L’habituelle rengaine des films mettant le rêve au cœur de leur récit. L’enjeu n’en vaut pas la peine : les trois quarts du film consistent à montrer les délires fantaisistes d’un amoureux ayant volé pour sa belle couchée dans sa cellule ? Sérieusement, c’est ça l’enjeu ? Montrer un rêve ? (Exactement le même souci que dans Les Belles de nuit d’ailleurs.)
Gérard Phillipe alterne le bien et le gnangnan (on retrouve parfois certaines notes infantiles de L’Idiot) ; la mise en scène de Carné est parfaite, mais le sujet ne mérite guère qu’on y prête beaucoup plus attention.
Louis Verneuil s’amuse une nouvelle fois avec les conventions familiales pour les tordre, et nous avec elles. Un boulevard de plaisir.
Les amoureux sont seuls au monde
Le génie de Jeanson en dialoguiste. Record du monde d’aphorismes à la minute (le titre en est un également…). Le film prend peut-être un tour inutilement dramatique à la fin, avec des personnages principaux se laissant un peu trop facilement tenter et sans détours à ce dont on pouvait les soupçonner jusque-là (la femme dévouée, un peu trop dévouée, le mari toujours fidèle un peu trop facilement épris de sa protégée), mais le reste c’est de l’or.
Toboggan
La femme, ce combat perdu d’avance. (Film de boxe à la morale implacable et délicieusement suranné. Ça reste très anecdotique.)