Naomi Kawase

Naomi Kawase

5/10

  • Suzaku (1997)

4/10

  • Les Délices de Tokyo (2015)*

3/10

  • Shara (2003)

2/10

  • Voyage à Yoshino (2018)

*simples notes :

Les Délices de Tokyo (2015)

Cette manière affectée de surligner chaque intention, chaque élément psychologique pour bien insister sur les sentiments des personnages, c’est le genre d’amateurismes qui me rebute au plus haut point. Ça se confirme, Kawase n’a pas un grand talent, pire, elle pense en avoir ce qui lui fait faire des choses grossières qui me donneraient presque envie de vomir.

Il faut reconnaître que le scénario n’a déjà rien de bien subtile, mais tout est surligné, maniéré. Le ton sur ton, c’est peut-être la faute de goût qui me débecte le plus dans le cinéma, et c’est d’autant plus pénible dans un cinéma japonais qui peut très vite y tomber, mais chez qui paradoxalement, les meilleurs éléments sont précisément des maîtres dans l’art du doigté. La mise en scène, c’est comme la cuisine, c’est pour beaucoup une question de proportions. Et ça, jamais Kawase n’a su bien doser ses effets, raconter les choses avec subtilité, distance, en dire juste assez pour laisser le public faire le reste.

Il y a une forme d’hybridation grossière entre mièvreries américaines où tout est explicité au public pour qu’il comprenne à chaque seconde les moindres éléments de l’histoire et de la situation et entre une distance, ou une lenteur artificielle, inutile, mal maîtrisée, qui donne à son cinéma ce jeu si affecté, dénué de charme et de spontanéité, voire de mystère et de retenue, qui me plonge, franchement, dans un dégoût de chaque instant à la vision de ses films. Ils sont une véritable torture pour moi. Quand je vois qu’ici, le sujet ne pas si mauvais (du moins, on peut le penser au début), et puis très vite Kawase nous impose ses lourdeurs, ses effets sans grâce, son manque de tact, sa direction suspecte… Comme l’impression d’être à la place d’un professeur corrigeant le devoir d’un dyslexique qui se prendrait pour un prix Nobel de littérature. À chaque mot, une faute grossière, et ça, pendant dix pages. Épuisant…

 

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