Brainstorm, Douglas Trumbull (1983)

Brainstorm

Brainstormbrainstorm-douglas-trumbull-1983 Année : 1983

Réalisation :

Douglas Trumbull

6/10  IMDb

Avec Christopher Walken (avec sa gueule de dingue illuminé) et avec Nathalie Wood.

C’est très bien pour ce que c’est (un truc de S.F) réalisé par un fan d’effets spéciaux (ou un spécialiste plutôt) jusqu’au dernier tiers et là il y a une grande ellipse pas très crédible* et la fin est complètement bidon, ridicule. Mais purée pour un film comme ça, les acteurs sont vraiment incroyables.

* on comprend mieux quand on sait que c’est le dernier film de Nathalie Wood et qu’elle est morte (noyée) avant la fin du tournage… Le film est sorti seulement deux ans après sa mort.


Sur La Saveur des goûts amers :

Top des films de science-fiction (non inclus)


Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004)

Une histoire de dette qui coûte chair

Le Marchand de Venise

Note : 3.5 sur 5.

Titre original : The Merchant of Venice

Année : 2004

Réalisation : Michael Radford

Avec : Al Pacino, Lynn Collins, Jeremy Irons, Joseph Fiennes

Al Pacino en Shylock, ça fait rêver.

Ce n’était pas ma pièce préférée du dramaturge anglais quand j’étais adolescent, mais finalement, quand on y comprend quelque chose, c’est passionnant…

Le problème de la pièce, c’est que ça part dans tous les sens, il n’y a aucune unité d’action. Et en fait, on ne comprend qu’à la fin où veut en venir Shakespeare puisque les deux actions principales s’achèvent, et elles ont une thématique commune. En gros, faire des serments, des promesses, prendre des engagements, ce n’est pas bien… Parce que d’un côté, on a Shylock qui a passé un accord avec Antonio, un accord des plus étranges parce qu’il stipule que si Antonio ne rembourse pas une somme due à telle date, l’usurier juif pourra prendre en compensation une livre de chair ; et de l’autre, Portia qui veut éprouver la loyauté de son mari qui lui a… promis de ne jamais se séparer de son anneau de mariage… (L’île de la tentation avant l’heure — ou la crise de la dette, c’est selon).

D’ailleurs, j’émets une hypothèse : on n’a jamais su si Shakespeare avait réellement écrit ses pièces puisqu’on n’a pas de manuscrit et sa biographie est très incomplète… Et là, en voyant encore une fois une femme (Portia) qui a le beau rôle, qui fait tourner en bourrique son mari, et surtout qui mène tout le procès à elle seule alors qu’elle s’est déguisée en homme, on peut réellement se demander si ces pièces ne sont pas écrites par une femme. Ce serait d’ailleurs ironique de voir une Madame Shakespeare elle-même déguisée en homme à cette époque où, au théâtre, tous les rôles de femmes étaient tenus par des hommes… Portia était donc jouée par un homme qui jouait une femme travestie en homme ; mais si en plus, on imagine que Shakespeare elle-même jouait ce rôle de Portia, alors ça reviendrait à supposer qu’une femme jouait un homme interprétant une femme travestie en homme… D’accord j’arrête.

Que ce soit un travesti ou un hermaphrodite que ça ne m’étonnerait pas non plus… Ce serait son côté « ambisexualité »… Oui, on trouve toujours une chose et son contraire dans ses pièces. Tout est toujours extrême mais un même temps, indéfinissable : il est capable de faire des pièces romantiques comme des pièces effroyablement barbares, les personnages ont toujours une dualité qui les laisse dans le flou (Hamlet joue les fous, mais finalement n’est-il pas réellement dingue ? Y a-t-il de l’antisémitisme dans le Marchand de Venise ? Falstaff, gentil ou méchant ?… Et même… Shakespeare a-t-il écrit toutes ses pièces ? Était-il une femme ou un homme ?). C’est ça le génie…

Sinon, le film ? Il est bien.


Le Marchand de Venise, Michael Radford (2004) Movision, Avenue Pictures, UK Film Council


Liens externes :


L’Énigme du lac noir, Michael Gordon (1951)

L’Énigme du lac noir

The Secret of Convict LakeThe Secret of Convict Lake Année : 1951

6/10  IMDb  iCM

Liste sur IMDb  :

Huis clos – behind locked doors (or almost)

Réalisation :

Michael Gordon

Avec :

Glenn Ford
Gene Tierney
Ethel Barrymore

Ça n’a pas l’air, mais c’est un western.

