
Les Indispensables du cinéma 1972
Introduction, principes et index
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Les 5 films de l’année 1972 :
- Le Parrain, Francis Ford Coppola
- Solaris, Andreï Tarkovski
- Aguirre, la colère de Dieu, Werner Herzog
- Cabaret, Bob Fosse
- Le Charme discret de la bourgeoisie, Luis Buñuel
Au programme :
Le Parrain bouscule les habitudes de distribution des films aux États-Unis. Le film enterre définitivement l’ère du code Hays en mettant à l’honneur, comme au début du muet, les gangsters à l’écran. Il installe durablement Francis Ford Coppola et Al Pacino dans le paysage cinématographique américain. Bob Fosse réalise son deuxième film en adaptant la comédie musicale Cabaret. De retour à Hollywood, le réalisateur britannique John Boorman met en scène Jon Voight et Burt Reynolds dans son plus grand succès : Délivrance. Peter Bogdanovich réunit Barbra Streisand et Ryan O’Neal dans une comédie, What’s Up, Doc? Deux ans après Cinq Pièces faciles, Bob Rafelson filme cette fois la côte est dans The King of Marvin Gardens. En marge des réseaux de distribution classiques, certaines productions autrefois impossibles arrivent à se faire une place : John Waters défie les normes et le bon goût avec Pink Flamingos, premier volet de sa Trash Trilogy. Librement inspirée de La Source, Wes Craven réalise un premier film reconnu plus tard comme le premier rape and revenge film : La Dernière Maison sur la gauche. Ralph Bakshi réalise un film d’animation destiné à un public averti : Fritz the Cat. Toujours à l’écart de Hollywood, mais plus destinés à un large public, les films de Woody Allen rencontrent un grand succès avec Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… sans jamais oser le demander et Tombe les filles et tais-toi dans lequel l’acteur rend hommage aux films classiques tournés à Hollywood. Après le succès d’Un nouveau départ, Elaine May réalise une nouvelle comédie, Le Brise-Cœur. Lancée en 1970 par Airport, la vague des films catastrophe se poursuit : réunissant un casting imposant, L’Aventure du Poséidon est un immense succès (le film est mis en musique par un compositeur fraîchement honoré aux Oscars pour Un violon sur le toit : John Williams). Six ans après Propriété interdite, Sydney Pollack et Robert Redford se retrouvent sur un western, Jeremiah Johnson. On retrouve l’acteur cette fois devant la caméra de Michael Ritchie dans un film explorant les dessous de la politique : Votez Mc Kay. La nouvelle génération aime décidément passer par le western pour s’exprimer : le scénariste Robert Benton passe à la réalisation avec Bad Company. Douglas Trumbull, superviseur d’effets spéciaux reconnu pour 2001, l’Odyssée de l’espace, réalise son premier film de science-fiction : Silent Running. Autre film de science-fiction : Abattoir 5, de George Roy Hill. John Huston tourne Fat City et Juge et hors-la-loi. Billy Wilder retrouve Jack Lemmon dans Avanti ! Après le western, Robert Altman s’essaie à l’horreur dans Images. Avec Cabaret, la comédie musicale fait de la résistance : 1776 fait de même. La vogue des films de blaxploitation après Sweet Sweetback’s Baadassssss Song et Shaft sortis tous deux en 1971 se confirme avec Super Fly de Gordon Parks Jr. et Meurtres dans la 110ᵉ Rue. Prenant le contre-pied des productions de blaxploitation à petit budget, Martin Ritt met en scène un film “sérieux” avec une distribution composée d’acteurs noirs : Sounder. La fin du old Hollywood n’est pas seulement entérinée avec la remise à l’honneur des mafieux au cinéma, c’est tout le réseau de distribution qui achève sa transformation quand sort dans les salles à New York le film pornographique Deep Throat.
En Union soviétique, Andreï Tarkovski propose sa vision de la science-fiction avec Solaris. Le studio Soyuzmultfilm propose sa version de Winnie l’ourson avec un nouveau volet des aventures de « Vinni-Pukh » : Winnie-Pooh et une journée de soucis. Dans une sorte de Délivrance soviétique, Stanislav Rostotskiy jette une poignée de soldates dans une chasse à l’homme sylvestre contre des troupes nazies : La 359ᵉ Section. En Géorgie, Otar Iosseliani réalise Il était une fois un merle chanteur.
