Éric Rohmer

Classement : 

8/10

  • La Femme de l’aviateur (1981)
  • L’Amour l’après-midi (1972) 
  • La Boulangère de Monceau (1963)
  • Le Rayon vert (1986)

7/10

  • Conte d’automne (1998)
  • L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (1993)
  • 4 Aventures de Reinette et Mirabelle (1987)
  • Le Beau Mariage (1982)
  • La Marquise d’O… (1976)
  • La Collectionneuse (1967)
  • Le Signe du lion (1962)
  • Nadja à Paris (1964)

6/10

  • Conte d’été (1996)
  • Les Rendez-vous de Paris (1995)
  • Les Nuits de la pleine lune (1984)
  • Perceval le Gallois (1978)
  • Ma nuit chez Maud (1969)
  • Louis Lumière (1968 TV Movie)
  • Don Quichotte (1965)

5/10

  • Conte d’hiver (1992)
  • Conte de printemps (1990)
  • Le Genou de Claire (1970)

4/10

  • L’Anglaise et le Duc (2001) 

3/10

  • Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007)
  • Pauline à la plage (1983)

2/10

  • L’Ami de mon amie (1987)

1/10

*Films commentés (articles) :

Commentaires simples :

La Femme de l’aviateur (1981)

À se demander si Marie Rivière n’est pas la seule actrice capable de rendre le phrasé de Rohmer. Si tout le monde peut trouver son bonheur chez Rohmer, celui-ci et L’Amour l’après-midi suffisent à mon bonheur. Et y a pas à dire, dans celui-ci, on y trouve une certaine obstination à traîner les séquences en longueur (non, pas comme chez Tati, mais plus comme chez Eustache si je me rappelle bien), parce qu’au fond on ne dépasse pas la vingtaine de séquences. Et cette dernière scène chez Anne dans laquelle elle accueille François en petite culotte et qu’elle passe par tous les états possibles sans se départir de sa douceur, c’est à elle seule un petit chef-d’œuvre. Rohmer étire la séquence, mais Marie Rivière fait le job comme personne. Cette femme-là on a envie de l’aimer. Alors quand on aime quasiment une femme, on ne peut que saluer honorablement, et jalousement, le film qui la met en scène.

Le Beau Mariage (1982)

Est-ce que les personnages de Rohmer ont une intelligence sociale aussi limitée ? Surprenant de voir autant d’acteurs jouer « sans » situation, de les voir toujours aussi gauches, plantés sans vie dans un lieu comme des cerveaux bavards totalement déconnectés de leur environnement. On peut difficilement imaginer direction d’acteurs aussi contraire aux principes de la méthode stanislavskienne (et Actors studio). On se rapproche en revanche, involontairement sans doute, de Bresson. Et c’est là que Dussolier jure un peu : il joue bien, lui, la preuve que cette absence de direction d’acteurs en est bien une. Sa scène finale est remarquable, d’ailleurs, avec un texte très fourni, il arrive à rester juste et simple. Quel talent.

La Collectionneuse (1967)

Intellectualisation de la bêtise à queue. Moi qui croyais naïvement qu’elle collectionnait les bouquins… c’était oublier un peu vite que c’était un film de Rohmer… Il faut avouer que c’est très bien écrit, que le petit jeu de séduction (marivaudesque) a son intérêt, mais j’ai assez peu d’appétence justement pour ce genre de problématiques : qui séduit qui ? comment faire pour la séduire ? est-ce que c’est contraire à ma morale ?, etc. Les retournements finaux souvent radicaux (moraux, donc), ironiques, voire cyniques, façon « conclusion de la fable », sont en revanche toujours amusants.

L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (1993)

Je pourrais écouter Luchini des heures… et là, ça y est, Luchini fait du Luchini. Mélange étrange d’improvisation et de texte. Dombasle et Gregory s’en sortent bien mieux qu’à leurs premières heures chez Ro-Ro (avec, on l’imagine, une petite dose d’autodérision lors d’une séquence amusante à la campagne. Et on échappe aux pires marivaudages. Le tout est donc plaisant.(Intrusion dans la salle dix minutes après le début du film et reparti dix minutes avant la fin… de Dieu escorté par deux vigiles… Un vrai moulin.)

4 Aventures de Reinette et Mirabelle (1987)

Le défi le plus facile à gagner de l’histoire : jouer les muettes face à Luchini. Naissance d’un mythe peut-être, avec une Marie Rivière en délicieuse mytho, et un garçon de café… parisien.

Le Signe du lion (1958-62)

Chez Rohmer, quand on se retrouve sans toit à errer dans les rues, on dort tout de même à la terrasse du Café de Flore. Clochard, mais chic.

