Sans plus attendre, Rob Reiner (2007)

The Bucket List Année : 2007

Réalisation :

Rob Reiner

5/10 IMDb 

 

Avec :

Jack Nicholson
Morgan Freeman

Deux cancéreux font chambre commune. L’un est le riche propriétaire de l’hôpital, l’autre un heureux grand-père noir. Ils font copains-copains et décident de suivre une liste de choses dont ils auraient envie de faire avant de mourir (tous les deux ayant moins d’un an à vivre).

L’un est désagréable et quasi sans famille, l’autre tout le contraire… Et comme attendu le second va permettre au second de trouver la « joie », comme d’autre (comme lui) trouvent la Foi…

Rob Reiner et les deux acteurs ont déjà fait mieux, c’est très convenu, nian-nian, sans surprise (y en a un qui meurt à la fin, comme prévu). Mais faut pas cracher sur un peu d’émotion procurée à la fin, même si très politiquement correct (c’est pas bien d’être grincheux, les amis et la famille, c’est plus important que le pognon).

Parce que le film ne cherche rien d’autre qu’émouvoir ; il n’y a aucun malentendu là-dessus… C’est juste un bonbon à sucer et à jeter.

Un film construit pour ces deux acteurs, qui jouent depuis dix ans les mêmes personnages. Entendre Nicholson martyriser son homme à tout faire, c’est un plaisir (même si on connaît déjà la chanson).


Persepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi (2007)

Persepolis

PersepolisPersepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi (2007) Année : 2007

8/10  IMDb  iCM

Listes sur IMDb : 

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MyMovies: A-C+

Films français préférés

Réalisation :

Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi

Le récit autobiographique est à la mode. Souvent désespérant, là c’est enrichissant, parce qu’on a quelque chose à nous raconter. Et que la forme adoptée est plutôt intéressante.

On y apprend surtout comment un pays s’est appauvri culturellement et intellectuellement au rythme des révolutions et des purges. C’est surtout ce premier volet qui personnellement m’a plu… Voir les Iraniens croire en un système meilleur en se disant que ça ne peut pas être pire que le précédent. ─ Et c’est pire… Le tout montré avec le regard d’une enfant, qui permet au récit d’avancer avec détachement et humour.

Ça commence un peu comme le Journal d’Anne Franck, ça continue en Autriche, et là on pense à Princesse Sarah (quoi ?) puis elle revient en Iran, et là, ce serait plutôt Un bon Allemand (parfois à la limite, c’est aussi lyrique et romantique que Docteur Jivago, mais le ton tombe toujours très vite dans l’humour). Le récit unique, concentré sur plusieurs années, d’un même personnage, face à des démons qu’il ne contrôle pas, des événements sur lesquels il n’a aucune prise, et dans lesquels il ne veut surtout pas s’impliquer. Il ne cherche finalement qu’à survivre. Son récit est le témoignage d’une victime des folies des hommes.

Persepolis, Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi 2007 | 2.4.7. Films, France 3 Cinéma, The Kennedy Marshall Company

En passant, on peut remercier les lycées français du monde, qui, même si ça coûte cher, permettent à certains francophiles de se créer un lien social et de trouver des portes de sorties le jour où l’exil se révèle être nécessaire. Comme quoi, il y a d’autres méthodes que la bougonnade bien française pour développer sa pensée, sa culture à travers le monde. Mêler politique, humour, histoires sentimentales, familiales, en un seul film riche et concis, c’est tout ce dont a besoin un film pour devenir au fil du temps, peut-être, un chef-d’œuvre. Déjà un film unique, et utile.


Windstruck, Kwak Jae-yong (2004)

Ressassée Girl

Windstruck

Note : 3 sur 5.

Titre original : Nae yeojachingureul sogae habnida

Année : 2004

Réalisation : Kwak Jae-yong

Dans Windstruck, Kwak Jae-young oublie le cœur de ce qui faisait le succès de My Sassy Girl : le mélange de genres. C’est assez casse-gueule, il faut de l’audace, et un vrai savoir-faire dans la mise en proportion de chacun des éléments. Et quand ça marche, ça fait souvent mouche. Quand on essaie, sans maîtrise, ça fait plutôt pschitt.

