Jack Reacher & Mission Impossible : Rogue Nation, Christopher McQuarrie (2012-15)

Jack Reacher & Mission Impossible : Rogue Nation

Note : 3.5 sur 5.

Note : 3 sur 5.

Jack Reacher / Mission Impossible : Rogue Nation

Année : 2012 /2015

Réalisation : Christopher McQuarrie

Avec : Tom Cruise, Rosamund Pike, Richard Jenkins / Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner

C’est sympathique de m’avoir prévenu que le scénariste de Usual Suspectsfaisait des films. J’avais vu Way of the Gun, il y a bien longtemps (pas bien brillant, alors que je me rappelle de mon enthousiasme d’alors en allant voir le film), et laissant de côté le cinéma contemporain après ça, j’avais totalement perdu de vue le bonhomme. Je prends donc le train en marche, un peu d’indulgence.

Sa réalisation, à ce bon vieux Christopher (prénom damné à la réalisation), n’est en fait pas si différente de celle de Bryan Singer, même si on peut déplorer que pour les deux garçons ces formes de mise en scène très découpées aient souvent été mises au profit de franchises (les deux y sont manifestement abonnés, leur premier film laissait pourtant augurer le meilleur). Est-ce que ce rythme forcé aux effets continus, ce n’est pas mieux que la « ligne claire » encore hitchcockienne des polars des années 80-90 ?…

Bref, la franchise Mission Impossible n’a plus rien à envier à celle de James Bond. Les deux flirtent maintenant systématiquement avec le ressort narratif complotiste. À l’image de l’évolution des rapports de force géopolitique depuis la chute du bloc de l’Est. Faute de mieux ? Je n’en suis pas sûr. L’ennemi tout puissant n’est désormais plus ni soviétique ni un savant fou bien identifié, mais des organisations de l’ombre qui tirent les ficelles et corrompent toutes les machines démocratiques du monde. Je ne suis pas sûr que ça illustre si bien que ça la nature des conflits actuels, et cette mise en scène de complots constants et insaisissables (ça date déjà, on en voit les prémices à la télévision avec X-files ou Lost), j’aurais même presque peur que ça ne fasse qu’alimenter un peu plus la défiance du public pour ses gouvernants. En lieu et place des grands complots mondiaux, il y a surtout des pratiques illicites de la part d’individus issus des grandes richesses du monde qui visent à préserver et enrichir un peu plus leur patrimoine parfois avec la complicité passive des États (et donc des scénaristes de Hollywood). Ils font ça individuellement, à moins de considérer que les paradis fiscaux représentent une forme d’organisation mondialisée, avec le seul but de s’enrichir sur le dos de la société. Aucun réel complot comme on peut le voir dans ces films pour qui l’image du méchant doit toujours prendre un visage unique et pour qui la structure de ces « énergies de l’ombre » est calquée sur la mafia plus que sur les lacunes des États. Et ça, c’est bien un problème de ne pas l’évoquer dans des films actuels, parce que non seulement, on passe à côté des grandes manœuvres quasi mafieuses (le quasi à son importance) de notre époque, mais on nourrit et instrumentalise des imaginaires incohérents qui, in fine, profitent toujours à ces mêmes acteurs « de l’ombre », les grandes richesses, qui ne sont jamais montrées du doigt, et aux extrémismes.

Jack Reacher, Christopher McQuarrie 2012 | Paramount Pictures, Skydance MediaH2L

La défiance du peuple vis-à-vis de ses dirigeants n’a jamais été aussi grande, on élit des imbéciles d’extrêmes droites, et les univers mentaux illustrés dans ces films y sont sans doute en partie responsables. C’est d’autant plus ennuyeux quand un des promoteurs de ces imaginaires « alternatifs » est un acteur producteur promoteur également de la plus grande secte du monde. Les sectes, c’est pas des complots de l’ombre, c’est des problèmes bien réels qui pourrissent la vie de milliers de personne, s’enrichissent sur leur dos et promeuvent elles aussi des idéologies dangereuses pour les individus et la société.

Cela étant dit, paradoxalement ou non, il se trouve que j’aime bien ce que fait Tom Cruise… Faut être un peu schizophrène. La plupart du temps, depuis maintenant plus de dix ans, il s’appuie sur Christopher McQuarrie. OK, Keyser Cruise… On est rarement dans le chef-d’œuvre, il faut l’avouer, mais ce qu’ils proposent n’est pas mal du tout (si on met de côté les critiques exposées dans les deux précédents paragraphes). Oui, même dans ce domaine, il faut séparer l’homme de l’artiste, et cela, même quand des films font, à mon avis, plus la promotion des faux complots au détriment des vrais ou des quasis (influence des ultra-riches sur les politiques du monde, développement des extrêmes et des sectes). Mais je ne fais que prendre le train en marche, les films d’action n’ont vraisemblablement pas vocation à décrire le monde qui les entoure tel qu’il est, ni à dénoncer ses travers.

