Volker Schlöndorff

Classement

  • 7/10

    • Le Tambour (1979)
    • L’honneur perdu de Katharina Blum (1975)
  • 6/10

    • Mort d’un commis-voyageur (1985)
  • 5/10

    • La Servante écarlate (1990)
 


Simples notes :

La Servante écarlate (1990)

C’est un peu Terminator sans terminator, je me trompe ? On se demande bien comment Schlöndorff a pu atterrir dans cette galère. Ainsi que… Harold Pinter. Remarquons aussi qu’il faut que ce soit des hommes qui sauvent la servante à la fin. Harry a respecté l’histoire de Margaret Atwood ou le studio lui a imposé certains éléments ridicules ? Je jetterai probablement un œil sur la série, sans aucun doute bien plus intéressant que ce nanar (ou lirai le livre tant qu’à faire). L’écarlate du titre français, c’est un clin d’œil à La Lettre écarlate ? (C’est fou ce que les mauvais films peuvent offrir comme question restée sans réponse !)

Volker Schlöndorff

Alejandro Jodorowsky

Classement : 
 

8/10

7/10

  • Fando et Lis (1968)
  • La Montagne sacrée (1973)
  • La Cravate (1957)

6/10

5/10

4/10

3/10

  • El topo (1970)

2/10

1/10

  • Psychomagie, un art pour guérir (2019) 

Films commentés (articles) :

Simples notes
Fando et Lis

Le plus sans doute que je puisse encaisser de cet escroc. Et encore, ce que j’aime dans son film, on le doit sans doute plus à Arrabal dont j’ai vu le texte travaillé, il y a de ça des années. J’avais une sympathie pour les personnages avant même de voir ce que Jodo en ferait. C’était absurde, surréaliste, touchant, et il y avait une alliance formidable dans laquelle l’un n’est rien sans l’autre. Jodo en a fait forcément un objet baroque fourmillant d’inventivité, d’expérimentations, et d’excès en tout genre. Il charcute Arrabal, dont il ne reste pratiquement rien, mais ce rien, c’est encore le plus poétique et le plus symbolique du film.

La Montagne sacrée 

Faire des films parfois, c’est un peu comme faire l’amour. Il faut être au moins deux : un fou pour réaliser, et un autre pour produire. Et on évitera de savoir qui trompe qui. On remerciera alors John Lennon qui, selon la légende (et si j’ai tout compris), adorait El topo et aurait ainsi permis d’une manière ou d’une autre que l’escroc Allen Klein produise le film. J’aime en général assez peu les films de grenier, mais celui-ci est plutôt inventif dans le genre. Disons qu’on est entre les films de grenier (avec un gros budget en accessoires, figurants, costumes, peintures et papier mâché) et les films de Fellini. Fando et Lis avec le budget de coq en pâte en somme.



Alejandro Jodorowsky

Youssef Chahine

crédit Youssef Chahine

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • Les Eaux noires (1956) 
  • La Terre (1970)

7/10

  • Ciel d’enfer (1954)
  • Le Chaos (2007)
  • Saladin  (1963)
  • Le Moineau (1974)
  • Papa Amin (1950)

6/10

  • Adieu Bonaparte (1985)
  • Gare centrale (1958)
  • C’est toi mon amour (1957)
  • Le Destin (1997)
  • Alexandrie pourquoi? (1979)
  • Le Vendeur de bagues (1965)

5/10

  • L’Émigré (1994)
  • Le Choix (1970)
Simples notes :
Les Eaux noires

Quand deux jeunes génies se rencontrent… ils dansent comme euphoriques et certains de se trouver enfin face à un talent égal au leur. Le reste du monde semble passer au second plan.. Là, c’est la caméra de Youssef Chahine qui virevolte autour d’un Omar « El » Sharif hanté par la jalousie, presque halluciné, d’une autorité remarquable. Les Eaux noires, c’est comme Othello à Alexandrie, entre film noir et mélo, une tragédie condensée sur à peine deux jours, le temps d’une escale à la maison, et de foutre un merdier pas possible. Comme une saveur de Guru Dutt.