Premier film de Rohmer où on peut retrouver la saveur parisienne de La Boulangère du Monceau. Faut aimer voir Paris sous toutes ses coutures, la voir avec à chaque séquence la description et la participation d’une nouvelle tête souvent connue (Stéphane Audran, Macha Méril…). Ironiquement, on y trouve bien une demi-heure quasi muette, et c’est tout de même un peu trop. Je ne pensais jamais arriver à un point dans un film de Rohmer où il me faudra attendre avec impatience le retour des dialogues.

La morale est extrêmement cynique mais juste. Le « baron », r-assuré de devenir milliardaire, s’en va sans jeter un œil à son compagnon de galère. On n’est pas encore tout à fait dans le marivaudage (dès qu’on y trouve une femme, forcément déjà, mais on suit surtout notre lion déplumé et fauché comme les blés), plutôt dans la fable grinçante. Plaisant. (L’acteur Godard est toujours aussi amusant.)

Conte d’automne (1998)

Un jour, aux toilettes Kant a pensé : « Au printemps, les enfants bourgeois bourgeonnent » ; et il s’est bien gardé de l’écrire quelque part, lui.

L’actrice qui joue Ève est sans doute le pire monstre d’incompétence vu au cours de mes années non seulement de cinéphile mais d’acteur amateur. Dans le pire cours, avec le plus mauvais prof, et avec les pires élèves possibles, on ne trouvera pas aussi mauvais. Ce Rohmer-ci pourtant n’est pas à classer parmi ses films les plus compliqués à jouer : les situations qu’elle a à jouer sont assez bien définies, elle a la chance contrairement à d’autres de faire quelque chose, et son texte n’a rien de bien compliqué, elle est pourtant incapable de dire correctement la moindre phrase. Et ce n’est pas de sa faute à elle (elle n’a rien fait d’autre la pauvre, et pour cause), mais bien de celui qui l’a choisie. Ah, ça, elle est jolie, faut croire que pour celui qui dirige, il y a à trouver derrière cette beauté une valeur qui nous échappe et qui s’exprime foutrement mieux hors-champ.

Le reste est terrifiant d’insignifiance. Le pire de la caricature rohmerienne. Du bavardage sans fin, du badinage de pète-culs intergénérationnel, du petit jeu d’apparences anodines et sans conséquences, des fantasmes de séduction dignes d’un roman-photo…

L’Anglaise et le Duc (2001)

Perceval + Astrée + Céladon + l’Anglaise + le Duc = la tête à Roro. Arrête les costumes Éric, faut un minimum de savoir-faire en matière de direction d’acteurs. (Et pis, merde, coupez leur la tête à tous ces gilets blancs.)

Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007)

Lecture de Alain Libolt entrecoupée de scènes classiques interprétées par la classe théâtre du lycée Corot à Savigny. (Feat. Marie Rivière qui fait le show dans la salle) Direction d’acteurs néant. (Marie ne peut pas tout faire, ou être partout…)

L’Ami de mon ami (1987)

Hélène et les garçons, épisode pilote.

Éric Rohmer

Philippe de Broca

crédit Philippe de Broca

Classement : 

10/10

9/10

  • Le Magnifique (1973) *
  • L’Homme de Rio (1964)

8/10

7/10

6/10

  • Le Bossu (1997)
  • Cartouche (1962)
  • La Poudre d’escampette (1971)
  • Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1965)

5/10

  • Le Jardin des plantes (1994 TV Movie) **

4/10

  • Le Diable par la queue (1969)

3/10

 

*Film commenté (article) :

**Film commenté (article prépubère)

Philippe de Broca

Christian-Jaque

crédit Christian-Jaque

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • Boule de suif (1945)

7/10

  • Fanfan la Tulipe (1952)

6/10

  • La Symphonie fantastique (1942)
  • L’Assassinat du Père Noël (1941)
  • Les Disparus de St. Agil (1938)
  • À Venise, une nuit (1937)
  • La Chartreuse de Parme (1948)

5/10

  • Josette (1937)
  • La Tulipe noire (1964)

Listes :

Christian-Jaque

Claude Miller

Classement : 

10/10

9/10

  • Garde à vue (1983)

8/10

7/10

6/10

  • La Classe de neige (1998)
  • La Petite Voleuse (1988)
  • L’Effrontée (1985)
  • Mortelle Randonnée (1983) *
  • Dites-lui que je l’aime (1977)
  • La Meilleure Façon de marcher (1976)

5/10

  • Le Sourire (1994)

4/10

  • Les Enfants de Lumière (1995)

3/10

 

*Film commenté (court article prépubère) :

Claude Miller

Louis Malle

Classement :

10/10

9/10

  • Lacombe Lucien (1974)

8/10

  • L’Inde fantôme (1969)

7/10

  • Ascenseur pour l’échafaud (1958)
  • Le Feu follet (1963)
  • Le Souffle au cœur (1971)
  • Vive le tour (1962)
  • God’s Country (1985 TV)
  • Les Amants (1958)
  • Milou en mai (1990)
  • …And the Pursuit of Happiness (1986 TV)
  • Le Voleur (1967)
  • La Petite (1978)
  • Histoires extraordinaires (1968, co-réa)