« Monsieur, votre billet n’est pas en règle. Veuillez descendre au prochain arrêt. »


 
Mission: Impossible – Rogue Nation, Christopher McQuarrie 2015 | Paramount Pictures, Skydance Media, Bad Robot

Liste sur IMDb pour Jack Reacher : 

MyMovies: A-C+

 

Liens externes :


Edge of Tomorrow, Doug Liman (2014)

Edge of Tomorrow

Edge of Tomorrow Année : 2014

8/10 iCM  IMDb

Réalisation :

Doug Liman

Avec :

Tom Cruise, Emily Blunt, Bill Paxton

Listes sur IMDb :

MyMovies: A-C+SF préférés
On a volé les cheat codes de la marmotte… Je ne m’attends pas à ça. Une boucle temporelle à la Un jour sans fin qui marche comme sur des roulettes en donnant au film sa structure répétitive et son rythme, et qui nous oblige à nous maintenir éveillés et attentifs tout du long, histoire de ne pas manquer les avancées ou les incohérences possibles, prendre aussi l’ampleur vertigineuse du morceau (procédé circulaire qui donne l’impression d’un gouffre démesuré en guise de hors-champ). Et même si certains aspects des visiteurs (ces Mimics) me semblent inutilement compliqués, on ne boude pas son plaisir. Un plaisir qui naît réellement bien plus des ressorts narratifs qui nous obligent une attention constante que de l’action ou des jolies images high-tech.

L’histoire d’amour ne prend pas trop le pas sur la ligne principale du récit, comme on peut le craindre à un moment. L’humour léger que rend possible un tel procédé narratif est bien au rendez-vous (Bill Baxton se charge de donner le ton). Le personnage et la performance d’acteur (si, si) de Tom Cruise méritent d’être notés (il faut oser faire de cet officier un lâche : avant que la boucle temporelle ne s’installe, c’est un moteur formidable de l’action – ce qui permet également au film de démarrer de loin pour amener le personnage de Tom Cruise vers une maîtrise toujours plus perfectionnée sur le champ de bataille). Les films de SF sont assez rares, celui-ci rentre direct dans mes préférés.



Risky business VS La Folle journée de Ferris Bueller

Risky Business 1983 
La Folle Journée de Ferris Bueller 1986

Note : 2.5 sur 5.

Note : 3.5 sur 5.

Deux films d’ados cultes des 80’s, deux perceptions différentes.

Je préfère largement Risky business. Dans la connerie ambiante des 80’s où la philosophie du « tout est possible » craint un peu, Risky Business va plus loin dans la logique, mais montre aussi les limites de cette volonté de s’amuser sans penser à faire du fric. Le personnage de Tom Cruise se retrouve vite submergé par les événements, il est en prise au monde réel, celui des “adultes”, des crapules, aux choix de la vie, et le ton de sa voix off est amer. Il réussit dans « son entreprise », il s’en sort pas trop mal, mais c’est une fausse happy end. On sent que le garçon n’est pas bien fier de lui ; il comprend que le monde réel est pourri. Beaucoup moins une comédie que ça en a l’air. Surtout, moins puéril que Ferris Bueller.

Les personnages ont le même âge, pourtant celui de Broderick semble ne pas vouloir sortir de l’enfance. Il est déjà fort à tromper son monde. John Hugues reste dans la vie d’ado et la sublime. C’était déjà le cas dans Breakfast club, avec une grande réussite, et il tombera carrément dedans avec Maman j’ai raté l’avion… D’ailleurs, on retrouve des éléments de Maman dans Farris Bueller. C’est une farce. Son regard est bienveillant sur l’adolescence, sur la mentalité de petit con.

Risky business est bien plus amer. C’est la différence entre la carrière, le jeu, de Broderick et de Tom Cruise. Broderick n’aura jamais les personnages de Cruise parce qu’il ne cessera jamais d’être un adolescent. Alors que ce personnage de Tom Cruise dans Risky Business ouvre la porte à des personnages adultes. Normal alors de le voir passer du rôle d’adolescent à celui de jeune premier dans Top Gun.


Risky Business 1983 | The Geffen Company

La Folle Journée de Ferris Bueller 1986 | Paramount Pictures