Liebelei, Max Ophüls (1933)

Note : 4 sur 5.

Liebelei

Année : 1933

Réalisation : Max Ophüls

Avec : Paul Hörbiger, Magda Schneider, Luise Ullrich

Leçon n° 1 pour réaliser un film : choisir une bonne histoire. Comme disait Kubrick à propos des musiques de film, pourquoi se contenter du médiocre ? Ophüls aura donc adapté tout au long de sa carrière Maupassant, Schnitzler, Goethe, Zweig… La forme, Max.

Direction d’acteurs au top. On comprend d’où vient Ophüls avec son incroyable savoir-faire à diriger et choisir ses acteurs. Luise Ullrich notamment est phénoménale. C’est théâtral, car ça donne beaucoup à voir, les personnages sont construits avec de nombreux gestes et attitudes pour identifier leur personnage (chose qui malheureusement s’est perdue dans les nouvelles méthodes au profit d’un jeu lisse et presque impersonnel à force de chercher à coller à sa propre personnalité), mais tout paraît d’une justesse et d’une simplicité remarquables. Un réalisme dans le jeu pas évident dans les années 30, mais avant que les nazis virent tout ce petit monde, l’Allemagne était bien là où tout cela se mettait en place. Une telle réussite ne trompe pas.

Et Maxou… comment on appelle ces travellings avant très lents, lents, très très lents, qu’on perçoit à peine mais qui permettent de donner une impression si envoûtante à l’image et de passer l’air de rien d’une échelle à l’autre ? Tu n’es sans doute pas le premier à avoir employé ce procédé (je l’ai vu pas plus tard que dans un Bosetti pour un film avant-guerre), mais tu es peut-être le premier à l’avoir utilisé à dessein dans tant de films, avant que d’autres en fassent de même. Notons aussi que tu utilises le même principe, mais en reculant la caméra, un peu plus vite, comme pour prendre du recul à la fois physiquement, mais aussi symboliquement avec des personnages et la scène qu’ils sont en train de jouer (parfois aussi simplement pour entamer un de tes fameux plans séquences tout en mouvement, bien plus voyants qui font jouir les cinéphiles amoureux d’ostentatoires effets pas forcément plus efficaces ou compliqués à mettre en place).


Liebelei, Max Ophüls 1933 | Elite-Tonfilm-Produktion GmbH


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1933

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Liens externes :


Max Ophüls

crédit Max Ophüls

Classement :
 

10/10

9/10

  • Madame de… (1953)
  • Lettre d’une inconnue (1948)

8/10

  • La Ronde (1950)
  • Liebelei (1933)
  • Le Plaisir (1952)
  • De Mayerling à Sarajevo (1940)

7/10

  • Les Désemparés (1949)
  • Divine (1935)
  • La Tendre Ennemie (1936) 
  • Lachende Erben (1933)

6/10

  • Pris au piège (1949)
  • Lola Montès (1955)
  • Le Roman de Werther (1938)

5/10

  • Yoshiwara (1937)
  • La Dame de tout le monde (1934) 
  • Le Studio amoureux (1932)
  • L’Exilé (1947)

Films commentés (articles) :

Simples notes :
De Mayerling à Sarajevo

Direction d’acteurs exceptionnelle, récit parfaitement mené et une romance qui s’achève sur un attentat historique. Respect Max. Mais il est temps de filer à l’anglaise si tu veux être libre. Allez, ouste !

La Tendre Ennemie

Scénario en carton mais maîtrise impressionnante d’Ophüls. Les petits effets sonores ou visuels rappellent ceux employés par Clair ou Capra dans leurs histoires de fantômes, et les mouvements de caméra sont toujours aussi impressionnants : pas forcément toujours ostensibles mais des mouvements d’appoints donnant du relief au récit avec une efficacité assez redoutable

La Dame de tout le monde

Scénario affligeant, convenu, sans audace. Ophüls s’amuse comme il peut, Isa Miranda aussi. 

L’Exilé

Des décors magnifiques, même si l’obligation de passer parfois par des plans d’ensemble pour Ophüls l’oblige à travailler un arrière-plan qui fait un peu trop penser à du carton-pâte. L’élégance d’Ophüls, elle passe par les décors en studio, mais aussi par l’utilisation, quand nécessaire, d’extérieurs. Et là, ça fait méchamment défaut. Un Exilé qui sent un peu le renfermé.

Si Fairbanks est un bon acteur, il est ridicule à vouloir singer les sauts de cabri de son père. Et Op(h)uls ne semble pas bien concerné pour le convaincre de cesser ses pirouettes ridicules (le fils Fairbanks est producteur du film).


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