Or ici, on a rien de plus qu’un film sentimentaliste. Il y a bien sûr des passages comiques, il en faut bien dans ce genre de films, mais c’est loin des scènes déjantées, burlesques de My Sassy Girl. Le petit côté Et si c’était vrai ou Ghost qui pue le gnangnan.

Et puis en voyant cette fin, on se rend compte que dans My Sassy Girl, ce n’était pas seulement la fille qui faisait la réussite du film, mais bien également l’acteur, qui n’a rien (tout comme elle, c’est le moins qu’on puisse dire, pourtant, c’est la même actrice) d’un personnage de mélo. Il avait la tête dans la lune, pas franchement beau, et avait l’air toujours étonné voire stupide. C’est ce qui était rafraîchissant et original dans ce film… Là, on dirait que ça a été passé au broyeur du politiquement correct.

Windstruck, Kwak Jae-yong (2004) | Edko Films, Surprises Ltd., i Film Co. Ltd

Même la fille parait moins jolie. Quand elle est triste, on se met à remarquer le petit grain de beauté qu’elle a sur le nez et ça la fait loucher ─ et nous aussi (on lorgne sur son visage tour à tour souriant et timide, faussement méchant et franchement émue mais pas mièvre, de My Sassy Girl). Or, à l’instar d’un film comme Love Exposure, ou d’un manga comme GTO, ce qui plaît, c’est le côté rock ‘n’ roll, potache, voire franchement décérébré, excessif, ou obsessionnel des personnages. Des personnages qui seraient insupportables dans la vraie vie, mais qui parce qu’ils représentent des monstres, des bêtes curieuses au cinéma, sont plaisants à voir évoluer. On ne sait jamais ce qu’ils iront inventer encore de stupide. Le contre-point parfait à toute la guimauve habituelle d’un mélo.

Le fait d’en faire une policière n’est pas une bonne idée. Un peu ton sur ton. Kwak Jae-young voulait sans doute faire un hommage à son personnage de Sassy Girl en reprenant son côté autoritaire et insolent, mais justement, elle y perd tout son charme. On pouvait y croire parce qu’elle était fragilisée dans My Sassy Girl, au bord de la rupture ; et cette agressivité était compréhensible. Comme un appel à l’aide. Une nouvelle fois, la clé devait être ici dans le mélange des genres. Faire d’un flic un personnage autoritaire, où est l’audace ? où est le relief ? Il n’a retenu du premier, formidable mélo, que la fille avait une certaine autorité, mais qu’elle était aussi vulgaire.

Kwak Jae-young a trop bien entendu les critiques. Et à mon sens, elles n’étaient pas légitimes. Preuve sans doute que ce premier opus était un de ces films à succès qui doivent tout au hasard. Une alchimie sans contrôle. En entendant les critiques, Kwak Jae-young n’a pas saisi ce qui faisait le charme de son film pour ceux qui n’émettaient aucune critique à son égard. Les excès était une force, un exutoire cathartique. Ce qu’on se refuse à faire ou à admirer dans la vraie vie, on se plaisait à le voir. Mieux, quand on commence une relation de la pire des manières, on ne peut tomber plus bas, et le film ne cessait d’élever son niveau, et notre plaisir avec, jusqu’à ce final inattendu. C’est une chose bien connue : les liens ne se resserrent jamais que dans les situations les plus extrêmes. Je ne dis pas que chacun rêve de tomber sur une fille lui ayant vomi dessus et passant les premières heures à meugler, mais au moins au cinéma, si on arrive à ne pas rendre antipathique les personnages, si on arrive à mettre en évidence une faille qui déclenchera notre pitié ou notre sympathie, tout le reste quand il faudra remonter la pente, n’est que du bonheur. Parce qu’on a déjà vu les personnages dans les pires situations possibles, et c’est en général ce qui nous permet de nous attacher à eux. Quand on donne au contraire tous les éléments en main au spectateur dès le début, quand les situations sont presque statiques, que les personnages sont rigides et sans faille, sans défaut, on peine à trouver du plaisir.

Dans Sassy Girl, le rapport ambiguë entre les deux personnages (ensemble sans être ensemble) apportait un plus dans le développement du récit. Il y avait comme un suspense, une attente. On cherchait à comprendre ce qui pouvait clocher maintenant qu’ils semblaient sortir de ce début épouvantable. Or dans ce « Wind-suck », au bout d’un quart d’heure, ils sont ensemble… Ça tue toute magie.

