L’Énigme du lac noir, Michael Gordon (1951)

L’Énigme du lac noir

The Secret of Convict LakeThe Secret of Convict Lake Année : 1951

6/10  IMDb  iCM

Liste sur IMDb  :

Huis clos – behind locked doors (or almost)

Réalisation :

Michael Gordon

Avec :

Glenn Ford
Gene Tierney
Ethel Barrymore

Ça n’a pas l’air, mais c’est un western.

Des évadés traversent les montagnes les fers aux pieds et trouvent « secours » dans une petite collectivité (une sorte de ranch familiale avec trois ou quatre huttes perdues dans le froid) qui n’est habitée que par des femmes. Bonjour l’ambiance. C’est un peu comme si la veille d’un combat, on disait, à deux boxers qui allaient dormir dans la même chambre…

On retrouve pas mal de personnages traditionnels du western, c’est conforme à la mythologie donc. On n’est pas loin aussi du conte pour faire peur aux enfants qui fait peur. Oui, un côté western dans la nuit assez intrigant. Apparemment ce serait une histoire vraie — le genre d’histoires qui fait le mythe des pionniers d’Amérique.

Glenn Ford, c’est l’éternel acteur qui à l’air d’en avoir toujours rien à foutre (une sorte de cool attitude très américaine aussi ; qu’il joue une brute ou un prof, c’est toujours pareil, mais c’est efficace). Plus surprenant, on y retrouve Gene Tierney. La douceur et la glace, ça correspond bien au film, mais peut-être un peu trop sophistiquée pour la circonstance.

Mise en scène correcte. Ce sera son dernier film avant d’être victime de son temps et de revenir dix ans plus tard — pas facile de faire des films en 1950 quand on était de gauche…


Henry, portrait d’un serial killer, John McNaughton (1986)

Henry, portrait d’un serial killer

Henry: Portrait of a Serial Killerhenry-portrait-dun-serial-killer-john-mcnaughton-1986 Année : 1986

Réalisation :

John McNaughton

6/10  IMDb

Glaçant : la mise en scène ne prend pas parti, nous montre tout ça d’une manière brute, c’est à la fois la qualité et le défaut du film.

Quand le copain d’Henry commence à prendre plaisir à tuer comme lui, là on se demande vraiment « c’est quoi ce film », mais le film est sauvé par la présence féminine qui nous permet de nous rattacher à quelque chose de “normal”, de “sain”.

C’est un bon film underground : il sait rester sobre, mais reste un film sans grand intérêt. Il aurait fallu un plus grand développement, pour offrir un point de vue, parce que là le récit est presque clinique : il a fait ça, puis ça et enfin ça, au revoir. (Chronique du pauvre — quand tu ne prends pas beaucoup de risques, tu es presque sûr de ne pas te casser la gueule, mais tu ne vas pas très loin).


Le Magnifique, Philippe De Broca (1973)

Le Magnifique

Le Magnifique Le Magnifique, Philippe De Broca Année : 1973

Réalisation :

Philippe De Broca

9/10  

Avec : Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset

Les Indispensables du cinéma 1973Les Indispensables du cinéma 1973Les Indispensables du cinéma 1973

Ça faisait bien vingt ans que je n’avais pas vu le film. Je ne me rappelais pas que c’était aussi con (donc forcément génial).

Tout petit j’étais fan de Bebel et de Bruce Lee. J’ai arrêté le karaté après deux séances et j’ai fait dix ans de théâtre après avoir vu Belmondo dans Cyrano. J’avais complètement oublié mes premiers amours !

Dans le genre cabots géniaux. On a eu Bebel en France, Gassman en Italie, Kinski (même si dans un registre plus réaliste : lui était vraiment fou et faisait un peu moins rire), les Anglais ont eu Peter Sellers (mais tous les acteurs anglais sont des cabots et depuis 50 ans, ils ont les meilleurs acteurs du monde), les Américains ont eu Pacino et Deniro mais Clooney est plus dans ce registre comique, et au Japon on a même eu… Cobra (directement inspiré de Bebel).

Aujourd’hui, Dujardin tente de reprendre la main, mais malheureusement ç’a beau être un pitre et un cabot, ce n’est pas un bon acteur (et puis moi il m’est antipathique comme garçon : le cabotinage n’est jamais trop loin de la prétention et on devient prétentieux quand on force le cabotinage, quand on est toujours en représentation et paradoxalement quand il joue les humbles). Et puis malheureusement, il faut de bons scénaristes derrière : le Magnifique, c’est Veber, OSS, j’n’en sais rien mais le scenario est vide…

Ah Bebel…

Sur le film, je n’ai rien à dire. Une allégorie de moi qui « critique » un film :


Le Magnifique, Philippe de Broca 1973 Les Films Ariane, Mondex Films, Cerito Films

Le Magnifique, Philippe de Broca 1973 | Les Films Ariane, Mondex Films, Cerito Films


 


Sur La Saveur des goûts amers :

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Liens externes :


The Sentinel, Clark Johnson (2006)

The Sentinel

The Sentinelthe-sentinel-clark-johnson-2006Année : 2006

Réalisation :

Clark Johnson

6/10  lien imdb
 

Vu le : 28 juillet 2007

Pas mal. Pour le plaisir de voir à nouveau Michael Douglas au cinéma (et plus crédible qu’un Will Smith ou je ne sais qui) et la Longoria en potiche.

Le déroulement de l’histoire vers la fin est un peu facile : « La femme du Président m’a tout dit, je suis ton ami ». Elle ne pouvait pas lui dire avant ?

Et puis il n’y a pas de course de voitures, de grosse explosion (il y en a une, mais il n’y a pas quarante caméras dessus pour faire un montage sensationnaliste).

Un film sage, réaliste (dans la mise en scène), dans lequel on a le temps de respirer et de profiter.


Bully, Larry Clark (2001)

2001: A Clark Odyssey

Bully Bully, Larry Clark (2001)Année : 2001

Liens :
IMDb iCM

MyMovies: A-C+

Réalisateur :

 

Larry Clark

 

Vu le : 27 juillet 2007

Avec  :

Brad Renfro, Nick Stahl, Bijou Phillips

Regardé sans grande conviction. Pour savoir ce que c’était qu’un film de Larry Clark.

Ça commence comme une chronique « à l’européenne » : on s’attache aux petites choses de la vie des ados. Puis les personnages prennent vite une dimension plus dramatique, moins futile. On sent que la relation entre les deux garçons couve quelque chose de pas bien joli. Rapport sado-maso entre deux amis d’enfance. L’un est un homo refoulé à l’éducation stricte (un peu cliché mais bon…) et qui se défoule sur son copain depuis des années. L’autre rencontre une fille qui, comme il faut s’y attendre, lui dit de ne plus se laisser faire… Et c’est là que ça commence dans le délire. On passe des scènes de cul entre ados pour le fun, aux scènes de machination du meurtre du méchant garçon, avec en toile de fond les copains et les copines qui se défoncent (dans tous les sens du terme). On ne semble pas trop y croire et pourtant si, ils sont tellement à côté de la plaque qu’ils sont déterminés à tuer leur petit copain. Une fois que le meurtre est fait, ils pètent tous les plombs. Ils manquent de discrétions et se font vite prendre.

La fin est glaciale : on comprend que c’est une histoire vraie quand on les voit tous dans le box des accusés et que défilent à l’écran les sentences… 7 ans, 11 ans, 40 ans… brrr.

Interdit aux moins de 16 ans. C’est pourtant fort instructif.


Alexandre, Oliver Stone (2004)

Alexandre

AlexanderAnnée : 2004

Réalisation :

Oliver Stone

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 juillet 2007

Intéressant si on ne connaît que le minimum sur le bonhomme (comme moi, c’est-à-dire qu’il est allé loin en Asie, qu’il avait un cheval qui s’appelait Bucéphale, et qu’il avait eu comme précepteur Aristote). On peut ainsi apprendre, en plus, qu’il était allé jusqu’en Inde, qu’il s’est marié avec une « barbare », qu’il n’a pas eu d’héritier et que Ptolémée était l’un de ses amis d’enfance avec qui il a conquis l’orient. Voilà, avec ça, plus besoin de voir le film.