En France, Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière se retrouvent avec une fable surréaliste récompensée aux Oscars : Le Charme discret de la bourgeoisie. Bernardo Bertolucci fait scandale avec Le Dernier Tango à Paris. Éric Rohmer fait L’Amour, l’après-midi. Costa-Gavras met en scène pour la troisième fois Yves Montand dans un thriller, cette fois dans État de siège. On retrouve Yves Montand en patron séquestré dans un film de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin : Tout va bien. Autre thriller, Un flic, constitue le dernier film de Jean-Pierre Melville (avec avec Alain Delon). Quatre ans après L’Enfance nue et une série remarquée pour l’ORTF, Maurice Pialat revient avec un second film, cette fois avec des acteurs professionnels en vedettes : Nous ne vieillirons pas ensemble.
En Grande-Bretagne, le vétéran Joseph L. Mankiewicz se voit proposer la réalisation d’une pièce à succès : Le Limier oppose à l’écran Laurence Olivier et Michael Caine. Autre vétéran, Alfred Hitchcock propose Frenzy. Peter O’Toole se prend pour Jésus dans Dieu et mon droit. Bill Douglas entame sa trilogie biographique avec My Childhood.
Au Japon, l’ère de l’exploitation est ouverte. Shintaro Katsu, après avoir incarné Zatoichi dans la décennie précédente, interprète le rôle-titre de Baby Cart dont les trois premiers volets sortis en 1972 sont réalisés par Kenji Misumi. La Toei produit La Femme scorpion. Malgré la morosité ambiante, Kinji Fukasaku parvient à produire et réaliser un film antimilitariste construit comme une enquête : Sous les drapeaux, l’enfer.
En Allemagne de l’Ouest, Werner Herzog et Klaus Kinski collabore pour la première fois dans un film épique et halluciné tourné en Amérique du Sud : Aguirre, la colère de Dieu. Après déjà une quinzaine de film, Rainer Werner Fassbinder réalise un de ses chefs-d’œuvre : Les Larmes amères de Petra von Kant (ainsi que Le Marchand des quatre saisons).
En Italien, Federico Fellini honore sa ville de cœur dans Fellini Roma. Après Le Décaméron, Pier Paolo Pasolini adapte le second paragraphe de sa Trilogie de la vie : Les Contes de Canterbury. Comme au Japon, la production se tourne toujours plus vers le cinéma de genre : Lucio Fulci réalise cette fois un giallo, La Longue Nuit de l’exorcisme. Parmi les autres giallo, citons le film au titre-fleuve Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, réalisé par Sergio Martino. Autre genre exploité qui se fait le reflet de la violence de ces années de plomb en Italie, le poliziottesco : Fernando Di Leo réalise le premier volet de sa Trilogie du milieu, Milan calibre 9. Francesco Rosi poursuit son association avec Gian Maria Volonté et est récompensé de la Palme d’or pour L’Affaire Mattei. Valerio Zurlini filme la dépression et Alain Delon qui est Le Professeur. La grande époque de la comédie italienne n’est plus, notons toutefois un film de Lina Wertmüller : Mimi métallo blessé dans son honneur.
En Suède, après quelques films mineurs, Ingmar Bergman revient avec Cris et Chuchotements. Le second épisode des Émigrants, adapté par Jan Troell, sort : Le Nouveau Monde.
En Espagne, La Cabine délivre en quelques minutes oppressives, l’absurdité d’une situation ouverte à toutes les interprétations.
À Hong Kong, après Big Boss, le phénomène Bruce Lee se confirme avec La Fureur de vaincre et La Fureur du dragon. En parallèle, la Shaw Brothers sort La Main de fer.
En Tchécoslovaquie, Dusan Hanák propose le documentaire Images du vieux monde. En Hongrie, Miklós Jancsó sort Psaume rouge (il recevra une récompense à Cannes pour sa mise en scène). En Roumanie, Dan Pita et Mircea Veroiu proposent La Noce de Pierre.
La Jamaïque s’invite à la fête : Jimmy Cliff apparaît et chante dans Tout, tout de suite.
Au rayon des documentaires, Jonas Mekas achève quatre ans après Walden, son Reminiscences of a Journey to Lithuania. Adrian Maben plonge les amateurs au cœur de la création de la musique de Pink Floyd dans Pink Floyd à Pompéi.
28 films américains, 8 films italiens, 8 films français, 6 films britanniques, 5 films de l’Est, 4 films japonais, 3 films “chinois”, 3 films allemands, 2 films suédois, 1 film indien, 1 film jamaïcain, 1 film roumain, 1 film espagnol.