Le mélange de genres, je l’ai déjà dit est assez casse gueule. Un film burlesque sentimentale, ça peut passer, parce que ce n’est que le grossissement de quelque chose qui existe déjà (la comédie sentimentale — dont la screwball était déjà une variante poussée). Mais le polar sentimental ?… Rien que de le dire, ça fait sourire. Le grand écart est trop grand.

Le fait de vouloir faire sans cesse référence à My Sassy Girl, c’est déjà un aveu d’échec. Ça expose à des critiques comme celle-ci. C’est déjà dire qu’il ne fera pas mieux. Un film de fan qui ne parvient pas à s’émanciper de l’influence de son grand frère… De fan oui. Un peu comme l’enfant qui produit malgré lui un lazzi qui fait sourire les adultes, et qui s’amuse, sans pourtant comprendre les raisons de cet amusement, à reproduire ce lazzi à l’infini en espérant contenter les adultes. On a aimé ce que j’ai fait, je n’ai aucune idée de ce que ça peut être, mais puisque ça a plu, je vais le reproduire… Oui allez, au pot Jae-Jae ! (c’est d’ailleurs ce qu’il semble avoir fait avec ses autres films…)


 

 

Liens externes :


My Sassy Girl, Kwak Jae-yong (2001)

L’Amour vache

My Sassy Girl

Note : 4.5 sur 5.

Titre original : Yeopgijeogin geunyeo

Année : 2001

Réalisation : Kwak Jae-young

— TOP FILMS

J’avoue, je suis tout émoustillé par ce film.

On navigue entre la comédie sentimentale et le burlesque. Il y a deux parties dans le film, bien distinctes. L’une traditionnelle où on nous raconte l’histoire de deux personnages qui vont finir par se rencontrer, s’accepter, et la seconde nous montre ce qu’on voit rarement : l’après. Un peu comme si on nous montrait ce qu’il se passait dans un conte, après le « ils se marièrent en eurent plein d’enfants insupportables ». Or là, ç’a un sens : la relation des personnages principaux, si elle a eu un dénouement dans la première partie du film, on peut dire qu’ils n’ont pas conclu. C’est ce qui fait l’originalité de cette histoire : avec un personnage aussi imprévisible que celui de la fille, pas étonnant qu’on soit un peu perdu. Ils sortent ensemble, mais comme des amis…

My Sassy Girl, Kwak Jae-yong (2001) | Shin Cine Communications

Les traditionnelles unités d’action et de ton sont loin d’être respectées. Ça va dans tous les sens, comme dans la vie en fait. Le mélange des genres surprend au début, surtout dans la première partie, mais dans la seconde, quand la comédie sentimentale gagne en profondeur, le film devient irrésistible. C’est parfois grossier, mal fait, mais c’est un peu le burlesque qui veut ça (c’est un style somme toute qui a disparu et qui manque de code aujourd’hui).

De fait, puisque qu’il n’y a pas d’unité d’action et de ton, chaque scène devient une sorte de saynète qui se suffit à elle-même. On peut alors avoir le pire comme le meilleur.

Le plus intéressant dans le film, c’est ce rapport entre les deux personnages, particulièrement contemporains dans son traitement, et que personnellement je ne me rappelle pas avoir vu traité au cinéma. Les nouveaux rapports d’égalité entre les hommes et les femmes imposent une nouvelle donne : les femmes peuvent être moins coincées et être plus entreprenantes, voire vulgaires. On est dans l’amour vache. Un rapport sado-maso irrésistible source de nombreuses scènes comiques et une opposition réelle moteur entre les personnages. La fille apparaît au premier contact plutôt insupportable, vulgaire, violente, insolente, mais tout comme le personnage du garçon, on s’y fait, et on se laisserait bien botter le cul par un si parfait tyran.

Quand ils vont sur une montagne pour admirer le paysage et que la fille demande (commande plutôt) à son ami d’aller grimper sur le montagne d’en face pour voir si il l’entend crier, il s’exécute. Il ne l’entend pas, et là, la fille en profite pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur… Bien trouvé et très émouvant.

J’ai revu deux fois la seconde partie du film, c’est dire si ça m’a plu. Ça m’a permis de comprendre que j’étais passé à côté de l’identité d’un personnage secondaire, trop attaché sans doute à la première vision au duo principal, et ému. Les allusions finales sur l’ironie du destin m’avaient échappées, et elles ne rendaient que plus intéressant le film.

On rit, on est ému, on tombe un peu amoureux de la fille (et pourtant elle ne fait pas envie au début du film…), que demander de plus ?


Sur La Saveur des goûts amers :

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Liens externes :


Scoop, Woody Allen (2006)

ScoopScoopAnnée : 2006

Réalisation :

Woody Allen

7/10  lien imdb
MyMovies: A-C+

Vu le : 21 octobre 2007

Largement préféré celui-ci au précédent tourné à Londres… Et je vais finir par m’habituer à la Scarlett aux grosses lèvres et aux gros seins qui paraît ici beaucoup moins maniérée que d’habitude (remarque je l’aime bien dans les adaptations de comics). Je reste persuadé qu’elle n’est pas faite pour jouer des répliques rapides dans le ton des comédies de Allen. Elle n’a pas non plus la gravité nécessaire pour certaines scènes. Bref, elle est superficielle cette fille, loin de la folie douce, la maladresse charmante et la volubilité de Keaton ou de Farrow… (Enfin, à quoi bon comparer ?…)

En revanche, Hugh Jackman est parfait : Woody a merveilleusement exploité le côté « derrière chaque Britannique de la haute société se cache un Wolverine ».

Il aurait pu en revanche se passer de nous mettre encore et encore une Smart… Cette fascination des ricains pour cette bagnole ça m’exaspère…


Jugez-moi coupable, Sidney Lumet (2006)

Find Me Guiltyfind-me-guilty-sidney-lumet-2006Année : 2006

Réalisation :

Sidney Lumet

5/10  lien imdb

Vu le : 13 octobre 2017

Là je ne vois pas trop où veut en venir Lumet… Il prend le parti d’adopter totalement le point de vue des “accusés”… Enfin, en fait on a l’impression qu’il ne prend même pas parti : il ne sait tout juste pas ce qu’il fait. Ce qui semble l’intéresser, c’est l’histoire vraie de ce type qui s’est défendu seul, c’est extra-ordinaire, mais après il faut adopter un angle, un point de vue, et là il nous sert ça comme ça avec un œil mou. Résultat, les salauds s’en sortent bien, ils sont heureux… et alors, à quoi bon ?

Le public ne s’y est pas trompé… le film a été un gros flop. L’acteur a eu son rôle en marge, le réalisateur a pu se payer un dernier film (alors que ça fait déjà un moment qu’il est à l’ouest le bonhomme)… La pauvre production qui a fourré son fric là-dedans…

La Science des rêves, Michel Gondry (2006)

Manège enchanté

La Science des rêvesla-science-des-reves-michel-gondry-2006Année : 2006

Réalisation :

Michel Gondry

7/10  IMDb

Je ne suis pas un amateur des bidouillages, des rafistolages, de la récup, du grotesque ou de l’onirisme oui-oui de Michel Gondry. Mais c’est un univers singulier et parce que le langage est intéressant, sans vouloir prétendre qu’il invente des trucs cent fois employés ailleurs, ça se laisse regarder sans trop de problème.

Ça ne fait pas trop gadget, les trucs de Gondry finalement servent l’histoire. C’est un peu ennuyeux qu’on n’arrive pas à « s’entendre » avec le personnage principal… Il y a un truc qui n’a pas marché, peut-être une identification difficile à cause de son accent, mais aussi sans doute au manque de fantaisie de l’acteur. Et là malheureusement on voit que Gondry n’est pas un directeur d’acteur parce qu’il avait laissé aller Jim Carrey dans ce même ton sinistre dans son précédent film (Carrey qui voulait prouver qu’il était crédible en personnage sérieux refoulait sa “folie” qui aurait été utile pour son personnage, mais lui s’en sortait avec un charme gagné par la poésie, le sentimentalisme). Il y a Chabat et Gainsbourg qui rattrapent le coup tout de même.

Contrairement au précédent (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, donc), ça manque un peu de densité et certains choix de scènes sont assez médiocres, et auraient nécessité un peu plus de travail, mais ça donne aussi peut-être le charme du film, son côté improvisé, fait avec trois fois rien.