Carré 35, Éric Caravaca (2017)

Carré 35

Carré35Année : 2017

5/10 IMDb

Réalisation :

Éric Caravaca

Avec :

Éric Caravaca

Pas bien convaincant. La forme manque de grâce pour un film documentaire personnel. Sur le fond, la découverte d’un secret familial, c’est affreusement banal et traité maladroitement.

Tout le montage, et donc vraisemblablement le discours d’Éric Caravaca, tourne autour du seul déni de la mère, personnage central du film, à nommer la pathologie dont souffrait sa fille (et sœur que l’acteur cinéaste n’a jamais connue). Ce déni devient presque un sujet psychanalytique pour le film, de là ses errances maladroites, tout fasciné qu’est Éric Caravaca par le refus de sa mère à nommer la chose.

C’est maigre pour faire un film. Faire toute une histoire (ou un récit) avec un secret, c’est monnaie courante, mais cela devient intéressant quand en tirant sur la pelote cela dévoile bien autre chose. Et on fait un peu les trois pas dans ce Carré 35. Alors, pour meubler l’inconsistance d’un tel sujet, l’acteur cinéaste y mêle des images d’archives qui, au mieux, pourrait passer pour de l’opportunisme bien-pensant, au pire, pour du mauvais goût (détournement de propagande coloniale ou images d’archives nazies sur l’euthanasie des handicapés).

Un exercice périlleux, celui du film-essai personnel (familial), auquel Chantal Akerman s’est livrée toute sa vie avec plus de réussite, sachant, elle, garder un cap, un sujet unique, quand elle filme, même sur un tout petit sujet, sans broder par-dessus en se rendant compte ou en craignant qu’il ne se suffise pas à lui-même.

D’ailleurs, sans spoiler, est-ce vraiment une si bonne idée de prendre le spectateur par surprise et de lui révéler au bout de quelques minutes de quoi il suspecte sa petite sœur d’avoir été atteinte ? Ça donne l’impression de trouver son sujet en cours de route ou de jouer d’un artifice puéril pour intriguer son spectateur. C’est tout le dilemme avec les secrets… savoir quand et comment les divulguer.

Si Éric Caravaca voulait faire un film pour honorer la mémoire de sa sœur, c’est perdu me concernant, je trouve surtout qu’il y humilie malgré lui sa mère.