Les Joueurs d’échec, Satyajit Ray (1977)

Les Joueurs d’échecs

Shatranj Ke Khilari (The Chess Players) Année : 1977

Réalisation :

Satyajit Ray

Sur La Saveur des goûts amers : Les Indispensables du cinéma 1977
6/10  IMDb
Encore un film de petit-bourgeois de Satyajit Ray. Un film de salon. Charulata, dans le genre, était plus réussi (ou aurait ma préférence). Là aussi il y a une idée de base qui est intéressante, mais on voudrait sortir un peu de ces salons…, et surtout, ça manque cruellement d’idylle au champ cette affaire. Bref, deux amis dans la dernière province indépendante d’Inde au XIXᵉ siècle passent leur temps à jouer aux échecs. Ce sont des hommes de la noblesse, et ils ne s’intéressent pas du tout à la politique. On les voit donc chercher à jouer malgré les troubles politiques et les troubles dans leur ménage. C’est presque ironique : jolie pagaille autour d’eux, tout change, mais eux ne veulent jouer leurs parties et rien d’autre. Ils finissent dans la cambrousse pour être tranquilles pendant que leur roi achève un traité d’allégeance à la reine Victoria… Tout un symbole.

Les Joueurs d’échecs, Satyajit Ray 1977 | Devki Chitra


Darling chérie, John Schlesinger (1965)

Darling chérie

Darling Année : 1965

Réalisation :

John Schlesinger

6/10  IMDb

 

Film très 60’s. Julie Christie en Madame Bovary moderne. Un peu gonflant à force de se laisser balancer par la vie, d’amants en amants. La fille est superficielle, à la limite de l’antipathie, le film finit par l’être un peu aussi. Ç’avait probablement une autre saveur à l’époque.

Un besoin d’émancipation de la femme anglaise. Une liberté sexuelle recouvrée, en particulier pour les femmes… Vraiment pas fan de ce ton et de cette manière de vivre. La belle ironie, c’est que “Darling” finit dans les bras d’un prince romains qui l’a aimé pour son image, sans véritablement l’aimer, que le prince en question dit être champion de bobsleigh (comme le prince de Monaco, fils de) et que le prénom de Darling, c’est… Diana. Toute ressemblance avec…


Darling chérie, John Schlesinger 1965 | Joseph Janni Production, Vic Films Productions, Appia Films Ltd


 

Wall Street, Oliver Stone (1987)

Wall Street

Wall Street Année : 1987

Réalisation :

Oliver Stone

7/10  IMDb

Listes :

MyMovies: A-C+

C’était fort de faire un film aussi rapidement juste après la révolution néolibéralisme de l’ouverture des marchés boursiers dans les 80’s. Preuve qu’on voyait déjà que ce n’était pas très éthique cette histoire. Aujourd’hui on sait que c’était même pire que ça (même si la crise qu’on a connue découle surtout des nouvelles magouilles nées après l’éclatement de la bulle internet, mais déjà l’accentuation du marché totalement libéralisé, sans contrôle). Pourtant dans le film ça finit bien, la COB découvre le pot aux roses. Ça paraît un peu idéaliste aujourd’hui.

Michael Douglas est génial dans ce rôle de pourri extrême. Le libéralisme, c’est la liberté d’assumer qu’on est un gros connard. La morale est facile : on accepte de se faire du blé sur les autres jusqu’à ce qu’on soit à son tour victime des requins… Mieux que rien. Film d’initiation. Le bébé perdu entre la voie du bien et du mal, entre ses deux pères. Facile mais nécessaire. Et surtout monté d’une manière à ce qu’on ne s’ennuie jamais durant le film. Très plaisant.


Wall Street, Oliver Stone 1987 | Twentieth Century Fox, American Entertainment Partners L.P., Amercent


Tables séparées, Delbert Mann (1958)

Tables tournantes

Tables séparées

Note : 4 sur 5.