Parce qu’en lui-même, il est franchement indigeste. Un plouc irlandais dans le rôle d’Alexandre, Lara Craft pour maman et Val Kilmer pour papa, heu non, c’est trop. Et puis, le fait que la Farrelle joue les homos comme une fillette, ça fait un film parfois ridicule, en tout cas peu crédible…

Et un film sur Ptolémée ou Aristote plutôt ?


Thief, le Solitaire, Michael Mann (1981)

Le Solitaire

Thief

thief-le-solitaire-michael-mann-1981Année : 1981

Réalisation :

Michaël Mann

8/10 IMDb  iCM
Listes :


MyMovies: A-C+

 

Avec :

 

James Caan
Tuesday Weld
Willie Nelson
 
 
 
Vu le 5 juillet 2007

Je ne suis pas un grand fan Michael Mann d’habitude (même si j’ai adoré Collateral), mais j’ai beaucoup apprécié ce film. Par certains côtés, ça a un peu vieilli, la musique notamment qui est datée. C’est un néo noir, une histoire classique cent fois vues (le mec qui veut faire un dernier casse pour se ranger, mais ça tourne mal…).

Tout l’intérêt du film est en fait dans son écriture : les dialogues notamment, qui font penser aux Sopranos, avec un style réaliste, très imagé, une sorte de Tarantino au premier degré, plus noir, et plus désabusé…

Encore un film avec James Caan — il n’a pas fait que des navets à l’époque (après…).


Capitaine Sky et le Monde de demain, Kerry Conran (2004)

Copy Capt

Capitaine Sky et le Monde de demain

Sky Captain and the World of Tomorrow

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Sky Captain and the World of Tomorrow

Année : 2004

Réalisation : Kerry Conran

Avec : Gwyneth Paltrow, Jude Law, Angelina Jolie

Un beau gâchis tout de même.

Le réalisateur aurait d’abord dû regarder Vidoq pour voir que tout faire en images de synthèse avec aucun extérieur, ça manquait vraiment de vie. L’image est vraiment très moche.

Le scénario… j’ai rarement vu autant de copier-coller. Beaucoup de films se sont déjà inspirés de Star Wars et plus particulièrement de l’Empire contre-attaque, souvent sous forme d’hommage, là ça va un peu trop loin tout de même dans « l’hommagination ». Captain Sy, c’est Han Solo, il est suivi par la Paltrow qui joue le rôle de la Princesse Leïa : ils n’arrêtent pas de s’engueuler, de se vanner, mais finalement, ils s’aiment… On a droit aux mêmes scènes de poursuite en avion, le même rythme, les mêmes péripéties. On a même droit à la Cité dans les Nuages pour retrouver au milieu de nulle part un vieil ami « qui ne peut que nous aider »… Un petit passage sous l’eau en hommage aux meilleurs James Bond, et puis Dagobah (la même scène d’intro de l’avion qui s’échoue dans un marécage et la bête mystérieuse sous l’eau…). Alors ça tourne à l’hommage à King Kong (de Jackson), puis à Indiana Jones. Et on retourne dans la Cité dans les Nuages, où captain Sky retrouve ses amis qu’il est venu délivrer (les mêmes séquences de Luke venant à la rescousse de Han et de Leïa). Son ami est une sorte de R2D2 humain, puisque c’est un génie créatif et technologique… Petit hommage à sir Laurence Olivier, histoire de dire qu’on a été les premiers à donner un vrai rôle à un acteur mort, et là ça tourne à une sorte de mix entre l’Empire contre-attaque et la scène du héros sur une passerelle digne des grandes stations secrètes dans James Bond, où le héros affronte une sorte de chevalier Sith… Bing, c’est un robot, hommage fugace à Terminator… Un petit détour vers le premier épisode de Star Wars (comprenez Un nouvel espoir) avant le compte à rebours qui va tout faire exploser (Alien n’est pas loin). Le copiage à des limites. L’Empire contre-attaque étant un acte perdu au centre d’une trilogie, l’épisode n’a pas vraiment de fin…, alors hop, hommage final à James Bond, avec la fusée qui décolle avec notre bon vieux capitaine et sa charmante James Bond girl qui se retrouvent une fois que la fusée a explosé dans un canot de sauvetage en plein milieu de l’océan, où ils seront tranquilles pour se bécoter…

Et tout ça, bien sûr, avec une musique ultra-présente, symphonique à la Williams…

Non. Merci.


