Le Bûcher des vanités, Brian De Palma (1990)

Le Bûcher des vanités

The Bonfire of the Vanities

Note : 3 sur 5.

Titre original : The Bonfire of the Vanities

Année : 1990

Réalisation : Brian De Palma

Avec : Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith

Contrairement à certains films qui s’écroulent au fur et à mesure, celui-ci fait le contraire. La force du film, c’est sa morale ; tout prend sens à la fin… Paradoxale, réaliste. L’innocent lynché est obligé de se fabriquer une preuve pour s’en sortir, le juge nous fait un beau speech bien naïf sur le pouvoir de la vérité et des lois, et le narrateur, la mouche à merde, est devenu un beau papillon que tout le monde s’arrache. C’est ça la vie. Les justes ne sont jamais récompensés, ce sont les pourritures qui s’en sortent et nous sommes tous plus ou moins corrompus… Un jeu sur les apparences : puisque tout le monde ment, on se découvre comme on dit dès qu’il y a des merdes ; et quand il y a des problèmes, c’est là que les masques tombent et qu’on sait à la fois qui on est et qui sont ceux qui vous accompagnent. Ça pourrait être du Lang ou du Molière.

Le problème, c’est que si le bouquin était certainement excellent. Il est certainement trop dense et trop subtil pour deux heures de film. L’histoire englobe trop de thèmes, allant du racisme, à l’écueil des apparences, à l’injustice, au pouvoir, à la politique, aux médias, à la famille… C’est histoire sur la société new-yorkaise, un pamphlet sur la société occidentale en général… Et De Palma, comme d’habitude (ou comme souvent) n’est pas à la hauteur. Il en fait une farce ridicule, il n’a pas le temps de développer tous les thèmes. Je n’ai pas lu le bouquin mais à mon avis, au lieu de la farce nihiliste, il aurait fallu en faire un drame ironique, sarcastique. En en faisant une farce, De Palma fait du ton sur ton, il manque de subtilité et toute la profondeur des événements s’envole en fumée. Dommage.


Le Bûcher des vanités, Brian De Palma 1990 | Warner Bros


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Jumper, Doug Liman (2008)

JumperAnnée : 2008

Réalisation :

Doug Liman

5/10  lien imdb
 

Vu en juin 2008

Ce film concourt pour le film le plus mauvais de l’année. Certes c’est parfois divertissant, la téléportation, Samuel L Jackson, c’est cool, mais le scénario…, on voit rarement un truc aussi peu soigné. On ne prend même pas la peine de combler les énormes approximations du film. Rien n’est creusé, on fuit comme des serials éjaculateurs précoces dès qu’on rencontre un truc intéressant…

« Quoi maman, je suis un jumper, tu es un blade jumber runner ? OK, on n’est pas fait pour s’entendre : adieu. »

Woah, la scène de dénouement la plus expéditive de l’histoire (qui ne résout rien d’ailleurs). Sans doute pour faciliter une probable suite. (Gagné.) Ça se vend par grappe les navets ?

Bref, heureusement qu’il y a les effets spéciaux pour se consoler… un peu comme quand on s’ennuie au théâtre et qu’on regarde les décors… ou les seins de Joan Bennett.

Faut bien voir un navet de temps en temps, pour apprécier le reste…


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Permission jusqu’à l’aube, John Ford et Mervyn LeRoy (1955)

Permis de fuite

Mister RobertsAnnée : 1955

 

Réalisation :

John Ford et Mervyn LeRoy

5/10  lien imdb

Avec : Henry Fonda, James Cagney, William Powell, Jack Lemon

 

Les Indispensables du cinéma 1955

Une frégate de ravitaillement dans le Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. Loin du combat. Un capitaine tyrannique, un équipage qui s’ennuie, et un officier qui rêve de partir pour le front…

Petite comédie. Minuscule. On s’y fait suer presque autant que les hommes d’équipage. Jamais vu autant de monde embarqué dans la même galère. Et ils s’y sont mis à deux pour réaliser un film avant tout bavard. Ça papote entre James Cagney, Henry Fonda et Jack Lemon, et on a l’impression de voir leur gueule sur les affiches de leurs grands films respectifs se donner la réplique. Un cauchemar.