Le Parrain, Francis Ford Coppola 1972 | Paramount Pictures, Albert S. Ruddy Production, Alfran Productions
*Indice de notoriété

Le Parrain, Francis Ford Coppola
51 244 368*

Solaris, Andreï Tarkovski
3 544 560

Aguirre, la colère de Dieu, Werner Herzog
2 044 224

Cabaret, Bob Fosse
1 808 352

Le Charme discret de la bourgeoisie, Luis Buñuel
1330056

Délivrance, John Boorman
1008315

Cris et Chuchotements, Ingmar Bergman
930240

Le Dernier Tango à Paris, Bernardo Bertolucci
603060

Pink Flamingos, John Waters
252720

Le Limier, Joseph L. Mankiewicz
230400

What’s Up, Doc?, Peter Bogdanovich
217602

Frenzy, Alfred Hitchcock
178192

Les Larmes amères de Petra von Kant, Rainer Werner Fassbinder
164400

Fat City, John Huston
107091

Silent Running, Douglas Trumbull
77616

Fellini Roma, Federico Fellini
75336

La Fureur de vaincre, Lo Wei
67392

La Fureur du dragon, Bruce Lee
67032

Tombe les filles et tais-toi, Herbert Ross/Woody Allen
58596

L’Aventure du Poséidon, Ronald Neame
47996

Pink Floyd à Pompéi, Adrian Maben
46956

Le Nouveau Monde, Jan Troell
43600

Tout, tout de suite, Perry Henzell
43470

L’Amour, l’après-midi, Éric Rohmer
37696

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… sans jamais oser le demander, Woody Allen
36716

Le Brise-Cœur, Elaine May
33600

Dieu et mon droit, Peter Medak
30295

La Dernière Maison sur la gauche, Wes Craven
28320

Fritz the Cat, Ralph Bakshi
26536

Images du vieux monde, Dusan Hanák
26244

Jeremiah Johnson, Sydney Pollack
24472

Guet-Apens, Sam Peckinpah
22630

Baby Cart : L’enfant massacre, Kenji Misumi
21330

My Childhood, Bill Douglas
20586

Winnie-Pooh et une journée de soucis, Fyodor Khitruk & Gennadiy Sokolskiy
18696

La cabina, Antonio Mercero
14536

Le Marchand des quatre saisons, Rainer Werner Fassbinder
14016

La 359ème Section, Stanislav Rostotskiy
13608

Baby Cart : Le sabre de la vengeance, Kenji Misumi
12166

Tout va bien, Jean-Luc Godard & Jean-Pierre Gorin
11700

Reminiscences of a Journey to Lithuania, Jonas Mekas
11248

La Main de fer, Chung Chang-Wha
11076

Lucifer Rising, Kenneth Anger
10792

Avanti!, Billy Wilder
10512

Super Fly, Gordon Parks Jr.
10240

Psaume rouge, Miklós Jancsó
10064

La Femme scorpion, Shunya Itō
9936

Baby Cart : Dans la terre de l’ombre, Kenji Misumi
9900

L’Affaire Mattei, Francesco Rosi
9880

État de siège, Costa-Gavras
9394

Sous les drapeaux, l’enfer, Kinji Fukasaku
9164

Abattoir 5, George Roy Hill
8296

La Longue Nuit de l’exorcisme, Lucio Fulci
8260

The King of Marvin Gardens, Bob Rafelson
7800

Pakeezah, Kamal Amrohi
7776

Il était une fois un merle chanteur, Otar Iosseliani
7600

Nous ne vieillirons pas ensemble, Maurice Pialat
7560

Un flic, Jean-Pierre Melville
7350

Votez Mc Kay, Michael Ritchie
7140

Milan calibre 9, Fernando Di Leo
6808

Sounder, Martin Ritt
6750

Mimi métallo blessé dans son honneur, Lina Wertmüller
6424

Juge et hors-la-loi, John Huston
5712

Les Contes de Canterbury, Pier Paolo Pasolini
5504

Images, Robert Altman
5183

La Noce de Pierre, Dan Pita & Mircea Veroiu
4446

Les rebelles viennent de l’enfer/Bad Company, Robert Benton
4002

1776, Peter H. Hunt
3876

Deep Throat, Gerard Damiano
3825

Meurtres dans la 110e Rue, Barry Shear
3640

Le Professeur, Valerio Zurlini
3240

Terreur dans le Shanghai Express, Eugenio Martín
2795

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, Sergio Martino
2479

Les flics ne dorment pas la nuit, Richard Fleischer
2100
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