Liens externes :


Sugarland Express, Steven Spielberg (1974)

Pare-chocs pétrolier

Sugarland Express

Note : 3.5 sur 5.

Année : 1974

Réalisation : Steven Spielberg

Avec : Goldie Hawn, Ben Johnson, Michael Sacks

Juste après Duel, Spielberg continue sur la voie publique. Cette fois, ce n’est plus un thriller, mais la cavale d’une femme et de son mari qu’elle est venue choper dans un pénitencier de quartier, tous deux légèrement benêts comme on n’en rencontre que dans l’Amérique profonde.

La mère s’est mise dans l’idée de récupérer son gamin qui lui a été enlevé par l’assistance publique. Mais elle et son jules pensent se faciliter la tâche en se faisant accompagner par un jeune flic qu’ils prennent en otage.

Et rendez-vous à Sugerland… Tout un programme. Une sorte de terre promise qui n’existe pas. La quête de l’impossible…

Tout le Texas se prend de passion pour cette femme qui veut récupérer son gamin à l’autre bout de l’État. Des centaines de voitures de flics les suivent à travers la campagne sans pouvoir rien faire parce que le chef de la police refuse qu’on tente quoi que ce soit contre ces “mômes”…

Image surréaliste quand les fugitifs (toujours suivis de trois cents bagnoles) traversent une petite ville sur le chemin de leur paradis. Accueillis en héros, ils reçoivent des cadeaux, et c’est une véritable kermesse qui se met en place pour les soutenir dans leur étrange périple.

Sugarland Express, Steven Spielberg (1974) | Universal Pictures, ZanuckBrown Productions

Quand ils arrivent à Sugarland, ils n’y trouvent pas leur gamin, mais la tragédie — une tragédie attendue, écrite à l’avance…

Spielberg avait déjà le ton et l’humour juste, celui des grands, comme cette scène dans laquelle les tireurs d’élite arrivent chez la famille d’accueil du môme, et la femme voyant tout leur arsenal, dans son vestibule, après un petit temps de réflexion et de légère panique, décide de prendre un grand vase qui traînait là sur une table de l’entrée et de le mettre en sécurité. Ça ne dure qu’une seconde, à la fin de la scène, c’est un détail dans le plan, la caméra ne filme pas la scène en gros plan, mais c’est tellement drôle — le souci du détail cocasse, subtil…

Tellement surréaliste que c’est une histoire vraie. Forcément. Sinon personne n’y aurait cru…

Goldie Hawn joue un personnage que reprendra vingt ans plus tard sa fille dans Almost Famous : déjantée, fofolle et capable de tout.

Et déjà avec la musique de… John Williams.



Sur la Saveur : 

Vers le Nouvel Hollywood

Listes sur IMDb :

MyMovies: A-C+

Liens externes :


Dawn of the Dead, Zack Snyder (2004)

Dawn of the Deaddawn-of-the-dead-zack-snyder-2004Année : 2004

 

Réalisation :

Zack Snyder

6/10  lien imdb
 

Vu en 2007

Et là j’avoue que ce remake (je n’ai pas vu l’original, ce qui ne va pas tarder) est pas mal du tout. C’est tout le temps la même histoire, on la connaît par cœur ; donc l’intérêt réside uniquement dans la mise en scène, les ambiances. Le piège étant de vouloir utiliser trop (et mal) des codes déjà existants et qui à la longue finissent par lasser. Plus c’est minimaliste, mieux c’est.

Ce qui m’a plu dans celui-ci, c’est que ça commence tout de suite, pas d’introduction et on a droit à Sarah Polley… Ça commence fort, par crescendo : un réveil très très dur… Et la mise en scène dans la scène de fuite en auto, avec les actions en arrière-plan, c’est génial. En plus l’image très colorée, rappelle l’horreur claire de Kubrick dans Shining ou des Dents de la mer. La plus efficace sans doute.

Après, comme d’habitude, des survivants se planquent, et parmi eux, il y a des salauds… Et la fin, tout comme l’était déjà La Nuit, est sans happy end.