Le temps coule dans nos veines
Comme le miroir de nos vies
L’extinction d’une lumière dans le vide
C’est le temps qui s’enfuie
— Sylvie.
Je me souviens de toi. Perdu sur le rivage, dans un coin oublié. Une ombre branlante sur le visage, les yeux rivés sur moi. Et tu rêvais de moi… M’aimais-tu ? Rêves-tu toujours de moi aujourd’hui ? Pourquoi te sens-tu si coupable ? Regarde-moi : es-tu sûr de m’avoir bien reconnue ? Es-tu sûr que, seule à mon tour, je pense à toi ? Je t’aime toujours, sois-en certain. Je t’adore, je te reconnais, je sais qui tu es. Et nous serons ainsi, en effet, tous deux, invincibles et secrets. Je te suis. Tu ne m’échapperas plus. Poursuis donc ton chemin. Conforte le présent. Mais pense que sans moi tu n’es rien. Et que sans amour, tu es notre mort. Réalise-toi. Accomplis ce que tu crois. Et aime-moi, contemple-moi, dévore-moi. Oui, tu t’es épris du néant. Tu as fait de moi l’ombre de la nuit qui dort. Une plume dans le vide qui crie. Une lumière morte sur un banc. Une graine qui tombe dévorée par les monstres.
Peut-être ce jour-là ne t’es-tu jamais levé. Peut-être étais-tu déjà dans mes bras.
Le cauchemar de la vie se poursuivra dans le sommeil des ténèbres. Sans toi. Toi qui resteras seul comme tu as toujours été. Ce paysage, ton enfance, n’était qu’un souvenir. Un vide transformé. Es-tu certain de ne pas être ce personnage égaré de tes rêves ? Un homme sans mémoire. Et des papiers morts. L’errance. Le faisais-tu pour ne pas te perdre ? Tu peux crier mais le sombre oubli gagne toujours. Alors qu’importe si ces marques sont tiennes : ton errance au milieu de vérités oubliées valent mieux que la résignation, fussent-elles celles d’un autre.
Suite et fin :
