Dracula: Pages From a Virgin’s Diary, Guy Maddin (2002)

Dracula, pages tirées du journal d’une vierge

Dracula: Pages From a Virgin’s Diary Année : 2002

5/10 IMDb

Réalisation :

Guy Maddin

L’alliance « Dracula + ballet + film muet » était ambitieuse, mais tout l’éventail d’effets de scénographie déployé avec emphase se révèle assez peu cinématographiques.

On retrouve la même volonté de renouer avec le cinéma muet des frères Quay (tout ce petit monde est d’ailleurs distribué en France par ED distribution), doublé en plus ici d’une autre gageure relevant de l’impossible : filmer un art qui, à ma connaissance, n’a jamais été bien rendu à l’écran, le ballet (en dehors, peut-être, de West Side Story).

Le résultat est plutôt déconcertant et se révèle surtout assez peu cinématographique. Guy Maddin s’y prend comme un manche pour réaliser le ballet allant le plus souvent jusqu’à user de plans américains pour montrer les danseurs en action et, surtout, multiplie bien trop souvent les changements de caméra ou d’inserts pour faire oublier qu’il est en train de filmer un ballet. On a le plus souvent l’impression d’assister à une captation télévisée rehaussée d’effets « faisant cinéma », et plus spécifiquement cinéma muet, afin de faire oublier l’origine, ou la nature, du film.

En dehors de ces problèmes stylistiques inhérents au caractère protéiforme du film, on assiste sur l’écran à tout ce qui pose problème quand on vient à retranscrire un ballet par des images et du son : l’absence de réelle direction d’acteurs ; des acteurs certes très bons danseurs mais qui n’expriment pas grand-chose ou autrement que par leur gestuelle ; un montage un peu perdu qui coupe dans la choucroute (ou les gousses d’ail), et surtout une musique (Mahler pourtant) purement décorative semblant venir en dernier recours sur les images un peu comme dans un programme de danse sur glace.

Il faut toutefois remarquer le travail exceptionnel des danseurs, une scénographie magnifique, et surtout un sujet qui se prêtait parfaitement au ballet (et supposément au cinéma muet). L’idée par ailleurs de prendre un asiatique pour le rôle principal a cela d’étrange qu’on a parfois l’impression de suivre une adaptation de… Mister Butterfly plutôt que de Dracula


Dreamgirls, Bill Condon (2006)

DreamgirlsDreamgirls, Bill Condon (2006)Année : 2006

6/10

Vu le : 14 octobre 2007

IMDb iCM

 

Réalisation :

Bill Condon

Avec :

Beyoncé Knowles
Jamie Foxx
Eddie Murphy
Danny Glover

Je crois que c’est adapté d’une comédie musicale. Ce qui explique l’extrême superficialité de l’histoire… On ne fait que survoler les choses, les scènes sont trop rapides pour qu’on puisse décrire des situations réellement dramatiques. Ça devient juste un catalogue du comment on devient une star. Un thème très ricain et souvent traité avec plus de talent (New York, New York de Martin Scorsese par exemple ou What about Eve de Mankiewicz, A Star is Born…). Ça n’en reste pas moins un film qu’on regarde avec un plaisir (léger).

Enfin, pour la musique surtout (Motown style, oh yeah baby !) et pour les acteurs.

Beyoncé que je n’avais pas reconnu au début parce qu’elle n’avait pas ses faux cils, voire les cils pas maquillés du tout (et elle est encore plus belle comme ça !), au début du film elle est vraiment géniale (elle doit jouer son personnage à 15 ans, et elle est tout à fait crédible, toujours à s’émerveiller pour tout et n’importe quoi), et on ne rigole pas quand j’associe dans la même phrase les mots Beyoncé et génie.

Pour Eddy Murphy, pas forcément toujours à l’aise dans ce rôle entre Little Richard et James Brown (il est en tout cas tout à fait crédible dans les scènes dramatiques ─ et il n’a pratiquement que ça).

Pour Jamie Foxx, toujours aussi… différent (là il trouve un rôle de salaud qui lui convient très bien parce qu’il a beau être incroyable dans la composition de Ray, il n’a aucun charme et si ça peut passer pour les rôles antipathiques, ça passe moyen pour des rôles comme Ray).

C’est inspiré de la « vie » des Supremes » et de Diana Ross. C’est marrant de voir des séquences avec les Jackson Five qui deviennent la Campbell Connexion…