Kafka sur le rivage, Haruki Murakami (2002)

Kafka sur le rivage

Quel ennui… Au début, c’est plaisant à suivre. C’est écrit simplement et ça se lit rapidement. Et puis ça ronronne. Il faut avouer que c’est osé d’arriver à tourner en rond avec le même principe de montage alterné sur chaque chapitre tout en évitant soigneusement d’en arriver au but. Désolé, au bout de trois cents pages, je suis en droit de comprendre où je suis et où je vais. Le côté volontairement abscons, énigmatique est à la mode. Efficace au début, ça attire l’œil, et puis… Encore des énigmes pour répondre aux premières. Parce qu’il n’y a pas d’issu. Puzzle d’impressions, de symboles qui mène nulle part. On a en face de nous un terroriste qui prétend avoir une bombe dans sa poche, capable de la faire exploser à tout moment et nous avec, et puis à force d’insister, on commence à penser qu’il n’y a aucune bombe… De l’arnaque.

J’ai été patient jusqu’aux premières trois cents pages, et j’ai commencé à lire en diagonale. Jusqu’à lire en exo-latéro-horizontale. Une brise est passée et je me retrouve par miracle à la dernière page. Ouf.

« T’es con ! t’as raté quand ça devenait intéressant ! t’as rien compris à l’histoire donc ! Tu sais pas qui est sa mère et sa sœur ! »

Rien à foutre ! Trois cents pages à me faire arnaquer, je rentre pas dans ce jeu. C’est jamais la faute du lecteur, et toujours celle de l’auteur. Au revoir.

Il y a quand même quelque chose qui m’échappe. Dans ce que j’ai lu la très vaste majorité des scènes, des descriptions n’ont absolument aucun intérêt. C’est du remplissage. Ça ne définit par le ou les personnages et les événements, quand ils surviennent, pourraient être retranscrits en beaucoup moins de mots. L’art de l’écriture, c’est souvent la parcimonie. On n’oblige pas un lecteur à prendre le chemin le plus long pour passer d’un endroit à un autre. Et même sans être friand de ce type d’histoire sans queue ni tête, on pourrait lire ce genre de machin avec plaisir si au moins c’était plus court. Il y a à peine la matière à une nouvelle là-dedans ! Le reste, c’est de la branlette, du remplissage. L’écriture est certes efficace, mais la simplicité, il aurait fallu la mettre au service de l’histoire, pas du style… Parce qu’au finale, elle ne fait qu’illusion.

Les personnages sont d’ailleurs à vomir. Le narrateur de 15 ans est l’archétype de l’élève intello rejeté et incompris. Pratique. Mais assez difficile à rendre sympathique. Sans compter que pour un petit génie, son écriture est plutôt celle d’un enfant de dix ans. À l’image de son comportement à la limite de l’autisme ou de l’extrême timidité. Quant au pépé idiot… Encore pratique. Quand on ne met en scène que des idiots ou des autistes, on s’affranchit un peu de la nécessité de l’intelligence…

Je lis assez peu de romans contemporains, eh bien je crois que je vais retourner à mes films, et à mes vieux bouquins.