film & TV, Etoile Pictures


Si l’on mariait papa, Frank Capra (1951)

Si l’on mariait papa

Here Comes the Groom
Année : 1951

Réalisation :

Frank Capra

Avec :

Bing Crosby
Jane Wyman
Alexis Smith
Franchot Tone
James Barton

9/10 IMDb iCM

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Plus une screwball comedy qu’une véritable comédie musicale (Robert Riskin — NewYork-Miami, Vous ne l’emporterez pas avec vous — est de la partie). Ç’a peut-être quinze ans de retard (y compris sur l’âge des acteurs), mais ç’a le bon goût de rester en noir et blanc, et quel bonheur… À croire que Gene Kelly a piqué toutes les expressions de Bing Crosby et que Jane Wyman n’a pas eu la carrière (comique) qu’elle méritait, plus abonnée par la suite aux mélodrames sirupeux. Le moindre second rôle est un régal. Pas l’ombre d’un personnage antipathique. Et un bel exploit, trouver un gosse de dix ans parfaitement bilingue et être capable de nous décrocher chaque fois un sourire… Le sourire d’ailleurs, il ne nous quitte pas tout au long du film.

Si l’on mariait papa, Frank Capra 1951 Here Comes the Groom | Paramount Pictures


To Live and Die in L.A., William Friedkin (1985)

Calipolarnie

To Live and Die in L.A. (Police fédérale, Los Angeles)Année : 1985

Réalisation :

William Friedkin

8/10  IMDb

Eh bien voilà dans quoi je l’aime le vieux Willy, dans les polars balourds et renégats. C’est sale, ça pue le fric, la drogue et le vice, mais c’est ça — aussi — la Californie. Un petit polar sans prétention ça ne se refuse pas. Et Willy ne cherche rien à faire d’autre que de suivre la longue tradition des crime films à l’américaine. Il s’efface derrière son sujet, il met très bien en images et en rythme les quelques séquences d’action, que demander de plus ? On n’a jamais demandé à Willy d’être un génie, juste de faire le job. Et il le fait justement quand il ne se prend par pour autre chose.

To Live and Die in L.A., William Friedkin 1985 | SLM Production Group, New Century Productions, United Artists


Sa dernière culotte, Frank Capra (1927)

Pan aux mimes

Note : 4 sur 5.

Sa dernière culotte

Titre original : Long Pants

Année : 1927

Réalisation : Frank Capra

Avec : Harry Langdon, Gladys Brockwell, Alan Roscoe

Je dois avouer que je ne connaissais pas Harry Langdon (vu un seul autre film avec lui avant cela) et la performance de clown, de pitre naïf, d’adulte touché par le syndrome de Peter Pan, m’a assez bluffé. Le jeu de mimiques copiant toute la gestuelle maladroite et innocente d’un gamin de six ans est sidérant de justesse. Un personnage de clown bien rodé comme on n’en voit plus aujourd’hui malheureusement. C’est probablement un des personnages les plus touchants de l’époque de muet avec Charlot. En tout cas dans celui-ci.

L’histoire est parfaitement grotesque. Harry se laisse prendre par les charmes d’une Bonnie et la rejoint pour être son Clyde sans comprendre le moins du monde dans quoi il est embarqué. Pire, on lui promet le bonheur avec une petite fille charmante que pourtant… lui ne peut pas voir — copiant par là tout l’attirail des marmots trouvant toutes les filles insupportables. Pour échapper à sa coquine le jour de son mariage, il décide donc ni plus ni moins de l’assassiner dans les bois… Lunaire.

La plupart des gags réussissent à merveille. Le burlesque à son meilleur, et le plaisir pour moi d’avoir découvert ce clown pour le moins original.


Sa dernière culotte, Frank Capra 1927 Long Pants | Harry Langdon Corporation


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Les Indispensables du cinéma 1927

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The Younger Generation, Frank Capra (1929)

 Transmutation

The Younger Generation

Année : 1929

Réalisation :

Frank Capra

5/10 IMDb   iCM
Avec :

 

Jean Hersholt
Lina Basquette
Ricardo Cortez

Film sans grand intérêt tant son caractère hybride entre film muet et sonore en fait un objet pour le moins étrange et bâtard…

Ce qu’il y a de pire c’est encore toutes les séquences sonores dans lesquelles les acteurs peinent à trouver le rythme et le ton juste.

La fin échappe encore à tout ce marasme avec déjà une forme de vision optimiste dans la tragédie propre au cinéaste de La vie est belle.

Ce n’est pas une comédie, plutôt un drame bourgeois, un conte moral… L’argent ne fait pas le bonheur. Du Capra, oui, mais très brouillon.