6/10

  • Au revoir les enfants (1987)
  • Atlantic City, USA (1980)
  • Le Monde du silence (1956)
  • Place de la République (1974)

5/10

  • Vanya, 42e rue (1994)
  • Zazie dans le métro (1960)
  • Fatale (1992)
  • Humain, trop humain (1974)
  • Viva Maria ! (1965)
  • Vie privée (1962)
  • My Dinner with Andre (1981)

Article :

Simples notes : 

Le Voleur (1967)

Il y a un joyau après lequel le voleur ne cesse de courir sans pouvoir l’attraper : la famille. La vie de ce côté ne recèle aucune surprise.

Louis Malle

Jean-Luc Godard

crédit JLG

Classement :

10/10

9/10

  • À bout de souffle (1960)
  • Week End (1967)

8/10

  • Vivre sa vie: Film en douze tableaux (1962)
  • Une femme mariée (1964)

7/10

  • Bande à part (1964)
  • Masculin féminin (1966)
  • Le Petit Soldat (1963) 
  • Prénom Carmen (1983)
  • Scénario du film Passion (1983)
  • Paris vu par… Segment Montparnasse-Levallois (1965)

6/10

  • Pierrot le fou (1965)
  • Le Mépris (1963)
  • Une femme est une femme (1961)
  • Sauve qui peut (la vie) (1980)
  • Bande-annonce de ‘Sauve qui peut (la vie)’ (1980)
  • Numéro deux (1975)
  • Grandeur et Décadence d’un petit commerce de cinéma (1986)

5/10

  • Loin du Vietnam (1967) 
  • La Chinoise (1967)
  • Alphaville (1965)
  • Une bonne à tout faire (1981)
  • Lettre à Freddy Buache (1981)
  • Je vous salue Marie (1983)
  • Passion, le travail et l’amour : introduction à un scénario/ Troisième état du scénario du film Passion (1982)
  • Changer d’image : Lettre à la bien-aimée (1982)
  • Film annonce du film qui n’existera jamais: ‘Drôles de guerres’ (2023)

4/10

  • One + One / Sympathie for the Devil (1968)
  • Passion (1982)
  • Notes à propos du film Je vous salue Marie (1983)
  • Tout va bien (1972)

3/10

  • Adieu au langage (2014)
  • 2 ou 3 choses que je sais d’elle (1967)
  • Le Livre d’image (2018)
  • Le Gai Savoir (1969)
  • King Lear (1987)
  • Made In USA (1966)

2/10

  • British Sounds (1969)

1/10

Films commentés (article) :

Films commentés (courts articles) :

simples notes :

Le Gai Savoir

C’est parfois plus amusant de voir les réactions outrées de certains spectateurs que de regarder certains films de Godard. Parce que celui-ci est franchement insupportable. Godard surfe sur la vague contestataire de la fin des années 60, et ce n’est plus beaucoup de cinéma, et plutôt du militantisme. Godard s’essaie déjà à ces habituels jeux de “mots” dignes d’un cruciverbiste amateur ou d’un crypto-psychanaliste. Un peu de prétention, beaucoup de bêtise en barres. Y a peut-être pas plus idiot qu’un garçon jouant de collages et venant prétendre que ces « collages des attractions » ont un sens. Heureusement, le film est parcemé de quelques fulgurances d’autodérision ou de simples fantaisies. Mais c’est peut-être ça le problème de Godard, c’est qu’il prend bien trop au sérieux ses collages enfantins.

One + One / Sympathie for the Devil

Un imbécile est témoin du génie en pleine création, et lui, il regarde ailleurs.

Passion

Si Sauve qui peut (la vie) pouvait séduire parce qu’il y avait un semblant d’histoire, celui-ci, le suivant chronologiquement patine à ce niveau et ne cherche même pas à faire semblant. Godard n’a rien à raconter, donc il nous dit « merde, je sais qu’il n’y a rien dans ce film, d’ailleurs, je vais juste en faire une mise en abîme ».

Pour le reste, parmi les cauchemars des acteurs, on trouve : tourner à poil, tourner dans une autre langue que la sienne, jouer un bègue. Eh bien, Godard arrive à tout mettre dans le même film. Le plus effrayant, c’est de voir ce qu’il fait d’une des meilleures actrices de sa génération, Isabelle Huppert. On sent à chaque seconde le malaise d’une actrice qui voudrait être ailleurs et qui sait à quel point ce qu’on lui demande est non seulement ridicule mais la rend mauvaise. Aucun acteur ne peut être crédible en bègue. Et si on n’y arrive pas, si on a au moins encore un peu de respect pour lui et le spectateur, on accepte le fait de s’être trompé et on arrête de lui infliger ce calvaire.

Jean-Luc Godard