Des évadés traversent les montagnes les fers aux pieds et trouvent « secours » dans une petite collectivité (une sorte de ranch familiale avec trois ou quatre huttes perdues dans le froid) qui n’est habitée que par des femmes. Bonjour l’ambiance. C’est un peu comme si la veille d’un combat, on disait, à deux boxers qui allaient dormir dans la même chambre…

On retrouve pas mal de personnages traditionnels du western, c’est conforme à la mythologie donc. On n’est pas loin aussi du conte pour faire peur aux enfants qui fait peur. Oui, un côté western dans la nuit assez intrigant. Apparemment ce serait une histoire vraie — le genre d’histoires qui fait le mythe des pionniers d’Amérique.

Glenn Ford, c’est l’éternel acteur qui à l’air d’en avoir toujours rien à foutre (une sorte de cool attitude très américaine aussi ; qu’il joue une brute ou un prof, c’est toujours pareil, mais c’est efficace). Plus surprenant, on y retrouve Gene Tierney. La douceur et la glace, ça correspond bien au film, mais peut-être un peu trop sophistiquée pour la circonstance.

Mise en scène correcte. Ce sera son dernier film avant d’être victime de son temps et de revenir dix ans plus tard — pas facile de faire des films en 1950 quand on était de gauche…


Henry, portrait d’un serial killer, John McNaughton (1986)

Henry, portrait d’un serial killer

Henry: Portrait of a Serial Killerhenry-portrait-dun-serial-killer-john-mcnaughton-1986 Année : 1986

Réalisation :

John McNaughton

6/10  IMDb

Glaçant : la mise en scène ne prend pas parti, nous montre tout ça d’une manière brute, c’est à la fois la qualité et le défaut du film.

Quand le copain d’Henry commence à prendre plaisir à tuer comme lui, là on se demande vraiment « c’est quoi ce film », mais le film est sauvé par la présence féminine qui nous permet de nous rattacher à quelque chose de “normal”, de “sain”.

C’est un bon film underground : il sait rester sobre, mais reste un film sans grand intérêt. Il aurait fallu un plus grand développement, pour offrir un point de vue, parce que là le récit est presque clinique : il a fait ça, puis ça et enfin ça, au revoir. (Chronique du pauvre — quand tu ne prends pas beaucoup de risques, tu es presque sûr de ne pas te casser la gueule, mais tu ne vas pas très loin).


The Sentinel, Clark Johnson (2006)

The Sentinel

The Sentinelthe-sentinel-clark-johnson-2006Année : 2006

Réalisation :

Clark Johnson

6/10  lien imdb
 

Vu le : 28 juillet 2007

Pas mal. Pour le plaisir de voir à nouveau Michael Douglas au cinéma (et plus crédible qu’un Will Smith ou je ne sais qui) et la Longoria en potiche.

Le déroulement de l’histoire vers la fin est un peu facile : « La femme du Président m’a tout dit, je suis ton ami ». Elle ne pouvait pas lui dire avant ?

Et puis il n’y a pas de course de voitures, de grosse explosion (il y en a une, mais il n’y a pas quarante caméras dessus pour faire un montage sensationnaliste).

Un film sage, réaliste (dans la mise en scène), dans lequel on a le temps de respirer et de profiter.


Bully, Larry Clark (2001)

2001: A Clark Odyssey

Bully Bully, Larry Clark (2001)Année : 2001

Liens :
IMDb iCM

MyMovies: A-C+

Réalisateur :

 

Larry Clark

 

Vu le : 27 juillet 2007

Avec  :

Brad Renfro, Nick Stahl, Bijou Phillips

Regardé sans grande conviction. Pour savoir ce que c’était qu’un film de Larry Clark.

Ça commence comme une chronique « à l’européenne » : on s’attache aux petites choses de la vie des ados. Puis les personnages prennent vite une dimension plus dramatique, moins futile. On sent que la relation entre les deux garçons couve quelque chose de pas bien joli. Rapport sado-maso entre deux amis d’enfance. L’un est un homo refoulé à l’éducation stricte (un peu cliché mais bon…) et qui se défoule sur son copain depuis des années. L’autre rencontre une fille qui, comme il faut s’y attendre, lui dit de ne plus se laisser faire… Et c’est là que ça commence dans le délire. On passe des scènes de cul entre ados pour le fun, aux scènes de machination du meurtre du méchant garçon, avec en toile de fond les copains et les copines qui se défoncent (dans tous les sens du terme). On ne semble pas trop y croire et pourtant si, ils sont tellement à côté de la plaque qu’ils sont déterminés à tuer leur petit copain. Une fois que le meurtre est fait, ils pètent tous les plombs. Ils manquent de discrétions et se font vite prendre.

