Secret Sunshine, Lee Chang-Dong (2007)

sans récit le fait est plus fol

Secret Sunshine

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Milyang

Année : 2007

Réalisation : Lee Chang-dong

Avec : Do-yeon Jeon, Kang-ho Song, Yeong-jin Jo

— TOP FILMS

Excellent. Comme parfois, la longueur du film (2 h 15) permet au spectateur de s’affranchir de ses repères. D’autant que là, il y a peu de ressorts conventionnels et la structure nous oblige à forcer notre regard, car elle n’offre rien de ce qu’on pourrait attendre. Il s’agit d’une chronique sans enjeux, sans problématique définie, sinon le fait pour un personnage de chercher à résoudre ses problèmes présents. Ce n’est pas pour autant que le film manque d’unité dramatique. Au contraire. Le personnage principal du film, Shin-ae, est au centre de tout, pas une scène où elle n’apparaît pas. On la suit en train de surmonter les drames qui la touchent, interférer avec les autres personnages. Placés ainsi en dehors des conceptions conventionnelles du récit, on est forcés de nous interroger et de comprendre.

D’abord, Shin-ae arrive de Séoul avec son fils de sept ou huit ans dans le village où son mari décédé a vécu. Pourquoi ? On n’en sait rien, peu importe. Le film est descriptif, pas explicatif. On n’est pas obligé de tout comprendre, de tout savoir, car il n’y a pas de dénouement, de révélation, à prévoir, on est placé dans la position du voyeur forcé d’imaginer les vies entre les lignes. Malgré le drame « secret », c’est une histoire banale, à ranger dans les colonnes des faits divers d’un journal (si l’on ne retient que le drame en lui-même, car le film montre ce qui précède et ce qui suit).

(À noter qu’un village en Corée, c’est quelque chose comme 5 000 habitants…)

Secret Sunshine, Lee Chang-Dong 2007 | CJ Entertainment, Cinema Service, Pine House Film

La jeune mère vient donc refaire sa vie en province avec son fils (on ne saura rien de la première, en dehors du fait que son mari est mort : le récit est réduit au minimum, comme s’il n’y avait aucune intention dans la volonté de présenter cette « histoire » ou de la distiller avec parcimonie). Sur la route qui la mène à ce village dont le nom signifie en chinois « ensoleillement secret », elle se perd et sa voiture tombe en panne. Un garagiste vient la chercher. C’est le début d’un intérêt pas du tout réciproque : le garagiste lui faisant presque la cour pendant tout le film, restant toujours courtois, amical, attentif, mais elle n’y prête pas attention et semble même souvent agacée de cette présence qui s’impose à elle.

Elle s’installe dans le village, fait la connaissance des personnages locaux. La pharmacienne dévote qui cherche à la mener vers la foi divine, le professeur de déclamation de son fils et toujours ce garagiste… Son frère vient un moment l’aider à investir dans un terrain, mais c’est surtout pour elle une manière de se faire remarquer, respecter sans doute, comme elle le dira plus tard, mais le plus souvent, elle est avec son gamin.

Arrive alors le point de basculement du récit. Le petit est kidnappé. On lui demande une rançon.

Son fils est identifié quelque temps plus tard dans un étang et le coupable sera rapidement trouvé. C’était le professeur. La jeune femme se retrouve seule et tombe dans un premier temps dans une détresse profonde. La pharmacienne insiste pour qu’elle vienne assister à une séance au temple. Shin-ae est incrédule, mais ne sachant pas quoi faire d’autre pour calmer sa peine, elle se décide, accompagnée de son étrange protecteur, le garagiste. Elle crie sa douleur, se libère. Et dans la scène suivante, on la voit souriante, parlant à des amis de sa foi, de son bonheur recouvré grâce à Dieu…

J’ai un peu peur de voir dans quelle voie le film nous embarque. La description de cette Église paraissant aux yeux d’un Occidental tout à fait ridicule. On se dit à ce moment qu’elle était tombée dans les mains de cette secte comme elle aurait pu l’être dans n’importe quelle autre qui prétend ramener la paix intérieure ou la promesse d’un monde meilleur, ailleurs. On se dit, après tout, pourquoi pas, si ça l’aide à surmonter sa douleur. Mais en fait, dès qu’elle est seule chez elle, le masque tombe et elle est tout aussi déprimée qu’avant. On commence à sentir l’ironie sur cette pratique religieuse somme toute assez folklorique et singulière (c’est peut-être une interprétation personnelle étant donné que le récit, en lui-même, garde toujours une distance avec les événements présentés).