The Younger Generation, Frank Capra 1929 | Columbia Pictures


Les Plaisirs de l’enfer, Mark Robson (1957)

No dolls, no valley

Peyton Place
 Peyton PlaceAnnée : 1957

Réalisation :

Mark Robson

Avec :

Lana Turner
Lee Philips
Lloyd Nolan
Arthur Kennedy
Russ Tamblyn
Terry Moore

8/10 IMDb iCM

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Brillant. On retrouve paradoxalement pas mal d’éléments de La Vallée des poupées (un paradoxe parce que La Vallée est une torture). La fine couche qui sépare parfois ce qui est subversif et ce qui est vulgaire…

C’est osé pour 1957 (viol, inceste, suicide, avortement illégal, éducation sexuelle, désir sexuel des célibataires, etc.), mais c’est toujours traité de manière très juste. C’est bien la notion d’auteur qui explose, parce que tout ça on ne le doit pas à Robson (les risques du classicisme), mais au sujet, à l’intrigue initiale adaptée d’un roman, à l’excellent casting (peut-être vu une des scènes les plus justes jouées par des « jeunes premiers » entre Russ Tamblyn et Diane Varsi), tout ce qui était déjà probablement bien vulgaire dans le roman initial de… La Vallée des poupées

De la flamboyance des années 50 à la vulgarité de la décennie suivante.


Les Plaisirs de l’enfer, Mark Robson 1957 Peyton Place | Twentieth Century-Fox, Jerry Wald Productions


La Soif de la jeunesse (Parrish), Delmer Daves (1961)

La Soif de la jeunesse

Parrish

Année : 1961

Réalisation :

Delmer Daves

6/10 IMDb   iCM

 

Avec :

 

Claudette Colbert
Troy Donahue
Karl Malden
Dean Jagger
Connie Stevens
Diane McBain

Le film a presque vingt ans de retard et vingt minutes de trop.

Typique donc des films hollywoodiens de l’époque (le film a été présenté à la cinémathèque dans le cadre d’une rétrospective sur le Hollywood décadent des années 60 principalement). Des actrices vieillissantes (Claudette Colbert), des jeunes beaux et jolis, du sexe suggéré, des couleurs et de la musique criardes, la vie des petits riches, et… au milieu de toute cette peinture artificielle, Karl Malden, qui avec sa seule présence, sa capacité à jouer des personnes tout en nuances (salauds comme ici, mais pas trop) arrive à rendre parfois le film intéressant.

Autrement le mélange des intrigues romantiques et personnelles (ambition) ne marche pas vraiment, la première partie étant consacrée au premier aspect et la seconde au second.

Ces années 60 à Hollywood sont bien laides.


 

La Soif de la jeunesse (Parrish), Delmer Daves 1961 | Warner Bros.


Fais de beaux rêves, Marco Bellocchio (2016)

Les poings sur la couture du pantalon

Fai bei sogni Année : 2016

Réalisation :

Marco Bellocchio

5/10  

On s’emmerde royal. Rien à sauver, le cinéma italien est mort. De tels sujets, on pourrait en écrire des dizaines dans chaque famille. La petite différence, peut-être, c’est que tout le monde ne peut pas l’exposer dans un journal et émouvoir ainsi toute l’Italie avec des mots.

C’est assez souvent le problème des récits tournant autour d’une introduction qui nous prend un peu un otage pour le reste du film : « c’est une histoire vraie ». À croire que plus les mauvais films s’enchaînent avec en préambule cette saloperie, plus les cinéastes cherchent à y avoir recours. Vincere, pour être un biopic était déjà un peu sur la même ligne, et Buongiorno, Notte y était totalement mais on était déjà plus dans un fait divers criminel voire politique. Faut être un peu flemmard pour relayer de telles histoires, on cherche à surfer sur un contexte qui précède le film, ce qui autorise alors le cinéaste à faire n’importe quoi. Un peu pénible.

Le seul moment de grâce du film, c’est la scène des devoirs du gosse qui regarde sa mère amoureusement, qui elle le séduit comme si c’était son jules. Là c’est du cinéma, ça dérange, il dépasse la ligne des convenances, et ça reste beau sans être vulgaire, parce qu’on peut le comprendre. Mais dès qu’on entend plus parler de la mère et qu’on navigue d’une époque à une autre, vu qu’on se fout totalement de ces personnages et de leur vie commune, on laisse tomber et on attend que ça se passe.

Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel.


Fais de beaux rêves, Marco Bellocchio 2016 Fai bei sogni | IBC Movie, Kavac Film, Rai Cinema


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