Robert Wise

Classement :
10/10
- West Side Story (1961)
9/10
- Nous avons gagné ce soir (1949)
- Le jour où la terre s’arrêta (1951)
8/10
- Le Mystère Andromède (1971)
- Ciel rouge / Blood on the Moon (1948)
- Le Coup de l’escalier (1959)
- Je veux vivre ! (1958)
- La Tour des ambitieux (1954)
- Né pour tuer (1947)
- Deux sur la balançoire (1962)
7/10
- La Mélodie du bonheur (1965)
- La Ville enchaînée (1952)
6/10
- La Canonnière du Yang-Tsé (1966)
- La Maison du diable (1963)
- La Maison sur la colline (1951)
- Star Trek, le film (1979)
- L’Odyssée du sous-marin Nerka (1958)
- La Malédiction des hommes-chats (1944)
5/10
- Marqué par la haine (1956)
- Le Récupérateur de cadavres (1945)
Films commentés :
Notes simples :
Deux sur la balançoire (1962)
Adaptation d’une excellente pièce de théâtre traitant d’un sujet rare, voire jamais vu dans le cinéma d’Hollywood sous restrictions du code : la vie et la reconstitution sentimentale après un divorce. Une telle écriture, on en redemande tous les jours. Le choix du noir et blanc se révèle crucial pour ne pas tomber dans la romance acidulée. Le film propose d’ailleurs un procédé plutôt efficace pour jouer pleinement la carte du studio (et de la théâtralité) : le split screen sans effet spécial, les décors des deux appartements semblant avoir été construits dans le même studio. La magnifique lumière est également à signaler, à la limite de la surexposition. Mais le principal atout du film reste ses deux acteurs. J’ai déjà dû dire mille fois combien j’étais fasciné par le talent de Shirley MacLaine. C’est un clown au féminin qui possède l’incroyable capacité à jouer comme un personnage de dessin animé, à exprimer dix choses différentes en moins d’une minute, mais son aisance et sa spontanéité lui permettent toutes ces audaces et cette fantaisie si précieuse dans des films naviguant entre comédie, romance et drame. Elizabeth Taylor avait été pressentie pour tenir le rôle, et vous avez tout de suite un film bien plus pesant. La pitre au visage de Pierrot tire sur ses 91 ans. Félicitations. À signaler enfin que le film est produit par la Mirisch Company, une société ayant particulièrement mis en valeur l’actrice dans les années 60 puisqu’elle produisait Wyler, Wise et Wilder, avec La Rumeur, La Garçonnière, Irma la douce.
La Tour des ambitieux (1954)
Rare exemple de thriller d’entreprise servi par un casting de rêve. Le vingtième siècle a peut-être raté une occasion de développer un genre passionnant. La lutte du pouvoir est au centre de tout, mais à travers un petit jeu de succession à la tête d’une grande société qui n’est pas sans rappeler les pièces historiques de Shakespeare, il est surtout question ici d’éthique et de philosophie de l’entreprise. Le secteur de l’entreprise n’ayant pas tant que ça changé, le sujet apparaît aujourd’hui follement contemporain. Le plaidoyer du designer en chef lors de la réunion du conseil de direction visant à se faire élire à la place du directeur financier qui ne pense qu’aux intérêts des actionnaires sonne comme une réponse au monologue écrit par Ayn Rand pour la fin du Rebelle. Le designer rappelle que leurs employés ont fini par avoir honte de produire des meubles de mauvaise qualité tandis que le directeur financier défend une réduction des coûts et donc une baisse de la qualité des produits d’entrée de gamme. Le client et les employés avant les actionnaires… Il faut lancer une coopérative, mon frère ! Tu vas te faire bouffer par la finance.
À souligner aussi qu’il y a un point sur lequel évidemment le film n’est plus du tout à jour : tous ces produits sont actuellement produits à l’étranger là où la main-d’œuvre est bon marché. Aujourd’hui, l’entreprise se limiterait, au mieux, à la conception et à la vente, et sur plusieurs décennies, cela permettra à l’économie américaine de se tourner vers les services, l’énergie, la culture et la technologie de pointe. À la manière d’Ayn Rand, un certain agent orange à la Maison Blanche semble nostalgique de cette Amérique qui produisait des meubles et des crayons à papier.
La Ville enchaînée 1952)
Un bon film de série B inspiré d’un fait réel (comme plus tard Je veux vivre !) et mettant en scène un journaliste en prise avec la mafia dans une petite ville des États-Unis. Le point de départ reprend (ou initie, difficile à savoir) un trope du thriller paranoïaque qui me semble avoir été repris à foison dans les années 70 (au moins dans À cause d’un assassinat), celui du journaliste recueillant la parole d’un témoin paniqué qu’il ne croit pas et qui finit par remonter le fil de l’enquête après la mort suspecte de ce même témoin.
En dehors du thriller indépendant assez bien mené, le film se fait surtout remarquer par son réalisme rendu possible par de nouveaux objectifs permettant de tourner sur place. Wise semble même avoir saisi l’occasion de ce tournage loin des studios pour reproduire les expérimentations de Joseph H. Lewis sur Gun Crazy sorti deux ans plus tôt pour filmer à l’intérieur des véhicules (Cf. mon article sur les transparences).
Marqué par la haine (1956)
Paul Newman jouant un Italien décérébré : l’Actors Studio à son meilleur…
Je suis étonné de l’unanimité autour de Marqué par la haine. J’ai peut-être perdu l’habitude de voir des grosses productions hollywoodiennes des années 50, mais le côté survitaminé me paraît outrageusement forcé. Paul Newman en Italien, c’est comme voir Delon imiter l’accent italien pour Rocco et ses frères. The Set-Up est tout de même plus digeste. Et que dire en comparaison du traitement fait à Body and Soul par certains spectateurs ?… Marqué par la haine est un film classique, une grosse production, à la différence de Body and Soul et de The Set-Up qui sont des films noirs. Le même classicisme m’avait épouvanté dans Cinderella Man. Tous les clichés y passaient. Dans The Set-Up, les clichés sont là, mais c’est un film noir fauché donc leur portée reste limitée (le thème et les personnages, parce que pour le reste, on est obligés d’inventer entre les lignes, et c’est là que ça devient intéressant). Dans sa structure, Body and Soul est peut-être classique aussi, sauf que c’est clairement aussi un film noir, plus ancré dans les années 40, moins surfait que certains films des années 50. Il est moins ramassé que The Set-Up, plus sophistiqué, et bien sûr moins optimiste aussi (vive l’Amérique des Cinderella Men).
Les Récupérateurs de cadavres
Bela Lugosi et Boris Karlof réunis dans un même film autour du sosie de Patrick Duffy.
Lien externe :