Elle décide de pardonner à l’homme qui a assassiné son fils. Elle vient le voir en prison comme le préconise la religion. Et elle prend soudain conscience que s’il y a un Dieu, il n’est pas juste. Elle pensait rencontrer un fou ou au moins un homme qui vivait avec le poids de la mort de son fils sur la conscience, et en dehors de ça, le professeur se révèle être tout à fait bien…, car lui aussi aurait trouvé la foi en prison et le comble de l’incompréhension et de l’inacceptable pour cette mère, il lui dit que « Dieu lui a pardonné ». Elle se détourne de la religion alors que les gens qu’elle fréquente, y compris le garagiste, sont en rapport avec son Église. Elle va se révolter à sa manière, cherchant à faire payer tous ces joyeux dévots.

Après quelques actes insensés (plus ceux d’une femme en détresse que d’une réelle folle), on l’envoie à l’hôpital. Le garagiste, pour qui elle n’aura jusqu’à la fin aucune sympathie particulière, vient la chercher. Et le film se termine là-dessus.

Pourquoi arrêter là ? On ne sait pas si elle va rester dans ce village, si elle va retrouver une vie normale, si le garagiste parviendra à prendre une place près d’elle. Rien, c’est comme une tranche de vie sur les malheurs d’une femme, le malheur presque exclusif de la disparition d’un enfant, un encart tragique dans un journal : le film commence alors qu’elle a déjà perdu son mari, ce n’est pas le sujet et ça ne le sera jamais, et il se termine ainsi quand on a fait le tour de ce malheur, comme si c’était un film qui ouvrait les yeux sur un paysage en mouvement lors d’un voyage en train et qui les refermait aussitôt. Ce qu’on a vu ? L’acceptation et la difficulté du deuil. Rien d’autre. Pas le temps de nous arrêter. On était là, on a vu, on est parti. Le film traduit très bien le spectacle de nos vies ou du film qu’on se fait de celle des autres : on n’en voit que des bribes, pourtant, de ce spectacle parfois tragique, on se plaît à prétendre tout savoir. Parce qu’une part de nos vies est dédiée au commentaire, aux commérages, de la vie des autres. On se charge souvent d’en faire un récit en remplissant les vides, en nous chargeant d’y implanter des explications, des intentions, une logique dans ce qui n’en a aucune. En nous offrant ainsi la vie crue affranchie du modelage trompeur du récit, le film nous ramène à nos petits réflexes de commentateurs astucieux. Un film se doit en général de contenter cette faim d’indiscrétions qui nous anime, et ici la sécheresse du récit tend à inverser les rôles et à nous confronter à notre médisance : sans récit, que sait-on ? Et qu’est-ce que le récit sinon le tricotage d’éléments d’une histoire ? On tricote des liens, des rapports, une cohérence, mais au fond dans la vie, rien n’est construit et prémédité, tout est lâchement agencé, incertain, perdu, flou, indécis, et incompréhensible. Et comme on ne peut concevoir un monde sans logique, qui échappe à notre compréhension…, on tricote, on tricote. Les secrets sont des boîtes faciles à remplir : on peut tout y ranger.