Même Opération jupon a plus de charme.


Sans plus attendre, Rob Reiner (2007)

The Bucket List Année : 2007

Réalisation :

Rob Reiner

5/10 IMDb 
Avec :

Jack Nicholson
Morgan Freeman

Deux cancéreux font chambre commune. L’un est le riche propriétaire de l’hôpital, l’autre un heureux grand-père noir. Ils font copains-copains et décident de suivre une liste de choses dont ils auraient envie de faire avant de mourir (tous les deux ayant moins d’un an à vivre).

L’un est désagréable et quasi sans famille, l’autre tout le contraire… Et comme attendu le second va permettre au second de trouver la « joie », comme d’autres (comme lui) trouvent la Foi…

Rob Reiner et les deux acteurs ont déjà fait mieux, c’est très convenu, gnangnan, sans surprise (il y en a un qui meurt à la fin, comme prévu). Mais faut pas cracher sur un peu d’émotion procurée à la fin, même si très politiquement correct (ce n’est pas bien d’être grincheux, les amis et la famille, c’est plus important que le pognon).

Parce que le film ne cherche rien d’autre qu’émouvoir ; il n’y a aucun malentendu là-dessus… C’est juste un bonbon à sucer et à jeter.

Un film construit pour ces deux acteurs, qui jouent depuis dix ans les mêmes personnages. Entendre Nicholson martyriser son homme à tout faire, c’est un plaisir (même si on connaît déjà la chanson).


Romance inachevée (1954), Anthony Mann

The Glenn Miller Full Pschitt

Romance inachevée

Note : 2.5 sur 5.

Titre original : The Glenn Miller Story 

Année : 1954

Réalisation : Anthony Mann

Avec : James Stewart, June Allyson

La première partie est bien. On suit Miller dans son évolution vers le succès. C’est un type de récit classique : l’artiste fauché qui va peu à peu se faire sa place dans le monde. Son rapport avec sa femme est singulier, ça fait avancer le film.

Mais une fois qu’ils arrivent au succès on quitte le récit traditionnel pour une simple hagiographie de Miller. L’histoire vraie de Glen Miller… sauf que je ne vois pas ce qu’il y a de particulièrement singulier dans cette histoire… Elle est tragique bien sûr, mais affreusement banale. Et pour une fois le titre français est bien vu et ne manque pas d’humour. Parce que certes, il y a une romance inachevée, comme toujours quand un membre du couple disparaît tragiquement, mais là, c’est le film qui est inachevé. Une demi-heure sans intérêt où on suit la réussite de Miller, sans un brin de conflit, d’obstacle à l’avancée de sa gloire, et puis tout s’arrête d’un coup dans un accident d’avion qui n’est qu’évoqué. On ne prend même pas la peine de mettre en scène son “aventure” durant la guerre, parce qu’il n’y a rien à raconter. Le seul fait d’armes, du « commandant Miller », c’est d’avoir osé jouer sa musique durant un défilé de troupe (ouh là là ! quelle audace ! quelle impertinence !)… Et là, même pas de problème pour le personnage, puisque le général a aimé. C’est un peu comme si on racontait ce qui se passe après le « et ils se marièrent et eurent tout plein de mioches »… aucun intérêt.

Romance inachevée 1954, Anthony Mann | Universal Pictures

Heureusement qu’il y a cette première partie avec notamment une apparition de Louis Armstrong et la présence de June Allyson (déjà charmante dans Les Quatre Filles du Docteur March). Une manière de prouver une fois encore que derrière chaque « grand homme » il y a souvent une femme pour montrer la voie (c’est souvent valable pour les hommes politiques — cf. la femme de John Adams pour citer un exemple qui me vient à l’esprit — mais souvent aussi pour les artistes, donc).