Youssef Chahine

Phillip Noyce

Classement :

10/10

9/10

  • Un Américain bien tranquille (2002)

8/10

  • Le Chemin de la liberté (2002)
  • Calme blanc (1989)

7/10

6/10

5/10

  • Salt (2010)
  • Sliver (1993)
  • Jeux de guerre (1992)
  • Newsfront (1978)
  • Backroads (1977)

Films commentés (articles) :



Phillip Noyce

Otar Iosseliani

Classement :

8/10

  • La Chute des feuilles (1966)

7/10

  • Il était un merle chanteur (1970)

6/10

  • La Chasse aux papillons (1992)
  • Les Favoris de la lune (1984)
  • Pastorali (1975)

5/10

  • Et la lumière fut (1989)
  • Aprili (1961)

4/10

  • Sept Pièces pour cinéma noir et blanc (1983)

3/10

 

2/10

  • Adieu, plancher des vaches (1999)

1/10

Commentaires simples :
La Chasse aux papillons, Iotar Iosseliani (1992)

Film d’un tatinophile un peu trop averti : la référence (ou l’hommage) est un tantinet appuyée, surtout au niveau de la sonorisation des dialogues qui sonnent comme des piaillements d’oiseaux. L’histoire n’a aucun intérêt avoué, il faut se rattacher à l’esprit cocasse de chaque séquence, et un peu comme chez Tati, il faut se satisfaire de ça. L’exercice ne m’intéresse déjà pas beaucoup chez le Français, alors un imitateur ne fait pas beaucoup plus l’affaire. L’humour anti-japonais peut amuser au début, et puis ça devient peut-être un peu trop insistant, voire gênant (on n’échappe plus à tous les clichés sur les Asiatiques ; même si je comprends bien qu’il pratique la même dérision caricaturale avec les Russes, ben, on rit un peu jaune).

 

Otar Iosseliani

Im Kwon-taek

crédit Im Kwon-taek
Commentaire :

10/10

  • La Chanteuse de pansori (1993)

9/10

  • Ivre de femmes et de peinture (2002)
  • Le Chant de la fidèle Chunhyang (2000)

8/10

  • La Mère porteuse (1987)
  • Le Village dans la brume (1983)
  • Qui pourra bloquer un torrent/You Can’t Stop a Flowing River (1986)

7/10

6/10

  • Souvenir (2007)
  • Adada (1987)

5/10

  • Naeil ddo naeil (1979)

*Films commentés (articles) :

Simples notes :
 
La Mère porteuse (1987)

Un sujet en or pour une exécution sans faille. Un cinéma d’ambiance rappelant Yimou, Tsui Hark ou déjà La Chanteuse de pansori. Et La Mère porteuse les précède tous. Une esthétique très HK80’s avec téléobjectif, montage-séquences, musique ronflante… C’est d’une beauté…

 

Im Kwon-taek

Jia Zhangke

Classement : 

10/10

9/10

8/10

  • Xiao Wu, artisan pickpocket (1997)
  • The World (2005)
  • A Touch of Sin (2013)
  • 24 City (2008)

7/10

  • Still Life (2006)
  • Plaisirs inconnus (2002)
  • I Wish I Knew : Histoires de Shangai (2010)
  • Les Éternels (2018)

6/10

  • Platform (2000)

5/10

  • Au-delà des montagnes (2015)

4/10

3/10

  • In Public (2001)

Films commentés (articles) :

Commentaires simples
Les Éternels (2018)

J’ai cru revoir des plans et des séquences de ses précédents films, je dois être fou (les séquences dansées, celles tournées dans la région des Trois-Gorges avec notamment un plan cadré quasi indique que j’ai capturé dans mon commentaire de Still Life, mais cette fois sur un bateau avec Zhao Tao). C’est pire que Woody Allen, Jia-Jia radote, et c’est pourtant toujours aussi hypnotique.

La traversée (ici du temps) à travers différentes époques récentes de « l’éveil de la Chine », c’est une autre forme de violence sociale que le réalisateur est habitué à exposer dans ses films. La société chinoise évolue à un train d’enfer, et une majorité de Chinois restent encore sur le quai : rien n’a changé chez les petits parrains de la pègre, sinon qu’au lieu d’être redevables d’un « grand frère », ils le sont de leur smartphone. Xi Jinping is watching you.

