Monpti (1957), Helmut Käutner

Monpti

MonptiMonpti Année : 1957

6/10

Réalisation :

Helmut Käutner

Avec :

Romy Schneider

6 janvier 1997

L’ombre acidulée de Sissi

(Sans retouche. La critique est comme le film : fraîche, naïve… féroce, remontée, indignée.)

Je ne comprends pas la mauvaise réputation (critique) de ce film. On peut ne pas être séduit par son sujet mais la réalisation et le reste n’est pas sans qualité. Voilà deux fois que je vois ce film (revu par hasard), et chaque fois j’ai été séduit. C’est un film qui se laisse regarder, et plutôt agréablement. Est-ce parce qu’il n’y a pas de message ? Il n’y a que les critiques et les cinéastes intello (qui sont toujours les plus mauvais d’ailleurs si leur ennui se retrouve dans leurs films ; mieux, quand ils s’approprient le drame, le « message » d’un autre, un auteur ou un scénariste ; a-t-on idée lorsqu’on met en scène Shakespeare de reprendre le drame à son compte ?…). Qui ose penser au message avant l’histoire ? Il y a des manières plus simples et plus directes de faire de la morale ou de la philosophie, messieurs !

Est-ce parce que l’esthétisme du film surprend ? Un sujet réaliste, et de surcroît « nunuche » (voire sissïen), traité de manière mélotico-poétique avec des couleurs flamboyantes ? Cela aurait été un film de Carné, tous auraient crié à la poésie et à l’originalité. Puisqu’il s’agit d’un Allemand de l’ouest, il est plus à même de produire du réalisme âpre et intello ; les couleurs et le sourire de Romy paraissent troubler la béatitude exercée du critique, à qui l’originalité n’existe que si elle est acceptée par tous et produite par un cinéaste reluisant son étiquette quelle qu’elle soit.

Eh bien je dis que ce film, sans être un véritable chef-d’œuvre, est un grand spectacle ! Et c’est encore l’essentiel pour le public.

(Na !)


Loulou, Georg Wilhelm Pabst (1929)

Loulou

Pandora’s Box / Die Büchse der Pandora

Die Büchse der Pandora

Année : 1929

Réalisation :

Georg Wilhelm Pabst

6/10 IMDb iCM
Avec :

Louise Brooks
Fritz Kortner
Francis Lederer

10 avril 1997

Il faut attendre la fin quand le drame s’intensifie, dès la mort du mec mais surtout avec le meurtre de Loulou, pour que la réalisation devienne intéressante. Les dialogues sont inexistants, l’image prévaut, tout est visuel. Les séquences semblent d’abord être pensées avec une mise en place physique comme au théâtre, créant ainsi des images fortes : des corps enlacés, des attitudes dans l’espace ; puis la réalisation, la mise en place de la caméra vient se superposer à cette mise en place des corps : le montage, le choix des cadres. On imagine tout le travail de préparation : toutes les possibilités, les inconvénients offerts par le travail bien en amont.

La question du raccord dans ce cadre se pose car une séquence est préalablement pensée en fonction d’un rythme et d’un style. Un plan commence-t-il par un mouvement ou par une sorte de point neutre, comme au théâtre où l’acteur ménage ses effets pour laisser le spectateur recevoir ce qui précède. Car si tous les raccords se font sur le mouvement, cela donne une impression de tunnel qui ne s’arrête jamais.