Ce film était peut-être une manière de remercier Miller qui a beaucoup contribué à la musique d’une époque (la bonne vieille musique de papa qui paraissait si insolente, si “hot” à l’époque). Mais le film ne mérite pas tous les honneurs qu’il a eus à l’époque. C’est un demi-film, un film inachevé.



Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1954

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Chambre 1408, Mikael Håfström (2007)

1408Année : 2007

Réalisation :

Mikael Håfström

5/10  IMDb

Du Stephen King tout craché. L’idée de départ est très alléchante, comme d’hab’, et on se demande comment il va sortir de cette chambre sans passer pour un nul.

La première demi-heure est très intéressante, et puis on tombe dans du grand-guignol. On multiplie les effets pour remplir le vide et l’impasse de l’histoire, et dans ce train fantôme sans destination finale, on se lasse très vite de la succession de tous ces « booh ! ».

Alors Stephen, cette fin ? « bah non je me suis encore viandé ». C’est peut-être bien la première fois que j’ai failli m’endormir devant un thriller… voire un rêve. Ou un cauchemar, parce que c’est bien ce que c’est, une histoire sans queue ni tête, une succession d’images affolantes sans structure, sans but. Non décidément, on n’en est pas sortis de cette chambre, on s’y est même bien assoupis. Appelez la réception, qu’on me réveille à la fin du film…

Ah, j’oubliais la morale de l’histoire : « Les fantômes, il faut y croire, vraiment, ils existent, je les ai vus… S’il vous plaît, ne cessez pas d’y croire, sinon je ne vianderai plus mes histoires ! »

Bref, je comprends que King n’en a tiré qu’une nouvelle. Au moins, dans d’autres, il a su garder un peu plus de mystère sur la fin.

Pour l’accroche du film j’aurais bien mis : « Cusack dans un cul-de-sac ».


Silent Running, Douglas Trumbull (1972)

Silent Running

Silent Running Année : 1972

Réalisation :

Douglas Trumbull

5/10  IMDb

Trumbull est surtout réputé pour être un grand maître des effets spéciaux (souvent spatiaux). 2001, c’est lui, Blade Runner, c’est lui… J’avais plutôt bien aimé Brainstorm, mais là ce Silent Running, ce n’est vraiment pas terrible. Le scénario n’est pas si mal que ça, mais la mise en scène est hasardeuse et les effets spéciaux d’un ridicule affligeant… à croire que les effets de 2001, sont à mettre au crédit (unique) de Kubrick et que ceux de Blade Runner aient juste profité des avancées techniques effectuées pour Star Wars par son copain John Dykstra (mais j’en doute aussi parce que Dykstra a lui aussi réalisé un film, avec des effets spéciaux très douteux…).

Le film est sympathiquement écologiste, les deux robots semblent avoir inspiré les droïdes de la Guerre des étoiles… Les idées sont dans l’air stratosphérique.


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La Faille, Gregory Hoblit (2007)

La Faille

Fracture Année : 2007

Réalisation :

Gregory Hoblit

6/10  IMDb
Avec :Anthony Hopkins, Ryan Gosling, Rosamund Pike

Agréable si on n’est pas trop difficile.

Jusqu’au trois-quarts, ça va… On prédit un peu tout, mais ça m’a jamais dérangé ça (parfois, c’est même fait exprès, donc…). Mais à la fin, d’une part, on a vu tellement de films de ce genre qu’on s’attend à un retournement final, et là on est un peu déçu ; surtout la mise en scène passe à côté des effets pour mettre en valeur les moments clés. C’est un peu comme si le type récitait un poème étranger sans en comprendre le sens… La mise en scène est bien, impeccable, formellement excellente, mais elle ne sait pas se focaliser sur des points importants du récit. L’emploi de la musique notamment est lamentable. On attend, les “tindin”, un peu passage obligé dans ce genre de truc, et non ça reste mou, tout est traité de la même manière, aucun relief, du coup on reste en rade en attendant la scène qui nous fera décoller.

