La Pythie du réveillon

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La Pythie du réveillon

Contexte : Emmanuel Macron a perdu les élections, il rechigne à nommer la Première ministre désignée par le mouvement arrivé en tête des élections (NFP), son gouvernement de droite vient de tomber et il vient d’en nommer un autre. Il n’a donc plus aucune légitimité, mais il continue de vouloir tracer les grandes lignes de la politique de la France. Il profite des vœux du président le 31 décembre pour exprimer une nouvelle fois tout le mépris pour les Français qu’on lui connaît.

Satire.


Tous les soirs de réveillon depuis huit ans, la Pythie montre le bout de son nez à la télévision et tire des vapeurs de son cul d’étranges sentences à la sémantique douteuse.

Une fois fait, les grands prêtres apparaissent à l’écran et tâchent d’interpréter les phrases fumeuses de l’oracle élyséen.

Mon Dieu, elle a reconnu une erreur, quelle humilité ! Elle demande à ce que tous soient unis derrière elle. Mais pour cela, il va falloir se bouger le cul. Elle a balancé une nouvelle règle démocratique : on arrête de respecter les normes. Parce que pfiou (vapeur toxique), c’est chiant les règles.

Les normes. Oh là là ! que de règles pour préserver les consommateurs et les travailleurs ! Mais que fait-on pour nos aristocrates ? nos entrepreneurs ? Ces émetteurs de vapeurs toxiques ?

Ah, et puis, la Pythie veut aussi donner la parole au peuple. C’est vrai que jusque-là ç’a bien marché.

Parle-t-elle de référendums ? Et si oui, sur quel sujet ? Mais oh là là ! s’il y a référendum, le peuple, qui n’est pas aussi rationnel que les aristocrates, et ne sait pas ce qui est bon pour lui, pourra répondre à une autre question ! Caramba ! Quelle audace !

Ah, j’oubliais, il va falloir augmenter les dépenses de la Défense. Est-ce que la Pythie « prendra sa part » pour payer ces nouvelles dépenses ? Quoi ? Mais non, il faut garder le cap : saigner les pauvres et les serviteurs de l’État, ces feignants réfractaires qui sont bien contents d’être Français.

Elle reconnaît que pour l’instant ses précédentes interventions à interpréter (comme la dissolution, nouvel état de la matière précédent le chaos) n’ont pas été comprises, mais que plus tard, on comprendra mieux.


Il y avait aussi un côté « ça va bien se passer ».

Chez les Grecs, la Pythie est censée être vierge. Chez nous, c’est différent. Notre pythie est un mâle toxique qui cherche par tous les moyens à niquer le peuple. Il est important que les prêtres et que les aristos soient maintenus à leur poste et continuent à raconter leurs fables pour préserver l’harmonie du monde.

Enfumage partout, retraite nulle part.

Quel pythre.



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