Titre original : Separate Tables

Année : 1958

Réalisation : Delbert Mann

Avec : Rita Hayworth, Deborah Kerr, David Niven, Wendy Hiller, Burt Lancaster, Rod Taylor, Audrey Dalton

Adaptation d’une pièce de théâtre, le film reste un huis clos. L’intérêt pour moi du film, ce sont ses décors. Cette pension qui recueille toutes sortes de personnages comme dans un bon Agatha Christie ou dans La croisière s’amuse, avec ce style art nouveau, ces fenêtres, ces tapisseries, ces moulures, ces bibelots… Il y a quelque chose de merveilleux et d’irréel dans ces images : on a toujours une grande profondeur de champ grâce à ces vitres censées s’ouvrir sur l’extérieur, ou ces ouvertures murales transparentes, qui donnent à penser qu’on est à la fois à nu et parfois caché derrière une lampe ou un tableau. Tout à fait l’esprit d’un tel hôtel où on vit pratiquement jour et nuit.

Les personnages sont des archétypes comme on en rencontre fréquemment dans ce genre d’histoires. Les situations restent assez entendues, mais on prend plaisir à les suivre. Surtout avec autant de stars (Deborah Kerr en vieille fille qui se rebelle à 45 ans face à sa mère ; Burt Lancaster en amant cassé par un amour perdu ; Rita Hayworth en femme fatale qui ne demande qu’à être cueillie et à se poser avec son amoureux ; David Niven en aristocrate mytho et solitaire, animé d’une fausse assurance ; Rod Taylor, l’homme de La Machine à remonter le temps et des Oiseaux, en jeune premier ; Cathleen Nesbitt, que je viens de voir dans Si Paris l’avait su…).

La seule critique du film qu’on puisse faire c’est qu’il est trop court. Autant de personnages à développer en 90 m. On aimerait que ça dure un peu plus.


Tables séparées, Delbert Mann 1958 Separate Tables | Hill-Hecht-Lancaster Productions, Clifton Productions, Norlan Productions


Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1958

Liens externes :


Notre pain quotidien, King Vidor (1934)

Amen-et-vous !

Our Daily Bread Année : 1934

Réalisation :

King Vidor

7,5/10  IMDb

Sur La Saveur des goûts amers :

Les Indispensables du cinéma 1934

Listes IMDb :

MyMovies: A-C+

Très court film de King Vidor. Éloge des valeurs de la collectivité et de l’effort commun. Limite communiste ou populiste de droite c’est selon. Une sorte de petit Capra rural ou des « Raisons de l’espoir ».

Les refoulés de la crise de 29 achètent un petit lopin de terre à la campagne. Ils sont de la ville et peinent à y faire pousser quelque chose. Vient alors une autre famille, des immigrés, qui vont leur apprendre comment s’y prendre. Face à cette ruée de main-d’œuvre, ils décident finalement d’accepter tout le monde sans exception. Toute cette petite société apprend à travailler ensemble.

La pluie tarde à venir, et la récolte risque d’être perdue. Seule solution, un peu folle : faire venir l’eau de la rivière qui est à quelques centaines de mètres de là… derrière une colline. Le bonheur est toujours sur la colline du voisin.

Gros moment de bravoure et d’effort collectif.


Notre pain quotidien, King Vidor 1934 Our Daily Bread | Viking Productions


Camp 731, Tun Fen Mou (1988)

Camp 731

Men Behind the Sun Année : 1988

Réalisation :

Tun Fen Mou

5/10  IMDb

Film de guerre et d’horreur… pour dénoncer un crime reconnu depuis comme crime contre l’humanité mais finalement assez peu connu (reconnu tardivement, c’est loin…). En matière d’atrocités et de nombre de morts, on bat pourtant des records. En tout, c’est près d’un millier de morts quand on compte les victimes des camps ou ceux de la peste qui a suivi les expérimentations.

Le film est hongkongais, il n’est pas inutile de le préciser.

On y voit donc toutes sortes d’expériences menées par les médecins de l’un de ces camps en vue de créer de nouvelles armes bactériologiques, établir des données sur la résistance humaine. La fin fait encore plus tourner de l’œil : pour ne pas être poursuivi pour crime contre l’humanité, le responsable de ces camps passe un deal avec les Américains. Ils le laissent tranquille et il leur remet l’ensemble des données des travaux. Tout un “savoir” dont les USA se serviront pendant la guerre de Corée…

Bon appétit.