24 City (2008)

Bel hommage aux anciens de la classe populaire ayant façonné dans l’ombre la Chine d’aujourd’hui. Savoir écouter est aussi un art. Difficile de savoir en revanche jusqu’à quel point Jia rajoute de la fiction dans ces histoires personnelles. S’il ne fait aucun doute que la plupart sont réelles, l’utilisation soudain de deux actrices (voire plus) professionnelles pour réciter, jouer, des récits de vie, laisse assez songeur. Dans ce petit jeu qui s’apparente presque à l’exercice de style à la Une sale histoire, Jia Zhangke a recours à sa femme, mais aussi à une actrice populaire chinoise, et le cinéaste pousse le vice jusqu’à lui faire évoquer son propre nom et un film dans lequel elle a joué (mise en abyme plutôt étrange, mais encore une fois, l’intérêt serait de savoir si le texte initial est fictif ou bien tiré d’un témoignage réel ; Jia aurait alors eu juste l’idée de proposer à l’actrice évoquée dans le témoignage, et évoquant la ressemblance de son auteure avec l’actrice…). Mais en dehors de ces réserves, le film est magnifique, traitant d’un monde en train de disparaître au profit d’un autre.

The World (2005)

La technique d’écriture de Jia me fascine toujours autant. Cette manière d’égrainer des indices dans son récit pour les laisser pousser dans l’ombre et venir les cueillir un peu plus tard, c’est d’une beauté… Ça permet également pas mal de jouer sur la contradiction des événements ou de l’absurdité de certains destins qui prennent forme sous nos yeux : opposition entre un couple qui n’arrête pas de se chamailler pour de mauvaises raisons (stéréotype du gars lourd avec sa nana ; et de la nana serviable à merci qui malgré ses plaintes se laissent traiter comme un objet) et un autre qui donne l’assurance d’un couple uni avec des bisbilles sans conséquences, et cela même alors que le mec fait ce que le mec de l’autre couple suspecte ce que sa nana fait…, à savoir, en voir un autre. C’est d’ailleurs assez juste au niveau de la description des couples : il y en a toujours un qui pense qu’il peut trouver mieux ailleurs et qui ne se prive pas de laisser ses chances venir à lui… Le rapport des femmes de la revue du parc d’attraction avec les hommes d’influence est tout aussi juste : Jia dénonce la corruption facile de certaine filles qui regretteront vite leurs écarts, et la pourriture des mâles profitant de leur position de domination sur des employées précaires (l’épisode du manager russe récupérant les passeports de “ses” danseuses fait aussi froid dans le dos). Et puis quelques moments de grâce, quand Jia décrit une amitié trans-nationale entre deux danseuses ne parlant pas la même langue, mais partageant bien plus que des mots, une écoute, un respect. Même quand il décrit les petits malfrats, Jia a un œil bienveillant voire protecteur sur ces pauvres types venant de la campagne souvent mal adaptés à une société de surconsommation dans laquelle tout est à portée de main (comme les monuments dans le parc). L’œuvre d’un humaniste philanthrope, mais aussi clairvoyant. Une réalité sombre, brutale, à laquelle chacun tente à son échelle d’échapper.

I Wish I Knew : Histoires de Shanghai (2010)

Jia est un homme amoureux. Il réaliserait un documentaire sur le poulpe des abysses qu’il trouverait moyen d’y faire tourner sa femme chérie. Éclairant sur l’histoire de Shanghai depuis l’ouverture du commerce aux Européens au XIXᵉ siècle et les premières concessions, jusqu’aux guerres du XXᵉ qui ont écartelé la Chine et les Chinois.

Ça sent la commande (j’ai l’impression que beaucoup des œuvres des Jia ont été financées en partie grâce à des boîtes de production situées à Shanghai), mais Jia en fait quelque chose de vraiment passionnant et d’en tout cas assez instructif pour un Européen comme moi ayant une culture assez limitée de la Chine. Jolie mise en scène entre les séquences d’interviews (l’usage du ralenti et de la musique, notamment). Avec en prime la présence de l’actrice et ses quelques secrets de tournage du Printemps d’une petite ville (1948).


Lien IMDb

Filmographies et classements

· autres réalisateurs d’Asie


Jia Zhangke