La fin est glaciale : on comprend que c’est une histoire vraie quand on les voit tous dans le box des accusés et que défilent à l’écran les sentences… 7 ans, 11 ans, 40 ans… brrr.

Interdit aux moins de 16 ans. C’est pourtant fort instructif.


Alexandre, Oliver Stone (2004)

Alexandre

AlexanderAnnée : 2004

Réalisation :

Oliver Stone

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 juillet 2007

Intéressant si on ne connaît que le minimum sur le bonhomme (comme moi, c’est-à-dire qu’il est allé loin en Asie, qu’il avait un cheval qui s’appelait Bucéphale, et qu’il avait eu comme précepteur Aristote). On peut ainsi apprendre, en plus, qu’il était allé jusqu’en Inde, qu’il s’est marié avec une « barbare », qu’il n’a pas eu d’héritier et que Ptolémée était l’un de ses amis d’enfance avec qui il a conquis l’orient. Voilà, avec ça, plus besoin de voir le film.

Parce qu’en lui-même, il est franchement indigeste. Un plouc irlandais dans le rôle d’Alexandre, Lara Craft pour maman et Val Kilmer pour papa, heu non, c’est trop. Et puis, le fait que la Farrelle joue les homos comme une fillette, ça fait un film parfois ridicule, en tout cas peu crédible…

Et un film sur Ptolémée ou Aristote plutôt ?


Citizen Kane, Orson Welles (1941)

Dernière lecture

Citizen Kane

Note : 5 sur 5.

Année : 1941

Réalisation : Orson Welles

Avec : Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore

— TOP FILMS

Revu il y a quelques semaines, et j’avoue y avoir compris des parties de l’histoire qui m’avaient laissé un peu indifférent lors des premiers visionnages. Ce qui frappe d’abord dans le film lors de ces premières visions, c’est la mise en scène, les procédés, les inventions visuelles, la maîtrise formelle, l’ambiance…, le génie le plus évident, celui qui saute à la figure. Mais en essayant de mettre tout ça de côté, j’y ai trouvé un autre intérêt en me focalisant sur le personnage de Kane.

Kane est passionnant grâce à ses contradictions. Il est animé par une faille ancienne, on le sait : tout ce qui est en rapport avec ce souvenir perdu du temps où il était libre, le temps où il pouvait jouer dans le jardin de ses parents dans la neige et où finalement personne n’attendait quoi que ce soit de lui. L’homme qui avait eu le besoin de tout posséder durant sa vie était animé par une quête impossible, celle de recouvrer ce dont il ne pourrait plus jamais avoir. C’est à la fois une perte que tout le monde peut comprendre parce qu’il n’y a rien dans le passé dont on puisse se saisir à nouveau — nécessaire à ce qu’on s’identifie à lui et le prenne en pitié (oui, oui) ; et c’est aussi la quête impossible de l’homme qui est arrivé au bout du bout de l’ambition et de la réussite (il y a quelque chose de vain et de terrible là-dedans). L’âpreté du rêve qui s’évanouit, la compréhension que tout n’est qu’illusions… Au cœur du récit, cette quête impossible se traduit par des contradictions assez fascinantes : l’homme toujours tiraillé entre ce qu’il doit être pour arriver à ses fins et l’homme qu’il aurait sans doute voulu être. Car si Kane est une crapule, il aurait voulu ne pas l’être. Les monstres ne naissent ni dans les boutons de rose ni dans les choux, on le devient, notamment à cause de blessures anciennes jamais refermées.

Citizen Kane, Orson Welles (1941) | RKO Radio Pictures, Mercury Productions

Au début de l’Inquirer, quand il fait sa déclaration de foi, son but est de faire sortir la vérité, de lutter pour la justice. On sent qu’il est prêt à n’importe quoi pour donner l’impression de combattre l’injustice. En se laissant aller à la facilité des titres accrocheurs, en propageant des ragots, il fera tout le contraire sans s’en rendre compte, et malgré les mises en garde de son meilleur ami. Si Kane était un salaud fini, personne n’accepterait de le suivre, ou de le comprendre. Et c’est bien le danger des pires salauds : ils sont dangereux non pas à cause de leurs intentions (elles sont au départ souvent vertueuses), mais parce qu’ils sont malgré les apparences, les certitudes, l’autorité, le pouvoir, assez peu maîtres ou conscients de l’inflexion néfaste qu’ils sont en train de donner aux choses. À l’image des hommes et de leurs civilisations qui quand ils sont unis, le sont le plus souvent pour le pire, se laissant griser par l’illusion d’une toute-puissance de masse à laquelle rien n’est impossible, rien ne résiste. L’impunité du gros comme de la masse.