Si les interprètes sont donc aussi dans la salle, ceux qu’on y trouve dans le film sont excellents. Jeon Do-yeon a reçu le prix d’interprétation à Cannes en 2007 pour son travail. Rarement, une récompense aura été tant méritée. D’habitude, je suis plutôt agacé face aux performances d’acteurs, aux rôles qui semblent écrits pour ces prix. Là, on est au-dessus de tout ça. C’est d’abord un film. Et il se trouve que le sujet du film c’est un personnage central, omniprésent ; le sujet, c’est l’évolution progressive des états psychologiques d’une mère qui vient de perdre son mari, qui va perdre son enfant et qui devra apprendre à vivre seule dans une ville où elle ne connaît finalement personne. La performance, elle découle naturellement du film ; la finalité, ça reste le film, mais on ne peut évidemment que s’émouvoir du talent de cette actrice capable de tout jouer avec une précision et une conviction étonnante. Elle en fait des tonnes, mais elle reste toujours juste : ce sont les situations extrêmes, à travers lesquelles passe son personnage, qui l’obligent à adapter son jeu à la situation. Il n’y a sans doute pas de peine plus grande que celle d’une mère qui perd un gamin assassiné et qui se retrouver, seule, comme un adulte orphelin. Je ne crois pas avoir souvent vu, par exemple, une actrice « simuler » des crises d’angoisse. On croit en ce que l’on voit, tout un sachant qu’elle joue, mais en l’oubliant la plupart du temps (on se dit bien sûr parfois que c’est fabuleux ce qu’elle arrive à faire, et le plus souvent on est pris par la situation qui reste toujours au centre du film). Bref, il y a une gamme d’expressions, de situations, d’humeurs, autour de la déprime, du chagrin, qui est tout à fait hallucinant. Elle donne l’impression qu’aucune scène n’est jouée comme une autre ; c’est la situation, la disposition du moment du personnage qui dicte son interprétation ; il n’y a pas d’humeur générique pour exprimer la peine immense de la perte d’un enfant. C’est une alchimie insaisissable noyée dans les mystères des situations jouées. Jeon Do-Yeon exprime toujours l’humeur adéquate. Elle sait parfaitement se fondre dans une situation en en comprenant tous les enjeux. Le réalisateur y est-il pour quelque chose ? Sans doute oui, quand on voit l’excellence de l’ensemble des acteurs. Et cela jusqu’au moindre élève de piano qui n’a pas appris sa leçon et qui ne veut pas l’avouer, mais dont on perçoit pourtant dans le regard et l’attitude la gêne laborieusement dissimulée de celui qui ment avec honte : il n’y a rien de plus difficile que de jouer ce que l’on ne veut pas dévoiler. Il est facile de jouer celui qui ment effrontément, mais jouer celui qui ment et qui se retient de ne pas laisser paraître de gêne liée à la honte de mentir (ou encore jouer celui qui se retient de pleurer quand il est déjà souvent parfois assez compliqué de pleurer…), là alors, ça devient impossible. Pourtant, un enfant y arrive. C’est donc que le réalisateur a lui aussi son secret…

L’acteur qui joue cet étrange garagiste, cet ange gardien repoussé et pas loin d’être un clown à l’insu de son plein gré, c’est Song Kang-ho, qui apparaissait dans Memories of murder.



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Paranoid Park, Gus Van Sant (2007)

L’Éléphanteau

Paranoid Park

Note : 3.5 sur 5.

Année : 2007

Réalisation : Gus Van Sant

Ça fait je ne sais combien de films que notre gugusse expérimente des images d’ados marchant au ralenti et sous tous les angles. Il avait commencé avec Éléphant. Là, il reprend le procédé et l’adapte pour le mettre au cœur de l’action… (oui bon, l’action descriptive), celle qui est censée révéler dans la longueur un sens caché. Comme avec ces skateurs donc, où on ne retrouve qu’une ou deux fois le procédé, de face. Le reste est plutôt convaincant. Il pourrait même avoir terminé le film qu’il essayait d’achever depuis Éléphant… Avec une différence : le personnage principal se rend coupable d’un « homicide sans volonté de donner la mort ». Un accident stupide donc. La thématique du film est bien plus intéressante. Il peut jouer sur la culpabilité, la solitude. C’est surtout la manière de raconter l’histoire, d’une manière encore une fois anachronique, qui prend tout son sens. Dans Éléphant, c’était une sorte de compte à rebours pour terminer sur la tuerie ; là, le récit joue avec la chronologie des événements pour garder un doute sur sa culpabilité, montrer peu à peu les causes de ses agissements et de ses comportements.

Ainsi, on ne comprend pas certaines scènes du début du film, mais on se doute bien qu’on aura une résolution future. La suite est comme un puzzle ; chaque pièce devant prendre une à une sa place. D’un point de vue narratif, c’est beau, efficace ; le récit se met clairement du côté du personnage, on partage et comprend son trouble. Une approche à l’opposé de ce qui a été fait par exemple dans Secret Sunshine où le point de vue est toujours froid, distant (il y a rarement des gros plans d’ailleurs). L’un juge, pas l’autre, et finalement, le résultat est le même. L’un traite du point de vue du criminel, l’autre de la victime. Preuve que selon le point de vue où on se trouve, on est toujours influencés et capables d’entrer en empathie de la même manière avec les victimes ou les pires criminels. Et que plus que juger des actes, on juge en fait plus des hommes, et c’est tout le dilemme du jugement.

