Casques rouges : Pour une Agence internationale d’intervention contre les catastrophes climatiques, industrielles et sismiques

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— Casques rouges —

Constat et structure actuelle

Pour faire face à toutes les catastrophes que la planète peut compter, je propose la création d’une Agence internationale d’intervention contre les catastrophes climatiques, industrielles et sismiques : l’AIICCIS ou Casques rouges.

Tous les pays possèdent parfois leur propre agence de gestion des crises (FEMA aux États-Unis, Technisches Hilfswerk en Allemagne, la Protezione Civile en Italie) ou composent comme en France avec un assemblage hétéroclite d’organismes publics rattachés au ministère de l’Intérieur (BMA, DGSCGC, GASC, avec des pompiers, des sapeurs-sauveteurs, des agents de police, des gendarmes, etc.) et des associations (la Protection civile, la Croix rouge, etc.). L’UE possède une « Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne » (abrégée en ECHO, acronyme parfaitement trouvé pour une structure dont personne n’a jamais entendu parler). Il existe même une Organisation internationale de protection civile qui ne semble pas être reliée à l’ONU. Bref, on peut douter de l’efficacité de l’ensemble de ces organisations : la coopération, c’est bien, mais bonjour pour savoir qui fait quoi, quand et comment. Quand on est censé traiter des urgences, c’est un comble de devoir faire en fonction des envies de chacun, des émotions publiques, et surtout, de la géographie (on peut s’émouvoir d’une catastrophe à l’autre bout de la planète, si le territoire est isolé, les aides arriveront au compte-goutte). Totale improvisation.

Cette organisation en confetti induit différents problèmes : problèmes structurels, médiatiques, soucis de réciprocité et de coopération, et enfin, contraintes géographiques.

L’utopie 

Réunissons tout ça en Casques rouges pour commencer et réorganisons tout ça au sein d’une structure centralisée, l’AIICCIS, rattachée à l’ONU.

Mais la proposition principale, c’est bien la création de bases permanentes partout sur la planète, à intervalles réguliers. Quelque chose qui permettrait de mailler les continents sur chaque fuseau horaire avec au moins une base dans un rayon de 500 km. Chaque base disposerait de diverses ressources spécialisées en fonction des risques de la zone, mais l’idée, c’est que chaque base dispose d’un minimum de services pour remédier à tous les types de risques : feu, inondation, tremblement de terre, accident nucléaire ou chimique, ouragan et cyclone. À chaque événement de crise et de catastrophe, les secours mutualisés de la base la plus proche se rendent les premiers sur les lieux. Cette base, au plus près de l’épicentre de la catastrophe, devient le quartier général depuis lequel s’organisent les aides venues des bases à proximité et l’acheminement des ressources humaines et matérielles supplémentaires en provenance d’autres zones.

Autre impératif : l’automatisation des mesures à prendre en fonction des types d’événements et de la région. Aujourd’hui, tout est laissé à la seule discrétion des États : on aide les voisins, les copains. Et bien souvent, les ressources sur place dans des zones sinistrées sont limitées, voire sinistrées. Pour certains pays, il est difficile d’organiser les aides quand ces premiers secours ont les pieds dans l’eau, quand ses structures sont détruites ou entravées et que leurs propres secouristes sont insuffisants ou les premières victimes de la catastrophe en cours.

L’enjeu

La communauté internationale reste bien souvent impuissante face aux guerres (les Casques bleus sont sous-utilisés et les pays sont rarement en accord avec le droit international), que la planète arrive au moins à s’entendre pour organiser une protection civile qui ne soit pas en permanence dans l’improvisation. L’idée de coopération entre les peuples passe d’ailleurs peut-être par une idée de « protection » internationale qui en dehors des guerres soit réellement efficace en étant suffisante et reconnue par les populations.

Face à la crise principale que la planète va devoir affronter (le réchauffement climatique), les peuples tendent surtout à considérer que les efforts à faire pour s’en prémunir consistent à laisser faire les efforts par son voisin ou à purement et simplement nier les risques. Si nous sommes inactifs à lutter contre le réchauffement climatique, c’est aussi parce qu’il est vécu comme une punition incertaine. Face à des menaces dont on sait qu’elles vont advenir régulièrement dans des zones (feux, séismes, ouragans), il devrait être en principe plus simple d’accepter de voir comme positif tout un dispositif international, fort, ambitieux, capable de mutualiser les forces et les rendre systématiques. Sans bases permanentes, pas de visibilité. Sans organisme international capable de centraliser et de rationaliser les efforts, pas de coopération efficace. Et pas de coopération : guerres.

Montrons au moins, malgré les échecs répétés de la coopération internationale à réduire les conflits, accueillir les réfugiés ou développer les pays pauvres, qu’elle peut encore avoir un peu d’ambition, cette fois pour lutter contre les catastrophes. Nous sommes impuissants face aux différentes formes de bellicismes humains ; montrons que nous pouvons au moins nous unir face aux colères de la nature.

Financement

L’argent, c’est aussi le nerf de la paix. Il convient donc de financer ces bases. Taxe mondiale ou part en fonction du PIB, peu importe, vous vous mettez d’accord. Assurance obligatoire. Il faut mettre fin à l’aide conditionnée, fraternelle ou miséricordieuse. L’aide doit être automatisée, rationalisée et détachée des relations géopolitiques.

Allez, vendez-nous du rêve !


Médiatisation

Et je suis charitable, je pense que ce genre d’idées utopiques visant à proposer des solutions naïves pour améliorer la vie sur la planète feraient une excellente émission de service public. À partir d’une idée utopique, on se demanderait, si elle est réalisable, si quelqu’un a déjà essayé d’en développer l’idée (et avec quelle réussite), et quel écueil devrait être surmonté pour la mettre en œuvre, etc. Durant l’émission, on partirait à la rencontre des experts, des ONG, des militants, des politiques, des institutions pour déclencher quelque chose ou comprendre les freins à la réussite d’une telle entreprise. Ça ferait un bon spectacle. Une sorte de Complément d’enquête, mais destiné à amorcer des utopies, un semblant de réussite, ou au contraire se planter en beauté.


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