Men Behind the Sun, Camp 731, Tun Fen Mou 1988 | Sil-Metropole Organisation


La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008)

La Journée de la jupe

La Journée de la jupeAnnée : 2008

Réalisation :

Jean-Paul Lilienfeld

B-/10  IMDb

Listes :

Films français préférés

MyMovies: A-C+

Une nouvelle fois, Arte sort un de ses téléfilms au cinéma.

Beaucoup aimé pour ce que c’est (un petit film cherchant à viser juste, sans s’éparpiller, sans grandes ambitions non plus), en dehors de la performance d’acteur de quelques-uns, Denis Podalydès en tête… Mais les élèves sont convenables et Isabelle Adjani, c’est Adjani… l’une des meilleures actrices françaises avec Catherine Deneuve et Isabelle Huppert.

Le thème est fort. Il y a certaines répliques bien vues. Une tension incessante, des revirements inattendus et une révélation finale qui sonne juste.

Un film sur la société. Indispensable. Parce que ça a le mérite de poser tout un tas de problèmes.


La Journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld (2008) | Mascaret Films, ARTE, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF)


Frozen River, Courtney Hunt (2008)

Frozen River

Frozen RiverAnnée : 2008

Réalisation :

Courtney Hunt

7/10  IMDb

Après le naturalisme à la française, à la chinoise, voici le naturalisme froid et glauque à l’américaine…

Pas passionnant mais ça se laisse regarder. Une mère de famille est amenée à suivre une Indienne Mohawk dans son trafic de clandestin pour se faire un peu de blé. Les trafics se font de nuit, à travers le territoire de la réserve. Il faut passer la frontière du Canada en voiture en roulant… sur un fleuve gelé. L’Amérique de la misère.

Le ton est assez juste, le sujet original, mais c’est vraiment bien glauque. Pas un brin d’humour ni d’espoir. À côté un film français, c’est Hollywood.

Frozen River, Courtney Hunt 2008 | Cohen Media Group, Frozen River Pictures, Harwood Hunt Productions


Survivre avec les loups, Véra Belmont (2007)

Survivre avec les loups Année : 2007

Réalisation :

Véra Belmont

5/10  IMDb

Vu en janvier 2011

Faux fait divers. Ça doit être le film de chevet de Sarkozy. Depuis, l’auteure a révélé qu’elle avait menti. Dommage, ça casse l’ambiance. Tellement tiré par les cheveux qu’on ne pouvait y croire qu’avec le bandeau « histoire vraie ».

Avec un nouveau bandeau « elle s’est foutue de notre gueule », l’histoire devient moins intéressante, mais il faut avouer qu’on peut aussi y trouver un certain plaisir sadique, celui de démystifier les menteurs. C’est comme si Rain Man était tiré d’une histoire vraie et qu’on apprenait que l’autiste simulait depuis le début… On n’aime pas trop se faire prendre pour des cons. Pas vrai Nico ?

Survivre avec les loups, Véra Belmont 2007 | Stéphan Films, Les Aventuriers de l’Image, XO Productions


Cœurs, Alain Resnais (2006)

Cœurs

CœursAnnée : 2006

Réalisation :

Alain Resnais

5/10  IMDb

Vu janvier 2011

Sans doute le plus mauvais d’Alain Resnais…

Son truc de vouloir recréer un monde en studio trouve là ses limites. Ça marche quand le sujet est parfaitement non naturaliste comme dans Smoking /No smoking. Ici, c’est encore théâtral, mais il y a des scènes qui ne peuvent pas être réussies avec l’artifice du studio et du minimalisme : les scènes où Lambert Wilson et Isabelle Carré sont bourrés, ça ne peut pas passer, impossible à rendre dans un univers BD. Surtout en plan large et sans montage, donc sans tension et sans direction. Impossible à jouer pour des acteurs sans être ridicules.

Un vrai désastre.