Paranoid Park, Gus Van Sant 2007 | MK2 Productions, Meno Films, Centre National du Cinéma et de l’Image Animée

On pourrait imaginer un peu à l’image de ce qu’a tenté de faire Clint Eastwood avec Mémoire de nos pères, un film adoptant le point de vue du vigile pour Paranoid park et celui du tueur d’enfants dans Secret Sunshine. Nul doute qu’on aurait eu aussi de l’empathie pour les personnages de ce côté-ci, peut-être pas à un même degré, mais au fond, pourquoi pas ? Est-ce que le degré d’empathie se mesure ? Et surtout, passé le cadre d’un récit, est-on capable, a-t-on la volonté, d’offrir la même empathie à un être humain qui n’est plus un personnage ? C’est un des dilemmes du cinéma naturaliste et démonstratif. L’auteur prend le pari de traiter une problématique du monde réel et de se servir de la force des images et de la narration pour convaincre les spectateurs d’adopter un point de vue plutôt qu’un autre. C’est comme envoyer une pièce dans les airs et refuser de voir sur quelle face elle retombe : on accepte d’entrer dans le jeu que si rien ne nous est imposé, pourtant certains auteurs prétendront que les images offriront, d’une certaine manière, la résolution du problème.

En matière d’expérience, le cinéma affine probablement notre compréhension du monde, et donc, participe à la formation de nos convictions, mais cela va bien au-delà d’un simple film.



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Star Trek IV – Retour sur Terre (1986)

Star Trek retrouvé : À l’ombre d’Argos en pleurs

Star Trek IV – Retour sur Terre

Star Trek IV: The Voyage Home

Note : 3 sur 5.

Titre original : Star Trek IV: The Voyage Home

Année : 1986

Réalisation : Leonard Nimoy

Avec : William Shatner, Leonard Nimoy

À mon sens le meilleur. Il faut dire que le scénario sort un peu de l’ordinaire.

À nouveau réalisé par « Spock », donc très classique (mais une réalisation sophistiquée de Star Trek, ça ne passerait pas). Après leurs précédentes aventures (la résurrection de Spock sur Genesis, tout un programme), l’Amiral Kirk et son équipage retournent sur Terre à bord d’un vaisseau extraterrestre. Seulement voilà, comme par hasard, quand ils arrivent, des extraterrestres sont en orbite et cherchent à communiquer avec… leurs amies baleines dont ils n’ont pas eu de nouvelles depuis un bon bout de temps. Et pour cause : les baleines ont disparu depuis plus de deux siècles. Or, il faut à tout prix trouver des baleines pour leur dire « okay, les amis, on va bien, pas de problème, vous pouvez repartir, tschüs. »

Kirk et Spock décident donc de remonter le temps à bord de leur casserole spatiale pour revenir à la fin des années 80 pour voler les baleines du centre des mammifères marins de San Francisco. (D’accord, dit comme ça, ça ne fait pas envie, mais c’est bien quand même). On retrouve donc Kirk, Spock, Sulu, McCoy, Scott, dans les rues de San Francisco avec leurs habits ridicules. Spock apprend à jurer, McCoy traite les médecins de cette époque de barbares, Chekov se fait capturer par les militaires qui le prennent pour un espion russe « un peu débile », et bien sûr Kirk séduit la belle blonde de centre des mammifères marins en lui promettant de lui montrer son gros vaisseau spatial…

Tout ça donne une saveur bien particulière au film. Un humour très discret mais certain. Et quand en plus leur mission est de sauver la Terre en capturant deux baleines… qu’il faut les « téléporter » dans leur vaisseau tout pourri, tout ça fait vraiment un film sorti de nulle part, mais qui change du ridicule habituel de cette saga. Au moins là, c’est assumé. Spock aura vite fait de remarquer que dans « écologique », il y a « logique »…

Comme quoi, on peut tomber sur des perles, en cherchant bien dans le vide sidéral.


Star Trek IV – Retour sur Terre 1986 | Paramount Pictures, Industrial Light & Magic (ILM)


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Star Trek III – À la recherche de Spock (1984)

À la Recherche du Spock perdu : Troisième Trek du côté de chez Swann

Star Trek III – À la recherche de Spock

Star Trek III: The Search for Spock

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : Star Trek III: The Search for Spock

Année : 1984

Réalisation : Leonard Nimoy

Avec : William Shatner, Leonard Nimoy

Je me fends la poire.

