Hou Hsiao-hsien

Hou Hsiao-hsien

Classement : 

10/10

9/10

8/10

7/10

  • Le Maître de marionnettes (1993)
  • Poussières dans le vent (1986)
  • Un été chez grand-père (1984)

6/10

  • Good Men, Good Women (1995)

5/10

  • Goodbye South, Goodbye (1996)
  • The Assassin (2015)
  • Les Fleurs de Shanghai (1998)

Films commentés (articles) :

Commentaires simples : 

Un été chez grand-père (1984)

Une filiation évidente avec Ozu première période (voire avec Shimizu). Et une filiation probablement naturelle, étant donné l’histoire qui relit Taïwan et le Japon.

C’est un peu bancal, on sent que Hou Hsiao-hsien tâtonne. Le fond semble assez mal correspondre à la forme. Comme pour Edward Yang (qui apparaît à la toute fin du film, si j’ai tout compris), c’est surtout dans la radicalité qu’il se fera remarquer. En l’occurrence, cela se fera à travers sa capacité à créer de la distance entre ses sujets et le regard qu’il porte sur eux. C’est d’ailleurs à travers la distanciation, si je ne m’abuse, que les cinéastes taïwanais créeront un sillon et une forme spécifique.

Grâce aux ellipses et à une certaine lenteur dans le découpage, on retrouve déjà ce style ici (style déjà présent chez les cinéastes japonais précités). L’humour disparaîtra (en tout cas dans les quelques films que j’ai vus), les enfants aussi. Ce cinéma se fera également plus urbain (j’ai vu les films il y a longtemps, cela demanderait confirmation), moins familial, alors que là encore, c’était une thématique des deux cinéastes japonais.

C’est cet aspect là qui m’a plu (mettez-y des enfants, j’y trouve facilement mon bonheur), mais le hiatus que l’on devine déjà ici vient des facilités et des clichés du scénario. Soit il aurait fallu alors jouer pleinement sur la fibre nostalgique ou classique et ainsi assumer les détours mélodramatiques du scénario (cela aurait ressemblé à du Imamura ou à du Kinoshita), soit il aurait fallu prendre le parti de gommer ces aspects.

La distance aide assez à éviter les maladresses du mélo grossier, mais une fois certains éléments filmés, on ne peut plus les écarter du montage final… Tout ce qui concerne la folle et les deux voleurs est de trop.

Il faut supposer que le cinéaste a compris ce problème et a alors choisi par la suite d’assumer une plus grande radicalité dans son cinéma (pas vraiment à mon goût d’ailleurs, parce que quand la forme et la mise à distance priment sur le sujet, d’autres problèmes apparaissent, mais c’est un autre sujet). 6,5/10

Les Fleurs de Shanghai (1998)

Des bourgeois de Neuilly rendant visite à leurs concubines du 93 pour faire leur petite affaire hors-champ et pour fumer des joints.

Forme insipide semblant être tirée du théâtre classique : mêmes huis clos, ça papote d’histoire de cul et de devoir, les femmes regardent les hommes se torcher la poire, quand il y a de l’action, on en connaît la teneur par discours rapporté et l’action en question se limite souvent à des banalités. Jeu distancié, apathique, le plus souvent sans raison (une habitude chez HHH). Et cela est souvent dû à une caméra étrangère à l’action (plans-séquences avec mouvement de caméra façon mouche neurasthénique). Restent les jolis décors en bois laqué et en porcelaine Ikea, ainsi que les tuniques en soie… Ce n’est pas du cinéma, c’est un enterrement au pavillon chinois de l’expo universelle de 1889.. 

Watchlist :

  • La Cité des douleurs (1989)
  • Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985)

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