L’acteur qui joue le jeunot a une vraie gueule de con. Je ne sais plus où je l’ai vu, mais ça ne devait pas être un chef-d’œuvre (Ryan Gosling). Et Hopkins, avec le talent qu’il a, il pourrait faire autre chose de temps en temps…


La Faille, Gregory Hoblit (2007) | New Line Cinema, Castle Rock Entertainment, Weinstock Productions

À noter, Fiona Shaw, qui joue le rôle du juge (c’est noté, merci).


American Gangster, Ridley Scott (2007)

La Chute du gangster noir…

American Gangster

Note : 3 sur 5.

Année : 2007

Réalisation : Ridley Scott

Scott a fait son film de gangsters, il est content. Le film navigue toujours dans un même rythme : pas de points forts, pas de points faibles, tout est au même niveau avec des scènes sans grand intérêt. Ça manque de grandeur, d’épopée, c’est super sage et paresseux. Le scénario a un énorme défaut au départ, il ne présente pas bien le et les personnages, cette introduction est vraiment mal fichue, et tout au long du film on a droit à des clichés de scènes vus mille fois sans apporter réellement quelque chose de nouveau. Pas d’enjeux bien définis, on ne sait pas ce qu’on regarde, ça va dans tous les sens sans vraiment savoir où ça va, ça se cherche pendant tout le film. Il y a des moments intéressants, on ne voit pas non plus les deux heures trente du film parce que vers le milieu, le scénario est bien meilleur.

Encore une bonne fausse idée de départ : faire un film sur le premier chef mafieux noir : à première vue, ce n’est pas mal, c’est bien pour la pub et on est sûr de gagner déjà tout un public pas trop difficile (c’est sûr que ce film passe pour un chef-d’œuvre à côté des merdes que doit voir la racaille…), mais quand il n’y a rien derrière, quand on s’appuie juste sur des anecdotes « étonnantes » (comme ce truc où le flic qui a trouvé un million de dollars est allé le rapporter au commissariat au lieu de le garder pour lui…), bah, ça ne sert à rien de faire un film, ou sinon on trahit l’histoire et on essaye d’en faire un truc plus épique, moins sage. Tout aussi inutile que La Chute du faucon noir… Scott veut faire comme Kubrick en testant un peu tous les genres, mais ce serait sans doute mieux s’il cherchait à faire du Ridley Scott avant tout, c’est-à-dire s’il se concentrait sur la mise en scène. Là, ce serait peut-être mieux (quoique, le scénario est bien vide et mal fichu) si la mise en scène n’était pas aussi pépère… Allez au placard Ridley, Fincher t’a piqué tout ton talent.


American Gangster, Ridley Scott (2007) | Universal Pictures, Imagine Entertainment, Relativity Media


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Un faux mouvement, Carl Franklin, Billy Bob Thornton (1992)

Billy, fais-moi peur

One False Moveun-faux-mouvement-carl-franklin-billy-bob-thornton-1992 Année : 1992

Réalisation / Scénario :

Carl Franklin / Billy Bob Thornton

6/10  IMDb

Un bon film écrit par Billy Bob Thornton (qui joue aussi dedans). Encore un film qui fait très « premier de la classe » : très bien écrit, bien ficelé. Dommage que la mise en scène soit aussi « minimale ». Avec un bon réalisateur, ça aurait été mieux (en même temps, on ne pouvait peut-être justement pas faire mieux avec cette bonne histoire, mais les personnages sont un peu limités tout de même).

Le principe du film, c’est la confrontation entre un flic de campagne qui voit arriver dans son patelin perdu des flics de LA pour attendre des criminels en fuite. Le provincial veut faire ses preuves, il est limite envahissant et c’est ce qui fait au début le charme du film. Ensuite vient se greffer à ça, un lien forcément amoureux, une histoire entre ce flic de la brousse et la fille des fuyards. Un peu tiré par les cheveux, mais si on ne pouvait pas mettre de cul dans un film, on s’ennuierait… Encore une histoire raciale, donc de lutte des classes… les Indiens et les petits Blancs… C’est toute l’Amérique. Quand on vit sur une bombe, ça devient tout de suite plus passionnant… Qui irait regarder un film en provenance de Mongolie ?