Un peu moins ridicule que le second. Un scénario là aussi édifiant. Parfois de belles images (c’est pour ça que je le regarde pour être franc) et heureusement qu’on a des acteurs excellents. Cette série (et donc les films) ils valent vraiment par le seul talent des acteurs. Des acteurs de théâtre, ça se voit tout de suite, capables d’être à l’aise dans une mise en scène et surtout un scénario totalement hiératiques, capables de ne pas être ridicule en sortant des phrases d’une connerie intersidérale. Pas sûr qu’avec des acteurs bidon comme on devrait en trouver normalement dans des trucs comme ça, que Star Trek ait eu autant de succès. D’ailleurs on voit la différence avec pas mal de seconds rôles. Certes, parfois, ils sont grimés et pourraient avoir tout le talent du monde qu’on ne verrait rien, mais c’est tout de même pas au niveau des acteurs initiaux présents sur la passerelle. William Shatner demeure malgré les daubes qu’il a tournées pour la TV un acteur excellent : la série lui a interdit de trouver d’autres rôles intéressants, mais il suffit de le voir dans les Frères Karamazov de Richard Brooks ou dans The Intruder de Corman, pour comprendre que Billy, c’est du tout bon (un beau gâchis en somme, mais le théâtre a dû se régaler).


Star Trek III – À la recherche de Spock 1984 Star Trek III The Search for Spock | Paramount Pictures, Cinema Group Ventures


Une « belle image »


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Mademoiselle Gagne-Tout, George Cukor (1952)

Mademoiselle Gagne-Tout

Pat and Mike Année : 1952

Réalisation :

George Cukor

6/10 IMDb 
Avec :

Spencer Tracy
Katharine Hepburn

Pas le meilleur film du couple Hepburn-Tracy. D’ailleurs, leurs films en dehors de deux ou trois, ne m’ont pas laissé de grands souvenirs. Je les préfère tous les deux séparément, ou Hepburn avec Cary Grant… Les films étaient arrangés par le studio pour que les deux amants puissent tourner ensemble…

L’intrigue est pas mal entendue. Hepburn semble avoir vingt ans de trop pour le rôle, et elle prend un bon coup de vieux encore quand apparaît un acteur qui sera une des stars des films des deux décennies suivantes : Charles Bronson (ce qui n’empêche pas Katharine Hepburn de mettre littéralement le garçon au tapis).

Reste les dialogues, dont certains sont particulièrement savoureux.

« À Combien estimes-tu le pourcentage des gens honnêtes sur Terre ? — Deux pourcents, pas plus. — Je dirai trois. Et cette fille ne fait pas partie des 97 autres. Quand je la regarde, je ne vois que ça. Elle a une tête vraiment honnête ; c’est la seule chose qui me dégoûte en elle. »

Quand on demande à Hepburn comment elle connaît « tous ces trucs » après qu’elle a défendu son manager de ses deux agresseurs, elle répond qu’elle a été prof de gym, et là un type dit : « C’est qui ce Jim ».

Quand les associés un peu magouilleurs retrouvent Tracy et que celui-ci veut en finir avec les matchs arrangés, l’un des bons gros magouilleurs lui dit : « Tu trouves que c’est correct envers nous d’être réglo ? »

Et quelques autres…

Dispensable.


Mademoiselle Gagne-Tout, George Cukor 1952 Pat and Mike | Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)


Clerks, les employés modèles, Kevin Smith (1994)

Clerks

Clerks Année : 1994

IMDb  iCM

MyMovies: A-C+

Lim’s favorite comedies

7/10

Réalisateur :

Kevin Smith

Ça sent le film d’abord écrit pour le théâtre*. C’est un huis clos presque strict qui se passe dans une supérette du New Jersey. Il ne s’y passe jamais rien, donc tout ce qu’on fait c’est causer. Pas besoin d’histoires extraordinaires pour captiver, il suffit d’avoir la langue bien pendue et d’un peu d’imagination…

*1 En fait, non.

Une petite copine qui n’est sortie qu’avec six gars, mais qui a sucé 37 queues (celle du présent incluse), un caissier de vidéo club qui va louer ses films dans le vidéoclub plus grand du centre commercial voisin et qui y choisit un film porno mettant en scène des hermaphrodites, un vieux pervers demande à utiliser les toilettes privées de la supérette pour se branler discrètement, une petite amie d’enfance qui revient de l’Ohio pour retrouver son chéri et qui viole sans faire exprès le macchabée qui n’est autre que le vieux pervers qui a succombé à une attaque cardiaque, une partie de hockey sur le toi de la supérette, une gamine de quatre ans qui vient acheter des cigarettes, un représentant de chewing-gum qui incite les clients à ne plus consommer de cigarettes, des dealers complètement débiles, des clients tous aussi fous les uns que les autres, des vendeurs désabusés, un proprio absent, des petites copines de passage. Un grand n’importe quoi totalement délirant et superbement bien écrit.


Clerks, les employés modèles, Kevin Smith 1994 | View Askew Productions, Miramax