American Gangster, Ridley Scott (2007)

La Chute du gangster noir…

American Gangster

Note : 3 sur 5.

Année : 2007

Réalisation : Ridley Scott

Scott a fait son film de gangsters, il est content. Le film navigue toujours dans un même rythme : pas de points forts, pas de points faibles, tout est au même niveau avec des scènes sans grand intérêt. Ça manque de grandeur, d’épopée, c’est super sage et paresseux. Le scénario a un énorme défaut au départ, il ne présente pas bien le et les personnages, cette introduction est vraiment mal fichue, et tout au long du film on a droit à des clichés de scènes vus mille fois sans apporter réellement quelque chose de nouveau. Pas d’enjeux bien définis, on ne sait pas ce qu’on regarde, ça va dans tous les sens sans vraiment savoir où ça va, ça se cherche pendant tout le film. Il y a des moments intéressants, on ne voit pas non plus les deux heures trente du film parce que vers le milieu, le scénario est bien meilleur.

Encore une bonne fausse idée de départ : faire un film sur le premier chef mafieux noir : à première vue, ce n’est pas mal, c’est bien pour la pub et on est sûr de gagner déjà tout un public pas trop difficile (c’est sûr que ce film passe pour un chef-d’œuvre à côté des merdes que doit voir la racaille…), mais quand il n’y a rien derrière, quand on s’appuie juste sur des anecdotes « étonnantes » (comme ce truc où le flic qui a trouvé un million de dollars est allé le rapporter au commissariat au lieu de le garder pour lui…), bah, ça ne sert à rien de faire un film, ou sinon on trahit l’histoire et on essaye d’en faire un truc plus épique, moins sage. Tout aussi inutile que La Chute du faucon noir… Scott veut faire comme Kubrick en testant un peu tous les genres, mais ce serait sans doute mieux s’il cherchait à faire du Ridley Scott avant tout, c’est-à-dire s’il se concentrait sur la mise en scène. Là, ce serait peut-être mieux (quoique, le scénario est bien vide et mal fichu) si la mise en scène n’était pas aussi pépère… Allez au placard Ridley, Fincher t’a piqué tout ton talent.


American Gangster, Ridley Scott (2007) | Universal Pictures, Imagine Entertainment, Relativity Media


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Alfred the Great, Clive Donner (1969)

Alfred the GreatAnnée : 1969

 

Réalisation :

Clive Donner

7/10  lien imdb
MyMovies: A-C+

Vu en janvier 2008

L’autre “Grand”

Film méconnu (quand je ne connais pas, ça l’est forcément), et pourtant c’est hachement bien !

Très épique, à la limite du pompeux, comme chez David Lean, mais juste comme il faut. Le genre de productions qu’on ne sait plus faire aujourd’hui (cf. le Kings of Heaven où on se fait diablement suer).

L’histoire du Roi Alfred, le premier souverain de l’union anglaise. Je connais plus l’époque des deux roses (et encore…), Shakespeare oblige… Passionnant.

 


Scandaleusement célèbre, Douglas McGrath (2006)

Infamant

Infamous
InfamousAnnée : 2006

6/10 IMDb iCM

Réalisation :

Douglas McGrath

Avec :

Toby Jones
Daniel Craig
Sandra Bullock

Infamous est traduit comme ils peuvent par Scandaleusement célèbre… C’est bon les gars, vous pouvez laisser le titre original avec son jeu de mot au lieu de nous faire un titre tout juste bon pour une comédie lourdingue ?…

C’est le récit de l’époque de la vie de Truman Capote quand il a écrit son œuvre la plus connue. J’avoue que j’y connais rien en capote (pas rire !), mais là ça fait franchement pas envie. C’est une sorte de Proust revu par Austin Power : mondain, homo (version cage au folle), cherchant une nouvelle forme d’écriture (entre roman et reportage puisque Capote s’intéresse à un fait divers et vient en prison rencontrer les coupables de meurtres multiples pour alimenter son « roman »).

Franchement insupportable pendant toute la première moitié, mais dès qu’on entre dans le réel sujet du film, la passion de Capote pour l’un des deux meurtriers, leur relation tendue (voire bandante) et ambiguë, ça devient plus intéressant. Parce que le sujet n’est plus la folle Capote, mais bien un sujet qui tient la route, le même sans doute que celui du roman : il faut se garder de juger les gens avec passion. Sujet qui rappelle les meilleurs films de Lang (lui n’avait pas besoin de Capote) sur l’injustice, les lynchages, les apparences, etc. En fait, Capote intitule son roman De sang froid et ce n’est pas relier au meurtre de sang froid pour lequel les deux assassins se sont rendus coupables, mais au contraire, le meurtre « de sang froid » dont ils seraient les victimes si on les mettait au milieu de la foule avide de « justice ».