On sait que Welles est un grand admirateur de Shakespeare. Il adaptera beaucoup de ses pièces. Jamais Hamlet. Pourtant chez Hamlet, il y a la même force de contradiction que chez Kane. Si Hamlet navigue tour à tour entre la folie et une grande clairvoyance, si on ne sait au fond quand il joue le fou et quand il semble l’être réellement, c’est que le dramaturge voulait décrire un homme, ou plutôt « l’homme », avec ses contradictions, jusqu’à l’extrême. Et quand Orson Welles crée des contradictions chez Kane, il fait la même chose : le thème de l’ambition, du pouvoir et de l’honnêteté, remplaçant celui de la folie et de la vengeance. Hamlet est une tragédie de l’action face au poids du passé, de sa réalité ; Kane l’est tout autant mais avec cette “hamartia”, cette erreur initiale, projetée à des origines bien plus lointaines, ne faisant plus de la quête (ou de l’errance) de Kane une enquête sur la certitude d’un crime ou d’une félonie, une introspection sur la manière d’y répondre (on s’en chargera pour Kane à travers les scènes d’intro), mais un simple souvenir, un gros méchant remord perdu dans les flammes ou une boule à neige. Kane et Hamlet sont deux princes à leur manière, des héritiers laissés impuissants face à la marche incontrôlée du monde. Il était évident autrefois que les princes puissent devenir les équivalents antiques des héros ; un peu moins pour un magnat de la presse. Kane n’est pas mis à distance de nous en étant cet ogre, en apparence, si inhumain, on s’identifie à lui au contraire beaucoup mieux parce qu’il est écrit comme un personnage antique placé face à une destinée capricieuse. Kane, ce n’est ni l’autre, ni l’étranger, ni le méchant, ni l’ambition punie, c’est bien nous. L’homme avec ses doutes, ses remords, ses illusions perdues, sa responsabilité et sa culpabilité. À l’image cette fois d’Œdipe qui nous questionne sur notre filiation (est-il mon père, ma mère, mon fils ?) et donc jette un trouble sur toutes nos actions, il en devient insupportable pour Kane de voir le chemin parcouru en comprenant qu’il n’a toujours cessé de s’éloigner de son point de départ. Œdipe, c’est la tragédie d’un retour aux sources. Kane la tragédie d’un retour impossible. Œdipe se demande ce qui peut causer autant de trouble dans la cité alors que c’est sous ses yeux ; Kane ne cesse d’être en recherche de ce qu’il a perdu, dévorant tout au passage pour être plus certain d’y arriver, ne pouvant se résoudre à ce que ce qu’il recherche n’existe plus, nulle part, sinon dans ses souvenirs.

Ainsi, en rachetant l’Inquirer, Kane dit bien qu’il veut faire éclater la vérité, il pourrait presque même se retrouver en Mr Smith, héros moderne de la démocratie. Les intentions sont louables. Mais quand on lui suggère qu’une affaire actuellement jugée en procès n’est pas aussi simple à juger qu’il n’y paraît, il ne veut rien savoir, grisé par sa volonté de « faire sortir la vérité ». Et il condamne l’homme sans attendre le verdict.

Autre exemple, quand son adversaire politique à une élection lui propose de se retirer de la campagne sans quoi il dévoilera sa liaison extraconjugale, Kane refuse de céder au chantage, peut-être parce qu’il se fait une haute opinion du peuple capable de comprendre la situation, peut-être parce qu’il pense encore pouvoir manipuler l’opinion à travers son journal, peu importe, ce refus est tout à son honneur. Mais quand il perd au soir de l’élection, on voit deux “unes” dans son journal. Le directeur de publication hésite « Kane battu haut la main » ou « Fraude ! » et dit préférer la première, mais ce sera finalement la seconde qui sera imposée par Kane, montrant là le côté le plus obscur de son personnage. Il fait payer par une injustice, ce qu’il vit comme une injustice. Sa résistance au chantage et son honnêteté ne l’auront pas aidé à gagner. Alors on ne l’y reprendra plus.

Personnage fascinant. Même les crapules ont des raisons de l’être, ce n’est pas un choix, mais une réaction à une faille originelle. Une faille qui pousse certains hommes à lutter sans cesse entre la part de devoir qui fait qu’on doit se montrer à la hauteur quand on vous met entre les mains un pouvoir qu’on n’a pas cherché à conquérir (et que Kane pourtant fera fructifier jusqu’à l’absurde) et la part de passion, de nostalgie, de rêve, de reste de moralité. Une lutte qui rend la quête du pouvoir de Kane vaine, absurde et par conséquent humaine et universelle.


Micro de la bande-annonce de Citizen Kane (1941)

Thief, le Solitaire, Michael Mann (1981)

Le Solitaire

Thief

thief-le-solitaire-michael-mann-1981Année : 1981

Réalisation :

Michaël Mann

8/10 IMDb  iCM
Listes :


MyMovies: A-C+

 

Avec :

 

James Caan
Tuesday Weld
Willie Nelson
 
 
 
Vu le 5 juillet 2007

Je ne suis pas un grand fan Michael Mann d’habitude (même si j’ai adoré Collateral), mais j’ai beaucoup apprécié ce film. Par certains côtés, ça a un peu vieilli, la musique notamment qui est datée. C’est un néo noir, une histoire classique cent fois vues (le mec qui veut faire un dernier casse pour se ranger, mais ça tourne mal…).

Tout l’intérêt du film est en fait dans son écriture : les dialogues notamment, qui font penser aux Sopranos, avec un style réaliste, très imagé, une sorte de Tarantino au premier degré, plus noir, et plus désabusé…

Encore un film avec James Caan — il n’a pas fait que des navets à l’époque (après…).


Capitaine Sky et le Monde de demain, Kerry Conran (2004)

Copy Capt

Capitaine Sky et le Monde de demain

Sky Captain and the World of Tomorrow

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Sky Captain and the World of Tomorrow

Année : 2004

Réalisation : Kerry Conran

Avec : Gwyneth Paltrow, Jude Law, Angelina Jolie

Un beau gâchis tout de même.

Le réalisateur aurait d’abord dû regarder Vidoq pour voir que tout faire en images de synthèse avec aucun extérieur, ça manquait vraiment de vie. L’image est vraiment très moche.

Le scénario… j’ai rarement vu autant de copier-coller. Beaucoup de films se sont déjà inspirés de Star Wars et plus particulièrement de l’Empire contre-attaque, souvent sous forme d’hommage, là ça va un peu trop loin tout de même dans « l’hommagination ». Captain Sy, c’est Han Solo, il est suivi par la Paltrow qui joue le rôle de la Princesse Leïa : ils n’arrêtent pas de s’engueuler, de se vanner, mais finalement, ils s’aiment… On a droit aux mêmes scènes de poursuite en avion, le même rythme, les mêmes péripéties. On a même droit à la Cité dans les Nuages pour retrouver au milieu de nulle part un vieil ami « qui ne peut que nous aider »… Un petit passage sous l’eau en hommage aux meilleurs James Bond, et puis Dagobah (la même scène d’intro de l’avion qui s’échoue dans un marécage et la bête mystérieuse sous l’eau…). Alors ça tourne à l’hommage à King Kong (de Jackson), puis à Indiana Jones. Et on retourne dans la Cité dans les Nuages, où captain Sky retrouve ses amis qu’il est venu délivrer (les mêmes séquences de Luke venant à la rescousse de Han et de Leïa). Son ami est une sorte de R2D2 humain, puisque c’est un génie créatif et technologique… Petit hommage à sir Laurence Olivier, histoire de dire qu’on a été les premiers à donner un vrai rôle à un acteur mort, et là ça tourne à une sorte de mix entre l’Empire contre-attaque et la scène du héros sur une passerelle digne des grandes stations secrètes dans James Bond, où le héros affronte une sorte de chevalier Sith… Bing, c’est un robot, hommage fugace à Terminator… Un petit détour vers le premier épisode de Star Wars (comprenez Un nouvel espoir) avant le compte à rebours qui va tout faire exploser (Alien n’est pas loin). Le copiage à des limites. L’Empire contre-attaque étant un acte perdu au centre d’une trilogie, l’épisode n’a pas vraiment de fin…, alors hop, hommage final à James Bond, avec la fusée qui décolle avec notre bon vieux capitaine et sa charmante James Bond girl qui se retrouvent une fois que la fusée a explosé dans un canot de sauvetage en plein milieu de l’océan, où ils seront tranquilles pour se bécoter…

Et tout ça, bien sûr, avec une musique ultra-présente, symphonique à la Williams…

Non. Merci.


Liens externes :