Trois Places pour le 26, Jacques Demy (1988)

Trois Places pour le 26

5/10 IMDb

Réalisation : Jacques Demy

Une histoire du cinéma français

« De Montand on pouvait niquer sa fille sans que ça pose aucun problème… »

Voilà comment pourrait être sous-titré le film. La légèreté douteuse de Jacques Demy… En somme, c’est Peau d’âne + Œdipe que Demy tente de nous faire passer pour quelque chose de fun… L’inceste est un vrai sujet de film qui ne peut être accessoire autour d’une vieille histoire d’amour et d’un film sur l’ambition (ou sur l’arrivisme). Traité par-dessus la jambe, ça devient vulgaire. Surtout quand la trame est ainsi cousue de fil blanc, qu’on voit le truc consternant arriver bien avant, et qu’on y fonce droit. Des petits cris quand les masques tombent, et là où commence Œdipe, Demy lui finit son spectacle d’un haussement d’épaule :

« Mais voyons, c’est pas grave : c’est fou ce que tu ressembles à ta mère. »

Sinon, (mauvais) hommage aux rehearsal movies de l’âge d’or. Un n’aura finalement qu’une confrontation entre Montand et Françoise Fabian (Dieu qu’elle est belle), pas assez pour créer une tension, évoquer les souvenirs, les problèmes, se moquer de l’autre, etc. Quant à la partition purement rehearsal, c’est complètement raté : la fille remplace au pied levé la comédienne prévue, et peu alors de rebondissements suivent.

Exploitation lisse et maladroite. C’est vrai aussi que ce qui est apprécié chez Jacques Demy, c’est son amateurisme, sa naïveté. On y retrouve d’ailleurs pas mal de Golden Eighties tourné deux ans plus tôt par Chantal Akerman.


Tommy, Ken Russell (1975)

Bas Rock

Tommy

Note : 3 sur 5.

Année : 1975

Réalisation : Ken Russell

Avec : Roger Daltrey, Ann-Margret, Oliver Reed, Elton John, Eric Clapton

Le film est, disons, un grand n’importe quoi.

Certainement l’un des films les plus nuls et le plus kitsch de l’histoire… et pourtant y a des moments où on a des frissons… Et ça m’a permis de comprendre enfin l’histoire. Et c’est vraiment pour l’histoire que c’est intéressant (et pour les textes). Parce que, ce n’est pas pour la mise en scène, et ça l’est encore moins pour la musique…

Rien à voir avec la musique originale : les acteurs « chantent » façon opéra, y a bien de temps en temps des vedettes qui tiennent des rôles et poussent la beuglante, mais ça ressemble vraiment à rien.

Il y a tout de même une belle tripotée de séquences à ranger dans l’Anthologie du Grand N’Importe Quoi Interstellaire :

Les parents de Tommy qui l’amènent dans une église où l’on vénère Marilyn Monroe et où, à la place de l’hostie, on s’enfile des barbituriques et du whisky !… La mère de Tommy qui se roule dans la purée de haricots que vomit par litres sur son téléviseur et qui se tortille autour de son traversin comme pour faire un grand cassoulet (limite scato…). Tommy, qui est aveugle, sourd, muet (une sorte d’autiste pire que Dustin dans Rain Man), qui affronte Elton John pour une sorte de championnat du monde rock de… flipper ! N’IMPORTE QUOI ! Certifié conforme.

Ah, ça vaut le détour… Plus fort que Barbarella. Pas besoin d’être la plus belle fille du monde pour se faire remarquer : il suffit de mettre des bas résilles, de se rouler dans la purée de haricot, et de se plonger un bon gros traversin entre les jambes… Jane Fonda avait les bas, mais il lui a manqué la purée et le traversin… Ça tient à peu de chose parfois l’excellence en matière de mauvais goût : on peut à tout moment glisser du cassoulet à une fade et vulgaire salade de navets…

Tommy, Ken Russell 1975 Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale (1)

Tommy, Ken Russell 1975 Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale (2)

Tommy, Ken Russell 1975 | Robert Stigwood Organisation Ltd., Hemdale


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