La forme est plutôt discutable, mais le film mérite finalement qu’on s’y arrête. Sinon on peut lire le livre (et moi, je ne lis pas Capote).


Alexandre, Oliver Stone (2004)

Alexandre

AlexanderAnnée : 2004

Réalisation :

Oliver Stone

5/10  lien imdb
 

Vu le : 23 juillet 2007

Intéressant si on ne connaît que le minimum sur le bonhomme (comme moi, c’est-à-dire qu’il est allé loin en Asie, qu’il avait un cheval qui s’appelait Bucéphale, et qu’il avait eu comme précepteur Aristote). On peut ainsi apprendre, en plus, qu’il était allé jusqu’en Inde, qu’il s’est marié avec une « barbare », qu’il n’a pas eu d’héritier et que Ptolémée était l’un de ses amis d’enfance avec qui il a conquis l’orient. Voilà, avec ça, plus besoin de voir le film.

Parce qu’en lui-même, il est franchement indigeste. Un plouc irlandais dans le rôle d’Alexandre, Lara Craft pour maman et Val Kilmer pour papa, heu non, c’est trop. Et puis, le fait que la Farrelle joue les homos comme une fillette, ça fait un film parfois ridicule, en tout cas peu crédible…

Et un film sur Ptolémée ou Aristote plutôt ?


L’Histoire d’Adèle H., François Truffaut (1975)

Le meilleur film de François T.

L’Histoire d’Adèle H.

Note : 5 sur 5.

Année : 1975

Réalisation : François Truffaut

Avec : Isabelle Adjani, Bruce Robinson, Sylvia Marriott

— TOP FILMS

Ce n’est pas un film, c’est une fulgurance. Une unité d’action parfaite, un seul personnage et un récit qui fuit jusqu’à une issue prévisible et fatale.

Pour moi, le meilleur film, et de loin, de François Truffaut (dont je suis loin d’être fan). À la fois, le premier film révélant le génie d’Isabelle Adjani en tant qu’actrice adulte, et aussi sans doute encore son meilleur film également (elle reviendra un peu plus de dix ans après avec un film assez similaire, Camille Claudel).

L’histoire retrace une époque de la vie d’Adèle Hugo, fille du poète, follement amoureuse d’un lieutenant anglais qu’elle suit jusqu’en Nouvelle Écosse alors que lui ne veut plus la voir. Amour impossible, à sens unique, qui se transforme petit à petit en obsession et en folie. Tout le film, Adèle est au centre de tout. Quand on la quitte brièvement, ce n’est que pour montrer les conséquences de ses actes et de ses audaces folles. Le sujet, c’est Adèle, son obsession pour son homme, et rien d’autre.

My father is Hugo, Victor Hugo

Le sujet a un côté littéraire, voire théâtral, qui a dû bien plaire au cinéaste en bon fan de Balzac qu’il était, car Adèle occupe ses journées et ses nuits à écrire son journal (journal réel qui sert de base au film). L’occasion pour Truffaut d’utiliser des effets baroques qu’il a rarement utilisés, mais qui donnent un côté romanesque, romantique, au film. C’est le Taxi Driver de Truffaut, son Apocalypse Now. Pas besoin de voix off cependant. Les « monologues », c’est Adèle qui les produit en direct en écrivant son journal ou ses lettres. L’effet aurait pu tomber dans le ridicule avec une actrice ordinaire, seulement, c’est peut-être la meilleure actrice qu’ait connue le cinéma français (avec Isabelle Huppert, Jeanne Moreau ou Catherine Deneuve). Adjani a vingt ans dans ce film, et je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une performance d’acteur aussi parfaite, aussi pleine d’imagination, de folie, de création, de sensibilité, de justesse, à cet âge… Un véritable génie qui déjà à 17 ans interprétait le rôle d’Agnès dans L’École des femmes à la Comédie française (il y a des images assez connues de son « le petit chat est mort »[1]).

Un film que je revois pour la quatrième ou cinquième fois avec toujours autant de plaisir.


[1] Pas trouvé la représentation filmée, mais des extraits sur le site de l’INA : http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF90050388/l-ecole-des-femmes.fr.html

L’Histoire d’Adèle H., François Truffaut (1975) Les Artistes Associés, Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés